
[Charlie Parker]: ″ Maîtrisez votre instrument, maîtrisez la musique, ensuite oubliez tout et contentez vous de jouer – Master your instrument, master the music, then forget everything and just play ″
Patrick BETAILLE, mai 2021
Sous-titrée Rockers maudits & grandes prêtresses du son, cette bande dessinée propose de courtes biographies d’artistes évoluant en marge de la lisière du rock et de ses dérivés, aux confins de l’inconnu, de l’étrange et du bizarre alors que tous font l’objet d’un culte parfois démesuré. Formidable livre d’une subjectivité fièrement assumée. Cette anthologie de 50 récits illustrés invite à découvrir des maestros, connus ou méconnus, qui par leurs productions ont indéniablement marqué la marginalité et la richesse de l’histoire du rock. Préfacé par Michka Assayas et pour 30€, Underground est actuellement disponible partout et même ailleurs.
Patrick BETAILLE, avril 2021
La langue française n’est pas neutre, on le sait. Elle est aussi sexiste, et même parfois vulgairement machiste. Il est bon de le rappeler.
Un COURTISAN, c’est un proche du roi – Une COURTISANNE, c’est une PUTE. Un PÉRIPATÉTICIEN, c’est un disciple d’ ARISTOTE – Une PÉRIPATÉTICIENNE, c’est une PUTE. Un GARS, c’est un jeune garçon – Une GARCE, c’est une PUTE. Un Homme FACILE est agréable à vivre – Une Femme FACILE, c’est une PUTE. Un PROFESSIONNEL fait bien son travail – Une PROFESSIONNELLE, c’est une PUTE. Un COUREUR, c’est un sportif – Une COUREUSE, c’est une PUTE. Un Homme sans MORALITÉ, c’est un corrompu – Une femme sans MORALITÉ, c’est une PUTE. Un ENTRAÎNEUR coache des sportifs – Une ENTRAÎNEUSE, c’est une PUTE. Un Homme à Femmes, c’est un SÉDUCTEUR. Une femme qui attire les Hommes c’est une PUTE – Un homme PUBLIC, c’est un homme CONNU. Une femme PUBLIQUE, c’est une PUTE. Un SALAUD, c’est un sale type – Une SALOPE c’est une PUTE. Enfin, pour insulter une Femme on la traite de PUTE, un homme de Fils de PUTE (en béarnais: Hilh de pute!). Cherchez l’erreur! Pourtant, comme le disait l’ossalois Jean-Claude COUDOUY: ″… Pute, ça vient du latin: Puto, Putare! Puto, je pense, Putare, penser. Du temps des romains, une putain c’était la fille à qui je pense. Et ce n’est devenu péjoratif que le jour où nous avons été plusieurs à penser à la même…″ Mais là c’est d’humour dont il s’agissait! Hilh de Puta.
Patrick BETAILLE, avril 2021
Bel exemplaire de Photo actuellement disponible en kiosque. ″Dans son dernier numéro le magazine se transforme en DJ et mixe musique et photographie, deux disciplines artistiques qui se connaissent bien pour s’être embrassées depuis longtemps..″. (édito de Francis Dagnan et Agnès Grégroire, extrait). Entre autres, au sommaire de ce numéro 547 du mensuel, Fifou, l’homme aux 1001 covers du rap, un requiem consacré à Gainsbourg, des sujets sur le studio Harcourt, la fondation Swiss Life et le graphiste Ard Delink. On y croise croise bien sûr des artistes (Daho, M, Jean-Michel Jarre, Renaud, etc) et des photographes comme Martin Parr, Masyoshi Sukita, Pierre & Gilles ou encore William Klein. En prime, un focus sur les femmes photographes et le marché de l’art, et surtout, un magnifique hommage au photographe Richard Aujard qui nous a quittés en février 2021. C’est punchy, documenté, riche et donc indispensable pour tisser un lien entre musique et photographie. Un seul regret, rien sur la censure dont cet art de l’instant a parfois été la victime. Pas grave, pour ça il suffit de se rabattre sur In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art.
Patrick BETAILLE, avril 2021
Effectivement, passer à côté de l’album de Neon Animal serait commettre une erreur. Une grosse erreur. Parmi les groupes qui pourraient prétendre perfuser un peu de sang neuf dans un genre qui souffre d’asthénie depuis pas mal de temps, ce quatuor londonien semble bien décidé à vouloir s’imposer au sein de la mouvance d’un classic rock revival. Neuf titres sans fioritures, accrocheurs, lourds et efficaces à souhait. Neuf titres qui parlent de sexe, de drogue et de rock’n’roll en foutant un bon coup de pied au cul du consensus musical aseptisé du moment. Grosses guitares, lourdes rythmiques, vocalises intenses, Make No Mistake est une véritable ouverture des hostilités sans négociation préalable. Une déclaration de guerre. De celles qu’à une époque les New York Dolls ont perdue, de celles auxquelles Aerosmith a succombé à force de poser, de celles à cause desquelles Guns N’ Roses a perdu son panache, de celles auxquelles Greta Van Fleet ne prendra jamais part et de celles enfin qu’aurait pu gagner Motörhead si Lemmy…. Rock ‘N’ Roll War, Let’s Make The World Rock, Rock ‘N’ Roll Suicide… Le message est plutôt clair. Neon Animal aime le heavy rock, il le prouvent avec ce deuxième album qui reste une véritable menace! À bon entendeur, rock’n’roll bordel!
© Photo: Patrick BETAILLE – Salle du Petit Bonheur de Mont de Marsan.
le 7 avril 1994 disparaissait Lee Green Collinson – dit Lee Brilleaux – L’emblématique chanteur/harmoniciste et fondateur du meilleur groupe de pub rock de tous les temps: Dr Feelgood. Voilà 27 ans qu’un cancer a eu raison de ton incomparable énergie. Voilà 27 ans que tu me manques. Rest in Peace Lee!
Patrick BETAILLE, avril 2021
En décembre 1981 et à la demande de Newsweek, la photographe Lynn Goldsmith immortalisait Prince sur un cliché qui finalement ne sera jamais publié. Trois ans plus tard, c’est Vanity Fair qui achète la licence de l’image et demande à Andy Warhol d’en faire une illustration pour un article consacré au Kid de Minneapolis. Dans un style reconnaissable entre tous, Warhol réalise alors une série de seize portraits colorés en violet et en rouge. Goldsmith n’a pris connaissance de ces détournements qu’en 2016, après que Vanity Fair les ait republiés après la mort de Prince, et ce sans faire mention de quelque crédit que ce soit. La photographe intente alors une action en justice face à la fondation Andy Warhol et perd son procès. ″Chaque œuvre de Prince Series est immédiatement reconnaissable comme un Warhol plutôt que comme une photo de Prince. De la même façon que les célèbres représentations de Marilyn Monroe et Mao sont reconnaissables comme des Warhol et pas comme des photos réalistes de ces personnes″ précisent les juges. Après des années de bataille juridique, Lynn Goldsmith a finalement obtenu gain de cause en appel. Dans un jugement rendu en mars dernier, la cour d’appel newyorkaise affirme que le peintre a effectivement violé le droit d’auteur d’un photographe en utilisant le cliché de prince sans autorisation et sans crédit. Satisfaite du jugement, Lynn Goldsmith a déclaré: ″Je n’en fais pas une question d’argent! Je me suis battue pour protéger non seulement mes propres droits, mais aussi les droits de tous les photographes et artistes visuels de gagner leur vie en octroyant une licence sur l’utilisation de leur travail créatif″. Reste que la Andy Warhol Foundation a déjà annoncé vouloir faire appel. C’est reparti pour un tour!
Patrick BETAILLE, avril 2021
[Extrait]: Frank Frazetta, était l’un des artistes américains les plus influents de la science-fiction et de l’heroic fantasy. C’est du moins dans cette catégorie que ce peintre a marqué de son empreinte l’univers de la bande dessinée, des couvertures de magazine comme Creepy, des receuils de nouvelles consacrées à Conan le Barbare et du comic strip avec, entre autres, Flash Gordon et Vampirella. Plusieurs groupes de rock et de hard rock ont fait appel à l’artiste newyorkais pour illustrer les pochettes de leurs albums. C’est le cas notamment de Herman’s Hermits, Nazareth, Yngwie Malmsteen et Wolfmother. Mais question artwork, le travail le plus remarquable de Frazetta est celui qu’il a effectué pour un groupe de rock sudiste dont le nom est tiré de celui d’une prostituée qui avait pour habitude de mutiler et décapiter certains de ses clients: Molly Hatchet. Son personnage du Death Dealer à la hache surdimensionnée illustre le premier album éponyme du combo de Jacksonville en 1978 puis celui de Flirtin’ with Disaster l’année suivante. Même ambiance pour Beatin’ the Odds en 1980 mais cette fois le Pourvoyeur de Mort troquera sa hache contre un glaive. C’est sûr, y’a quand même de quoi perdre la tête!
In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art
Patrick BETAILLE, avril 2021

″ Playing a record? I’ll show you something interesting… Compare a point on the label with a point on the record’s outer edge. They both make a complete circle in the same amount of time. Right?
But the point on the record’s edge has to make a bigger circle in the same time. So it goes faster. you See, two points on one disc move at two speeds eventhough they both make the same revolutions per minute!″
D’après la bande dessinée de Bill Watterson: Calvin & Hobbes (Extrait).
Patrick BETAILLE, avril 2021