Evolution Music – Le Futur du Vinyl?

 

Il y a peu, à la médiathèque de Pau, au cours d’une animation consacrée au renouveau du vinyle. Pour conclure une prestation ayant pour fil conducteur le livre In Vinyle Veritas (Mâtin quel bouquin!) un mien ami interpellait un public aussi attentif que clairsemé par ces mots: ″Et si le futur du vinyle c’était ÇA?!″ tout en brandissant une gourde de 500 ml élaborée à base de fibre de canne à sucre et fabriquée en France: la  Veganbottle Go.  Rrogntudjû! Pierre avait raison!

Avec comme objectif de fédérer l’industrie musicale autour de pratiques plus durables et responsables sur le plan écologique et social, Evolution Music Ltd annonce avoir terminé de développer le premier disque vinyle bioplastique au monde. À l’instar du projet Green Vinyl Records, l’association britannique apporte sa pierre à l’édifice de ce qui pourrait ressembler à l’industrie de demain, soucieuse de s’affranchir des contraintes polluantes et toxiques du PVC.

Patrick BETAILLE, avril 2022

Patrick Higgins – Wilko Johnson: L’ homme en Noir

 

Patrick Higgins, l’auteur de ″A Shot of Rhythm and Blues: A pictorial essay of Dr. Feelgood & Wilko Johnson″ (disponible) et de Lee Brilleaux, La Légende″ (épuisé) nous propose aujourd’hui un beau témoignage en français consacré à Wilko Johnson, l’emblématique pourvoyeur de riffs de la grande époque du Pub Rock. L’histoire commence en 1983 à Paris au Gibus avec une prestation du stacanoviste de la Telecaster, non pas avec l’équipe du Doctor, mais ce soir là avec son nouveau groupe: Wilko Johnson and the Lew Lewis Band. S’en suivent une cinquantaine de pages consacrées au parcours mouvementé et atypique de Wilko, depuis son enfance jusqu’aux ennuis de santé et une semi-retraite vouée à son autre passion: l’astronomie. Sans tout dévoiler, il est bien sûr question de Dr. Feelgood ou des Solid Senders mais c’est aussi l’occasion de s’attarder sur les collaborations du guitariste – avec notamment et entre autres Ian Dury, Lew Lewis ou encore Roger Daltrey – et de passer en revue les concerts et la discographie complète du compositeur britannique. Témoignages personnels, anecdotes, extraits d’interviews et des photos – pour la plupart celles de l’auteur –  animent ces 48 pages au format 15 x 21 riches d’informations que les fans sauront apprécier. 28€ port compris, c’est le prix de cette belle rencontre avec L’homme en Noir. Les ouvrages sont disponibles en contactant Patrick Higgins à cette adresse: phiggins21091963@gmail.com

Patrick BETAILLE, avril 2022

Home Taping is Killing Music!

 

En inventant sa cassette audio au cours des années 60, Lou Ottens n’avait certainement pas prévu l’énorme engouement de la part du public et, par voie de conséquence, la levée de bouclier au sein de l’industrie musicale anglo-saxonne.  ″ L’enregistrement sur cassette à domicile tue la musique ″ est le slogan d’une campagne lancée dans les années 1980 par la British Phonographic Industry.  Avec la banalisation des magnétophones, la BPI craignait en effet que la copie des disques sur cassettes entraîne une baisse des ventes. Le logo – un pavillon de pirates composé du dessin d’une cassette audio sur deux os croisés et estampillé d’un ″ Et c’est Illégal ″- c’est vite retrouvé au cœur du débat et parfois apposé sur les pochettes internes des disques. Certains artistes n’ont pas raté l’occasion de réagir contre ce qu’ils considéraient comme une atteinte aux libertés et une entrave à la culture. En juillet 1980, Bow Wow Wow sort son single C30, C60, C90 Go, sur une cassette dont une face était vierge, permettant ainsi à l’acquéreur d’enregistrer sa propre musique. EMI mit fin à sa collaboration avec le groupe, estimant que ce single incitait à l’enregistrement à domicile. En 1981, les Dead Kennedys sortent In God We Trust sur cassette également. La face 2 est vierge et on peut y lire ce message: HOME TAPING IS KILLING RECORD INDUSTRY PROFITS – WE LEFT THIS SIDE BLANK SO YOU CAN HELP (L’enregistrement privé tue les profits de l’industrie musicale. Nous avons laissé cette face vierge afin que vous puissiez apporter votre soutien).

Patrick BETAILLE, avril 2022

Dessine moi un Vinyl – Part 2

 

[Extrait]: Artistes et maisons de disques ont souvent courtisé photographes, designers et dessinateurs pour imager leurs productions. Certains chefs de file du neuvième art sont à l’origine d’indéniables réussites graphiques, y compris au cœur de la variété francophone. Parfois anecdotiques et souvent plus prisées que les contenus qu’elles accompagnent, ces prouesses illustrées témoignent d’une belle complicité entre bande dessinée et albums. Ci-dessus, de gauche à droite et de haut en bas :

Eddy Mitchell : L’épopée du Rock – Barclay, 1974. ©Illustration Al Voss.
Dick Rivers : Mississippi River’s – Mouche Records 1975. ©Illustration Morris.
Nino Ferrer : Rock’n’Roll Cowboy – Vogue, 1983. ©Illustration Frank Margerin.
Bijou: Lola (Single) – Polydor 1988. ©Illustration Tanino Liberatore.
Richard Gotainer : Vive la Gaule – Virgin Records, 1987. ©Illustration Marcel Uderzo.
Pigalle : Regards Affligés… – Boucherie Production 1990. ©Illustration Jacques Tardi.


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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Patrick BETAILLE, avril 2022

Mississippi Heat – Madeleine

 

Allez, disons le comme ça: Mississippi Heat est avant tout un groupe mais c’est aussi et surtout  un collectif de musiciens dont les racines puisent très profond dans les terres du Blues. Formé en 1991 et actuellement dirigé par l’harmoniciste et compositeur Pierre Lacocque, l’ensemble vit par et pour un genre traditionnel qu’il s’attache à promouvoir lors de concerts un peu partout dans le monde et, bien sûr, en studio. Avec à son actif une douzaine d’enregistrements le combo à géométrie variable perpétue la mémoire des Muddy Waters, Howlin’ Wolf, Jimmy Reed, Little Walter et autre Sonny Boy Williamson. Madeleine, treizième album en date enregistré à Chicago et mixé à Memphis vient de sortir, pour le plus grand bonheur des amateurs de bonnes vibrations. Guitares accrocheuses, cuivres percutants, support rythmique – claviers compris – impeccable, chœurs et chants brillants, aucun doute, c’est bien de blues dont il s’agit, et pas n’importe lequel, celui de Chicago. Et puis il y cet harmonica, viscéral, imparable, celui de Pierre Lacocque dont le talent mondialement apprécié et reconnu saura convaincre les plus sceptiques. Madeleine n’est pas un disque passéiste. Il est actuel, inventif même, et méchamment efficace pour perpétuer la mémoire de la musique qui s’écoute avec le cœur. Indispensable!

 

Dessine moi un Vinyl – Part 1

 

[Extrait]: Artistes et maisons de disques ont souvent courtisé photographes, designers et dessinateurs pour imager leurs productions. Bel exemple que celui de Janis Joplin qui fit appel à Robert Crumb pour le packaging de l’inoubliable Cheap Thrills. Certains autres chefs de file du neuvième art sont à l’origine d’indéniables réussites graphiques. Parfois anecdotiques et souvent plus prisées que les contenus qu’elles accompagnent, ces prouesses illustrées témoignent d’une belle complicité entre bande dessinée et albums. Ci dessus, de gauche à droite et de haut en bas :

The Grateful Dead : Shakedown Street- Arista Records, 1978. ©Illustration Gilbert Shelton.
Ramones : Road to Ruin – Sire Records 1978. ©Illustration John Holmstorm.
Zappa : The Man from Utopia – Barking Pumping Records, 1983. ©Illustration Liberatore.
Iggy Pop : Brick by Brick – Virgin Records, 1990. ©Illustration Charles Burns.
George Thorogood & The Destroyers : Haircut – EMI, 1993. © Illustration Peter Bagge.
Airbourne : No Guts, No Glory – Road Runner Records, 2009. ©Illustration Rob Sharp .


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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Patrick BETAILLE, avril 2022

Tanino Liberatore – The Man from Utopia

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Extrait]: Né à  Quadri en Italie, Gaetano Liberatore, fête ce mois-ci ses 68 ans. L’occasion de se pencher sur le travail de l’auteur de bande dessinée devenu célèbre en 1981 avec la publication du premier RanXerox. L’artiste y met en images les aventures d’un androïde aux allures de colosse créé à partir de pièces d’un photocopieur et qui évolue dans un univers futuriste et violent. Liberatore s’est installé en France en 1982 et, en marge du tome 2 de RanXerox, il illustra en 1983 la pochette de The Man From Utopia de Frank Zappa. L’hyperréalisme tourmenté est reconnaissable et on le retrouvera en 2009 sur le Romborama de The Bloody Beetroots, puis en 2011 sur Night Raiders de Volume Sick . Dans l’intervalle et dans un autre genre l’illustrateur a œuvré sur une douzaine d’autres pochettes de disques. Entre autres: Gold (Laissez-Nous Chanter en 1986), Bijou (Lola en 1988), Dick Rivers (Linda Lu Baker en 1989), et Shaka Ponk (Geeks on stage en 2013). Dernière en date celle de Mystère pour La Femme en 2016. Amen, le troisième volume des aventures de RanXeros scénarisées par Alain Chabat est quant à lui paru en 1996. Bon anniversaire Tanino!


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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Patrick BETAILLE, avril 2022

The Hellacopters – Eyes of Oblivion

 

Formé en  1994, The Hellacopters n’avait pas donné signe de vie depuis Head Off, le précédent  album paru en 2008, dans la foulée de l’annonce officielle de leur séparation. 14 ans après,  les suédois sont de retour avec un huitième album studio: Eyes of Oblivion. C’est reparti mon kiki! Les grosses guitares et le heavy rock venus du froid sonnent à nouveau la charge comme au bon vieux temps. Du rock accrocheur, des riffs tranchants, voilà le carburant de ces 10 titres, et ce, même lorsqu’il s’agit d’aller flirter avec des ambiances plus blues (So Sorry I Could Die) qu’à l’accoutumée. Nick Anderson et sa bande ne sont pas frileux quand il s’agit de nous réchauffer et Eyes of Oblivion envoie pas mal de bois. Ça tombe bien, les vagues de froid n’ont peut être pas pas dit leur dernier mot.

Patrick BETAILLE, avril 2022

The Beatles – The White Album

 

[Extrait]: Paru en novembre 1968, The Beatles est le neuvième album du groupe mais le premier sous leur propre label, Apple Records. Celui que l’on nomme souvent l’Album Blanc ou le Double Blanc n’est pas rare mais il est numéroté. Spécificité qui confère aux premiers exemplaires un attrait tout particulier, surtout quand on sait que les quatre premiers spécimens ont été donnés aux membres du groupe. En 2015, Ringo Starr s’est séparé du sien – le numéro 0000001 – pour la somme de 790 000 $. En 2008, un acheteur déboursa 22 000 £ sur eBay pour le numéro 0000005.


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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Patrick BETAILLE, avril 2022

Sting – Russians

 

Russians, la chanson de Sting, est tirée de son premier album solo, The Dream of the Blue Turtles, sorti en 1985. Dans le contexte de la Guerre Froide, l’ex-policeman dénonçait les dangers de la doctrine de la destruction réciproque basée sur la terreur, entre les Etats-Unis et l’URSS, et leurs alliés respectifs, l’OTAN et le Pacte de Varsovie. 

L’hystérie va croissante. Prêt à répondre à toutes les menaces monsieur kroutchev dit : Nous allons tous vous ensevelir. Monsieur Reagan répond : Nous vous protégerons! Foutaises. Il n’y a pas de vainqueur dans une guerre, c’est un mensonge auquel nous ne croyons plus. Le monopole du bon sens n’existe pas, quelle que soit l’idéologie, nous partageons la même biologie.  Mais comment puis-je protéger mon petit garçon contre les jouets mortels d’Oppenheimer ? J’espère que les russes aussi aiment leurs enfants…″ [Traduction libre: Black Bonnie]

l’invasion de l’Ukraine par la Russie, aux menaces de Vladimir Poutine d’utiliser l’arme nucléaire et aux répercutions mondiales engendrées par le conflit, les paroles de  Russians sont plus que jamais d’actualité. En soutien au peuple ukrainien, le 5 mars 2022, le chanteur a publié une vidéo sur Instagram.