Rock Anthology – 1971

 

Trois mois se sont écoulés depuis que Janis Joplin, victime d’une overdose en pleine gloire, est partie rejoindre le Club 27. Pourtant, un beau jour, l’exceptionnelle voix de la chanteuse résonne à nouveau. La puissance viscérale de Pearl comble les sillons d’un disque posthume qui, d’emblée, squatte le top des vente. C’est ainsi que, voilà 50 ans, débute l’année 1971 qui s’achèvera par la pendaison de Vincent Damon Furnier et restera l’un des plus riches millésimes de l’histoire de la musique rock.

1971, Janvier – Janis Joplin: Pearl. Mountain: Nantucket Sleighride • Mars – Jethro Tull: Aqualung. Serge Gainsbourg: L’histoire de Melody Nelson • Avril – The Rolling Stones: Sticky Fingers. The Doors : L.A. Woman • Juin – Emerson, Lake And Palmer: Tarkus • Juillet – The Allman Brothers Band: At Fillmore East. Black Sabbath: Master Of Reality • Août – The Who: Who’s Next. Deep Purple: Fireball. Ten Years After: A Space in Time • Septembre – T. Rex: Electric Warrior • Octobre – Pink Floyd: Meddle • Novembre – Led Zeppelin: IV. Alice Cooper: Killer.

Alors oui, je sais. Il en manque. Beaucoup, et des bons en plus: David Bowie, Leonard Cohen, Funkadelic, J.J. Cale, Kinks, Caravan, Lennon, McCartney, Harrison, Genesis, Yes, Neil Young, Traffic, Moody Blues, Flamin’ Groovies, Jefferson Airplane, James Taylor et tant d’autres… Pas la peine de gueuler, de toutes façons, ici, c’est moi le chef et la playlist je l’assume.

Patrick BETAILLE, juillet 2021

Dirty Honey – Dirty Honey

 

En 2019, Marc Labelle (chant), John Notto (guitares), Justin Smolian (basse) Corey Coverstone (Batterie) font leurs premières armes sur les scènes des clubs de Los Angeles. Un premier single en 2018, suivi par un EP en 2019 affichent clairement des influences tout droit sorties du classic rock des années 70. Logiquement, Dirty Honey débarque aujourd’hui avec un premier long play éponyme prometteur. Produit par Nick Didia (Pearl Jam, Rage Against the Machine), les huit titres de l’album baignent dans des rythmiques soutenues, de bons gros riffs, une cohésion à toute épreuve et des vocalises qui vous en mettent plein les esgourdes. À coup sûr les fans de Led Zep, Aerosmith et autres Gun’N’Roses vont y trouver leur compte et bien vite oublier ces poseurs de Greta Van Fleet. Les autres vont certainement dire que Dirty Honey ne réinventent pas la roue ou l’eau tiède mais ils apprécieront certainement la spontanéité, l’énergie et l’authenticité que dégage ce premier essai. Dirty Honey ne changera pas votre vie mais si le heavy rock de qualité est votre tasse de thé, n’hésitez pas à y ajouter un peu de miel.

 

Le lundi c’est permis – Stockings

 


[Emilie Autumn – Chanteuse américaine]: ″ Your stockings prove your virtues. Be certain they are clean and free of tears – Vos bas sont le reflets de vos qualités. Assurez vous qu’ils soient bien en place et sans accrocs « .


Patrick BETAILLE, juillet 2021

Le lundi c’est permis – La petite Reine

Source Photo: Screenshot Wallhere.com

 


″ I don’t know if it’s illegal to be this sexy and ride a bike at the same time. But whatever, I live on the edge – Je ne sais pas s’il est interdit d’être aussi sexy tout en faisant du vélo. Mais qu’importe, je prends le risque ″.


 

Patrick BETAILLE, juillet 2021

Val Shively – The Emperor of Oldies

 

Depuis son enfance, Val Shively n’a qu’une obsession: les disques en général, les 45 tours en particulier et plus précisément ceux des groupes de Doo Wop des années 50 et 60. ″ Je n’avais pas de copines, je n’ai pas assisté au bal de promo de mon lycée ni à toutes ces conneries ″, déclarait t’il dans une interview. À la fin de sa scolarité son seul but était de se trouver des petits boulots afin de pouvoir assouvir sa passion. Ce doux dingue a ainsi passé sa vie à accumuler, à répertorier et à vendre des vinyles; au point que Rolling Stone l’a couronné ″ The Emperor of Oldies ″. Après plusieurs déménagements, Val détient aujourd’hui probablement la plus incroyable boutique de disques du monde. C’est dans la banlieue de Philadelphie et ça s’appelle R&B Records. Sur trois étages, dans un foutoir sans nom se côtoient 5 millions de références dont 4 de vieux singles de R&B, de soul et de funk, pour la plupart provenant d’anciens fournisseurs de juke-boxes, de stations de radio et de reliquats de distributeurs. Hors de question de pénétrer en ses lieux sans avoir une idée précise de la pièce recherchée et d’annoncer la couleur. Simple curieux, vous vous voilà prévenus! Idem pour les chouraveurs: un squelette suspendu au plafond menace: ″ Voici ce qu’il reste du gars que j’ai chopé en train de chourer ″. Ou encore:  » Les intrus seront flingués, les survivants poursuivis! « . À 77 ans, Val Shively est finalement tout aussi célèbre pour ses frasques et sa personnalité que pour son immense collection.

Patrick BETAILLE, juin 2021

Stephen Fears – High Fidelity

 

Dans un quartier pauvre de Chicago, Rob Gordon tient une boutique de disques fréquentée par des amateurs de vinyles rares des 60’s & 70’s. L’essentiel de son existence tourne autour de la musique pop dans laquelle il puise l’énergie nécessaire à la gestion d’un quotidien pour le moins erratique. Interprété par John Cusack, Rob est plutôt du genre ado attardé, perturbé et instable. Il a abandonné ses études et gère tant bien que mal son antre fréquentée par des collectionneurs compulsifs en quête de galettes ésotériques. Pour l’aider, Dick et Barry (Jack Black), deux vendeurs quelque peu débiles mais incollables en musique. Vient le temps de la rupture. Laura (Iben Hjejle) annonce à Rob qu’elle le quitte. Abasourdi et désormais seul, il décide de retrouver ses ex – dont une certaine Charlie jouée par Catherine Zeta-Jones – pour comprendre les raisons de ces échecs amoureux à répétition. S’en suit une comédie (romantique?) tonique, sympathique et sans prétention sur les aléas des peines de cœur. Stephen Frears, comme comme à son habitude, peint des marginaux avec cruauté et affection. Ils sont drôles, inquiétants, survoltés, angoissés, hors normes et leurs tribulations sont accompagnées d’une bande son jouissive (Dylan, Stevie Wonder, Velvet Underground, Love, 13th Elevator, Stereolab, Kinks, Elvis Costello, etc. Tiré du roman de Nick Hornby et sorti en 2000, High Fidelity n’a que la prétention de faire passer un bon moment, il y parvient et c’est déjà pas si mal. À ranger pas trop loin de Good Morning England, The Commitments et The Blues Brothers.

David Willardson – American Graffiti

 

[Extrait]: Après avoir fréquenté l’Art Center College of Design de Pasadena en Californie, cet américain débute en réalisant quantité d’illustrations à l’aérographe pour le magazine The Los Angeles Times. Grâce à une notoriété grandissante, David Willardson est amené à accompagner de nombreuses campagnes publicitaires en mettant en scène les pin-up rétros qu’il affectionne particulièrement. C’est ainsi qu’en 1973, il livre l’affiche du film réalisé par George Lucas: American Graffiti. Il commence également à travailler pour Disney en concevant un nouveau look pour les personnages présents sur de nombreuses affiches de films (sa collaboration avec la firme cinématographique s’étendra sur un bonne vingtaine d’années). Véritable maître de l’aérographe primé à maintes reprises, Willardson a joué un rôle déterminant dans l’essor de la culture pop. À ce titre il travaille occasionnellement sur des couvertures de Rolling Stone Magazine, des illustrations pour la promotion des guitares Fender et sur de nombreuses pochettes d’albums. Au crédit du graphiste l’on trouve des albums des Carpenters, Ike & Tina Turner, Beach Boys, Count Daisy, Fats Domino, Little Richard, Mötley Crüe, Pacific Gas & Electric, The Meters et d’autres. Parmi ces cover art, certains sont particulièrement représentatifs du style et des talents de l’artiste. C’est le cas ici avec le There Must be More to Love than This de Jerry Lee lewis en 1970, ′Ot ′N′ Sweaty, le live de cactus en 72 et Rainbow, le premier album post Deep Purple de Ritchie Blackmore en 1975.

Patrick BETAILLE, juin 2021


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Nick Tosches – Hellfire

 

Le premier ouvrage de Nick Tosches( 1949-2019) est une biographie de Jerry Lee Lewis publiée en 1982. Dès sa parution, Hellfire  assure à l’écrivain une place au premier rang des écrivains majeurs de la scène musicale. ″ Je veux que les choses soient bien claires. Hellfire de Nick Tosches est le plus beau livre jamais écrit sur un interprète de rock’n’roll – il est sans égal. Mais il est loin de n’être que cela. Tôt ou tard, Hellfire sera reconnu comme un classique américain ″. C’est par ces mots que s’ouvre la préface de Greil Marcus, éminent critique rock et spécialiste de la pop culture américaine.

Nick Tosches remonte aux sources infernales du succès : les disques Sun, la famille pentecôtiste de Jerry, sa quête effrénée d’une musique explosive et retrace ensuite la chute de celui qui était sur le point de ravir sa couronne à Elvis the Pelvis: Le Killer. Les détails sont légion, le récit nerveux, concis et passionnant. Le style narratif percutant et travaillé, l’écriture absolument maitrisée. de quoi offrir à ce bouquin la richesse et la puissance  nécessaire à la compréhension d’une descente aux enfers de la gloire. Pas une seule seconde d’ennui à la lecture des quelques 200 pages de Hellfire et comme le dit si bien l’ami Vince grâce à qui j’ai découvert ce brûlot: ″… La tarte dans la gueule est immédiate, solide et implacable, personne n’y résiste, c’est efficace et rodé comme du papier à musique…″ (Lire la chronique sur Veetess!). À lire, Hellfire est à Jerry Lee ce que le concert Live at the Star Club de Lewis est à écouter: le témoignage rock & roll le plus pur, le plus dur jamais offert; un putain de bâton de dynamite. Attention, mèche courte!

Patrick BETAILLE, juin 2021

Vinyls à la Tonne – Robert Lacire

© Photo: AFP

 

″ Je parle en poids car c’est plus facile ″ dit Robert Lacire, 78 ans, lui qui a accumulé tout au long de sa vie le nombre faramineux de 21 tonnes de vinyles. Rien de comparable avec les 6 000 000 d’exemplaires de Zero Freitas mais quand même! Près de 130 000 galettes ont leur place dans chaque recoin de son domicile rennais et dans plusieurs garages. Aujourd’hui, il souhaiterait que sa collection fasse partie d’un conservatoire ou d’un musée du disque. Malgré de nombreux courriers adressés à des institutions locales, et même en son temps à Jacques Chirac, la démarche de ce passionné n’a pour l’instant pas abouti. ″Tout le monde trouve le projet très bien mais personne ne bouge. Je vieillis, ça va partir chez Emmaüs plutôt que de rester dans la mémoire dans une région″, regrette-t-il et on le comprend! Source et intégralité de l’article: La Dépêche.


L’éloquence et le Désaveu du Cover Art en Livre: In Vinyle Veritas!


Patrick BETAILLE, juin 2021

Le Lundi c’est permis – Secrets Desseins

© Photo Kieran Doherty / Reuters

[Jean-François Jonvelle – Photographe]: ″ L’érotisme tient dans ce sein qu’on ne saurait voir – Eroticism lies in that breast that cannot be seen ″


Patrick BETAILLE, juin 2021