The Pretty Reckless – Going to Hell

 

Attention! The Pretty Reckless: groupe rock US à chanteuse physiquement intelligente. Going to hell est leur deuxième album, réussi en tant que parfaite illustration de l’évolution musicale parfois radicale que peut connaître un groupe lorsqu’il arrive à maturité. On en arrive assez vite à oublier l’ex-actrice de la série Gossip Girl pour se concentrer sur la musique. Dans le genre gros rock alternatif, le groupe new-yorkais propose donc quelque chose d’ intéressant et bien léché. Miss Momsen et ses killers évoluent dans un univers à la fois musclé et sensuel, à la musicalité parfaitement millimétrée, comme en témoigne en ouverture le titre éponyme à la rythmique survitaminée. Provocateur et rugissant Going To Hell  lorgne allègrement du coté heavy metal et annonce la couleur de l’ensemble de l’album. The Pretty Reckless semble également avoir assimilé le fait que le vrai rock peut aussi s’illustrer par des titres plus soft. Waiting for a Friend, par exemple, apporte une teinte country alors que Blame me flirte avec le Folk Rock. House on a Hill par contre vient confirmer l’adage selon lequel tout disque qui envoie du lourd doit héberger sa ballade stillovingyounesque. C’est chose faite. Cela permet au passage d’apprécier des qualités vocales qui permettent à Taylor Momsen de se faire remarquer autrement que par la courbe de ses lombaires. Going to Hell ne restera probablement pas dans les annales mais dans l’immédiat il mérite une oreille quelque peu attentive.

Patrick BETAILLE, mai 2015

 

Dany – Ça vous intéresse?

© Dany

 

Pratiquant avec autant de talent les genres humoristiques et réalistes, Dany, de son vrai nom Daniel Henrotin, figure parmi les grands auteurs classiques de la Bande Dessinée franco-belge. Diplômé de graphisme et de publicité de l’école supérieure des Beaux-Arts de Liège, l’artiste s’oriente tout d’abord vers le dessin publicitaire. Par la suite, outre ses propres albums, ce sont ses contributions à différents collectifs ou publications (Tintin, Achille Talon Magazine) qui l’installent dans une notoriété grandissante. De sa collaboration avec Greg naît la série fantaisiste Olivier Rameau . Avec Jean Van Hamme il raconte une Histoire sans Héro, remarquable de réalisme. Plus tard et pour la première fois il se lance dans l’ Héroic Fantasy en dessinant les Guerrière de Troy sur un scénario de Arleston. C’est donc bien la diversité des genres qui caractérise le travail de Dany. Il se fait même remarquer par l’illustration d’histoires coquines qui posent questions.  Ça vous intéresse? On va plus loin? Vous n’avez pas honte? etc. L’auteur répond dans six albums au sein desquels les charmes féminins sont très joliment mis en valeur.

Patrick BETAILLE, mai 2015

Manu Lanvin – Son(s) of the Blues

Manu Lanvin & Devil Blues1984, Denis boitille sous la pluie, à ses côtés François qui trimbale un sac à dos et une guitare. Cette acoustique accompagne les deux loosers sur les routes, dans les rue de Paris, dans le métro et dans un squat. Hormis le rôle non négligeable de l’instrument dans ”Marche à l’ombre”, le film, il faut noter que c’est sur le manche plusieurs fois refait de l’Ibanez en question que Manu Lanvin a plaqué ses premiers accords. Il avait une douzaine d’années et allait tomber tête la première dans le chaudron. Avec quatre opus à son actif  le guitariste chanteur  reste pourtant méconnu du grand public et ce malgré de remarquables collaborations avec Paul Personne, Neal Black ou son ami Calvin Russel. Les choses devraient changer car il est prévu qu’il fasse sous peu la première partie de notre Jojo national, mais là n’est pas le sujet. ”Son(s) of the Blues”, devrait en séduire plus d’un avec ses 12 titres qui viennent de là, qui viennent du Blues. En l’écoutant on se promène à Nashville, à la Nouvelle Orléans voir même au sud des Etats Unis, plus précisément dans le Mississippi. Les influences sont bien présentes et il arrive même que des touches jazzy ou rockabilly viennent épicer un ensemble sur lequel le Devil Blues, en tant que trio, assure plutôt bien. La voix rauque et grave de Manu colle parfaitement au genre et les compos, toutes originales, se voient parfois sublimées par des chorus plus qu’ habiles comme en témoigne le titre éponyme qui ouvre l’album à 100 à l’heure . Quant aux textes (dont trois en français), ils sont bien là pour attester de la sensibilité et des talents de compositeur de l’artiste. Ce cinquième essai est un très bon disque, essentiellement Blues Rock mais pas que, digne des grands noms de la discipline, et il prend toute sa dimension lorsqu’il est joué sur scène. C’est là que l’aisance et la sincérité prennent toute leur dimension; quand énergie et feeling sont dépensés sans compter pour communiquer avec le public.

Patrick BETAILLE, mai 2015

Joël Gruau – The Guitar Tank

© Joël Gruau

 

Pour moi la musique est indissociable de la moto, toutes deux me procurent le même sentiment de liberté . Voilà déjà belle lurette que Joël Gruau a fait sienne cette maxime de Francis Zegut. Chez les Gruau le travail du bois relève de la tradition familiale. Pas étonnant que le petit dernier soit très tôt imprégné des exhalaisons de sciure et de copeaux en provenance de la menuiserie. En grandissant, Joël découvre la musique et se passionne pour le Blues Boom anglais, à l’époque accompagné d’un terrible virus identifié sous l’appellation de Motocycletum Vrombitus. Bsa, Norton et autres Velocette font désormais partie d’un quotidien infectieux qui se traduit chez l’adolescent par de fortes démangeaisons au niveau de la guitare. Ce  n’est que bien plus tard, et grâce à l’absorption de doses massive de rêves, de passion et de délires, que la rémission s’installera. Devenu luthier, Joël Gruau exerce aujourd’hui son talent au travers d’un art pour le moins particulier. Il a fait sienne l’union technique, à priori improbable, entre moto et musique. Entre ses mains le moindre bidon d’huile ou de dégrippant devient un Ukulélé ou un Bidonlélé et des réservoirs de Norton, d’ Enfield, de Terrot ou de Trophy connaissent une deuxième vie sous la forme de guitares ou de basses. Même si à l’occasion des emballages de Jack Daniel’s, de biscuits, de cigares, ou de bonbons, se voient dotés de pouvoirs résonnants ne vous y trompez pas; l’ Artiste, non content de concevoir, réparer, restaurer ou régler tout ce qui en pince pour les cordes, excelle aussi dans la facture d’instruments disons plus classiques. Il a réalisé sa première Les Paul en 1989, sa SG en 92 et il conçoit encore et toujours dobros, basses et autres acoustiques, guitares de jazz manouche comprises. Qu’ils soient bidons, réservoirs, imaginés ou inspirés de l’histoire tous les projets sont menés au fil de l’impulsion créatrice et/ou de la demande des clients, qu’ils soient amateurs, professionnels ou simples collectionneurs. Pour la petite histoire… Jacob Desvarieus de Kassav possède la Bidon Castrol GTX; la Cavaquino Yacco et la basse bidon une corde ont été commandés par Yvan Talbot et Johnny Depp s’est vu offrir un Bidonlélé Esso acheté dans l’atelier de Villeneuve St Georges où même Frank Margerin est à l’honneur. Avec la Lucien, magnifique résé de Sportster dédicacé, Monsieur Gruau fait coup double car il rend hommage au dessinateur tout en gardant le contact avec le monde de la moto. Un bon moyen de compenser car Il faut dire que son quotidien et les projets à venir (une guitare à partir d’ une roue rayonnée de mini moto) ne lui laissent guère le temps de sortir son 500 Bullet.  Vous êtes sur la réserve? Faite le plein de notes sur le site de ce créateur de génie. Ici vous trouverez l’accord parfait, notamment en parcourant les étapes de fabrication de ces instruments exceptionnels.

Patrick BETAILLE, avril 2015

Cake – Rock & Roll Lifestyle

 

Rock & Roll Lifestyle (Egalement connu sous le nom de How Do You Afford Your Rock & Roll Lifestyle) est un single qui, en 1993, marque les débuts de l’excellent groupe de Sacramento: Cake. Prosaïquement, la chanson pose de façon sarcastique le thème du mode de vie du fan de Rock qui, sous couvert de protestation, se livre à des abus en tout genre. Alcool et drogues servent de prétexte à un style de vie aux antipodes d’une passion sincère pour la musique. Plus amèrement les paroles évoquent le fait qu’acheter une image et se livrer à des excès ne correspond en rien à une forme de rébellion… Vous prendrez bien un morceau de gâteau?!

″ Ben dis donc! Ta collection de Cd flambant neufs doit douiller un max. Combien t’as payé ta superbe Moto Guzzi? et ton cuir noir? A ce tarif là, c’est toi ou tes parents qui financent? Combien t’as dépensé en alcool, en sorties et en concerts? Parfois même pour des trucs dont t’as même pas entendu parler. Combien pour ce ravissant t-shirt qui prouve que tu y étais? Comment tu fais pour financer ta vie en mode Rock & Roll?

Allez dis moi! Combien pour ce bout de guitare fracassée en fin du concert? Et combien paieras tu pour celle qui sera détruite à la fin d’un autre show? Pour vieillir en cuir, entre frais d’hôpitaux, médicaments et tattoos, ton foie paie cash l’enthousiasme et les excès de ta jeunesse. Tu n’es pas un rebelle. Tu consommes tout ce qui se vend. Ton autodestruction, ta déchéance et tes abus ils s’en tapent. Ils sont ravis de les entretenir. Tu n’arriveras pas à les abattre ″. [Traduction libre Marcel Destroy, extrait]

Patrick BETAILLE, avril 2015

 

Jeremy Worst – Pin-Up distillées

© Jeremy Worst

 

Du Jack’ et des fem’ c’est ça qui l’rend heureux! Des études au sein de l’ Art Institute d’Atlanta. Une dizaine d’années d’expression artistique dans divers domaines, y compris le tatouage. Aujourd’hui, Jeremy Worst se considère lui même en tant qu’artiste immédiat. Il aime à peindre des toiles de grandes dimensions qu’il réalise à l’acrylique et qui lui demandent de 6 à 10 heures de travail. Depuis trois ans ce peintre se consacre quasi exclusivement à l’anatomie féminine associée de près ou de loin à la consommation d’eau de feu. Les femmes, il les aime avec des formes généreuses, et l’alcool, exception faite de la bière, se doit de titrer plus de 40° avec une préférence prononcée pour le whisky en général et le Jack Daniel’s en particulier. Visiblement le peintre apprécie aussi Jimmy Hendrix. Franchement?! Jeremy Worst, y’a pire!

Patrick BETAILLE, avril 2015

Drouot – Accord majeur pour Guitare

Drouot Vente aux enchères guitares

Il est bien sûr déjà arrivé que la guitare résonne dans les salles des ventes de Drouot. Citons entre autres et pour mémoire sept des guitares d’ Alexandre Lagoya ou encore une Arkane A 66 rouge conçue par le luthier français Michel Lâg, pièce unique  ayant appartenu au député métalleux Patrick Roy. Mais le 11 avril prochain et pour la première fois,  pas moins de 120 pièces anciennes et rares seront mises aux enchères. Des guitares allant du début du XIXème à la fin des années 1970, comme cet instrument espagnol construit aux alentours de 1910 par le célèbre luthier Manuel Ramirez ou cette Gibson L-5CN de 1968 ou encore l’ Epiphone Sheraton produite en 1965 à seulement 13 exemplaires. Sans ignorer d’ incontournables Gretsch ou Fender, deux belles basses Rickenbacker modèle 4001 figurent aussi au catalogue.

Patrick BETAILLE, avril 2015

 

Beady Eye – Couvrez ce sein!

Beady Eye, Be, Ulla Randal

″ Couvrez ce sein, que je ne saurais voir. Par de pareils objets les âmes sont blessées, et cela fait venir de coupables pensées (Tartuffe de Molière).

2013, parution de Be, deuxième album de Beady Eye, le groupe de Liam Gallagher. La jaquette du disque affiche une photo représentant Ulla Randal. A l’origine le cliché d’ Harry Peccinotti figure sur le calendrier Pirelli édition 1968. En Angleterre, le téton de la jeune femme se retrouve masqué par un sticker.

Patrick BETAILLE, avril 2015


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Philippe Moine – Caricatures Musicales

© Philippe Moine

 

Question caricatures, Philippe Moine en connaît un crayon. Cet architecte Palois débute dans l’exagération du trait en 1995 en croquant amis et collègues puis en s’attaquant aux joueurs de rugby de la Section Paloise. Il a depuis participé à plusieurs festivals de caricatures et de dessins de Presse au cours desquels  il a récolté plusieurs prix, notamment en 2004 et 2005. L’ Artiste expose durant tout le mois d’Avril au Show Case à Pau. L’occasion peut être de prendre l’apéro avec Lou Reed, Keith Richard, Miles Davis, ou d’autres, en ce lieu actif et sympathique voué aux concerts, au café-théâtre, mais aussi aux expositions de photos et de peintures.

Culture – La Musique sur Écoute

Réedition disques, Hadopi, culture et Business

 

Depuis longtemps les Majors ont fermé leurs portes à la spontanéité et à l’imagination. Leur credo est devenu la Création sous contrôle, formatée, prédigérée. Au lieu de parler de Musique ils invoquent le Support. Ils préfèrent penser Produit plutôt que de révéler le Talent. Priorité au profit, pas à l’oreille. Les Directeurs Artistiques sont des comptables, les Artistes des enseignes et le public un consommateur à gruger. La musique n’est plus un vecteur culturel ni le témoignage d’un phénomène social. Elle est devenue une denrée de supermarché, en promotion, indispensable, incontournable et déjà dans les bacs, pas loin des marronniers que sont les compils et autres Best Of . Les Médias sont au garde à vous et l’audimat bande pour la calculette. Devant l’effondrement de l’industrie discographique les décideurs suceurs de sons prennent le risque de changer de stratégie. La belle affaire! Après nous avoir convaincus que le Cd était fantasbuleux ils veulent nous persuader que le Vinyle est fabulistique. Vrai ou faux, peu importe! Le but non avoué consiste entre autres en rééditions de fonds de tiroirs déjà exploités jusqu’à la corde à grands coups de bonus, de remasters, de livrets, et de produits dérivés. C’est bon pour la relance à court terme et le maintien des marges immédiates qui financent la promotion médiatique des stars jetables. Tellement plus facile que d’admettre que le disque est trop cher à la vente… Et les artistes dans tout ça? Les quoi? Ah oui… Le téléchargement étant déjà sous contrôle des Labels, il sera toujours temps de brandir à nouveau le spectre du téléchargement illégal pour expliquer que si les compositeurs et interprètes sont malmenés c’est à cause de ceux qui font un beau doigt d’honneur à la stérilité dispendieuse de Madame Hadopi. Tremblez amoureux de la créativité! Surtout si vous prétendez échapper  à la soupe indigeste qui inonde les ondes, vos jours sont comptés. D’ici là, et tant que c’est encore possible, ne vous privez pas de faire des découvertes, de profiter de témoignages musicaux, de réveiller votre curiosité, d’élargir la palette de vos envies et de partager vos plaisirs. En dernier lieu et à l’occasion il ne faudra surtout pas oublier de remercier l’ Auteur. Le meilleur moyen de le faire réside dans l’achat de son disque et ça c’est… Rock’n’ Roll bordel!