Black Cat Cigarettes – Craven A

Craven A Black Cat

 

L’entreprise de tabacs House of Carreras est créée au XIXe siècle par un noble espagnol descendant d’une famille d’apothicaires: Don José Carreras Ferrer. La société fondée à Londres reste indépendante jusqu’en 1958, date à laquelle a lieu la fusion avec le groupe Rothmans. L’histoire raconte que le Comte de Craven, à l’époque patron de Carreras, avait donné le nom de ″ Black Cat ″ à ses cigarettes en raison de la présence d’un chat noir qui rôdait dans la manufacture. Les ″ Black Cat ″ prennent le nom de Craven A à partir de 1921, mais conservent une tête de chat noir sur l’emballage des paquets. Ces cigarettes ont une particularité: elles ne comportent aucun agent de saveur ou de texture et sont composées de 94 % d’une seule variété de tabac, le Virginia, et de 6 % de papier. Pour l’anecdote la marque Craven est chantée dans Les Bêtises par Sabine Paturel, Le Chien par Léo Ferré et Tendresse et Amitié par Robert Charlebois.

Le lundi c’est permis – Douche

Douche extérieure

 

Une douche, notamment à l’extérieur lors d’une ondée printanière, est source de bienfaits sur le corps. L’eau froide stimule le système immunitaire, détend les muscles et provoque une sensation de bien-être immédiat. Elle raffermit aussi la peau, améliore la circulation sanguine et décongestionne les organes internes. C’est prouvé! Mais surtout, surtout, elle offre, certes avec un peu de chance, le plaisir incomparable de pouvoir se rincer l’œil!

Patrick BETAILLE, novembre 2018

Billie Holiday – Strange Fruit

Strange Fruit
© Photo: Lawrence H. Beitler

 

Accusés d’avoir volé et assassiné un ouvrier blanc et violé sa petite amie, Thomas Shipp et d’Abram Smith sont arrêtés et mis en prison à Marion dans l’Indiana. Le 7 août 1930, un groupe de personnes, femmes et enfants compris, pénètre par effraction dans la prison, sort les deux hommes et les roue sauvagement de coups avant de les pendre à un arbre en présence de policiers ayant participé au lynchage. Sur les lieux Lawrence H. Beitler, un photographe local, immortalise le drame. Ces deux corps inertes et sanguinolents, ces gens affreux, leurs sourires ignobles et leurs yeux gonflés par la haine témoignent de la violence et de l’horreur de l’événement. Pendant les dix jours qui suivent Beitler imprime et distribue des milliers d’exemplaires de son cliché mais malgré l’intervention de la représentation locale de la NAACP (une association nationale pour la défense des gens de couleur) et du procureur général de l’État, personne ne fut poursuivi par la justice pour les meurtres de Shipp et Smith. Extrêmement choqué par la photo, Abel Meeropol, un enseignant juif d’origine russe vivant dans le Bronx, écrit alors le poème Strange Fruit qu’il publie sous le pseudonyme de Lewis Allan. Ce réquisitoire poignant contre le lynchage, est repris en 1939 par la chanteuse afro-américaine Billie Holiday. ″Les arbres du Sud portent des fruits étranges qui les tachent de sang des feuilles à la racine. Des corps noirs qui se balancent sous le vent du Sud, les yeux exorbités, la bouche tordue et soudain, l’odeur de chair brûlée…″ Strange Fruit!

Patrick BETAILLE, novembre 2018

Black Friday – Dispendieuse Bacchanale!

Black Friday 23 novembre

 

Le Black Friday n’est plus un jour comme les autres! Ce putain de vendredi noir commence désormais le lundi précédent. Les marketeurs survitaminés appliquent la même stratégie que celle qui consiste à nous fourguer Nowel en septembre. Presse, publipostage, radio, télévision, mailing, publiciels… Les sollicitations envahissent le paysage et gavent le quidam jusqu’à la nausée en lui faisant miroiter la bonne affaire qui le fera consommer plus et plus vite. À l’heure où se pose la question de la surconsommation, du partage des ressources, de l’épuisement de la planète et de la protection de l’environnement, il serait peut être temps de se limiter. Plutôt que de se jeter sur l’inutile à prix faussement cassé ou le superflu chèrement bradé, acheter de l’indispensable équitable ou du nécessaire durable et, dans la mesure du possible, le faire chez les petits producteurs/distributeurs locaux!

 

Robert Johnson & Tom Wilson – King of the Delta Blues Singers

 

[Extrait]: Mort dans des circonstances non élucidées, Robert Johnson a rejoint le Club 27 en 1938. La musique jouée par ce natif du Mississippi est bien loin des standards habituels. C’est un Blues sans fioritures aucune, juste quelques notes de guitare acoustique qui accompagnent une mélopée à la fois aiguë et éraillée. Surprenant à la première écoute, le style de l’interprète plonge l’auditeur dans l’ univers d’un Blues des origines qui clame les peines, les joies et les espoirs des esclaves noirs n’ayant pour horizon que les champs de coton du Delta. Pendant sa courte carrière Robert Johnson n’enregistre que 29 titres dont plusieurs furent repris plus tard et aujourd’hui encore par de nombreux interprètes. Parmi les plus célèbres, Cream, Led Zeppelin, The Blues Brothers, Eric Clapton, The Rolling Stones, etc… Keith Richards raconte d’ailleurs qu’en 1962, lorsqu’il entend pour la première fois un disque de Robert Johnson chez Brian Jones, il lui demande: ″ Qui est-ce? ″ Jones répond que c’est Robert Johnson, un obscur chanteur/guitariste de blues. Keith insiste : ″ Ok! mais qui est cet autre type qui joue de la guitare avec lui ? ″ Jones lui explique qu’il n’y a pas de second guitariste et que Johnson joue seul. Et Keith de s’exclamer: ″ Wow! Ce type doit avoir deux cerveaux ! ″ Le travail du bluesman ayant été gravé à l’époque en 78 tours, il va sans dire que sa discographie se limite à des compilations techniquement remises au goût du jour et régulièrement rééditées. La totalité des témoignages musicaux récupérés depuis son décès sont disponibles sur double CD et coffret parus en 1990 et 1996: Robert Johnson – The Complete Recordings. Avant cela Columbia publie deux albums contenant 16 titres chacun: King of the Delta Blues Singers en 1961 et King of the Delta Blues Singers, Vol. II. en 1970. Cette dernière édition est tout à fait remarquable notamment par son covert art expressif. Figure au bas de l’image la mention: Robert Johnson first records in a makeshift studio in a San Antonio hotel room – November, 1936 (Premiers enregistrements de Robert Johnson en studio improvisé dans une chambre d’hotel à San Antonio en novembre 1936. NDLR). Le trait, les couleurs, le décor et les personnages traduisent à merveille l’ambiance des conditions spartiates des séances et la solitude de l’artiste qui joue face au mur. En un seul tableau l’auteur de cette oeuvre arrive à exprimer toute la profondeur et la désespérance de la Musique du Diable. Sur les annotations, ce travail exceptionnel est attribué à Tom Wilson. Malgré des recherches assidues, il semble impossible d’en savoir plus sur cet artiste et le seul moyen d’apprécier la splendeur de cette oeuvre dans son intégralité reste la juxtaposition du recto avec l’autre partie du dessin figurant à l’intérieur de la pochette. Dont acte!

Patrick BETAILLE, novembre 2018


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


 

Musique de merde – Attention danger!

Shit Music

Attention! La musique de merde multiplie les risques de lésions diverses par deux! Ecouter Vianney, Christine and the Queens, Jain ou Fréro Delavega engendre des acouphènes sévères. Se laisser aller à fredonner Bo le Lavabo, La Danse des Canards ou Le Petit Bonhomme en Mousse nuit gravement à l’entendement. Battre la mesure sur du David Guetta ou du Bob Sinclar génère des arythmies cardiaques. L’addiction à The Voice est source de troubles profonds du sommeil. Baver devant les NRJ Music Awards ou le Concours Eurovision de la chanson est révélateur de dégénérescence mentale. Kiffer Booba et Kaaris rend irrémédiablement con, c’est prouvé. Il faut le savoir: le degré d’atteinte par l’un ou l’autre de ces symptômes peut être étalonné grâce au Mètre Gims. En cas d’atteinte sévère, même le grand sorcier Gaëtan Epouloum-Kouloumba N’gué ne pourra rien pour vous. Prudence donc, la vie est trop courte pour accepter d’écouter de la musique de merde. Allez, salut bande d’enkultés, et sutout, Rock’n’roll Bordel!

Patrick BETAILLE, novembre 2018

Le lundi c’est permis – Einstein et l’Infini

L'infini selon Einstein
© Photo: Mary Evans – SIPA

 


[Albert Einstein]: ″Deux choses sont infinies: l’Univers et la bêtise humaine. Mais, en ce qui concerne l’Univers, je n’en ai pas encore acquis la certitude absolue ″.


 

Mike Doud – Physical Graffiti

Mike Doud Physical Graffiti

[Extrait]: Avant de réaliser en 1979 la pochette de l’album Breakfast in America de Supertramp, Mike Doud avait acquis ses lettres de noblesse grâce à sa contribution au cover art de Physical Graffiti, sixième opus de Led Zeppelin. En 1975, l’artiste conçoit une jaquette ludique représentant deux immeubles du New York’s East Village. Selon l’orientation donnée aux enveloppes intérieures du double album, des figurines apparaissent aux fenêtres découpées. Ainsi il est possible de voir passer Elizabeth Taylor, Cléopâtre, Marcel Duchamp, Marlene Dietrich, Laurel & Hardy, Jerry Lee Lewis, King Kong, la Vierge Marie, ou encore le couronnement d’Elizabeth II ou le Magicien d’Oz. Peter Grant et les membres du Zep occupent aussi la place, sauf si l’on privilégie l’insert contenant les titres de l’album en lettres rouges… La version vinyle reste l’une des plus originales dans la discographie du dirigeable et en tous cas à l’époque la plus chère à mettre en œuvre. L’immeuble quant à lui est toujours debout, il se situe à New York au 97 St Mark’s Place. On y va? Au sous sol il y a désormais un magasin de fringues qui a pour enseigne… Physical Graffiti!

Patrick BETAILLE, novembre 2018


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Mike Doud – Breakfast in America

Mike Doud Breakfast in America

[Extrait]: Au départ prévu pour s’intituler Working Title, puis Hello Stranger, le sixième album de Supertramp sort finalement en 1979 sous le nom de Breakfast in America. Malgré des différends personnels et musicaux de plus en plus lourds à gérer, Rick Davies et Roger Hodgson ont quand même trouvé un terrain d’entente quant à la trame du disque: Une critique de l’Amérique et du rêve américain (n’oublions pas qu’ils sont anglais!). C’est dans ce contexte que le designer Mike Doud conçoit avec humour et dérision le magnifique visuel de l’album. La pochette montre une vue de New York depuis le hublot d’un avion. La Statue de la Liberté est remplacée par Kate Murtagh habillée en serveuse rigolarde tenant un menu et un jus d’orange posé sur un plateau. A l’arrière plan, on distingue un Manhattan tout en pots de condiments, piles de tasses, soucoupes, nourriture, carafes, couverts et objets divers. Symboliquement la Grosse Pomme devient alors une vision cartoonesque d’une Amérique consumériste et superficielle. Grâce à des tubes tels que Take the long way home, Logical song, Goodbye stranger et bien sûr Breakfast in America…

Patrick BETAILLE, novembre 2018


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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Jimmy Page – Fender Telecaster: Dragon

Jimmy Page DragonCaster
Capture Écran Youtube

 

Généralement quand on pense au guitariste de Led Zeppelin la première image qui vient à l’esprit c’est Gibson. Effectivement, à quelques exceptions près, Jimmy Page a très souvent joué sur Les Paul et aussi sur la fameuse Gibson EDS-1275, celle de Stairway to Heaven. Ceci admis, c’est oublier un peu vite qu’au tout début du dirigeable le guitariste utilisait une Fender Telecaster de 1959 offerte par Jeff Beck en remerciement d’une intronisation au sein des Yardbirds. En 1967, inspiré par une idée de Syd Barret, le body de la guitare est doté de 8 petits miroirs ronds afin de pouvoir générer sur scène des effets de lumières. Un peu plus tard, les miroirs seront enlevés et la peinture d’origine poncée. Passionné de créatures de légende Jimmy réalise lui même le motif représentant un dragon. Par la même occasion le pickguard noir est remplacé par un modèle transparent sous lequel est glissé un film réfléchissant. A l’occasion du cinquantenaire de la fondation Led Zeppelin, Fender et Jimmy Page sont en partenariat pour rééditer début 2019 et en 50 exemplaires ces deux versions de la Telecaster sur laquelle Jimmy Page a enregistré la majorité des titres du premier album paru en 1969 et que l’on voit lors des concerts du groupe en 1968: Dazed and confused!