Odeith – Street Illusion

© Sergio Odeith

 

Né à Damaia près de Carcavelos au Portugal, Sergio Odeith a commencé à flirter avec le graffiti dans les années 80. Ayant pris conscience des limites imposées par les représentations graphiques sur plans plats et très intéressé par les ombres et les perspectives, il se lance rapidement dans la 3D dans un style qu’il qualifie de ″Sombrio 3D″. Très rapidement son talent dépasse les frontières de son pays natal et en 2005 il touche cette fois à l’art anamorphique, technique consistant à utiliser des éléments existants pour y appliquer des illusions d’optique. En 2019 il réalise une œuvre saisissante en peignant sur un bloc de béton d’une friche industrielle un vieux bus abandonné et en piteuse condition. Le rendu est parfait, grâce notamment au sens du détail qui s’étend jusqu’aux ombres portées sur le mur mitoyen. En juillet 2020 Odeith révèle au public une autre fresque à connotation apocalyptique d’un réalisme incroyable. Il s’agit d’une locomotive dans un état de décrépitude avancée à l’avant de laquelle un tag annonce la couleur: COVID=EnD! Galerie Odeith.

Patrick BETAILLE, JUIN 2021

Saxon – Inspirations

Que ce soit par conviction, par manque d’inspiration ou pour des raisons purement mercantiles, en général, les groupes qui se livrent à l’exercice de l’album de reprises prennent un risque. Celui de se voir confrontés à l’exigeante virulence des milieux spécialisés et à la critique ou, au mieux, à l’indifférence de leurs propres fans et de ceux des groupes auxquels ils prétendent rendre hommage. Avec son dernier album, Saxon assume ses influences de la plus belle des manières. Inspirations est un véritable best of de ce qui s’est fait de mieux dans le domaine du classic rock. Jugez plutôt:

Paint It Black (The Rolling Stones). Immigrant Song (Led Zeppelin). Paperback Writer (The Beatles). Evil Woman (Black Sabbath). Stone Free (Jimi Hendrix). Bomber (Motörhead). Speed King (Deep Purple). The Rocker (Thin Lizzy). Hold The Line (Toto). Problem Child (AC/DC). See My Friends (The Kinks).

Le résultat est étonnant! De la puissance mélodique de Paperback Writer à la solidité charpentée de Evil Woman ou de Bomber et au passage en surmultipliée pour Speed King, le groupe exprime sa passion et parvient à apporter sa patte à tous les titres sans pour autant en trahir l’esprit. Biff Byford au chant est tout simplement au sommet de son art quand il s’attaque à The Rocker, Immigrant Song et Problem Child.

Personne n’est dupe, en tant qu’album de reprises, Inspirations est un album dispensable mais il a au moins le mérite de donner une seconde jeunesse à une playlist emblématique tout en offrant une récréation bienvenue et jouissive. Ne boudons pas notre plaisir, surtout par les temps qui courent!

Patrick BETAILLE, juin 2021

METAL HURLANT – Le Retour!

Dès sa création en 1975, le magazine devient un élément incontournable de la Pop Culture. Créé Jean-Pierre Dionnet – son rédacteur en chef de 1975 à 1985 – la formule trimestrielle propose avec succès un mélange de bandes dessinées sur fond de Science Fiction et un rédactionnel dans lequel la musique occupe une place de choix. Éditée par les Humanoïdes Associées, la revue cesse de paraître en 1987 après 133 numéros, pour revenir de 2002 à 2004 au format bimestriel. En mai 2006, un ultime numéro de cent pages est publié, annonçant la fin de Métal hurlant. En mai 2020, Vincent Bernière annonce le retour de Metal hurlant. La sortie de la nouvelle formule est prévue en octobre 2021 sous la forme mook: 288 pages couleur à mi-chemin entre livre et magazine. 50 auteurs, une trentaine d’histoires à feuilleter, de quoi relancer la machine et ravir les fans avec de nouveaux sujets. À n’en pas douter, la pandémie et ses conséquence seront à la Une. Le Futur, c’est déjà Demain!

Patrick BETAILLE, juin 2021

 

Roger Waters Face à un Mur!

On le sait, s’agissant de défendre les valeurs morales (cf sa campagne anti Trump entre autres) Roger Waters n’a pas l’habitude de mâcher ses mots. Mais quand il s’en prend à Mark Zukerberg, là, le co-fondateur de Pink Floyd sort de ses gonds.

″J’ai reçu une demande à propos des droits d’utilisation de Another Brick in the Wall, Pt. 2. Mark Zuckerberg m’a proposé une énorme, vraiment énorme somme d’argent pour pouvoir utiliser le titre sur un film de promotion pour Instagram. Ma réponse a été : VA TE FAIRE FOUTRE! PAS QUESTION !″ Et d’ajouter: ″Je révèle ceci car il s’agit d’une démarche sournoise visant à tout contrôler. Ceux qui parmi nous bénéficient d’une notoriété – c’est mon cas quant à la gestion de l’édition de mon œuvre – ne devraient pas jouer ce jeu. JE NE PRENDRAI PAS PART À TES CONNERIES, ZUCKERBERG!″ Il m’a été répondu : ″Nous pensons que le thème central de cette chanson est toujours aussi prévalent et nécessaire aujourd’hui, ce qui montre à quel point votre travail est intemporel″… ″Mais en fait ils veulent utiliser ma chanson pour rendre Facebook et Instagram encore plus puissants qu’ils ne le sont déjà, et ce, afin de continuer d’appliquer la censure. Notamment en interdisant toute diffusion auprès du grand public sur le cas Julian Assange (WikiLeaks NDLR). Vous vous demandez comment ce petit con – qui a débuté en disant: Elle est jolie, donnons-lui un 4 sur 5. Elle est moche, donnons-lui un 1 – a pu acquérir le moindre pouvoir ? Et pourtant il est bien là! L’un des crétins les plus puissants du monde″.

Pour finir, le bassiste enfonce le clou: ″Allez, bande de Trolls, si vous voulez, traitez-moi d’hypocrite parce que j’ai osé poster ceci sur la plateforme merdique de Zuckerberg, Facebook″. Rien à foutre!″

Patrick BETAILLE, juin 2021

Le Lundi c’est permis – Collection

© Photo: Jennifer Stenglein

 


[Jean Brassard]: ″ Pour un mélomane la plus belle pièce de musique est celle qu’il écoute. Pour un collectionneur c’est celle qu’il n’a pas dans sa discothèque – For a music lover the most beautiful piece of music is the one he listens to. For a collector it is the one he does not have in his record library ″.


 

Le Lundi c’est permis – Tentation

© John Kacere


[Oscar Wilde]: ″ Le seul moyen de se délivrer d’une tentation, c’est d’y céder. Je peux résister à tout, sauf à la tentation – The only way to resist to a temptation is to yield to it. I can resist anything but temptation ”.


Patrick BETAILLE, MAI 2021

Richard Amsel – Bette Midler

 

[Extrait]: Dans les années 70 et alors qu’il à peine plus de 20 ans, Richard Amsel avait déjà marqué les esprits des amateurs d’art de New York.  Le travail de ce graphiste a également attiré l’attention de Barry Manilow, un jeune auteur-compositeur-interprète qui travaille avec Bette Midler, chanteuse émergente dans les clubs, cabarets et  piano-bars de la Big Apple. Manilow organise une rencontre entre les deux artistes et très rapidement il est décidé qu’Amsel ferait la pochette d’un premier album pour Atlantic Records. The Divine Miss M est publié en novembre 1972. Succès immédiat pour l’album, grâce notamment à son cover art considéré comme l’un des plus beaux de la période. D’autres projets suivent, toujours pour Bette Midler, mais aussi pour Kenny Rodgers et les Who pour qui il conçoit le packaging de Tommy dans sa version symphonique. Très sollicité par le cinéma, l’illustrateur signe les affiches des films parmi les plus marquants des seventies (Chinatown, Le Crime de l’ Orient Express, Nashville, Papillon, etc) et, au cours des années 80, celles de Flash Gordon, Dark Crystal et Les Aventuriers de l’arche Perdue qui deviendra son œuvre la plus célèbre. Avant de mourir du Sida en novembre 1985, Richard Amsel élabore son dernier poster. Celui qui accompagne la sortie, la diffusion et la bande originale de Mad max – Au-delà du dôme du tonnerre, le troisième des films d’action apocalyptique de George Miller. 


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Patrick BETAILLE, mai 2021

Le Lundi c’est permis – Instrument

 


[Charlie Parker]: ″ Maîtrisez votre instrument, maîtrisez la musique, ensuite oubliez tout et contentez vous de jouer – Master your instrument, master the music, then forget everything and just play ″


Patrick BETAILLE, mai 2021

Le Gouëfflec & Moog – Underground, la BD

 

Sous-titrée Rockers maudits & grandes prêtresses du son, cette bande dessinée propose de courtes biographies d’artistes évoluant en marge de la lisière du rock et de ses dérivés, aux confins de l’inconnu, de l’étrange et du bizarre alors que tous font l’objet d’un culte parfois démesuré. Formidable livre d’une subjectivité fièrement assumée. Cette anthologie de 50 récits illustrés invite à découvrir des maestros, connus ou méconnus, qui par leurs productions ont indéniablement marqué la marginalité et la richesse de l’histoire du rock. Préfacé par Michka Assayas et pour 30€, Underground est actuellement disponible partout et même ailleurs.

Patrick BETAILLE, avril 2021

Sémantique et Langue de Pute!

Montage d’après une photo du berlinois Malte Pietschmann

 

La langue française n’est pas neutre, on le sait. Elle est aussi sexiste, et même parfois vulgairement machiste. Il est bon de le rappeler.

Un COURTISAN, c’est un proche du roi – Une COURTISANNE, c’est une PUTE. Un PÉRIPATÉTICIEN, c’est un disciple d’ ARISTOTE – Une PÉRIPATÉTICIENNE, c’est une PUTE. Un GARS, c’est un jeune garçon – Une GARCE, c’est une PUTE. Un Homme FACILE est agréable à vivre – Une Femme FACILE, c’est une PUTE. Un PROFESSIONNEL fait bien son travail – Une PROFESSIONNELLE, c’est une PUTE. Un COUREUR, c’est un sportif – Une COUREUSE, c’est une PUTE. Un Homme sans MORALITÉ, c’est un corrompu – Une femme sans MORALITÉ, c’est une PUTE. Un ENTRAÎNEUR coache des sportifs – Une ENTRAÎNEUSE, c’est une PUTE. Un Homme à Femmes, c’est un SÉDUCTEUR. Une femme qui attire les Hommes c’est une PUTE – Un homme PUBLIC, c’est un homme CONNU. Une femme PUBLIQUE, c’est une PUTE. Un SALAUD, c’est un sale type – Une SALOPE c’est une PUTE. Enfin, pour insulter une Femme on la traite de PUTE, un homme de Fils de PUTE (en béarnais: Hilh de pute!). Cherchez l’erreur! Pourtant, comme le disait l’ossalois Jean-Claude COUDOUY: ″… Pute, ça vient du latin: Puto, Putare! Puto, je pense, Putare, penser. Du temps des romains, une putain c’était la fille à qui je pense. Et ce n’est devenu péjoratif que le jour où nous avons été plusieurs à penser à la même…″ Mais là c’est d’humour dont il s’agissait! Hilh de Puta.