Ondi Timoner – DIG!

 

Les Brian Jonestown Massacre de San Francisco et les Dandy Warhols de Portland sont deux groupes emblématiques de la scène rock indépendante américaine. Créatives et révoltées les deux formations sont intellectuellement proches dans leur approche du refus de se plier aux exigences de la sphère musicale mais Anton Newcombe et Courtney Taylor – les leaders respectifs – sont aussi rivaux quant à la façon de gérer leur soif de notoriété. Réalisé par Ondi Timoner, ce magistral documentaire qui a obtenu le Premier Prix du Grand Jury du Sundance Film Festival de 2004 est un indispensable témoignage sur le rock indépendant et les dessous d’un monde dans lequel tous les coups sont permis. Bien plus destroy que les rivalités Beatles-Stones ou que celles des poseurs de Blur et Oasis, DIG vient bousculer les mythes du rock’n’roll circus et la perversité de l’industrie musicale. Pour en savoir plus, beaucoup plus, c’est par ici: Ondi Timoner Creuse son Sillon!

Patrick BETAILLE, février 2022

Slash – 4

 

Dix ans après leur premier album, Saul Hudson – alias Slash – et Myles Kennedy reviennent avec un quatrième album. Enregistré en mode live à Nashville et avec les Conspirators en backing band, 4 prouve, si besoin en était, que le guitariste en a encore sous les semelles cordes. Sans surprise, les 10 titres de cet opus regorgent de chorus puissants et de solos éblouissants et, du premier au dernier, mettent en avant une magnifique osmose entre guitares et chant soutenus par une section rythmique redoutable. Bref, de quoi oublier pour un temps les errances des Guns et renouer avec le plaisir de l’écoute d’un rock chiadé et bougrement efficace. Un joli coup pour un premier disque sorti sur le tout nouveau label Gibson Records.

Patrick BETAILLE, février 2022

Camel – Mirage

 

[Extrait]: Paru en 1974, le deuxième disque de Camel a été élu comme l’un plus grands albums de rock progressif de tous les temps. Mirage est sans doute l’album le plus connu du groupe britannique. Musicalement d’abord, grâce notamment aux ambiances folk, rock et jazz sophistiquées, parfois teintés de metal, mais aussi et surtout à cause de son cover art. Malgré les apparences, le choix du nom Camel n’a rien à voir avec un hommage quelconque au vaisseau du désert qu’est le Camelus dromedarius. En fait c’est bien de cigarettes dont il s’agit; celles de la Reynolds Tobacco Company que les musiciens apprécient et consomment sans modération. Ainsi, pour le visuel de Mirage, l’agence de design Modula détourne délibérément l’image de l’emballage du cigarettier américain. Soupçonné de promouvoir la marque, la formation du Surrey doit immédiatement faire face à une levée de boucliers. Pour l’industrie musicale, question marketing, il est très mal vu de faire l’apologie du tabac, et ce, même au cours des années 70. De son côté, Reynolds Tobacco n’apprécie pas du tout l’utilisation de son logo et le sort réservé à l’emblématique ″Old Joe″. Au final, sur la version américaine de Mirage, c’est un dragon ailé qui fait partir en fumée le paquet de clopes de l’édition originale.


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Patrick BETAILLE, février 2022

The Byrds – Ballad of Easy rider

 

En 1969 cette chanson folk rock figure sur la bande originale du film Easy Rider. Elle compare l’envie de vagabondage d’un motard aux méandres d’une rivière qui descend vers la mer. À l’origine, Peter Fonda – scénariste et personnage central du film – souhaite que Bob Dylan écrive et enregistre une chanson sur ce thème. Le Zim refuse, se contentant d’écrire vite fait quelques mots sur une serviette en papier qu’iI remet à Fonda en lui suggérant de confier ça à Roger McGuinn, le leader des Byrds: ″ il saura bien quoi en faire! ″ Dont acte.


″ La rivière coule. Elle coule vers la mer. Là où va cette rivière, c’est là que je veux être. Rivière, laisse tes eaux m’emporter et emmène moi loin sur cette route, vers une autre ville ″


 

René Robert – le Photographe Assassiné

© René Robert

 

Le photographe René Robert est mort dans la nuit du mercredi 18 au jeudi 19 janvier. A-t-il trébuché ? A-t-il fait un malaise ? Une chose est sûre, il est tombé aux alentours de 21h et n’a pu se relever. D’après le journaliste et ami Michel Mompontet, c’est un SDF qui a fini par appeler les secours. Mais neuf longues heures s’étaient passées, il était trop tard. Le photographe cloué au sol n’a pas pu être ramené à la vie, il est décédé en hypothermie. ″Durant 9h aucun passant ne s’est arrêté pour voir pourquoi ce monsieur gisait sur le trottoir. Personne! Comment en sommes nous arrivée à oublier la base même de ce qui fait l’humanité? ″ Ce que dit cette tragique fin de vie est une chose totalement hideuse sur nos comportements. Pas de doute, René Robert a été assassiné par une société individualiste, aveugle et sourde, qui laisse crever les siens dans l’indifférence générale.

Tulaviok – Dèche à la Ch’touille

 

[Extrait]: Hiver 1984, à Uzès dans le Gard, une bande de potes gamberge à propos d’un nom évocateur et provoc pour leur groupe. À l’époque, les méfaits de Thierry Paulin – le ″tueur des vieilles dames″ – tournent en boucle sur les antennes. ″TUE LA VIOCQ″ surgit comme une évidence et est adopté à l’unanimité avant de devenir, après quelques concerts sur le circuit du rock alternatif, TULAVIOK. Partant du principe que le rock reste l’ultime manifestation païenne, le combo punk s’en donne à cœur joie. Enregistré à Montpellier, leur premier album sort en 1987 sur leur propre label: Bollock’s Produktion. Distribué par New Rose, Dèche à la Cht’ouille (labellisé Queue Pon Paillard et Queue Rock au dos de la pochette) est un concentré de paillardises dans lequel le vin, le sexe et la fête sont à l’honneur. Sur des rythmes aussi déjantés qu’une bacchanale, c’est la naissance de la Zob Musik! Paradoxalement, ce brûlot de punk grivois ne sera pas censuré. Par contre, son packaging va défrayer la chronique. En cause, le sexe turgescent de 38 cm qui jaillit à l’ouverture de la pochette double…

BANDE OF ROCK’ N’ ROLL ! L’organe en question fut fixé à la main par le groupe et quelques amis sur les 5000 exemplaires de la première édition de Dèche à la Ch’touille, référencée ZOB 001. Au recto, ambiance nocturne; un poivrot gît sur le pavé aux pieds d’une catin version gonflable. Au verso, la même prostituée entourée des six musiciens grimés en poupées sexuelles, bouches ouvertes. Les textes sont manuscrits sur l’enveloppe du vinyle labellisé ZOB 01-A : FESSE NANA en Face A et ZOB 01-B : FESSE MEC sur la Face B. ″Ami artiste, réalise toi même ton pochoir en découpant les parties hachurées avec ta lame″. Ainsi est présenté le Paf Gadget offert avec l’album. En 2009, sur la réédition vinyle en double LP de Dirty Punk Records, le pop-up érectile disparaît. Un sexe dessiné et enrichi des paroles occupe désormais l’intérieur de la pochette trifold. ″ On joue mal, vite, fort et faux, on est heureux ! ″. C’est Tulaviok qui le dit.

Patrick BETAILLE, janvier 2022


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


The Georgia Thunderbolts – Can we Get a Witness

 

À l’été 2020, les Georgia Thunderbolts avaient marqué les esprits avec un premier EP éponyme tellement réussi qu’il leur avait ouvert de nombreuses portes. Originaire de Rome, au pied des Appalaches en Georgie, le quintet vient de commettre un Long Play qui, tout en intégrant l’intégralité du précédent opus, valide et confirme son positionnement au cœur d’un Southern Rock marqué au fer rouge par l’intemporalité des géants tels que Lynyrd Skynyrd et The Allman Brothers Band. Contrairement à la plupart des formations du genre (Molly Hatchet, Outlaws, etc.) The Georgia Thunderbolts ne joue pas la carte de la guitar army avec trois guitaristes. Pour se distinguer, ils ont fait le choix d’intégrer claviers, piano et même harmonica, tout en adhérant à un revival déjà brillamment soutenu par Blackberry Smoke, Drive by Truckers ou même les métalleux de Black Stone Cherry. Alors bien évidemment Can We Get A Witness est très ancré dans ses racines mais il fait surtout preuve d’une modernité prometteuse sublimée par la voix (qui parfois n’est pas sans rappeler celle de Ronnie Van Zant) remarquable de TJ Lyle dont le registre bluesy – entre soul et heavy rock old-school – fait des merveilles.  Même en mode mid tempo, les treize titres sont rythmiquement très bien soutenus, bourrés de riffs hypnotiques, et flirtent parfois avec un hard rock crasseux. Quant aux guitares de Riley Couzzourt et Logan Tolbert, à condition d’y prêter une oreille attentive, n’ayons pas peur des mots: elles sont exactement ce qu’elles devraient être et font partie de ce qui se fait de mieux dans le genre. Il faut se rendre à l’évidence, Can We Get A Witness est vraiment un bon album et Les Georgia Thunderbolts un excellent groupe de rock, sudiste ou pas. 

 

Patrick Ducher – Pink Floyd en France

 

Si l’on m’avait dit qu’un jour je ferais une chronique livre sur Pink Floyd… Persuadé j’étais que tout – du succinct au chiadé, de l’approximatif au fouillé, du pire au meilleur – avait déjà été décortiqué, analysé, dit ou montré. Ce n’est pas souvent que l’on a le privilège de pouvoir parler d’une œuvre – car c’en est une – qui vous pousse à reconsidérer le sujet sur ce groupe qui, depuis qu’il existe, a toujours été identifié en tant que fer de lance du rock progressif. Alors en quoi cet ouvrage préfacé par Jean-Marie Leduc est t-il différents des autres? ″ Pink Floyd n’aurait peut être pas survécu sans le public français… » C’est l’extrait de cette déclaration de Nick Mason en 2016 que se trouve la réponse. Au même titre que Pink Floyd n’est pas un groupe de Flamants Roses, ce livre n’est pas un livre. C’est une fouille archéologique minutieuse étayée par une analyse personnelle qui retrace l’histoire du combo au sein de l’hexagone, et ce, sur base d’exhumation d’articles de la presse spécialisée et de témoignages de fans. En 1979, l’auteur – Patrick Ducher – s’est cogné sur Le Mur et il ne s’en est jamais remis. Pendant plus de deux ans il a entrepris un énorme travail de recherche documentaire pour pouvoir apporter sa contribution à ce qui, à mon sens, donne à la genèse du groupe une richesse inattendue. Résultat, plus de 400 pages d’infos, d’anecdotes, d’extraits, de visuels qui viennent perpétuer de la plus belle des manières l’art de la biographie. 

Le lundi c’est permis – Jacket

© Photo: Kin182 – Flickr
 

 » I thought that my life would suddenly improve if I get a leather jacket. And I was literally 100% totally right – Je pensais qu’en achetant un blouson en cuir, tout à coup, ma vie s’améliorerait. Et j’avais totalement raison « .


Patrick BETAILLE, janvier 2022

We Don’t Care – Shitty Song

Comme dirait quelqu’un que je connais bien, voilà un truc qui va vous faire sortir les roubignoles par les oreilles ! Shitty Song est un exented play des palois de We D’ont Care ; WDC pour les intimes dont vous ferez partie sous peu, si ça n’est déjà fait. Cinq titres qui mis bout à bout forment un joli paquet de dynamite mèche courte. À l’origine de ce quatuor, un certain Phil, bassiste de son état, un vétéran de la scène paloise qui à l’époque jouait le rôle de calife à la place du calife au sein du groupe Iznogood. Jérôme, le guitariste soliste, a lui aussi sévi dans plusieurs formations de la région. Chris, le batteur version Animal des Muppets, est lui aussi un local de l’étape qui a fait un passage au sein de Okploïde et question fougue il se pose un peu là . Quant à Mickaël – déniché par Phil sur Leboncoin [Si, si!] – il a quitté sa Normandie pour partager au chant et à la guitare sa passion du rock musclé qu’il compose désormais sous le beth ceu de Pau. Tout ce beau monde a bien évidemment bénéficié d’influences diverses et variées qui vont des Red hot, Deftones et Neurotic Outsider à Nirvana, Korn ou encore Rory Gallagher. Mais c’est unanimement qu’est revendiquée une appétence particulière pour l’album The color in the shape des Foo Fighters et croyez moi, ça se sent ! Le rock a-t-il encore quelque chose à raconter? La réponse est oui et c’est à We Don’t Care qu’incombe la tâche qui consiste à remettre le genre sur orbite avec un lanceur qui incontestablement carbure au Nitroglycériméthanol. Ooh Shiittt! Shitty Song offre son titre à l’album en ouvrant les hostilités. Tu parles d’une ″Chanson Merdique″! Loin s’en faut! Ça déboule à fond les ballons et il en est ainsi tout au long des cinq titres. Rythmique entêtante, riffs ravageurs, solos remarquables, voix puissantes, tout contribue à donner à l’ensemble du corps, de l’unité et une fougue qui ne faillit jamais. Difficile d’étiqueter cette galette aux accents de punk, de grunge, voire de metal, mais une chose est sûre, c’est bien de rock high energy dont il s’agit et c’est putain de bon! L’enregistrement a bénéficié d’un coup de main de Vivien Van Hoegaerden. Impeccablement mixé maison par Mickael himself, Shitty Song a été signé par le label M&O music qui, logiquement, en assure promo, com et distribution. Vivement que les concerts puissent reprendre car pour avoir vu We Don’t Care sur scène à deux reprises, j’ai vraiment hâte de découvrir les versions live de ces cinq brûlots. D’ici là …. Infos, contacts, liens utiles et écoute: On s’en Tape!

 

Patrick BETAILLE, janvier 2022