En 2010 le guitariste Scott Gorham prend la décision de reformer Thin Lizzy pour la énième fois en s’adjoignant les services de quelques uns des anciens comparses de Phil Lynott dont le batteur, Brian Downey. La formation tourne sur scène pendant 2 ans et en profite aussi pour travailler sur un nouvel album. Se pose alors la question de utilisation du nom de Thin Lizzy pour publier les compositions originales, et au final le choix s’oriente vers le lancement d’un autre groupe: The Black Star Riders. Après quelques changements de personnel, le combo, dont le nom s’inspire de celui du gang de hors-la-loi sévissant dans le film Tombstone, sort en 2013 son premier album All Hell Breaks Loose. Musicalement le répertoire se situe dans la lignée de Whitesnake ou UFO avec un hard rock gentillet auquel il manquerait une pincée d’énergie et un soupçon d’originalité. Bref! c’est propre, écoutable mais pas de quoi défriser Nelson Momfort non plus. Pour autant, l’artwork des albums attire l’attention grâce son design dans la plus pure tradition du Nose Art. Pour la première jaquette la pin-up est carrément extraite du catalogue de Gil Evgren, un des maîtres du genre, dont s’est inspiré Adrian Andrews pour la deuxième galette, The Killer Instinct sorti en ce début d’année.
Lorsqu’un objet de retrouve au rendez-vous de l’Histoire, élevé au rang du mythe, du symbole, il l’est en général de façon imprévisible et totalement à son insu. A l’origine le 501 n’est qu’un vêtement rustique, confortable et robuste destiné au travail et ce sont ces qualités qui vont rapidement lui donner un statut privilégié qu’un siècle de paire de fesses n’a pas encore fini d’user. Le terme de Jean puise son origine dans la ville italienne de Gênes. Il désigne une catégorie de vêtements en toile ou coton teinté que portent les marins. C’est ce de type de tissu que Jacob Davis s’inspire et il fait le choix d’un tissage mêlant coton blanc et coton teinté fabriqué dans la ville de Nîmes. D’où le nom Denim. 1873, en pleine ruée vers l’or, Davis, dont l’activité consiste à confectionner des salopettes, entend souvent les chercheurs se plaindre à propos de ruptures au niveau des poches. Pour les renforcer le tailleur pense alors à utiliser des rivets. l’efficacité et le succès de l’idée sont tels qu’il décide de déposer un brevet en demandant le soutien financier d’un homme d’affaires: Levi Strauss. Peu à peu, l’ habit de travail est adopté pour devenir le triomphe de simplicité qui allait habiller le quotidien de tout un chacun avec une poche pour la montre, des rivets de cuivre, des boutons à bretelles, une patte arrière pour ajuster la taille et un ton indigo unique. La couture d’un double arc sur la poche arrière devient la touche finale qui identifie définitivement la marque et son concept qui portera le nom de 501 à partir de 1890. Le mythe est né et il commence à s’adapter au besoins du XXème siècle. Suppression des rivets et des boutons à bretelles. Ajout d’une poche arrière et d’un patch de cuir comportant le logo 501. Dès lors le Levi’s s’installe définitivement dans les mœurs et devient l’icône, d’abord de l’Amérique moderne, puis du monde entier quand les GI’s débarquent en Europe en 1945. Avec les années 60 l’âge d’or se met en marche. Le 501 devient symbole de liberté et d’émancipation. Gary Cooper, John Wayne, James Dean, Marilyn ou encore Marlon Brando contribuent à façonner sa légende. Quant au monde musical, l’appropriation est immédiate. Elvis, Springsteen, Ramones, Debbie Harry, Doors, Rolling Stones et bien d’autres ont écrit les plus belles pages de l’histoire du Rock en Denim délavé, déchiré et rapiécé. C’est d’ailleurs sur des plages musicales bien senties que Levi Strauss & Co s’appuie pour illustrer les campagnes de pub qui font grimper les ventes; l’occasion d’ entendre les Ronettes, Marvin Gaye, Percy Sledge, Ben E.King, Steve Miller ou, comme en 1988, Muddy Waters et son ”Mannish Boy” qui aime porter le 501 bien frais: Pub!
[Extrait]: Orchestré par George Clinton, Funkadelic allait devenir l’un des groupes les plus importants pour ce qui concerne l’évolution de la musique Funk via la fusion unique de psychédélisme, de rock et de soul. En 1981, après plus de trente années de succès générés par des explorations musicales teintées de satires sociales et d’engagements politiques, parait le 12ème album studio du groupe. Tout n’est pourtant pas si rose. Clinton, passablement ravagé par la drogue, rencontre des problèmes non seulement avec la maison de disque mais aussi avec sa formation qui pour la circonstance intègre de nouveaux venus, dont Sly Stone. Par son titre, Electric Spanking of War babies fait allusion à la guerre du Vietnam et critique ouvertement l’impérialisme américain… La démarche est pour le moins mal perçue par la maison de disques qui d’emblée rejette l’idée de double album initialement prévue. Funkadelic revoie sa copie pour en tirer un album simple mais le concept se retrouve à nouveau écarté. Cette fois Warner censure la pochette car le design de Pedro Bell représente une femme nue dans un vaisseau spatial de forme phallique. Au final l’artiste recouvre l’objet du délit d’un habillage sur lequel on peut lire: ″ Oh regarde! c’est la jaquette qu’ils avaient si peur d’imprimer! ″. Qualitativement bien inférieur à Magot Brain ou One Nation under the Groove le disque n’est édité qu’à 100 000 exemplaires. Boudé par le public War Babies alimente rapidement les bacs à soldes et sera le dernier opus de la formation du Dr. Funkenstein sous le nom de Funkadelic. Même si occasionnellement il se produit sur scène avec ses anciens acolytes (dont certains continuent même à l’accompagner dans ses projets solos), George Clinton dissout le groupe.
Patrick BETAILLE, novembre 2015
L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
No comment! Juste chialer et avoir une pensée pour ceux et celles dont l’envie de profiter de la vie ou d’échapper à la morosité a fait qu’elles se sont trouvées au mauvais endroit et au mauvais moment.
Pamelina Hovnatanian, aka Pamelina H, est une artiste américaine free-lance qui depuis une vingtaine d’années peint des guitares Fender, Gibson, Ibanez et bien d’autres. Cette californienne douée et créative a réalisé ″The Hendrix Strat″, ″The Harley Strat″, ″The Marilyn Monroe Strat″qui font désormais partie de l’histoire de Fender Custom Shop pour qui elle travaille souvent. Quant elle a fini de customiser les batteries de groupes tels que Motley Crue ou Def Leppard et de concevoir des motifs destinés au merchandising des tournées de Scorpions, Aerosmith ou Lollapalooza, Pamelina H exerce aussi son art sur des motos, des casques et des voitures. Bref, une boulimie indéniable et un énorme talent qui valent à cette peintre une renommée toute méritée dans le monde de l’Art en général et de la musique en particulier. She Rocks! Biographie, interview et galerie sur Guitar International!
Finie l’époque au cours de laquelle Playboy effeuillait sans compter, se lisait en loucedé, ou servait de prétexte à un onanisme libératoire. A 89 ans, Hugh Hefner, le fondateur, vient de donner son accord pour une nouvelle formule de son magazine. A partir de mars 2016, l’ édition américaine fera une croix sur ce qui est son cœur de métier, la nudité. Subsisteront bien sûr quelques clichés suggestifs et osés mais c’en est définitivement fini du nu intégral et naturel. Un comble pour une publication qui bâtit son succès et sa fortune en publiant des photos qui, de Marilyn Monroe en 1953 à Kate Moss en 2014, ont de près ou de loin contribué à la révolution sexuelle et à l’émancipation des mœurs. Dixit le patron, il s’agit aujourd’hui de remédier à la chute vertigineuse des ventes (6 millions d’exemplaires en 1975, 800 000 aujourd’hui!), à la concurrence du porno sur internet et au vieillissement du lectorat.
Il faut absolument que je retrouve mon exemplaire de 1990 consacré à Sharon Stone!
Ceux qui espèrent que le Rock’n’Roll ne soit pas mort et qu’il aura encore et toujours la capacité de les faire bouger doivent absolument posséder le dernier brûlot de Barrence Withfield. Under the Savage Sky est une petite tuerie qui prouve si besoin en était que Rock et Rythm & Blues ne sont pas concurrents mais complémentaires et fusionnels. A l’écoute des 12 titres on imagine sans mal Otis Redding en train de jammer avec MC5 ou Screamin’ Jay Hawkins accompagné par George Thorogood et ses Destroyers. Explosif! ” Kick out the jam motherfuckers ”! Ça hurle à tous les étages, Barrence s’y entend pour ça, mais il n’est pas question de frime, c’est juste un moyen supplémentaire de transmettre son énergie bienfaitrice. Quant au groupe, The Savages, il n’est pas en reste. Le guitariste Peter Greenberg, le bassiste Phil Lenker, le batteur Andy Jody et le saxophoniste Tom Quartulli assurent avec un talent et une efficacité redoutables. Et pour rester dans le ton, la production brute de décoffrage du disque restitue en studio et à merveille l’ambiance chaude d’un bar bondé où il fait bon ingurgiter quelques tartines de houblon avec des potes. Pour les avoir vu tout récemment sur la scène du Show Case à Pau le constat est imparable; que ce soit sur disque ou en live Barrence Withfield et sa bande de sauvages sont totalement dévoués à une juste cause, notre plaisir. Pour preuve: Rock and Roll Baby!
De quoi plaire aux cinéphiles. PopCorn est un petit jeu qui propose de découvrir les 66 références aux films cultes de la pop culture cachées dans une seule image. Pour jouer c’est facile, il suffit d’aller sur le site PopCorn Garage, de lancer une nouvelle partie (Patience le temps de chargement peut être un peu long!) et de taper le nom des films que vous trouvez ! Alors, combien?
Alléluia! Hosanna! et bien plus encore car la femme de Superdupont vient d’accoucher d’un petit être doté de super-pouvoirs. Tout juste libéré du ventre de sa mère, Superdupont junior vole comme un super-héro et affiche force et bougeotte hors du commun, comme son pôpa qui a vu le jour en 1972 dans le journal Pilote. Tout droit sorti de l’imagination fertile de son créateur d’origine Marcel Gotlib et sous le crayon de François Boucq, 42 ans après, c’est bien de Renaissance dont il s’agit. Père et fils vont devoir affronter une pluie de pommes de terre géantes, sauver un avion du crash et combattre une fois de plus les méchants de l’Anti France qui vont kidnapper le rejeton et par là même déclencher la colère du papa en caleçon, cape, béret et charentaises. L’occasion pour Gotlib de jongler avec pluie d’onomatopées, joutes verbales et autres cocasseries dont il a le secret. A 81 ans c’est une belle performance et surtout un régal!
[Extrait]: Groupe de Classic Rock américain, Mom’s Apple Pie connait dans les années 70 et sur ses terres un petit succès d’estime. La dizaine de membres tourne régulièrement sur les campus universitaires, dans les clubs et même au Whikey A-GO-GO à Los Angeles. La voix du chanteur Bob Fiorino et la section de cuivres à la Chicago Transit Authority attirent l’attention et leur donnent la possibilité d’ouvrir pour The Doobie Brothers ou David Bowie. Avec seulement deux albums à son actif la carrière du combo reste malgré tout éphémère. Mom’s Apple Pie tombe rapidement dans l’oubli. Pas pour tout le monde. En effet, en 1972, la jaquette du premier album éponyme, de prime abord bon enfant, affiche clairement un sexe de femme dégoulinant en lieu et place de la découpe d’une part de tarte. Dès sa parution l’album est bien évidemment censuré et le concepteur, Nick Caruso, se trouve contraint de revoir sa copie. Il garde globalement le même design mais remplace ″ l’objet ″ controversé par mur de briques miniatures surmonté de barbelés. Avec humour, il ajoute également des policiers qui épient à la fenêtre et une larme qui coule sur le visage du personnage principal. Les deux versions deviennent vite très prisées des collectionneurs qui n’accordent que peu d’importance au contenu pourtant loin d’être inintéressant. La preuve!
Patrick BETAILLE, septembre 2015
L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre: