The Peels – Juanita Banana

 

Voilà une histoire Ô combien épique qui valait bien le témoignage musical qui germa dans la tête du producteur Tash Howard. Son idée? Faire interpréter par un groupe, créé pour la circonstance, une chanson qu’il avait écrite avec Murray Kenton et que sa société de production (Howard-Smith Productions) financerait. Composé de Gail Allan, Bill Spilka, Harvey Davis et Harold Swart, The Peels enregistrent donc le fameux Juanita Banana. Sur la pochette originale, aucune information liée aux sources musicales. Le refrain est pourtant bel et bien tiré d’un air de bel canto extrait du Rigoletto de Giuseppe Verdi écrit 115 ans plus tôt. dès sa parution en 1966 le single devient culte, au point d’atteindre la cinquante-neuvième place au Billboard Hot 100 et de trouver un écho international avec des interprétations plus ou moins loufoques…

En France, c’est le comique de service cher à Maritie et Gilbert Carpentier qui y va de sa version scopitonée. Henri Salvador y apparaît grimé en Juanita aux longs cheveux nattés et en père pourvu de moustaches fournies qui plus tard inspireront Philippe Martinez. Quant à Tash Howard, il fera d’autres tentatives avec deux nouveaux singles, Juanita Banana-Part 2 et Scrooey Mooey, suivis d’un EP également nommé Juanita Banana. Mais le succès ne sera pas au rendez-vous. C’en était fini de The Peels.


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Patrick BETAILLE, octobre 2022

Aphrodite’s Child – Rain and Tears

 

Demis Roussos, Loukas Sideras et Vangelis Papathanassiou jouissent déjà d’une solide réputation dans leur pays, la Grèce, quand ils décident pourtant de changer d’air suite au coup d’état et à la dictature instaurée par les militaires. Le trio veut tenter sa chance Grande-Bretagne et, en mai 1968, c’est le départ d’Athènes en direction de Londres. À ce moment là, ça balance pas mal à Paris où leur avion reste bloqué à cause des grèves. N’ayant toujours pas obtenu leurs permis de travail anglais, les musiciens décident de rester dans la capitale française et d’y enregistrer leur premier album sous le nom de Aphrodite’s Child. Mercury Records investit alors les studios parisiens de Philips et suggère de commencer par travailler sur un single musicalement basé sur Canon per tre Violini e Basso. Vangelis ne tarde pas à adapter les arrangements du fameux Canon de Pachelbel et c’est à Boris Bergman, jeune auteur français, débutant et glandeur de première, qu’incombe l’écriture des paroles en anglais. Non productif, il se retrouve enfermé par le staff dans son bureau: ″Tu ne sortiras de là qu’après avoir pondu un texte″! C’est de sa fenêtre qu’il aperçoit un cortège funéraire sortant d’une église voisine. Il pleut – rain – et certains sont en pleurs – Tears. La chanson Rain and Tears et son cortège de mélancolie sur fond d’amour déchu est enfin enregistrée…

Se pose alors le problème du pressage. Les usines sont à l’arrêt. L’équipe finit par dénicher dans une arrière boutique de Saint-Ouen une ancienne unité de pressage qui est redémarrée pour la circonstance. Sorti en juin, le single devient très rapidement le tube de l’été 1968 qui ne sera pas étranger au succès international de l’unique groupe pop/rock hellénique: Aphrodte’s Child.


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  Patrick BETAILLE, septembre 2022

NAPOLEON XIV – They’re Coming to Take me Away

 

Derrière le pseudo de NAPOLEON XIV se cache en fait le nom de l’ingénieur du son d’un studio new-yorkais, un certain Jerry Samuels. En 1966, en pleine période de psychédélisme il décide d’écrire et d’enregistrer une chanson simpliste, sorte de pied de nez ironique et humoristique à la tendance mystique, littéraire et surréaliste du moment. Il faudra pas moins de 9 mois à ce doux dingue pour atteindre son objectif, la principale difficulté consistant à travailler sans musiciens et surtout sans section rythmique. Il fait donc appel à quelques uns de ses amis pour enregistrer une piste de grosse caisse, un autre de tambourin et une troisième de claps de mains. Une fois finalisé, l’ensemble est ensuite mixé sous forme de boucle répétitive à laquelle est ajouté le son d’une sirène à manivelle louée 5$. Pour la voix, l’ingénieur fait appel à ses compétences de technicien en utilisant un séquenceur à vitesse variable qui lui permet de moduler son propos – aussi bien dans les aigus que dans les graves – tout en y ajoutant de l’écho et les hurlements de la sirène. Quant aux paroles, elles abordent le thème de la folie, celle dans laquelle le héro sombre quand sa copine le quitte… 

Craignant qu’on lui reproche de se moquer des maladies mentales, l’auteur décide de rajouter un dernier couplet dans lequel on découvre que c’est à cause de la fuite de son clébard parti en goguette que notre héro pète les plombs! Pour preuve, l’illustration du LP montre NAPOLEON à proximité d’une bouche à incendie sur laquelle tout bon canidé qui se respecte est censé pisser. Sauf que là, au bout de la laisse et dans le collier rien!..

They’re Coming to Take Me Away, Ha-Haaa! sort en single en juillet 1966. Contre toute attente et bien que censuré sur certaines radios (BBC notamment), le titre fait un carton et se retrouve instantanément N°3 au top 100 du Billboard, N°1 au cash Box, N°2 au Canada et N° 4 au Royaume-Uni. C’est tout simplement la face A jouée à l’envers qui figure la face B titrée !aaaH-aH ,yawA eM ekaT oT gnimoC er’yehT. Même les infos présentes sur l’étiquette sont intégralement imprimées à l’envers. Sans conteste une aventure musicale dans laquelle on se serait pas étonné outre mesure de voir débarquer le Screwy Squirrel de Tex Avery! En dernière position sur le LP paru la même année, la réponse attribuée à Joséphine XV: I’m Happy They Took You Away, Ha-Haaa! (Je suis contente qu’ils aient fini par t’enfermer).


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Patrick BETAILLE, septembre 2022

The Moody Blues – Nights in White Satin

 

Changement de label et de cap en 1967 pour les Moody Blues qui laissent de côté les reprises rythm and blues pour se consacrer au rock psychédélique. Pour leur deuxième opus, Polydor souhaite leur faire enregistrer une version rock de La Symphonie du Nouveau Monde d’Antonín Dvořák. Préférant graver leurs propres compos avec un orchestre de musique classique, les Moody Blues deviennent alors les précurseurs d’un rock symphonique qui, de l’aveu de Ian Anderson (Jethro Tull), sera pour lui une source d’inspiration incontestable, y compris pour ce qui concerne l’approche conceptuelle de ses productions futures. Paru en novembre, Days of Future Passed est en effet basé sur un projet : aborder le quotidien d’un individu et, logiquement, la track list de 7 titres débute par The Day Begins pour s’achever sur un Nights in White Satin sorti simultanément en single. Nous y voilà! La chanson a été écrite par le chanteur-guitariste Justin Hayward, inspiré par le cadeau de sa petite amie: une paire de draps en satin blanc. L’épisode devient très rapidement l’un des hymnes du rock progressif et joue dans la même catégorie que A Whiter Shade of Pale de Procol Harum…

Paroles romantico-mélancoliques à souhait, habillage symphonique, utilisation de la  flûte et du tout nouveau Mellotron, harmonies vocales et son remarquable offrent pour un temps un beau succès international (numéro un en France et au Canada ) au single qui connaitra un fort regain de popularité à la fin des années 70. Nights In White Satin a fait l’objet de nombreuses reprises.


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Patrick BETAILLE, septembre 2022

The Trashmen – Surfin’ Bird

 

En 1963, le premier album de The Trashmen à suffit pour renvoyer dans leurs 22 mètres les groupes de surf rock basés en Californie du Sud. Plus habitué à pratiquer un rockabilly de qualité,  très populaire chez les ados, qu’un garage rock approximatif, le groupe va connaître cette année là un succès aussi soudain qu’incroyable avec un titre complètement déjanté: Surfin’ Bird. C’est le batteur Steve Wahrer qui a eu l’idée de combiner The Bird’s the Word et Pa Pa Ooh Mow Mow, deux titres d’un groupe de Doo Wop de l’époque: The Revingtons. Une fois en studio, rythmique hypnotique et effets spéciaux sur les voix ont été combinés avec des onomatopées répétées à l’envie et des paroles sans queue ni tête. ″Tout le monde a entendu parler de l’oiseau. Eh bien, oiseau est le mot! Pa pa ooh mow mow, pa pa ooh mow mow! ″. Le tour est joué! Contre toute attente, début 1964, les Éboueurs sont dans le top 10 de leur pays avec ce truc décomplexé illustrant le rock & roll dans sa version la plus basique et la plus sauvage. Ce Surfin’ Bird d’anthologie a piaillé dans les bandes son de plusieurs films (notamment Full Metal Jacket de Stanley Kubrick en1987 et Le Vilain, d’Albert Dupontel en 2009) et mis en cage par plusieurs groupes dont les Ramones, The Cramps, Sha Na Na et Silverchair. En 1988, la chanson est adaptée en français sous le titre J’aime Le Beurre par Au Bonheur des dames sur leur album Jour de fête.


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Patrick BETAILLE, août 2022

Procol Harum – A Whiter Shade of Pale

 

Quand la lumière baisse et que résonnent les premiers accords à l’orgue du slow le plus célèbre de tous les temps, tout devient possible. Nous sommes en 1967, et tandis qu’à San Francisco les hippies rêvent rêvent d’un nouveau monde en écoutant The Mamas and the Papas, un groupe anglais alors totalement inconnu envahit les ondes avec A Whiter Shade of Pale. Ce titre, on le doit à Gary Brooker, celui qui fit ses premières armes au sein d’un groupe éphémère: The Paramounts. En regardant la télé alors qu’il vivait chez sa mère, le pianiste-auteur-compositeur-chanteur tombe par hasard sur une publicité pour Hamlet Cigars dont la bande son fait clairement appel à une suite pour orchestre composée en son temps par Jean Sébastien Bach. Sur son piano, il retrouve la mélodie et a l’idée de la faire coïncider avec un texte de l’un de ses ami, le poète surréaliste Keith Reid…

Le single que John Lennon passait en boucle sur la sono de sa Rolls, ne figure pas sur le pressage anglais du premier LP de Procol Harum alors qu’il occupe la première place sur la version US. Mais qu’importe, c’est cette nuance de blanc plus pâle qui squattera le sommet des charts britanniques pendant 6 semaines et installera la formation londonienne au panthéon d’un rock artistique aux mélodies complexes, aux textes alambiqués et aux orchestrations à grande échelle, parfois même symphoniques. 


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Patrick BETAILLE, août 2022

Jimi Hendrix – Hey Joe

 

Hey Joe?! Où vas-tu avec ce flingue à la main? Je vais descendre ma nana, je l’ai surprise en train de fricoter avec un autre mec… Hey Joe?! J’ai entendu dire que tu l’avais flinguée! C’est vrai?… Ouais, je l’ai descendue car je l’ai surprise en train de fricoter avec un autre mec. Où vas-tu maintenant? Je ma casse vers le sud, direction le Mexique . Sous forme de dialogue, une tranche de vie écrite et mise en musique dans les années 60 par un folqueux de New-York répondant au nom de Billy Roberts. Plusieurs artistes ont par la suite repris la chanson, dont The Leaves, un groupe de Los Angeles, Love – la formation d’Arthur Lee – The Byrds avec David Crosby et Tim Rose qui en a fait une version plus lente sur un single paru en 1966. 

C’est cette version qui est venue titiller les esgourdes d’un certain James Marshall Hendrix qui à l’époque joue avec Jimmy James and the Blue Flames et propose d’ajouter Hey Joe à la setlist du groupe. Lors d’un concert au Greenwich Village, Chass Chandler est dans la salle. Subjugué par la prestation du guitariste, l’ex bassiste des Animals propose à Jimi de le rejoindre en Angleterre et de devenir son producteur et manager. Une fois à Londres, Chandler fait entrer Hendrix en studio – avec Noel Redding et Mitch Mitchell – et enregistre la chanson par le trio qui devient The Jimi Hendrix Experience. Le single sort en décembre 1966. Avec en face B Stone Free, le disque connaît un succès immédiat, grâce notamment au jeu innovant du magicien de la 6 cordes de Seattle…

En 1966, Johnny Hallyday était de passage à Londres. Lui aussi croisait le gaucher, lui aussi tombait sous le charme de cette saga et lui aussi décidait de se l’approprier. Il confia à Gilles Thibaut le soin d’adapter les paroles avec comme consigne de faire abstraction de meurtre et de cavale. De cocu énervé il était toujours question, mais dans cette version française, le dépit amoureux, l’amertume et le mépris donnaient le ton. « Tu vois Joe, hier je rêvais d’avoir ta peau mais je préfère te voir souffrir et de cette fille, je t’en fais cadeau. Hey Joe! Allez bonne chance Joe!« . 20 ans plus tard, dans une magnifique interprétation, Alain Baschung reprendra à sa façon ce standard planétaire du rock et de ses environs: Hey Joe.


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Patrick BETAILLE, août 2022

Barry Ryan – Eloïse

 

Dans les années 50, Marion Ryan était l’une des grandes stars de la pop britannique qui squattait les émissions de variétés. Mariée à 17 ans, c’est dans le Yorkshire qu’elle donna naissance à deux enfants, les jumeaux Paul et Barry Ryan. Ah les lois de Atavisme! En 1965, Les garçons signent chez Decca Records et sortent leur premier disque alors qu’ils n’ont que 17 ans. Jusqu’en 1967, ils obtiennent rapidement quelques succès d’estime qui leur permet d’être parrainés par Frank Sinatra et de participer à quelques projets avec notamment les Hollies, Roy Orbison, les Small Faces et Dusty Springfield. Écœuré par les exigences du show business Paul se met en retrait. Barry décide alors d’entamer une carrière solo et c’est avec un titre écrit par son frère qu’il renoue avec le succès. Eloïse, son premier single sort en 1968, grimpe immédiatement à la deuxième place au classement des meilleures ventes britanniques, à la première au hit parade français et se vend à hauteur de 5 millions d’exemplaires dans le monde. Mélodramatique, lyrique, grandiloquente et très orchestrée, la chanson raconte l’histoire d’un amour déchu. ″Difficile d’admettre que cet amour est en train de mourir. Désormais elle sait que je pleure et que toutes les nuits je suis là, le cœur brisé. Elle, elle n’est pas là et au fur et à mesure que les jours passent, les nuits deviennent plus froides. Eloïse tu es ma raison d’être alors je t’en prie, écoute moi″. Ok, dans le genre, Brel et son Ne me Quitte Pas peuvent dormir tranquilles! Alors qu’en Australie la complainte figure en bonne position au Top 10, une enfant de huit ans nommée Eloise Worledge est enlevée à Melbourne. Par respect et solidarité envers la famille, les stations de radio cessent de diffuser la chanson pendant les recherches qui, malheureusement, ne donneront rien. La fillette n’a jamais été retrouvée. D’autres titres suivront – Red man en 1971 – mais sans succès notoire pour Barry Ryan qui mettra fin à son activité discographique au début des années 70. Traduite et chantée en français par Claude François, Eloïse a également été interprétée par les Damned en 1986.


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Patrick BETAILLE, août 2022

The Who – My Generation

 

Les gens veulent nous humilier, juste parce que nous existons. Ce qu’ils font est vraiment dégueulasse. J’espère que je mourrai avant de devenir vieux. Pourquoi ne disparaissez-vous pas tous? N’essayez pas de comprendre, je ne cherche pas à me faire remarquer, je parle juste de ma génération . Londres. Sur le chemin qu’elle emprunte pour se rendre à Buckingham, la Reine Elisabeth est agacée par la présence d’un corbillard garé sur son parcours. Au prétexte que le véhicule lui rappelle les funérailles de son époux, elle exige que la Packard mortuaire soit mise en fourrière. C’est là que tout commence.

Le corbillard en question appartient à Pete Townshend. Le jour où il découvre la disparition de sa bagnole achetée d’occase avec ses premiers cachets, le jeune guitariste-compositeur et désormais piéton vient d’avoir 20 ans. Il est furieux et c’est dans le train qu’il jette sur papier la colère d’une jeunesse qui ne parvient pas à trouver sa place dans la société. Quelques mots qui mettent soudainement The Who au centre de toutes les attentions d’un auditoire qui ne tarde pas à s’approprier l’expression de son mal-être. Le morceau ne prend sa forme définitive qu’après plusieurs mois de tâtonnements. Le groupe doit s’y reprendre plusieurs fois pour l’enregistrer. À la guitare Pete Townshend hésite encore avec un tempo blues à la Jimmy Reed. À plusieurs reprises John Entwistle casse les cordes de sa basse Danelectro. Finalement c’est Keith Moon qui, de derrière ses fûts, trouve le bon tempo. Mais Roger Daltrey au chant a du mal à gérer le rythme effréné.  J’ai tenté de le suivre, mais j’ai bégayé à la première première prise. Je me suis corrigé à la prise suivante, mais le producteur a réagit en disant : garde ça, garde ce bégaiement c’est génial! se souvient le chanteur. Ainsi soit! Le single sort le 29 octobre 1965. La violence des mots et la puissance musicale ont un impact immédiat et, bien que la BBC en bloque la promotion et la diffusion sous prétexte de ne pas vouloir offenser les bègues, My Generation atteint la 2ème place des charts britanniques. Le groupe était alors tout jeune et je pensais que sa carrière serait très brève″ déclarait Townsend à l’époque. Pas vraiment prophète l’ami Pete sur ce coup là. Il ne se doutait pas que sa composition serai classée huitième meilleure chanson britannique de tous les temps et qu’il avait pas mal d’avance sur ce qui allait débouler une dizaine d’années plus tard: le punk.


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Patrick BETAILLE, juillet 2021

Joe Cocker – With a little Help from my Friends

 

À part 4 ou 5 titres (notamment Change In Louise en 69, High Time We Went en 71) composés avec son ami Chris Stainton, Joe Cocker s’est toujours cantonné à reprendre, souvent de belle manière (You Can Leave Your Hat On de Randy Newman par exemple), des titres écrits par d’autres. Mais là où le plombier de Sheffield a fait très fort, c’est lorsqu’il s’est attelé à interpréter une chanson des Beatles, coécrite en son temps par John Lennon et Paul McCartney, chantée par Ringo Starr et qui figure sur l’album Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band sorti en 1967. En avril 69, With a Little Help From my Friends paraitra donc sur le premier LP de Joe Cocker. D’amitié il est question. Celle qui transparait dans le texte original bien sûr. ″ Que ferais tu si je chantais faux? Tu te barrerais et tu me laisserais là? Accepte de m’écouter et je te chanterai quelque chose. Tu vois, avec un petit coup de pouce j’y arrive. Tout ce dont j’ai besoin c’est de la présence de mes potes ″. Mais aussi celle grâce à laquelle With a Little Help From my Friends, l’album, a pu voir le jour. Albert Lee, Chris Stainton, Steve Winwood et Jimmy Page, entre autres, sont en effet en studio pour assister l’artiste dans cette tentative qui, au final, se soldera par un succès considérable et une première place au hit-parade britannique pour le 45 tours sorti en octobre 1968. Plus lente, traitée façon gospel, la chanson révèle la voix incomparable de Cocker dont les cris orgasmiques sont directement inspirés par Ray Charles. Toujours en 1969, en août, performance hors normes au festival de Woodstock. Le public stupéfait découvre ce petit homme hirsute aux incroyables gesticulations, grimaçant et complètement défoncé transcendé, air-guitariste avant l’heure qui dès lors entrera dans le panthéon du Rock et inscrira sa version de With A Little Help dans la postérité. Après le décès de Joe Cocker en 2014, Paul McCartney a déclaré: ″ It was just mind-blowing, totally turned the song into a soul anthem, and I was forever grateful for him for having done that″. (C’était juste époustouflant, ça a totalement transformé cette chanson en un hymne soul, et je lui en serai toujours reconnaissant).


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Patrick BETAILLE, juillet 2022