Mike Doud – Breakfast in America

Mike Doud Breakfast in America

[Extrait]: Au départ prévu pour s’intituler Working Title, puis Hello Stranger, le sixième album de Supertramp sort finalement en 1979 sous le nom de Breakfast in America. Malgré des différends personnels et musicaux de plus en plus lourds à gérer, Rick Davies et Roger Hodgson ont quand même trouvé un terrain d’entente quant à la trame du disque: Une critique de l’Amérique et du rêve américain (n’oublions pas qu’ils sont anglais!). C’est dans ce contexte que le designer Mike Doud conçoit avec humour et dérision le magnifique visuel de l’album. La pochette montre une vue de New York depuis le hublot d’un avion. La Statue de la Liberté est remplacée par Kate Murtagh habillée en serveuse rigolarde tenant un menu et un jus d’orange posé sur un plateau. A l’arrière plan, on distingue un Manhattan tout en pots de condiments, piles de tasses, soucoupes, nourriture, carafes, couverts et objets divers. Symboliquement la Grosse Pomme devient alors une vision cartoonesque d’une Amérique consumériste et superficielle. Grâce à des tubes tels que Take the long way home, Logical song, Goodbye stranger et bien sûr Breakfast in America

Patrick BETAILLE, novembre 2018


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Jimmy Page – Fender Telecaster: Dragon

Jimmy Page DragonCaster
Capture Écran Youtube

 

Généralement quand on pense au guitariste de Led Zeppelin la première image qui vient à l’esprit c’est Gibson. Effectivement, à quelques exceptions près, Jimmy Page a très souvent joué sur Les Paul et aussi sur la fameuse Gibson EDS-1275, celle de Stairway to Heaven. Ceci admis, c’est oublier un peu vite qu’au tout début du dirigeable le guitariste utilisait une Fender Telecaster de 1959 offerte par Jeff Beck en remerciement d’une intronisation au sein des Yardbirds. En 1967, inspiré par une idée de Syd Barret, le body de la guitare est doté de 8 petits miroirs ronds afin de pouvoir générer sur scène des effets de lumières. Un peu plus tard, les miroirs seront enlevés et la peinture d’origine poncée. Passionné de créatures de légende Jimmy réalise lui même le motif représentant un dragon. Par la même occasion le pickguard noir est remplacé par un modèle transparent sous lequel est glissé un film réfléchissant. A l’occasion du cinquantenaire de la fondation Led Zeppelin, Fender et Jimmy Page sont en partenariat pour rééditer début 2019 et en 50 exemplaires ces deux versions de la Telecaster sur laquelle Jimmy Page a enregistré la majorité des titres du premier album paru en 1969 et que l’on voit lors des concerts du groupe en 1968: Dazed and confused!

 
 
 
 

Dante Orpilla – She only loves you when she’s drunk!

© Dante Orpila

 

 

Ses amis l’appelaient ″ Youngluck ″ (chanceux). Fils de père philippin et de mère métisse, Orpilla a grandi dans les mauvais quartiers d’Oakland. A l’âge de 17 ans, lors d’une fusillade il est blessé à la nuque et à 21 ans il prend une balle dans le bras au cours d’une bagarre. En 2006, sa petite amie rompt et disparaît avec son fils de 3 ans, Orion. Déprimé, ″Lucky″ sombre dans la paranoïa et la drogue.Plus tard, se fait piéger et arrêter en possession de 110.000 dollars destinés à l’achat de 7 Kg de cocaïne. Incarcéré dans un pénitencier fédéral, il purge une peine de trois ans assortie d’une détention à domicile sous contrôle judiciaire. De tout temps Dante été doué pour le dessin mais c’est lors de son séjour en prison qu’ il développe son art, un peu par hasardUn jour en effet, il renverse du café sur une feuille de papier et réalise que la teinte brunâtre donne naissance à des taches qu’il trouve éloquentes. Sa boisson du matin se transforme bientôt en aquarelles. De fil en aiguille, d’échanges de courriers en publications de blog, il acquiert une notoriété et son statut d’artiste reconnu se confirme. Aujourd’hui l’artiste, toujours en liberté conditionnelle, gère son Project Stane pour venir en aide aux enfants en difficulté et persiste dans l’expression de son talent. Comme en témoigne cette peinture intitulée ″She only loves you when she’s drunk″Dante Orpilla  produit des œuvres à l’image de son parcours: sombres, tourmentées, d’une fulgurance et d’une expressivité étonnantes. A voir sur OneUglyBastard

Patrick BETAILLE, novembre 2018

Doors – Whisky Bar

Jim Morrison Whisky Bar

À l’origine Alabama Song est écrite en 1930 par le cinéaste allemand Bertolt Brecht et son compatriote compositeur Kurt Weill pour le spectacle musical Grandeur et décadence de la ville de MahagonnyDans le contexte de l’opéra, le texte exprime la la quête d’un groupe de prostituées qui errent dans le désert à la recherche d’une ville sans prohibition. Ville qu’elles ne trouveront jamais. Cette chanson doit sa grande popularité à la version des Doors qui figure sur leur premier album paru en 1967. Connue également sous le nom de Whisky Bar, les paroles adaptées par Jim Morrison racontent le désespoir d’un homme tourmenté pris dans la spirale infernale des plaisirs faciles liés à l’alcool, la drogue et au sexe. Des thèmes qui ne sont évidemment pas sans rappeler la vie dissolue du Lizard King mort d’une overdose en 1971.

Allez! amène moi vers le bar à whisky le plus proche. Ne me demande pas pourquoi mais fais le car sinon on va en crever… Vas y! Ne me demande pas pourquoi mais trouve moi une fille. Emmène moi [Alabama Song, extrait].

Patrick BETAILLE, novembre 2018

Le lundi c’est permis – Et Dieu dans Tout Ça?

Mircea Pavel porte plainte contre Dieu

 

En 2007, un Roumain porte plainte contre le ″ nommé Dieu, domicilié aux cieux et représenté en Roumanie par l’Eglise orthodoxe ″, l’accusant ″ d’escroquerie, d’abus de confiance, de corruption et de trafic d’influence « . Il reproche notamment à Dieu de ne pas avoir pris en compte ses prières.
Lors de mon baptême, j’ai conclu un contrat avec l’accusé visant à me délivrer du mal. Or, jusqu’ici, ce dernier n’a pas honoré ce contrat, bien qu’il ait reçu de ma part différents biens et nombreuses prières ″, écrit le plaignant.
Le quotidien Evenimentul Zilei a rapporté le 11 juillet 2007 que le parquet de Timisoara a débouté le plaignant, estimant que ″ Dieu n’est pas un sujet de droit et n’a pas d’adresse ″. Mircea Pavel, 40 ans au moment des faits, purge actuellement une peine de 20 ans de prison pour meurtre. Ite missa est!

Rumble – The Indians Who Rocked the World

Catherine Bainbridge Rumble

En 1958 lors d’un concert un des micros se retrouve plaqué contre l’amplificateur du guitariste. S’en suit un son extrêmement saturé qui donne naissance à Rumbleun instrumental sur trois accords avec lequel l’amérindien Link Wray  posera l’une des pierres fondatrices du Rock. Se remémorant ce frissonnant classique, Martin Scorsese jubile : ″le son de la guitare… cette agressivité… C’était le premier morceau à utiliser la distorsion et le feed-back. Rumble marque l’arrivée de l’accord de puissance dans le rock – et c’est également l’un des rares morceaux instrumentaux à avoir été interdits à la radio, tant on craignait qu’il n’incite à la violence…″. Réalisé par Catherine Bainbridge ce documentaire exceptionnel retrace l’histoire de ces indiens natifs d’Amérique qui ont donné ses lettres de noblesse à la musique populaire, Rock et Blues en tête. Via des extraits de concerts, des images d’archives et des interviews, les portraits de ces icônes autochtones nous sont contés par quelques unes des plus grandes légendes américaines de la musique qui les ont côtoyées, qui ont joué avec elles ou qui s’en sont inspiré. De Buddy Guy et Quincy Jones à Iggy Pop, en passant par Steven Tyler et Stevie Van Zandt et bien d’autres, tous reconnaissent cet héritage. Rumble, le film, montre à quel point les influences autochtones représentent un pan important de l’histoire de la musique et ce malgré les nombreux efforts déployés pour interdire, censurer et éradiquer les cultures autochtones aux États-Unis. Sorti aux Usa en octobre 2017 et disponible en Dvd, le documentaire sera projetée dans certaines salles françaises à partir du 7 novembre 2018. Toutes les infos: Rumble, the Movie.

Patrick BETAILLE, octobre 2018

Étienne Daho – Chansons de l’innocence retrouvée

Étienne Daho censure

[Extrait]: En 2010, la RATP avait interdit la pochette de l’album J’accuse de Damien Saez, la jugeant trop offensante car on pouvait y voir une femme offerte nue dans un caddie de supermarché. En 2013  c’est au tour d’Etienne Daho de subir les foudres du transporteur parisien. l’affiche sensée promouvoir la sortie du treizième album de l’artiste français fait débat. Comme sur le packaging du disque Chansons de l’innocence retrouvée on y voit le chanteur poser aux côté d’une jolie jeune femme en petite culotte et seins nus. Le cliché pris à Ibiza est l’oeuvre de Richard Dumas, photographe de presse pour Le Monde et Libération à qui l’on doit aussi des illustrations pour Alain Bashung, Christophe Miossec ou Carla Bruni. Même si la RATP nie le fait d’avoir demandé la censure de l’image il s’avère au final que certains comme Itune, Universal, Amazon  et Polydor affichent sur leur site une version pudique de la pochette.

Patrick BETAILLE, octobre 2018


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Jean Eric Perrin – Sexe, Drogues et Rock’n’Roll!

© Photo: Philippe Mogane – Shakin’ Street. Album Cover Art

Dans le milieu du cinéma et de la musique des années 70 Fabienne Shine est de toutes les fêtes. Elle donne beaucoup de sa personne, s’amuse avec Aznavour, Dali ou Klaus Kinski. C’est une bombe à qui personne, homme ou femme, ne résiste et l’univers du rock est son domaine de prédilection. Elle court le monde avec de glorieux amants chez les Stones, Led Zep, le Floyd ou la bande à Bertignac. Elle croise aussi la route de Bob Marley, Johnny Thunders et Ike Turner. Pour coller d’encore plus près à la Rock attitude, celle qui ferait passer Pamela Des Barres ou Bebe Buell pour des grenouilles de bénitier, fonde Shakin’ Street en 1976 et chantera Solid as a Rock. C’est en résumé l’hallucinante saga d’une muse électrique racontée par Jean-Eric Perrin: Sexe, drogues et Rock’n’Roll!

Patrick BETAILLE, octobre 2018

Steve Grantley & Alan G. Parker – The Who by Numbers

 

Publié en anglais en 2010, The Who by Numbers est désormais disponible en version française. De I Can’t Explain à Tommy, de Won’t Get Fooled Again à Endless Wire en 2006, Steve Grantley et Alan G. Parker décortiquent l’extraordinaire carrière des porte-drapeaux d’une époque, celle de la gé-gé-nération Mods. Ce livre n’est pas une biographie de plus sur The Who mais bien une étude musicale et sociale basée sur le Rock’n’Roll explosif asséné par Pete Townshend, Roger Daltrey, John Entwistle & Keith Moon. Commercialisable le 26 octobre à 24€ les 300 pages, L’histoire des Who à travers leur musique est disponible en précommande sur le site de Rytrut Editions.

Patrick BETAILLE, octobre 2018

 

Jean Paul Pagnon – Blues Entoilé

J.P Pagnon Muddy Waters
© Jean Paul Pagnon

 

Du Delta du Mississippi à Chicago,  des ruelles de la Nouvelle-Orléans aux quartiers de New-York, l’univers de ce peintre français héberge chanteuses et musiciens, micros, guitares et cuivres dans des univers qui ont la chaleur d’une tasse de café qui fume, la rondeur d’une volute de cigare de La Havane et la moiteur d’un été en Louisiane. Jean-Paul Pagnon donne des couleurs à ce rêve américain, et met en images l’éternelle bande-son du Jazz et du Blues.