The Answer – Sundowners

 

Certains groupes font tellement d’efforts pour paraître authentiques en surfant sur la vague du revival, qu’à force, ils ne deviennent que des caricatures d’eux-mêmes – suivez mon regard! Au mieux, et pour un temps seulement, ils parviennent à donner l’illusion d’être les porte-paroles d’un courant que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître: le rock bien trempé des seventies. Ces efforts, d’autres par contre n’ont pas à les faire tant ils ont naturellement capté l’essentiel des influences qui coulent dans leurs veines et la façon de les exprimer sans faire semblant. Sans conteste, The Answer appartient à cette dernière catégorie. En 2006 le quatuor irlandais avaient annoncé la couleur avec Rise, un galop d’essai au cœur duquel bouillaient des audaces assumées que certains pisse-vinaigres se sont empressés de qualifier de plagiat. La belle affaire! S’agissant de led Zep, Aerosmith, AC/DC ou Black Crowes, qui s’en plaindrait dès l’instant qu’ un amour profond et sincère du genre opère et que la sincérité valide la démarche. Beaucoup d’auditeurs y ont trouvé leur compte et ont offert un succès mérité à ce premier opus. L’engouement se confirme en 2010 avec la parution de Everyday Demons qui permet à Cormac Neeson et sa bande d’assurer la première partie de la tournée Black Ice d’AC/DC. Sur les quatre albums suivants la même recette est appliquée, certes parfois avec une baisse d’inspiration créative qui globalement ne nuit pourtant pas à la cohérence de l’ensemble de la production. Depuis 2016 et un Solas honnête mais dispensable The Answer brillaient par leur silence discographique. Sept années d’éclipse partielle pour une prise de recul probablement nécessaire à un retour aux fondamentaux. Résultat, toujours le même line up et un septième album studio qui vient remettre les pendules à l’heure. Les onze titres de Sundowners devraient ravir les fans de blues rock rétro, de rythmes hypnotiques, de riffs tonitruants et de fuzz. Avec entre autres Get on Back, Blood Brother, Livin’ on the Line et bien sûr la composition qui offre son titre à l’album, nos irlandais du nord raniment la flamme et confirment, si besoin en était, un brillant savoir-faire.

 

Screamin’ Rebel Angels – Heel Grinder

 

Pas une nouveauté en tant que telle puisque le skud dont à propos duquel je vais causer ne date pas de la dernière neige mais plutôt de celle de janvier 2019.

Depuis 2011, les Screamin’ Rebel Angels se sont approprié l’énergie primitive des débuts du rockabilly, l’émotion du rhythm & blues et la sensualité de la Soul des années 1950, et ce, avec une fougue à nulle autre pareille. À la tête de ce ce quatuor new-yorkais originaire de Brooklin, une certaine Laura Palmer qui a bien compris que l’une des règles essentielles c’est d’essayer d’attirer immédiatement l’attention de l’auditeur. Cette meneuse chante, joue de la contrebasse, de la guitare rythmique, écrit les chansons, conçoit les illustrations et ne mout pas le café; ça c’est plutôt le boulot de Brian Hack, virtuose pourvoyeur de solos de son état. La première chose qui frappe à l’écoute de Heel Grinder (NDLR: Meuleuse de Talons Hauts), le deuxième long play, c’est la voix de Laura, parfois ponctuée de ″Wooo″ à la Little Richard, qui par moments donne l’impression qu’elle est prête pour la baston. Oooh my Sooooul! Elle grogne, vocifère, le ton est si puissant et rugueux qu’on en arriverait facilement à envisager ce qui aurait pu se passer si Bessie Smith avait eu l’occasion d’assurer les lead vocals au sein des Cramps. Voix unique de palmer, virtuosité de Hack, cogne précise de Sean O’Connell et slaps percutants de la miss à la contrebasse; la magie opère et à partir de là tout décolle à un rythme effréné en flirtant avec un psychobilly post punk jouissif que ne renierait pas le Révérend Horton Heat. Si la plupart des 13 titres carburent au nitrométhane, certains comme  Brassy Brown, Sweet  Petunia ou Something on Your Mind font preuve d’exception avec une baisse de tempo qui ne nuit en rien à la fougue et à la cohérence de l’ensemble. Cet album bourré de mélodies et de rythmes est une pépite de revival stupéfiant d’authenticité et de classe. Parfois, le rock, le vrai, bande encore et il n’a rien à devoir aux médias trop occupés à faire l’article de la soupe auto-tunée. Ne me remerciez pas, c’est avec plaisir et volupté que je vous offre de quoi vous décrasser les esgourdes!

 

Laura Cox – Head Above Water

 

Laura Cox était en train de se noyer? C’est ce que laisserait entendre le titre de cet album: Head Above Water. Bon d’accord, en toile de fond des deux précédents opus (Hard Blues Shot en 2017 et Burning Bright en 2019) c’est du bon gros blues rock efficace et sincère qui domine. La musicienne française aurait pu continuer à pratiquer l’apnée dans un genre qui lui a apporté reconnaissance et succès, mais non! Pour ce troisième essai, Laura part explorer de bouveaux horizons et elle nous offre quelque chose d’un peu plus intime avec un Old Soul et un Seaside mid tempo. Before we get burned est en mode électro acoustique et c’est la balade country à la slide de Glassy Day, ponctuée de picking au banjo, vient clôturer l’album de 11 titres. C’est bien là que l’on est forcé d’apprécier l’auteure-compositrice et ses talents de guitariste. Pour le reste des compos c’est bien sûr l’énergie brute mais contrôlée qui domine quand la cavalerie déboule. Des riffs velus, des solos simple, efficaces et une rythmique appuyée. Emballé c’est pesé, mon pt’it mec t’es refait! Head Above Water n’est peut être pas l’album que l’on attendait mais il reste celui que l’on peut apprécier tant il fait preuve d’homogénéité, de sincérité et d’élégance portée par la voix souvent éloquente de la Coxy Lady.

Patrick BETAILLE, janvier 2023

 

Robert Finley – Sharecropper’s Son

 

Robert Finley a commencé à pratiquer la guitare avec un instrument acheté d’occasion dans une friperie. Il avait 11 ans et c’est donc très tôt qu’il a commencé à grenouiller dans le milieu du Gospel en se produisant en amateur avec différentes formations, très souvent des quatuors. En 1970, il a rejoint l’armée en tant que technicien sur hélicoptères en Allemagne. Très vite il intègre l’orchestre de son régiment avec lequel il aura l’occasion de se produire à travers toute l’Europe. Après son retour en Louisiane il vivote de petits boulots et se produit essentiellement en tant que musicien de rue. C’est en 2015 que Music Maker Relief Foundation – une organisation à but non lucratif qui soutient les musiciens de blues vieillissants – découvre le talentueux musicien et lui offre la possibilité de se produire dans des tournées organisées avec des artistes tels que Robert Lee Coleman et Alabama Slim. En 2016, Finley sort Age Don’t Mean a Thing son premier album studio et, l’année suivante, c’est au tour de Goin’ Platinum! de venir confirmer que comme les grands bluesmen du sud, Robert Finley a cette capacité de toucher un public sensible aux voix profondes et bouleversantes. En 2021, ce magicien de la soul a 67 ans et il revient pour enfoncer le clou avec un troisième opus intitulé Sharecopper’s Son (NDLR: Le Fils du Métayer) et produit par Dan Auerbach des Black Keys. Très autobiographiques les 10 titres évoquent avec justesse et sensibilité la jeunesse et les errances du guitariste au cœur sa Louisiane natale. Du blues avec Country Child et Sharecropper’s Son,  de la soul présente dans Souled Out On You, Make Me Feel Alright, My Soul et Starting To See et des joyaux gospel que sont I Can Feel Your Pain et Better Than I Treat Myself. Un subtil mélange mais surtout un équilibre étonnant qui fait de ce disque un témoignage à l’honnêteté émotionnelle sans nulle autre pareille. ″ Je veux que les gens comprennent qu’on ne peut pas m’enfermer dans une boîte. J’aime jouer toutes sortes de musiques : tout ce qui a du sens à mes yeux, du gospel au blues, en passant par la soul et le rock’n’roll. Et j’aime faire une musique qui puisse toucher les jeunes comme les plus vieux. Le message que je souhaite faire passer, selon ma propre expérience, est qu’on n’est jamais trop jeune pour avoir des rêves, et qu’on n’est jamais trop vieux pour que ces rêves se réalisent ″. C’est ce que déclarait Robert Finley dans une interview. L’objectif est atteint de la plus belle des manières.

Patrick BETAILLE, janvier 2023

La Discothèque Idéale 2022

 

Les divas de l’auto-tune vous donnent des envies de suicide? La soupe radiophonique et télévisuelle vous en touche une sans faire bouger l’autre? Le Viens Poupoule d’André Verchuren vous hérisse? La Symphonie N°5 d’Arthur Honegger vous fait autant d’effet qu’un pet de lapin sur une toile cirée?

Le remède existe. Si, si! Le choix, bien qu’assumé, est bien évidemment relatif, partial et subjectif. Il a juste pour ambition d’entretenir l’espoir que le rock n’est pas encore mort et de prouver que, contre vents et marées, de talentueuses volontés mettent beaucoup de conviction et d’énergie pour que leur passion et leur plaisir deviennent nôtres. Bien sûr, le débat reste entier et ouvert mais il doit obéir à une constante et une seule: ″La musique c’est comme la vie, ça se respire″ (Francis Zegut). La discothèque idéale est chroniquée ici: Rock’n’Roll Bordel!

Patrick BETAILLE, Janvier 2023

Jimmy Hall – Ready Now

 

Surtout ne pas se poser la question du pourquoi Joe Bonamassa vient d’intégrer Jimmy Hall au catalogue de son récent label. D’une, question talents, Joe en connaît un rayon. De deux, le Jimmy en question n’est pas un perdreau de la veille. Il a à son actif une bonne dizaines d’alboumes de haute tenue avec un groupe de southern rock d’Alabama: Wet Willie. Avant d’entamer en 1980 une carrière solo à la production discographique recommandable, le chanteur, saxophoniste et harmoniciste américain a également collaboré étroitement avec Hank Williams Junior et surtout Jeff Beck. Si ça c’est pas une preuve! Depuis son dernier album – Build Your Own Fire – paru en 2007, Jimmy Hall n’avait rien produit et une signature récente chez KTBA Records est donc une bonne nouvelle. Pour Ready Now le chanteur est accompagné de quelques pointures de la six cordes. On y retrouve Josh Smith incisif (Girl’s Got Sugar), Warren Hayes redoutable à la slide (Ready Now), Jared James Nichols inspiré (Without Your Love) et Joe Bonamassa qui co-signe 5 titres en livrant quelques solos au feeling incontestable (Risin’ Up). Brillant tant vocalement qu’avec son harmonica, Jimmy Hall est aussi à l’aise sur du blues classique, du boogie que du southern rock. Ce disque est un vrai régal et son contenu classieux fera vite oublier un contenant qui pique bien les yeux.

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Joe Lynn Turner – Belly of the Beast

 

35 années se sont écoulées entre Rescue You paru en 1985 et cette nouvelle production tout droit récemment sortie des ténèbres. Pour autant, Joe Lynn Turner n’est pas resté inactif durant ce laps de temps. Non seulement le chanteur a aujourd’hui à son actif une dizaine d’albums solos – dont le dernier en date Second Hand Life publié en 2007 – mais il affiche également un palmarès étonnant quant au nombre de participations à différents projets. Deep Purple, Rainbow, Yngwie Malmsteen, Glen Huges et consort en font partie. Retour en studio en tant que patron cette fois, pour l’auteur interprète à la voix immédiatement reconnaissable qui a fait de la rock star américaine une valeur sûre grandement plébiscitée au sein de la communauté hard rock. Demandez donc à Ritchie Blackmore! Belly of the Beast est un témoignage assez inattendu sur ce qui visiblement en 2022 tient à cœur au chanteur. Il ouvre le ventre de la bête et en extirpe les maux de l’époque actuelle. ″Nous sommes dans une véritable guerre spirituelle en ce moment. C’est le Bien contre le Mal. Nous avons tous un Ange sur une épaule et un Diable sur l’autre. Nous sommes dans le ventre de la bête, piégés dans le système, et il n’y a aucun moyen d’en sortir″ déclare t-il à propos de cet album à la tracklist évocatrice: Le ventre de la bête – Soleil noir – Âme Tourmentée – Le côté obscur de l’âme – Larmes de sang – N’ayez pas peur de l’obscurité – Monde déchu ou encore Requiem. Joe Lynn Turner passe du côté obscur et dévoile une facette de sa personnalité assez inattendue lorsqu’il s’en prend aux dérives de la société et invective l’establishment. La voix juste et puissante relève d’une très belle performance qui colle parfaitement à l’ensemble des titres. Guitares frénétiques, riffs stratosphériques, basse et batterie imparables, solos aériens et nappages de claviers remarquables. On est immédiatement saisi par un gros son, un groove et une grandiloquence qui ne sont pas sans rappeler les très riches heures d’un arc-en-ciel tenu à bout de bras par un certain Ronnie James Dio. Non seulement Belly of the Beast est une belle surprise mais c’est aussi la preuve qu’à 71 ans Joe Lynn Turner en a encore sous les cordes vocales et qu’il est capable de tenir le rôle d’un captain’ hard rock inspiré. 

Patrick BETAILLE, novembre 2022

Buddy Guy – The Blues Don’t Lie

 

Le moins que l’on puisse dire c’est qu’il a le sourire l’ami Buddy. En poche 4 Grammy Awards, 6 Blues Awards, 1 Billboard Century Awards obtenu en 1993 et le prix du Coup de cœur Blues décerné par l’Académie Charles-Cros en 2018. Un tel succès ne pouvait que laisser présager le meilleur pour ce récent album qui, 4 ans après The Blues is Still Alive and Well, concrétise le retour en studio du dernier blues giant. Ce témoignage arrive à point nommé,  65 ans après que Buddy arrive à Chicago dans un train en provenance de Baton Rouge avec juste quelques fringues et… sa guitare. Avec The Blues don’t Lie, l’âge aidant, le guitariste s’est assagit et joue la carte du calme et de la sérénité. Mais attention: sa guitare est toujours aussi propre, aérienne et musclée. Certains trouveront peut-être l’ensemble trop détendu, trop propre, voir même trop lissé. À ceux là je dis tout de go: ″ne venez pas piétiner ma zone de confort et allez voir du côté de Bigflo et Oli si j’y suis″. Cet album est avant tout, nostalgique, émouvant et sombre mais quand la stratocaster entre en scène, la fougue et l’énergie est au rendez-vous d’un genre dans lequel le guitariste excelle: transmettre avec subtilité et émotion ce qu’il ne peut traduire par les mots. Les ambiances sont variées. Invitée, l’icône du gospel Mavis Staples offre sa voix incomparable à We go back. James Taylor collabore harmonieusement à Follow the Money et Elvis Costello donne le ton sur ​​Symptoms of Love, un boogie lent aux accents ZZTopiens. De la partie également: Bobby Rush sur What’s Wrong with That, Jason Isbell sur un Gunsmoke Blues funky et Wenty Motten qui y va de ses vocalises sur House party. ″Je leur ai promis à tous – BB, Muddy, Sonny Boy! Tant que je serai là, je maintiendrai le blues en vie » disait Buddy Guy. Il tient sa promesse, une fois de plus, et The Blues Don’t Lie le prouve. À 86 ans et pour un trente-quatrième album c’est une putain de belle perf!

Patrick BETAILLE, octobre 2022

Pipi Tornado – Pipi of the Apes

 

Il s’en passe de belles sur la scène montpelliéraine, surtout quand en 2019 une chanteuse déjantée croise la route trois gugus habités par l’énergie d’un rock foutraque depuis bien longtemps absent des ondes françaises sur lesquelles l’auto-tune règne en maitre et où les Fatals Picards, Ultra Vomit, Gossip et autres Shaka Ponk brillent par leur absence. C’est donc au cœur de la scène alternative qu’il faut aller chercher ce qui parfois – et heureusement – colle aussi fort qu’un chewing-gum sur la semelle d’une tong en goguette à Palavas-Les-Flots. Sauf que là, c’est à Montpellier que ça se passe et c’est de platform shoes dont il s’agit. Celles de Mélodie Pastor, la chanteuse de ce groupe de quatre énergumènes visiblement portés sur fun, le sauvage et la dérision, y compris quand il s’agit du choix de leur patronyme: Pipi Tornado! Pipi, c’est le prénom suédois de Fifi Brindacier. Quant à Tornado, c’est le cheval de Zorro. Allez comprendre! En tous cas, musicalement, le quatuor assure comme c’est pas permis avec un mélange détonnant de rock, de jazz, de funk, de pop et de grunge bien présents dans ce premier EP éponyme autoproduit. Cinq titres pimentés à la sauce Nina Hagen que Mélodie revendique en tant qu’influence, au même titre que Juliette Lewis, The Bellrays, mais aussi The Clash et The Sex Pistols. Allez donc voir là bas si je n’y suis pas, en tous cas vous en saurez un peu plus sur ce truc déconnant, épique et jouissif: GlobRocker (Merci à  toi!).

Patrick BETAILLE, octobre 2022

 

The Pretty Reckless – Death by Rock and Roll

 

Dans le monde du rock énervé il y a trois catégories de femmes qui parviennent à occuper le devant d’une scène généralement squattée par la gent masculine. Celles que j’appelle les plasticiennes d’abord. Elles sont physiquement intelligentes et savent se servir de leurs atouts pour se mettre en valeur, souvent pour faire oublier que leurs voix, même honnêtes, n’ont que peu de chance de vous faire grimper aux rideaux. Les tonitruantes ensuite. Celles qui sont ou qui veulent se (nous) persuader qu’il n’y a pas que les mecs qui en ont et qu’elle peuvent gueuler aussi fort et parfois mieux que les testostéronés de service. Et puis il y a les autres – pas si nombreuses  que ça – qui parviennent à sortir du lot en se payant le luxe d’établir un pont entre deux genres. Taylor Monsen en fait partie. Grâce à cette frontwoman aux allures de poupée Barbie, tôt tombée dans la marmite du rock high energy  et dotée d’une voix grave, sensuelle et légèrement rauque, The Pretty Reckless a su s’imposer. Après trois albums honorables, les new-yorkais sont de retour avec un Death by Rock and Roll qui pourrait bien devenir l’album de la consécration. Pour ce quatrième opus, le groupe a travaillé avec Pearl Jam et le batteur de Soundgarden (Matt Cameron) sur quelques titres et a également fait appel à Tom Morello (Rage Against the Machine). Sorti en février 2021, ce manifeste de 12 titres a beaucoup gagné en maturité. Riffs acérés, tempos lourds et vocalises efficaces (Death By Rock And Roll – Only Love Can Save Me Now –  And So It Went – My Bones) sont toujours d’actualité mais c’est surtout par leur créativité que la belle insouciante et ses fines lames parviennent à passer à la vitesse supérieure en sortant des sentiers battus. Compositions mid tempo (25 – Witches Burn – Turning Gold) ou semi acoustiques (Go so High), registre parfois country rock (Rock and Roll HeavenHarley Darling), ballade orchestrée (Standing at the Wall), de quoi prouver que The Pretty Reckless porte désormais haut les couleurs d’un rock persuasif, mélodieux et donc intéressant.

Patrick BETAILLE, septembre 2022