We Don’t Care – Shitty Song

Comme dirait quelqu’un que je connais bien, voilà un truc qui va vous faire sortir les roubignoles par les oreilles ! Shitty Song est un exented play des palois de We D’ont Care ; WDC pour les intimes dont vous ferez partie sous peu, si ça n’est déjà fait. Cinq titres qui mis bout à bout forment un joli paquet de dynamite mèche courte. À l’origine de ce quatuor, un certain Phil, bassiste de son état, un vétéran de la scène paloise qui à l’époque jouait le rôle de calife à la place du calife au sein du groupe Iznogood. Jérôme, le guitariste soliste, a lui aussi sévi dans plusieurs formations de la région. Chris, le batteur version Animal des Muppets, est lui aussi un local de l’étape qui a fait un passage au sein de Okploïde et question fougue il se pose un peu là . Quant à Mickaël – déniché par Phil sur Leboncoin [Si, si!] – il a quitté sa Normandie pour partager au chant et à la guitare sa passion du rock musclé qu’il compose désormais sous le beth ceu de Pau. Tout ce beau monde a bien évidemment bénéficié d’influences diverses et variées qui vont des Red hot, Deftones et Neurotic Outsider à Nirvana, Korn ou encore Rory Gallagher. Mais c’est unanimement qu’est revendiquée une appétence particulière pour l’album The color in the shape des Foo Fighters et croyez moi, ça se sent ! Le rock a-t-il encore quelque chose à raconter? La réponse est oui et c’est à We Don’t Care qu’incombe la tâche qui consiste à remettre le genre sur orbite avec un lanceur qui incontestablement carbure au Nitroglycériméthanol. Ooh Shiittt! Shitty Song offre son titre à l’album en ouvrant les hostilités. Tu parles d’une ″Chanson Merdique″! Loin s’en faut! Ça déboule à fond les ballons et il en est ainsi tout au long des cinq titres. Rythmique entêtante, riffs ravageurs, solos remarquables, voix puissantes, tout contribue à donner à l’ensemble du corps, de l’unité et une fougue qui ne faillit jamais. Difficile d’étiqueter cette galette aux accents de punk, de grunge, voire de metal, mais une chose est sûre, c’est bien de rock high energy dont il s’agit et c’est putain de bon! L’enregistrement a bénéficié d’un coup de main de Vivien Van Hoegaerden. Impeccablement mixé maison par Mickael himself, Shitty Song a été signé par le label M&O music qui, logiquement, en assure promo, com et distribution. Vivement que les concerts puissent reprendre car pour avoir vu We Don’t Care sur scène à deux reprises, j’ai vraiment hâte de découvrir les versions live de ces cinq brûlots. D’ici là …. Infos, contacts, liens utiles et écoute: On s’en Tape!

 

Patrick BETAILLE, janvier 2022

 

Time Zero – New World

 

Par définition le ″Time Zero″ désigne le point de départ d’un événement. Le nom dira peut-être aussi quelque chose à ceux qui ont connu la belle aventure des concerts du feu Show Case car c’est sous ce nom que s’y est produit ce groupe palois qui existe depuis 2011. Le quatuor nous livre aujourd’hui 10 compositions personnelles musicalement estampillées Time Zero. Au chant et à la guitare, Dominique Berdery, également auteur des lyrics. Yannick Le Garrérès derrière ses fûts soutient la descendance, en l’occurrence ses fils Raphaël et Yann respectivement guitariste et bassiste. Somme toute une histoire de famille garante d’une osmose générationnelle. Nous avons l’habitude de croire que l’histoire est un éternel recommencement, y compris (surtout?) s’agissant de musique. Chaque époque a droit à sa mouvance musicale qui la questionne. Aujourd’hui, ceux qui remettent en question l’ordre établi finissent par s’y perdre. Pas Time Zero! Autant le dire tout de suite! New World, l’album dont il s’agit, est une excellente surprise qui tend à prouver qu’il est encore possible de révéler de nouvelles esthétiques et de prouver que des approches originales restent accessibles. Pendant près de 40 minutes le plaisir de l’écoute navigue entre pop lumineuse, ambiances rock progressif et envolées punchy. Time Zero franchit le cap difficile du premier album avec une facilité ma foi assez déconcertante. Outre un rôle de chanteur parfaitement maîtrisé, Dominique occupe l’espace de la plus belle des manières en distillant çà et là de brefs (trop?) solos au phrasé expressif mais sans pour autant laisser dans l’ombre les autres musiciens. La rythmique joue son rôle avec une efficacité – ni trop, ni trop peu – qui ne nuit jamais à ces moments au cours desquels les guitares virtuoses font preuve de feeling et d’ingéniosité. Enregistré au studio Les Cerisiers à Toulouse, New World bénéficie en outre d’une production aux petits oignons et des arrangements raffinés de Raphaël qui donnent à l’ensemble corps et cohésion. Le son est vraiment remarquable et sert parfaitement un quatuor à la technique aboutie. C’est Romain Barbot, un graphiste de Toulouse, qui, à partir d’une photo du palois Anthony Batista, a élaboré un artwork qui est loin de laisser indifférent. Bref! De quoi justifier, vous l’aurez compris, la qualité en tous points de cet opus – point de départ d’une nouvelle aventure – auquel il faut vraiment prêter une oreille attentive. Pour toutes infos et contact avec Time Zero c’est Ici et . Et pour écouter (Fort!) un extrait de New World: Flowing Down!

 

la Discothèque Idéale 2021

 

Les divas de l’auto-tune vous donnent des envies de suicide? La soupe radiophonique et télévisuelle vous en touche une sans faire bouger l’autre? Le remède existe. Si, si! Le choix, bien qu’assumé, est bien évidemment relatif, partial et subjectif. Il a juste pour ambition d’entretenir l’espoir que le rock n’est pas encore mort et de prouver que, contre vents et marées, de talentueuses volontés mettent beaucoup de conviction et d’énergie pour que leur passion et leur plaisir deviennent nôtres. Bien sûr, le débat reste entier et ouvert mais il doit obéir à une constante et une seule: ″ La musique c’est comme la vie, ça se respire ″ (Francis Zegut). La discothèque idéale est chroniquée ici: Rock’n’Roll Bordel!

Patrick BETAILLE, décembre 2021

Didier Céré – Rock Rebel

 

Il est là et bien là Didier. Ambiance Milwaukee, il pose devant un bouclar sur un Panhead de 1948. Tout y est! Les tatouages, les bagouzes, le perf [NDLR: manque juste la tanche de jack mais on se doute bien pourquoi!] et la pilosité poivre et sel qui témoigne de 40 années passées sur les routes avec Abilène, Bootleggers et consorts. 40 années à fréquenter de près ou de loin des légendes françaises et internationales dont – excusez du peu – Johnny Hallyday, ZZ Top, Calvin Russell ou Moon Martin. 40 années de passion au service d’un rock high energy. Revoici donc le vieux rocker – c’est ainsi que lui même se présente – pour un deuxième album solo: Rock Rebel. Et quel album! 10 titres au cœur desquels la voix de Didier fait des merveilles pour donner au boogie et au rockabilly qu’il affectionne tant la place qu’ils méritent. Rock Rebel, le titre, ouvre les hostilités et annonce la couleur. À l’instar de six des 10 autres morceaux c’est en français, ça swingue et ça pulse velu. Exception faite de Salut Charly (une belle ballade aux accents country composée en son temps par Michel Mallory pour Jojo Smet) c’est une déferlante qui submerge ce skud de 38 minutes. Parce que là y’a du beau monde. Des connaissances locales affutées parmi lesquelles Michel Lesgourgues au sax, Nico Wayne Toussaint à l’harmonica, Jean-Pierre Medou et Jean-Michel Calleja aux guitares mais aussi Patrick Verbeke himself à la slide. Présents également et entre autres pointures d’outre-Atlantique Buddy Whittington, un ex des Bluesbreakers de John Mayall et Redd Volkaert qui fit partie du backing band de Merle Haggard. Tous deux signent d’ailleurs Lalla’s Boogie, un boogie woogie effréné qui filerait des fourmis dans les guiboles d’un paraplégique. À la basse, Kris Jefferson qui a participé aux enregistrements de plusieurs albums de Popa le Chubby et au piano, Floyd Domino, un temps compagnon de scène d’un certain Willie Nelson. Tout ce beau monde n’est pas là pour assurer le minimum syndical ou enfiler des perles. Ça joue et ça sonne, bien! La production abat l’atout de l’accord parfait et l’on se surprend à plusieurs reprises à tendre une oreille attentive vers ces guitares ciselées et ces cuivres qui claquent comme des élastiques de string. Bref les conditions idéales sont réunies pour un moment des plus agréables, le nôtre. Ce disque est celui de la maturité et il sonne comme un chant du cygne. Mais je vous rassure il n’en est pas un. Quand bien même! Je reste persuadé que Didier Céré n’a pas encore dit son dernier mot et que même en ces temps troublés il est en mesure de pouvoir nous prouver qu’il ne va pas s’endormir sur les lauriers de plusieurs nominations méritées aux Highway Awards et qu’il en a encore sous les semelles de ses tiags; notamment sur scène. Rock Rebel sort très prochainement ce mois-ci. Alors pour toute info et commande: txdidier@wanadoo.fr ou sur la page Facebook: Didier Céré & All Stars. À bon entendeur… Rock’n’Roll bordel!  

Patrick BETAILLE, décembre 2021

Gov’t Mule – Heavy Load Blues

 

On le sait. Warren Haynes a toujours eu le blues, et ce, même si le genre n’a pas forcément occupé une place systématiquement privilégiée au sein des différentes productions et prestations de ce virtuose de la six cordes. Mais là c’est une première! Oui, c’est le premier véritable album entièrement consacré au blues que sort Gov’t Mule! Un disque live en studio, enregistré à l’ancienne avec du bon vieux matos d’époque et en analogique. Le résultat possède ce son authentique avec lequel la voix et le jeu magistral de Warren font des merveilles. Des originaux bien sûr, mais aussi des reprises de Howlin’ Wolf, Elmore James ou Tom Waits qui offrent une émotion et une classe à nulles autres pareilles. 13 titres joués par des vieux briscards à qui on ne la fait plus depuis longtemps. Que ce soit en mode blues rock ou dans des ambiances plus roots, Matt Abts (batterie), Jorgen Carlson (basse) et Danny Louis (claviers) sont au diapason sur ces 75 minutes jouissives qu’offre Heavy Load Blues. Allez! Un bon single malt, bien calé au fond du canapé, les pieds sur la table, prêt pour un moment de pur plaisir immédiat.

 

Joe Bonamassa – Time Clocks

Voilà deux décennies que Joe Bonamassa occupe les sommets du blues moderne de la plus belle des manières. Inutile donc de présenter ce boulimique de la six cordes, toujours aussi habité et prolixe. Revoici donc le natif de New Hartford avec un nouvel album virevoltant entre riffs rock, chorus bluesy et compos aux petits oignons. Avec Time Clocks Joe prouve qu’il n’est pas encore temps de s’endormir sur ses lauriers ou de ne devenir que l’ombre – certes talentueuse – de lui même. Plus inspiré que jamais il nous offre 10 titres grand cru dont 6 explosent le compteur des 6 minutes. Étrangement c’est un bref instrumental atmosphérique et très floydien qui annonce la couleur. Pilgrimmage donne le ton d’un esthétisme majestueux bien présent tout au long des 55 minutes au cours desquelles l’écoute navigue entre heavy blues efficace (The Heart That Never Waits), classic rock classieux (Notches) et pop épurée (Time Clocks et Mind’s Eyes). C’est bien sûr la guitare qui a le rôle principal et Bonamassa n’a pas son pareil quand il s’agit de jeter un pont entre influences revendiquées (Eric Clapton et Peter Green notamment) et compostions stylées qui culminent avec un Known Unknowns aux accents rythm & blues qui s’achève sur un solo ciselé absolument éblouissant.

Patrick BETAILLE, novembre 2021

Joanne Shaw Taylor – The Blues Album

 

On ne présente plus Joanne Shaw Taylor, l’une des plus fines gâchettes du blues rock accordé au féminin. La talentueuse guitariste anglaise nous revient avec un neuvième opus enregistré dans le studio de Joe Bonamassa qui, avec Josh Smith, assure la production. 11 titres pour un hommage aux sommités du blues et de la soul que sont Albert King, Little Richard, Magic Sam, Aretha Franklin, Otis Rush, Peter Green ou Little Milton. Taylor ne se contente pas d’une resucée de quelques standards judicieusement sélectionnés; elle y apporte une touche vraiment personnelle aidée en cela par Bonamassa qui s’est attaché à ne pas laisser la guitare dominer le chant. Joanna est une chanteuse à la fois audacieuse et puissante qui sait, quand il le faut, faire preuve de l’émotion sans laquelle le blues électrique ne peut tout simplement pas exister. Que l’on se rassure, elle reste avant tout et surtout une guitariste volcanique au talent considérable. Comme son titre le laisse supposer, The Blues Album est bien un album de blues (si, si!) mais pas que. Grâce à une production soignée et à l’apport de claviers et de cuivres admirablement bien dosés il parvient à célébrer une union qui devrait ravir les amateurs d’un mélange parfait qui puise directement dans le british blues boom de la fin des sixties, comme en témoigne ce Stop Messin’ Round de Fleetwood Mac époque Peter Green. Vous savez ce qu’il vous reste à faire!

 

Dirty Honey – Dirty Honey

 

En 2019, Marc Labelle (chant), John Notto (guitares), Justin Smolian (basse) Corey Coverstone (Batterie) font leurs premières armes sur les scènes des clubs de Los Angeles. Un premier single en 2018, suivi par un EP en 2019 affichent clairement des influences tout droit sorties du classic rock des années 70. Logiquement, Dirty Honey débarque aujourd’hui avec un premier long play éponyme prometteur. Produit par Nick Didia (Pearl Jam, Rage Against the Machine), les huit titres de l’album baignent dans des rythmiques soutenues, de bons gros riffs, une cohésion à toute épreuve et des vocalises qui vous en mettent plein les esgourdes. À coup sûr les fans de Led Zep, Aerosmith et autres Gun’N’Roses vont y trouver leur compte et bien vite oublier ces poseurs de Greta Van Fleet. Les autres vont certainement dire que Dirty Honey ne réinventent pas la roue ou l’eau tiède mais ils apprécieront certainement la spontanéité, l’énergie et l’authenticité que dégage ce premier essai. Dirty Honey ne changera pas votre vie mais si le heavy rock de qualité est votre tasse de thé, n’hésitez pas à y ajouter un peu de miel.

 

Saxon – Inspirations

Que ce soit par conviction, par manque d’inspiration ou pour des raisons purement mercantiles, en général, les groupes qui se livrent à l’exercice de l’album de reprises prennent un risque. Celui de se voir confrontés à l’exigeante virulence des milieux spécialisés et à la critique ou, au mieux, à l’indifférence de leurs propres fans et de ceux des groupes auxquels ils prétendent rendre hommage. Avec son dernier album, Saxon assume ses influences de la plus belle des manières. Inspirations est un véritable best of de ce qui s’est fait de mieux dans le domaine du classic rock. Jugez plutôt:

Paint It Black (The Rolling Stones). Immigrant Song (Led Zeppelin). Paperback Writer (The Beatles). Evil Woman (Black Sabbath). Stone Free (Jimi Hendrix). Bomber (Motörhead). Speed King (Deep Purple). The Rocker (Thin Lizzy). Hold The Line (Toto). Problem Child (AC/DC). See My Friends (The Kinks).

Le résultat est étonnant! De la puissance mélodique de Paperback Writer à la solidité charpentée de Evil Woman ou de Bomber et au passage en surmultipliée pour Speed King, le groupe exprime sa passion et parvient à apporter sa patte à tous les titres sans pour autant en trahir l’esprit. Biff Byford au chant est tout simplement au sommet de son art quand il s’attaque à The Rocker, Immigrant Song et Problem Child.

Personne n’est dupe, en tant qu’album de reprises, Inspirations est un album dispensable mais il a au moins le mérite de donner une seconde jeunesse à une playlist emblématique tout en offrant une récréation bienvenue et jouissive. Ne boudons pas notre plaisir, surtout par les temps qui courent!

Patrick BETAILLE, juin 2021

Neon Animal – Make no Mistake

 

Effectivement, passer à côté de l’album de Neon Animal serait commettre une erreur. Une grosse erreur. Parmi les groupes qui pourraient prétendre perfuser un peu de sang neuf dans un genre qui souffre d’asthénie depuis pas mal de temps, ce quatuor londonien semble bien décidé à vouloir s’imposer au sein de la mouvance d’un classic rock revival. Neuf titres sans fioritures, accrocheurs, lourds et efficaces à souhait. Neuf titres qui parlent de sexe, de drogue et de rock’n’roll en foutant un bon coup de pied au cul du consensus musical aseptisé du moment. Grosses guitares, lourdes rythmiques, vocalises intenses, Make No Mistake est une véritable ouverture des hostilités sans négociation préalable. Une déclaration de guerre. De celles qu’à une époque les New York Dolls ont perdue, de celles auxquelles Aerosmith a succombé à force de poser, de celles à cause desquelles Guns N’ Roses a perdu son panache, de celles auxquelles Greta Van Fleet ne prendra jamais part et de celles enfin qu’aurait pu gagner Motörhead si Lemmy…. Rock ‘N’ Roll War,  Let’s Make The World Rock, Rock ‘N’ Roll Suicide… Le message est plutôt clair. Neon Animal aime le heavy rock, il le prouvent avec ce deuxième album qui reste une véritable menace! À bon entendeur, rock’n’roll bordel!