Peter Rowen – Le Boy de U2

Boy U2. Photo Hugo McGuiness

[Extrait]: En février 1980, managés par Paul McGuiness les membres de U2 entrent en studio. Pendant sept mois et  sous la houlette de Steve Lilywhite, ils mettent au point les 11 titres de leur premier LP, Boy. Sur la pochette de l’album, la photo en noir et blanc du visage d’un jeune enfant aux yeux emplis d’un mélange de tristesse et de crainte. L’enfant s’appelle Peter Rowen, frère cadet de Derek Rowen, un ami de longue date de The Edge et de Bono qui déclarait à l’époque: ″J’ai l’image de la pochette en tête depuis deux ans. Elle exprime beaucoup de choses pour moi. Écouter l’album en tenant la pochette, c’est merveilleux!″… Publié sur Island Records, le disque sort en octobre 1980 au Royaume-Uni et en Irlande. Cinq mois supplémentaires seront nécessaire pour que Boy arrive sur le marché U.S. En effets, les Etats Unis et le Canada craignent que la photo soit perçue en tant qu’incitation à la pédophilie (ça ne s’invente pas!). La photo prise par Hugo McGuiness se voit donc censurée et remplacée par un patchwork – soit disant artistique – de clichés des quatre musiciens irlandais. Trois plus tard l’enfant a grandi. Yeux cernés, lèvre tuméfiée et expression colérique illustrent War, le troisième album de la bande à Bono incluant le fameux Sunday Bloody Sunday. Après avoir abandonné l’école à 15 ans et fait de la figuration dans le film d’Alan Parker The Commitments, Peter Rowen deviendra… photographe.

Patrick BETAILLE, septembre 2019


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Andy Summers – Monochrome Strat

Andy Summers Stratocaster Leica M

 

Bien qu’étant surtout connu en tant que musicien, Andy Summers est aussi écrivain et photographe. Quand l’énorme notoriété de Police lui en laissait le temps et chaque fois qu’il le pouvait, le guitariste jouait de son appareil photo. A ce titre, il a sorti en 2007 I’ll Be Watching You, un recueil photographique consacré aux années passées aux côtés de Sting et Stewart Copeland. Connaisseur et technicien avisé, le virtuose Andy travaille essentiellement en noir et blanc avec la Rolls du matériel photographique: Le Leica M.
Si le fabriquant allemand témoigne d’un savoir-faire incontestable, Fender et son Custom Shop construisent, eux, des guitares Signature, rendant ainsi hommage à certains grands talents. Le 17 septembre, Fender a lancé le modèle Andy Summers Monochrome Strat. En édition limitée à 50 exemplaires, la Stratocaster conçue par Dennis Galuszka fait appel à un collage de photos prises par Andy et est construite selon ses spécifications. Manche et touche en érable, corps 2 pièces en aune et  micros bobinés à la main. La signature du guitariste est apposée sur la tête de manche mais aussi sur la plaque de jonction manche/caisse. S’agissant d’un réel partenariat entre Fender et Leica, on retrouve aussi sur cette Fender Andy Summers Monochrome Strat le point rouge symbole de Leica sur la 15ème case. Présents également, des boutons de contrôle cylindriques de couleur argent similaires à ceux de l’appareil Photo. Il faut débourser 12 500$ pour ce morceau d’histoire instantané à 6 cordes et sensiblement la même chose pour le Leica M Signature qui lui aussi a droit à son édition spéciale. Vous avez demandé la  Police? Ne quittez pas!

Le lundi c’est permis – Le Cri

Edvard Munch: Skrik
Source Image: Twitter

 

Le Cri est une œuvre expressionniste du norvégien Edvard Munch. Symbolisant l’homme moderne emporté par une crise d’angoisse existentielle, elle est considérée comme l’œuvre la plus importante de l’artiste. ″ Je me promenais sur un sentier avec deux amis, le soleil se couchait… Je m’arrêtai, fatigué, et m’appuyai sur une clôture… Mes amis continuèrent, et j’y restai, tremblant d’anxiété…″ [Edvard Munch]. Quand soudain… Oooh mon dieu!!!

Patrick BETAILLE, septembre 2019

Cal Schenkel – Frank Zappa: We’re Only in It for the Money

Cal Schenkel: Zappa We're In It for the Money

[Extrait]: En 1968, le mouvement hippie et ses élucubrations fleuries laissent Frank Zappa de marbre et les appels du pied des tendances Rock Psyché du moment lui en touche une sans faire bouger l’autre. Même l’unanimement plébiscité Sgt. Pepper’s des Beatles paru un an plus tôt ne trouve pas grâce auprès de ce Dali des sixties qui trouve l’album ″ pas mal mais sans plus ″ allant même jusqu’à déclarer: ″ Ils ne m’ont jamais fait fantasmer. J’avais le sentiment qu’ils n’étaient motivés que par l’argent ″. Fidèle à sa réputation de génie cynique et rebelle, le guitariste californien accompagné de ses Mothers of Invention sort en octobre 68 We’re only in it for the money, En plus du titre provocateur (″On est là que pour le fric!″) ce quatrième album du Zap est bourré de propos acerbes sur les policiers, les réactionnaires, les racistes ou les hippies. Musicalement parlant les 19 morceaux, dont certains d’à peine une minute et même 26 secondes pour Hot Poop (Caca Chaud!) font souvent l’objet de divagations déjantées à base d’assemblages sonores, d’effets spéciaux, de distorsions et de bruitages. Mais le plus saisissant réside dans le visuel qui parodie clairement le Sgt pepper’s lonely hearts club band des 4 de Liverpool. Cal Schenkel réalise pour le recto un collage de personnages (dont Jimi hendrix) avec au premier plan les Mothers au complet et une grosse caisse sur laquelle figure le titre de l’album. Au verso, paroles imprimées sur fond rouge et en guise d’encart la photo des 7 membres du groupe alignés sur un fond jaune. Ce cliché est signé Jerry Schatzberg, le photographe qui a fait poser les Stones déguisés en femmes pour la pochette de leur 45 tours Have You Seen Your Mother, Baby, Standing in the Shadow? Ici pas de grimage pour l’hirsute combo, juste des accoutrements féminins improbablement kitsch. Zappa demande la permission de publier l’artwork en l’état à Paul McCartney mais ce dernier lui suggère de s’adresser à sa maison de disques. Refus catégorique de Capitol Records; on ne touche pas aux Beatles! Verve Records, la maison de disque de Zappa, prend donc la décision de faire figurer  l’image  controversée à l’intérieur et de la remplacer par la photo du groupe. La censure ne s’arrête pas là. Le label fait passer certaines phrases jugées malsaines à l’envers pour les rendre inintelligibles et d’autres sont carrément coupées sans que le Maître en soit informé. En 1984, We’re only in it sera réédité  avec les paroles d’origine et quand il est élu parmi les meilleurs albums de tous les temps, Zappa se contente de maugréer: ″Je préfère que la récompense aille à ceux qui ont censuré cet album, ils la méritent plus que moi″.


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Patrick BETAILLE, septembre 2019

Ruf Records – Blues Caravan

Blues Sisters Ruf RecordsFondé en 1994 par Thomas Ruf alors producteur de Luther Allison, Ruf Records est un label indépendant basé à Lindewerra en Allemagne. De grands talents parmi lesquels Jeff Healey, Candye Kane, Coco Montoya, Walter Trout ou Ana Popović, ont ou ont été au catalogue de cette noble institution exclusivement consacrée au Blues. A ce titre et depuis 2005 Ruf Records a mis en place les moyens de promouvoir les jeunes espoirs du label en leur donnant l’occasion de se produire sur les scènes européennes et américaines. Cette Blues Caravan est une véritable vitrine pour les fans et amateurs du genre avides de découvrir de nouveaux talents. Les éditions passées ont ainsi pu lancer les carrières de valeurs désormais sûres que sont par exemple Joanne Shaw Taylor ou Samantha Fish. Plus récemment, quelques privilégiés ont pu apprécier les Blues Sisters, un trio composé de Layla Zoe, Ina Forsman et Tasha Taylor, toutes trois s’exprimant dans un Blues Rock à la Soul envoûtante comme en témoigne cette reprise de Don Covay  interprétée en son temps par Aretha Franklin: Chain of Fools!

Patrick BETAILLE, septembre 2019

 

Charlie Cole – Le ″Tank Man″ de Tian An Men

Charlie Cole Tank Man
© Photo: Charlie Cole

 

Certaines photographies ont marqué le XXe siècle. Celle de Charlie Cole, a illustré la terrible répression orchestrée par le régime chinois. Lors du sanglant printemps de 1989, il avait immortalisé pour Newsweek un anonyme faisant face à une colonne de blindés sur la place Tian’anmen, à Pékin. Le monde entier fut frappé par cette image qui est encore aujourd’hui couramment utilisée pour symboliser le courage et la force de la non-violence face à la répression armée. Pour ce cliché intitulé le Tank Man (L’homme au Char) le photo-reporter avait alors reçu le prestigieux prix World Press de la Photo. Originaire du Texas, Charlie Cole avait élu domicile sur l’île de Bali depuis de nombreuses années et c’est là bas en Indonésie qu’il est décédé le 14 septembre 2019 à l’âge de 64 ans.

Boxer – Below the Belt

Nigel Thomas Censure Boxer, Below the Belt

[Extrait]: La première tentative du groupe Boxer, Below the Belt, sort en janvier 1976 chez Virgin. Malgré la présence de Mike Patto (ex Spooky Tooth) au chant et aux claviers, ce premier opus se distingue plus par son Cover Art que par des compostions somme toute assez poussives.  A partir d’une photo d’ Alex Henderson, Nigel Thomas élabore le packaging de l’album. Au recto, Stephanie Marrian, une habituée de la page 3 du tabloïd The Sun,  pose nue, jambes écartées, avec pour seul accessoire un paire de talons aiguille… rouges… Dans le prolongement d’un bras, un gant de boxe vient opportunément cacher l’entrejambe du top model. Au verso par contre le bras tendu du boxer disparaît, dévoilant sur la même photo la pilosité généreuse de la belle brune qui à l’occasion se voit affublée d’une paire de gants… rouges. Pas moyen de se concentrer sur le tracklisting qui pourtant figure en bonne place! Pour le marché américain, la toison pubienne sera recouverte dans un premier temps par une ceinture de boxeur à l’effigie du groupe, puis, pour les éditions suivantes par une réduction de la photo illustrant l’intérieur du LP. Malgré tout, ne suscitant que peu d’intérêt et de succès, Boxer splittera deux albums plus tard en 1979….

Patrick BETAILLE, septembre 2019


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Le lundi c’est permis – Décodage

 


Cinq expressions dangereuses employées par les femmes.


 

BIEN! Quand elles sont persuadées d’avoir raison, terme employé pour clore la discussion et vous faire comprendre que tu vous devez vous taire – RIEN! Signifie quelque chose et vous invite à la plus grande prudence – CONTINUE: C’est un défi, certainement pas une autorisation. Surtout ne rien faire et se taire, danger!  – QU’IMPORTE! Une manière comme une autre de vous inviter à aller vous faire voir –  C’EST BON!: Madame a besoin de réfléchir avant de décider quand et comment elle va vous faire payer votre erreur – GENIAL! Ce n’est pas un compliment. Elle est stupéfaite que l’on puisse être aussi stupide. 

Patrick BETAILLE, septembre 2019

Rival Sons – Feral Roots

Rival Sons nouvel album

 

Depuis le premier Before the Fire sorti en 2009, Rival Sons s’est peu à peu installé dans une notoriété hautement méritée que vient confirmer avec justesse la parution d’un nouvel album. Même si avec Feral Roots le revival du rock des 70’s semble toujours d’actualité, faire référence à Led Zeppelin ou Black Sabbath doit désormais rester l’apanage de Greta Van Fleet ou Blues Pills. Aujourd’hui Rival Sons évolue dans une autre dimension artistique et s’éloigne un tantinet d’un horizon Classic Rock pour s’ouvrir d’avantage à d’autres influences. Bien sûr le Heavy Rock vintage reste d’actualité avec  ″Do Your Worst″, ″Back In The Woods″ et ″Sugar On The Bone″ gavés de feeling, de riffs et de soli affûtés à la sauce Scott Holiday; on ne change pas une équipe qui gagne! Changement de cap avec ″Look Away″ et son intro folk  suivie d’un tempo lourd et plombé sur le quel s’appuie la voix chaudement éraillée d’un Jay Buchanan en pleine forme. Total dépaysement avec ″Feral Roots″ qui oscille entre folk et rock avec une classe rare. ″Too Bad″, ″Imperial Joy″et ″End Of Forever″ explorent des territoires à la fois moites et ravagés par de sauvages guitares. Surprenant, il y a de la soul teintée de gospel dans ″Stood By Me″ et ″Shooting Stars″ dans lesquels les chœurs féminins font des merveilles. ″All Directions″ démarre sous forme de ballade Pop Rock et va crescendo pour finir en explosion de décibels au cours de laquelle voix et guitares partouzent allègrement. Avec Feral Roots, l’album, la force de Rival Sons réside dans un subtil mélange des genres sur fond de Blues Rock que le groupe maîtrise à la perfection. 11 titres, 45 minutes d’intensité bienfaitrice et émotionnellement aussi puissant qu’un Led Zeppelin II ou III (merde je l’ai dit!). Ce sixième opus enregistré au Muscle Shoals Sound en Alabama et admirablement produit, marque un tournant dans une carrière pourtant déjà pavée de bonnes intentions pour ces californiens qui pour l’occasion signent chez Atlantic et confortent leur statut de probable meilleure formation de Heavy Rock de la décennie. j’ai dit!