ZZ Top – Raw

 

ZZ Top annonce un nouvel album conçu à partir du documentaire réalisé par Sam Dunn en 2019 et désormais disponible en Dvd et Bue Ray. Dans ce long métrage, le trio texan revient sur sa carrière dans un show intimiste et réinterprète quelques-uns de ses titres emblématiques. Voici donc la bande originale de That Little Ol’ Band From Texas. 11 titres qui ont été enregistrés live en une seule journée dans l’une des plus anciennes ballrooms du Texas: Gruene Hall. Plus qu’un best of, Raw est un très intéressant retour aux sources et surtout le dernier enregistrement du groupe avec le bassiste Dusty Hill, décédé en 2021. L’album est annoncé pour le 22 juillet 2022.

Tracklist: Brown Sugar – 02. Just Got Paid – 03. Heard It On The X – 04. La Grange – 05. Tush – 06. Thunderbird – 07. I’m Bad, I’m Nationwide – 08. Gimme All Your Lovin’ – 09. Blue Jean Blues – 10. Certified Blues – 11. Tube Snake Boogie.

 

Mississippi Heat – Madeleine

 

Allez, disons le comme ça: Mississippi Heat est avant tout un groupe mais c’est aussi et surtout  un collectif de musiciens dont les racines puisent très profond dans les terres du Blues. Formé en 1991 et actuellement dirigé par l’harmoniciste et compositeur Pierre Lacocque, l’ensemble vit par et pour un genre traditionnel qu’il s’attache à promouvoir lors de concerts un peu partout dans le monde et, bien sûr, en studio. Avec à son actif une douzaine d’enregistrements le combo à géométrie variable perpétue la mémoire des Muddy Waters, Howlin’ Wolf, Jimmy Reed, Little Walter et autre Sonny Boy Williamson. Madeleine, treizième album en date enregistré à Chicago et mixé à Memphis vient de sortir, pour le plus grand bonheur des amateurs de bonnes vibrations. Guitares accrocheuses, cuivres percutants, support rythmique – claviers compris – impeccable, chœurs et chants brillants, aucun doute, c’est bien de blues dont il s’agit, et pas n’importe lequel, celui de Chicago. Et puis il y cet harmonica, viscéral, imparable, celui de Pierre Lacocque dont le talent mondialement apprécié et reconnu saura convaincre les plus sceptiques. Madeleine n’est pas un disque passéiste. Il est actuel, inventif même, et méchamment efficace pour perpétuer la mémoire de la musique qui s’écoute avec le cœur. Indispensable!

 

The Hellacopters – Eyes of Oblivion

 

Formé en  1994, The Hellacopters n’avait pas donné signe de vie depuis Head Off, le précédent  album paru en 2008, dans la foulée de l’annonce officielle de leur séparation. 14 ans après,  les suédois sont de retour avec un huitième album studio: Eyes of Oblivion. C’est reparti mon kiki! Les grosses guitares et le heavy rock venus du froid sonnent à nouveau la charge comme au bon vieux temps. Du rock accrocheur, des riffs tranchants, voilà le carburant de ces 10 titres, et ce, même lorsqu’il s’agit d’aller flirter avec des ambiances plus blues (So Sorry I Could Die) qu’à l’accoutumée. Nick Anderson et sa bande ne sont pas frileux quand il s’agit de nous réchauffer et Eyes of Oblivion envoie pas mal de bois. Ça tombe bien, les vagues de froid n’ont peut être pas pas dit leur dernier mot.

Patrick BETAILLE, avril 2022

Mike Campbell & The Dirty Knobs – External Combustion

 

En 2001, l’intention première de Mike Campbell était d’écumer les clubs avec une bande de potes, histoire de s’en payer une tranche en marge des séances studio et des tournées avec son boss et ami Tom Petty. En 2017, la disparition soudaine de Tom change la donne et ce qui n’était qu’un side project se concrétise en 2020 sous la forme d’un premier essai de The Dirty Knobs: Wreckless Abandon. Autre temps, autre mœurs, Mike Campbell revient en 2022 avec la même équipe pour un album enregistré live en studio bourré d’esthétisme.  External Combustion c’est du rock, du shuffle, de la folk, du boogie et de la country, sincères et sans artifices, y compris quand quelques invités de marque (Margo Price et l’ancien Mott The Hopple Ian Hunter) viennent apporter leur contribution ou quand il s’agit de rendre hommage à Brigitte Bardot. Cet album est bien plus qu’une célébration du classic rock ou qu’un clin d’œil aux Heartbreakers. Il s’agit tout simplement d’un magnifique kaléidoscope admirablement joué et bougrement efficace. Quelle classe!

1.Wicked Mind –  2.Brigitte Bardot – 3.Cheap Talk – 4. External Combustion – 5.Dirty Job (feat. Ian Hunter) –  6. State Of Mind (feat. Margo Price) – 7.Lightning Boogie – 8.Rat City – 9.In This Lifetime – 10.It Is Written – 11. Electric Gypsy.

Patrick BETAILLE, mars 2022

 
 

Beth Hart – A Tribute to Led Zeppelin

 

Si l’on remonte dans la carrière de cette chanteuse exceptionnelle et pour peu que l’on ait eu la chance de tomber sur son Live in Paradiso, l’on sait déjà qu’en 2004 Beth Hart faisait déjà vibrer la petite salle de concerts d’Amsterdam au son d’une version incendiaire du Whole Lotta Love de qui vous savez. Il y a donc longtemps que l’ombre du dirigeable plane au dessus de la tête de l’américaine qui, d’albums solos en collaborations scéniques somptueuses avec Jeff Beck, Slash et bien sûr Joe Bonamassa, n’en finit pas de prendre des risques pour afficher avec un énorme talent son  amour pour la pop classieuse, le rock high energy et le blues viscéral. Mais là, pour s’attaquer à un tel répertoire, faut quand même en avoir dans le futal! Surtout quand l’on a plus rien à prouver et que sonne l’heure d’un hommage prétexte à une explosion de fureur trop longtemps  bridée par une pandémie frustrante. N’est pas Robert Plant qui veut [N’est-ce pas Josh Kiszka? – NDLR] et encore moins Led Zeppelin au complet [N’est-ce Greta Van Fleet? – NDLR]. Car c’est bien de reprises dont il s’agit. Beth Hart n’est pas une débutante et elle a bien compris que pour respecter l’héritage il fallait absolument laisser s’exprimer sa personnalité et se faire accompagner de musiciens capables de ne pas passer pour un vulgaire tribute band. Pour l’occasion ce sont Tim Pierce (Bruce Springsteen, Tina Turner) à la guitare, Chris Chaney (Rob Zombie, Slash) à la basse, Jamie Muhoberac (Bob Dylan, Rolling Stones) aux claviers, et Matt Laug ( Alice Cooper) à la batterie. Tout ce beau monde supervisé et orchestré par Rob Cavallo, en son temps producteur de Green Day et Linkin Park. Résultat, un disque de neuf reprises majestueusement exécutées et mises en valeur par cette voix à la fois rocailleuse et soul, source d’un véritable tourbillon émotionnel qui va vous faire saigner les oreilles. Whole Lotta Love, Kashmir, The Crunge, Black Dog, Good Times Bad Times, Stairway To Heaven bien sûr, sans passer sous silence les medleys Dancing Days/When The Levee Breaks et No Quarter/Babe I’m Gonna Leave You Now, tout fonctionne à merveille. Un régal!

Vous savez quoi? J’aimerais bien savoir ce qu’en pensent Robert, Jimmy et John Paul, eux qui en 2012, lors des Kennedy Honnors,  s’étaient levés pour ovationner Beth à la fin de son interprétation de I’d Rather Go blind (avec Jeff Beck) en hommage à Buddy Guy. La preuve!

Patrick BETAILLE, février 2022

 

Slash – 4

 

Dix ans après leur premier album, Saul Hudson – alias Slash – et Myles Kennedy reviennent avec un quatrième album. Enregistré en mode live à Nashville et avec les Conspirators en backing band, 4 prouve, si besoin en était, que le guitariste en a encore sous les semelles cordes. Sans surprise, les 10 titres de cet opus regorgent de chorus puissants et de solos éblouissants et, du premier au dernier, mettent en avant une magnifique osmose entre guitares et chant soutenus par une section rythmique redoutable. Bref, de quoi oublier pour un temps les errances des Guns et renouer avec le plaisir de l’écoute d’un rock chiadé et bougrement efficace. Un joli coup pour un premier disque sorti sur le tout nouveau label Gibson Records.

Patrick BETAILLE, février 2022

The Georgia Thunderbolts – Can we Get a Witness

 

À l’été 2020, les Georgia Thunderbolts avaient marqué les esprits avec un premier EP éponyme tellement réussi qu’il leur avait ouvert de nombreuses portes. Originaire de Rome, au pied des Appalaches en Georgie, le quintet vient de commettre un Long Play qui, tout en intégrant l’intégralité du précédent opus, valide et confirme son positionnement au cœur d’un Southern Rock marqué au fer rouge par l’intemporalité des géants tels que Lynyrd Skynyrd et The Allman Brothers Band. Contrairement à la plupart des formations du genre (Molly Hatchet, Outlaws, etc.) The Georgia Thunderbolts ne joue pas la carte de la guitar army avec trois guitaristes. Pour se distinguer, ils ont fait le choix d’intégrer claviers, piano et même harmonica, tout en adhérant à un revival déjà brillamment soutenu par Blackberry Smoke, Drive by Truckers ou même les métalleux de Black Stone Cherry. Alors bien évidemment Can We Get A Witness est très ancré dans ses racines mais il fait surtout preuve d’une modernité prometteuse sublimée par la voix (qui parfois n’est pas sans rappeler celle de Ronnie Van Zant) remarquable de TJ Lyle dont le registre bluesy – entre soul et heavy rock old-school – fait des merveilles.  Même en mode mid tempo, les treize titres sont rythmiquement très bien soutenus, bourrés de riffs hypnotiques, et flirtent parfois avec un hard rock crasseux. Quant aux guitares de Riley Couzzourt et Logan Tolbert, à condition d’y prêter une oreille attentive, n’ayons pas peur des mots: elles sont exactement ce qu’elles devraient être et font partie de ce qui se fait de mieux dans le genre. Il faut se rendre à l’évidence, Can We Get A Witness est vraiment un bon album et Les Georgia Thunderbolts un excellent groupe de rock, sudiste ou pas. 

 

We Don’t Care – Shitty Song

Comme dirait quelqu’un que je connais bien, voilà un truc qui va vous faire sortir les roubignoles par les oreilles ! Shitty Song est un exented play des palois de We D’ont Care ; WDC pour les intimes dont vous ferez partie sous peu, si ça n’est déjà fait. Cinq titres qui mis bout à bout forment un joli paquet de dynamite mèche courte. À l’origine de ce quatuor, un certain Phil, bassiste de son état, un vétéran de la scène paloise qui à l’époque jouait le rôle de calife à la place du calife au sein du groupe Iznogood. Jérôme, le guitariste soliste, a lui aussi sévi dans plusieurs formations de la région. Chris, le batteur version Animal des Muppets, est lui aussi un local de l’étape qui a fait un passage au sein de Okploïde et question fougue il se pose un peu là . Quant à Mickaël – déniché par Phil sur Leboncoin [Si, si!] – il a quitté sa Normandie pour partager au chant et à la guitare sa passion du rock musclé qu’il compose désormais sous le beth ceu de Pau. Tout ce beau monde a bien évidemment bénéficié d’influences diverses et variées qui vont des Red hot, Deftones et Neurotic Outsider à Nirvana, Korn ou encore Rory Gallagher. Mais c’est unanimement qu’est revendiquée une appétence particulière pour l’album The color in the shape des Foo Fighters et croyez moi, ça se sent ! Le rock a-t-il encore quelque chose à raconter? La réponse est oui et c’est à We Don’t Care qu’incombe la tâche qui consiste à remettre le genre sur orbite avec un lanceur qui incontestablement carbure au Nitroglycériméthanol. Ooh Shiittt! Shitty Song offre son titre à l’album en ouvrant les hostilités. Tu parles d’une ″Chanson Merdique″! Loin s’en faut! Ça déboule à fond les ballons et il en est ainsi tout au long des cinq titres. Rythmique entêtante, riffs ravageurs, solos remarquables, voix puissantes, tout contribue à donner à l’ensemble du corps, de l’unité et une fougue qui ne faillit jamais. Difficile d’étiqueter cette galette aux accents de punk, de grunge, voire de metal, mais une chose est sûre, c’est bien de rock high energy dont il s’agit et c’est putain de bon! L’enregistrement a bénéficié d’un coup de main de Vivien Van Hoegaerden. Impeccablement mixé maison par Mickael himself, Shitty Song a été signé par le label M&O music qui, logiquement, en assure promo, com et distribution. Vivement que les concerts puissent reprendre car pour avoir vu We Don’t Care sur scène à deux reprises, j’ai vraiment hâte de découvrir les versions live de ces cinq brûlots. D’ici là …. Infos, contacts, liens utiles et écoute: On s’en Tape!

 

Patrick BETAILLE, janvier 2022

 

Time Zero – New World

 

Par définition le ″Time Zero″ désigne le point de départ d’un événement. Le nom dira peut-être aussi quelque chose à ceux qui ont connu la belle aventure des concerts du feu Show Case car c’est sous ce nom que s’y est produit ce groupe palois qui existe depuis 2011. Le quatuor nous livre aujourd’hui 10 compositions personnelles musicalement estampillées Time Zero. Au chant et à la guitare, Dominique Berdery, également auteur des lyrics. Yannick Le Garrérès derrière ses fûts soutient la descendance, en l’occurrence ses fils Raphaël et Yann respectivement guitariste et bassiste. Somme toute une histoire de famille garante d’une osmose générationnelle. Nous avons l’habitude de croire que l’histoire est un éternel recommencement, y compris (surtout?) s’agissant de musique. Chaque époque a droit à sa mouvance musicale qui la questionne. Aujourd’hui, ceux qui remettent en question l’ordre établi finissent par s’y perdre. Pas Time Zero! Autant le dire tout de suite! New World, l’album dont il s’agit, est une excellente surprise qui tend à prouver qu’il est encore possible de révéler de nouvelles esthétiques et de prouver que des approches originales restent accessibles. Pendant près de 40 minutes le plaisir de l’écoute navigue entre pop lumineuse, ambiances rock progressif et envolées punchy. Time Zero franchit le cap difficile du premier album avec une facilité ma foi assez déconcertante. Outre un rôle de chanteur parfaitement maîtrisé, Dominique occupe l’espace de la plus belle des manières en distillant çà et là de brefs (trop?) solos au phrasé expressif mais sans pour autant laisser dans l’ombre les autres musiciens. La rythmique joue son rôle avec une efficacité – ni trop, ni trop peu – qui ne nuit jamais à ces moments au cours desquels les guitares virtuoses font preuve de feeling et d’ingéniosité. Enregistré au studio Les Cerisiers à Toulouse, New World bénéficie en outre d’une production aux petits oignons et des arrangements raffinés de Raphaël qui donnent à l’ensemble corps et cohésion. Le son est vraiment remarquable et sert parfaitement un quatuor à la technique aboutie. C’est Romain Barbot, un graphiste de Toulouse, qui, à partir d’une photo du palois Anthony Batista, a élaboré un artwork qui est loin de laisser indifférent. Bref! De quoi justifier, vous l’aurez compris, la qualité en tous points de cet opus – point de départ d’une nouvelle aventure – auquel il faut vraiment prêter une oreille attentive. Pour toutes infos et contact avec Time Zero c’est Ici et . Et pour écouter (Fort!) un extrait de New World: Flowing Down!

 

la Discothèque Idéale 2021

 

Les divas de l’auto-tune vous donnent des envies de suicide? La soupe radiophonique et télévisuelle vous en touche une sans faire bouger l’autre? Le remède existe. Si, si! Le choix, bien qu’assumé, est bien évidemment relatif, partial et subjectif. Il a juste pour ambition d’entretenir l’espoir que le rock n’est pas encore mort et de prouver que, contre vents et marées, de talentueuses volontés mettent beaucoup de conviction et d’énergie pour que leur passion et leur plaisir deviennent nôtres. Bien sûr, le débat reste entier et ouvert mais il doit obéir à une constante et une seule: ″ La musique c’est comme la vie, ça se respire ″ (Francis Zegut). La discothèque idéale est chroniquée ici: Rock’n’Roll Bordel!

Patrick BETAILLE, décembre 2021