Little Eva – Loco Motion

 

[Extrait]: Eva Boyd était baby-sitter payée 35 dollars la semaine par le couple de compositeurs: Carole King et Gerry Goffin. C’est Carole qui a imaginé une mélodie dont le rythme, selon son mari Gerry, rappelait celui d’une locomotive. Quand ils ont vu Eva danser sur cet air avec leur fille, ils ont eu l’idée de lui faire enregistrer la chanson pour qu’elle devienne une nouvelle danse : The Loco-Motion…
Publié en juin 1962, le single est devenu instantanément l’un des plus gros hits mondiaux. Revers de la médaille, sa jeune interprète de 17 ans ne pouvait plus assurer son rôle de nounou. Privée de ses mentors à partir de 1963, Little Eva a dû mettre fin à sa carrière en 1965. Vendu à plusieurs millions d’exemplaires le titre a tout de même permis à la chanteuse d’acquérir sa propre maison…
Aux États-Unis, Loco-Motion a joui d’un regain de popularité à deux reprises. Une première place en 1974 pour la version de Grand Funk Railroad (si si, c’est vrai!) et une honorable troisième position grâce à Kylie Minogue en 1987. Adaptée en français l’année de sa sortie, la chanson a été reprise par Danny Boy et Ses Pénitents et par Sylvie Vartan.


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
👉  IN VINYLE VERITAS – REMEMBER THE SIXTIES  👈

 

John Douglas – Rock’n’Roll Legacy

© John Douglas – Joe Perry

 

Sa contribution au monde du rock est tout simplement légendaire. Le parcours atypique de John Douglas débute alors qu’il est au lycée. À la fois artiste et batteur dans un groupe local, il commence à peindre les peaux de ses grosses caisses. D’autres musiciens remarquent son travail et font appel à lui. Les créations artistiques de John n’échappent pas à la communauté rock. Une trentaine d’années plus tard, il a peint, personnalisé et modifié batteries et guitares pour certains des plus grands groupes du monde, notamment Pantera, Slash, Lynyrd Skynyrd, Kid Rock, Van Halen, Bon Jovi, ZZ Top et Aerosmith, groupe avec lequel l’artiste a entretenu une relation particulière. Tout a commencé par une rencontre au début des années 90 qui le conduit à peindre la guitare Billie de Joe Perry. Peu après, il customise les fûts de Joey Kramer, puis devient son technicien personnel. En 2019, lorsque Joey se blesse il le remplace au pied levé pour assurer la tournée américaine du groupe.
Au cours de sa carrière et de ses nombreux déplacements John Douglas a peint des œuvres saisissantes représentant des icones du rock comme Billy Gibbons, Eddie Van Halen, Stevie Nicks, Dave Grohl, Bono, les Rolling Stones et beaucoup d’autres visibles ici: John Douglas Fine Art.  

Randy Rhodes – Gibson Flying V: Polka Dot

© Photo: Ross Halfin – Book Cover « Randy Rhoads by Ross Halfin »

Alors qu’il écume les clubs de Los Angeles avec son groupe Quiet Riot, Randy Rhoads fait la connaissance de George Lynch et est conquis par le son et le look de la Flying V du guitariste de Dokken customisée par Karl Sandoval. Randy prend rendez-vous et demande au luthier en question de lui confectionner une guitare à partir d’un corps de Gibson Flying V et d’un manche Danelectro. Il souhaite un son similaire à celui de sa Gibson Les Paul Custom de 1972, mais avec un vibrato de type Fender, des micros DiMarzio et des mécaniques Schaller. Question look, ses idées sont biens arrêtées: caisse noire à pois blanc, tête de manche en forme de harpon et surtout, aucune marque ni logo où que ce soit. La Polka Dot Flying V voit le jour le 22 septembre 1979.
Peu après, Randy Rhoads quitte Quiet Riot pour rejoindre le nouveau groupe d’Ozzy Osbourne récemment viré de Black Sabbath. Lors de l’enregistrement de l’album Blizzard of Ozz et de la tournée du même nom, les deux guitares principales de Rhoads étaient la Les Paul et la Sandoval Flying V à pois.

 

Ken Kelly – Kiss

C’est sous la houlette de son oncle Frank Frazetta que Ken Kelly (1946-2022) a fait ses premières armes en illustrant des bandes dessinées horrifiques ou fantastiques. Très vite remarqué par le monde de l’Héroïc Fantasy, le dessinateur va bénéficier de l’opportunité de diversifier sa production.
En 1976, le groupe américain Kiss, alors en pleine ascension, souhaite offrir à son nouvel album une image plus en rapport avec le shock rock pyrotechnique et extravagant qui fait le succès de ses shows. Pour ce, Paul Stanley et Genne Simmons font appel à Frazetta qui, passablement débordé, refile la patate chaude à son neveu. C’est donc Ken Kelly qui est à l’origine du cover art de Destroyer, la quatrième production studio qui parait en mars 1976 et connait un immense succès. Logiquement, Kelly est à nouveau sollicité pour illustrer, Love Gun, pour lequel il s’inspire de son épouse Rose pour matérialiser les femmes présentes aux pieds du quatuor. Entre ces deux pochettes, l’artiste a également réalisé la magnifique illustration de Rising, le deuxième opus de Rainbow, le nouveau combo de l’ex-Deep Purple: Ritchie Blackmore. À partir de la fin des années 80, Ken Kelly entamera une longue collaboration avec le groupe de métal Manowar pour lequel il signera les visuels de six disques.


D’autres chroniques à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Patrick BETAILLE, octobre 2025

Billy Gibbons – Gibson Les Paul: Pearly Gates

© Photo: Mark Bowman

Connu pour être l’un des plus grands collectionneurs de guitares, Billy Gibbons reste un éternel amoureux de sa Gibson Les Paul Standard de 1959. Lorsque le guitariste a vu et entendu Eric Clapton jouer sur ce modèle au sein des Blues Breakers de John Mayall, il n’eut de cesse de trouver un exemplaire de ce modèle précis.
Heureusement pour lui, la chance l’accompagna et ce, dès les débuts de ZZ Top. ″ Un gars m’a contacté pour me signaler qu’il voulait vendre une vieille guitare: une Les Paul de 1959 ″ confia le barbu lors d’une interview en 2009. Quelques jours plus tard, Billy se rendit donc dans un bled perdu au fin fond du Texas. Le vendeur sortit alors un étui rigide, planqué sous le lit depuis le décès de son propriétaire plusieurs années auparavant. ″ Rev. Willy G. ″ sortit le cash nécessaire pour pouvoir repartir avec son précieux immédiatement baptisé Pearly Gates [Les Portes du Paradis – NDLR]. Le reste appartient désormais à l’histoire de ZZ Top.

 

 

Rock Anthology – 1976

 

Putain 50 ans! En 1976, Steve Jobs lance Apple, le Concorde effectue son premier vol commercial, le film Rocky est à l’affiche et Jimmy Carter remporte l’élection présidentielle américaine. Queen passe une journée aux courses, Led Zeppelin fait acte de présence, Thin Lizzy s’évade de prison et les Eagles squattent un hôtel en Californie.

Petit voyage sur un chemin de mémoire musicale pavé de certains de ces albums intemporels, sortis il y a un demi-siècle, et qui ont joué un rôle essentiel dans l’histoire de la musique populaire sur laquelle ne régnait pas encore l’autotune.

Évidemment il en manque dans ce millésime. Beaucoup! Dr Feelgood: Stupidity – Stevie Wonder: Songs in the Key of Life – David Bowie: Station to Station – Ramones: Ramones – Bob Dylan: Desire – Genesis: A Trick of the Tail Rolling Stones: Black & Blue – Scorpions: Virgin Killer – AC/DC: Dirty Deeds Done Dirt Cheap – Aerosmith: Rocks – Black Sabbath: Technical Extasy – JJ Cale: Troubadour –  Bob Marley, Judas Priest, Blondie, Kiss,  Blue Öyster Cult, Kansas, Eagles, ZZ Top, Boston, Rainbow, etc… Le bon temps quoi!

 

La Discothèque Idéale 2025

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Vous tombez de votre chaise en apprenant que Gims a obtenu en France le statu de plus GROS vendeur de disques 2025 en écoulant 260 000 exemplaires de son dernier album? Les divas de l’auto-tune vous donnent des envies de suicide? La soupe radiophonique et télévisuelle vous en touche une sans faire bouger l’autre? Le vide abyssal du rap mainstream vous met le foie au bord des lèvres?
Le remède existe. Si, si! Le choix, bien qu’assumé, est bien évidemment relatif, partial et subjectif. Il a juste pour ambition d’entretenir l’espoir que le rock n’est pas encore mort et de prouver que, contre vents et marées, de talentueuses volontés mettent beaucoup de conviction et d’énergie pour que leur passion et leur plaisir deviennent nôtres. Bien sûr, le débat reste entier et ouvert mais il doit obéir à une constante et une seule: ″ La musique c’est comme la vie, ça se respire ″ (Francis Zegut). La discothèque idéale est chroniquée ici: Rock’n’Roll Bordel!

 

XTC – Skylarking

 

[Extrait]: Skylarking est le huitième album du groupe XTC. Au départ, et sur une idée du guitariste Andy Partridge, la pochette devait dévoiler des gros plans sur des sexes à la toison pubienne fleurie; celui d’une femme au recto et celui d’un homme sur le verso… D’emblée, les distributeurs signifient catégoriquement à la maison de disques qu’ils refuseront de commercialiser le disque avec un tel packaging. Dans l’urgence, Partridge décide d’utiliser un dessin ancien qu’il modifie en attribuant des flûtes aux deux personnages. Il déclare:  » j’ai trouvé ça assez classe et de toutes façons il aurait été suicidaire de publier la pochette originale « … Les éditions de 1986 sont également amputées de Dear God. Le titre en question s’en prend au culte religieux et contient des propos potentiellement aptes à froisser certaines susceptibilités. Skylarkind sera réédité en 2010 dans sa version intégrale et avec son packaging d’origine.


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


 

Edward Van Halen – Fender Stratocaster: Frankenstrat

© Photo: Flicker-Carl Lender. Eddie Van Halen in New Haven 1977

 

Début 1977 Edward Van Halen achète pour un peu plus de cent dollars un corps et un manche de Stratocaster, des pièces déclassées qu’il trouve chez Boogie Bodies, le magasin de Wayne Charvel. De retour chez lui, il assemble le tout en ajoutant un vibrato Fender et un micro récupéré sur une vieille Gibson ES-335. Il repeint la caisse en noir, puis en blanc après avoir posé des caches pour créer un effet de rayures. La Frankenstrat (mot-valise issu de Frankenstein et de Stratocaster) était née et c’est sous cette forme qu’elle a servi à enregistrer le premier album de Van Halen en 1978, une bombe dévoilant le jeu unique et novateur du guitariste qui, comme en témoignent l’instrumental Eruption et la reprise de You Really Got Me des Kinks, viennent de faire exploser les limites du solo rock.
En 1979 Eddie apporte plusieurs modifications, à commencer par un vibrato Floyd Rose plus efficace que l’original. Un vieux micro et un sélecteur rouillé sont ajoutés. Tous deux hors d’usage ne sont là que pour renforcer l’effet rafistolage. Quant au pickguard customisé à l’arrache, il n’en reste plus grand chose. La différence la plus visible reste l’ajout d’une couche de peinture rouge par-dessus la couche originelle. ″ Ce qui me surprend avec cette guitare, c’est que lorsque je l’ai peinte en rouge, elle est devenue encore plus célèbre. Beaucoup de gens ignorent encore qu’il s’agit de la même guitare que celle en noir et blanc qui figure sur la pochette du premier album ″.
À la fin des années 80 la Frankenstrat sera mise au placard et remplacée par une Kramer 5150 Baretta issue d’un partenariat entre le fabriquant et le guitariste qui a largement contribué à la conception de ce modèle exclusif au look similaire mais techniquement différent pour pouvoir répondre à ses exigences.

 

Noël en Toc et Rock en Stock

 

Difficile de s’y soustraire! À l’approche des fêtes et avec l’arrivée éminente du Père Noël, le mercantilisme hivernal ciblé gère sa masse critique en vomissant son trop plein de consommables divers et déjà avariés. Le monde du rock, hélas, ne déroge ni à la règle, ni à ce déluge de trucs compilés, réédités, incontournables, indispensables, méga-top et déjà dans les bacs, à côté des invendus d’une saison déjà trop pauvre. Les artistes les plus intègres, les interprètes les plus déjantés, les musiciens les plus destroy, les groupes les plus cloutés s’y sont essayés. Tous ou presque – Doors, Beatles, Elvis, Ramones, Pearl Jam, etc. – de près ou de loin et tôt ou tard, se sont commis avec plus ou moins de bonheur dans la célébration du White Christmas et ce sans forcément se déshonorer sur les lauriers de Petit Papa Noël ou Jingle Bells
Admettons ! Tout le monde peut trouver son bonheur dans ces hommages de circonstance mais il est temps de reprendre le pouvoir et de lutter contre les ringardises auto-tunées des uns, la soupe samplée des autres et le racket insidieux de l’industrie musicale. Pour la préservation de vos cages à miel et de la culture musicale, il ne vous reste plus qu’à vous rabattre sur les quelques valeurs sûres qui échappent aux saisons et n’obéissent ni au forcing des majors, ni à la bouillie assénée par les médias. Or donc, et pour la lettre au Père Noël, il n’est pas encore trop tard et c’est par ici: Rock’N’Roll Bordel!


Et pour la Musique qui s’écoute aussi avec les Yeux ou autour d’un Jukebox!
👉  IN VINYLE VERITAS!  👈