Chuck – Le Nouvel Album de Berry

Le dernier disque sorti du vivant de Chuck Berry date de 1979! A sa sortie, ″ Rock it ″ ne suscite que peu d’intérêt et, dépité, le chanteur guitariste décide alors de laisser tomber les compos pour se consacrer à la scène. Il se remet toutefois à l’écriture dans les années 2000 et enregistre chaque fois que l’envie et l’enchainement des tournées lui en laisse le loisir. La sortie de ″Chuck″, le nouvel opus, était prévue le jour du 90ème anniversaire de l’artiste. La grande faucheuse en a décidé autrement et c’est 3 mois après la mort de ″Crazy Legs″ que l’on peut découvrir ces dix nouveaux titres qui se révèlent être source d’indéniable plaisir. La voix est claire, assurée et énergique et le jeu de guitare, reconnaissable entre tous, toujours aussi incisif et assuré. Les riffs sont immédiatement reconnaissables; ils sont ceux avec lesquels le Maître a défini les règles du Rock’n’Roll dans les années 50 et 60. Malgré un ″Jamaica moon″ aux accents du même tonneau et ″Enchiladas″, une reprise de Tony Joe White, Chuck fait la part belle au Blues et Berry glorifie ce Rock qui résonne encore des échos de ″Roll Over Beethoven″ ou ″Maybellene″. Qui va s’en plaindre? Certainement pas la Lady B. Goode ou les Big Boys!

Patrick BETAILLE, , juin 2017

Seratones – Get gone!

Seratones, premier Cd: Get GoneBeaucoup s’y sont essayé, peu y sont parvenu. Mais les Detroit Cobras ou les Bell Rays font partie de ces groupes qui ont réussi a mettre en œuvre un subtil mélange de Garage Rock, de Soul et de Rhythm & Blues. The Seratones eux, semblent passer à la vitesse supérieure avec un répertoire qui tape sévère tout en respectant de la plus belle manière l’essence même des genres précités. Sur ce premier album, Get Gone, ces débutants de la première heure jouent avec la maitrise et l’assurance de vieux briscards qui ont parfaitement intégré les codes musicaux qu’ils affectionnent. A.J Haynes, guitariste et chanteuse, s’exprime avec l’émotion d’une diva de la Soul et l’énergie d’une Rock’nRoll queen. Connor Davis, le guitariste, a fait sienne la technique du riff de rock basique et ravageur  aux teintes bluesy. Quant à la section rythmique, la basse d’ Adam Davis et le batteur Jesse Gabriel sont à l’unisson pour insuffler à l’ensemble un swing musclé terriblement subtil et efficace. Enregistré live en studio l’ensemble baigne dans une ambiance de club du samedi soir qui fait la part belle à la fusion de Rock et de Soul. Grâce à une production de qualité rien n’est sacrifié quant aux détails de la musique et au talent des exécutants. Les 11 titres de Get Gone, sont incontestablement une bien belle surprise, qui plus est prometteuse. Très prometteuse. La preuve: Sun!

Patrick BETAILLE, juin 2017

Lee Brilleaux – Rock’n’Roll Gentleman

Lee Brilleaux Rock'n'roll GentlemanLee Brilleaux: Rock’ n’ Roll Gentleman. His musical journey with Dr. FEELGOOD 1974-1994. Tout est dans le titre! Ce bookset couvre 20 années de prescriptions émises par Lee Brilleaux, mort prématurément en 1994. Il comprend donc les premiers enregistrements de l’ époque Wilko Johnson, la production du line up Gypie Mayo et bien sûr toute la période 80-90 qui vit passer Gordon Russel (guitare),  Kevin Morris (Batterie), Phil Mitchell (Basse) et le talentueux Steve Walwyn (Guitare). Une anthologie de 93 titres sur 4 Cd, incluant deux inédits: Let’s Have A Party″ issu des sessions de Private Practice et ″Poison Yvy″ exhumé des séances de Primo en 91. L’ensemble est livré avec un livret de 48 pages qui intègre des photos et des notes Zoe Howe, auteure de la biographie qui porte le même nom que ce magnifique coffret. ″Lee Brilleaux: Rock’ n’ Roll Gentleman″ sort le 7 Juillet mais les fans de Dr Feelgood peuvent déjà prendre rendez vous pour une pré-consultation ici.

Patrick BETAILLE, mai 2017

 

St Paul & the Broken Bones – Sea of Noise

The Broken Bones Sea Of Noise

 

Quand j’ai entendu ce groupe sans voir leurs bobines je me suis dit, Wow, voilà de la soul comme je l’aime. Ce black chante magnifiquement. Paf, mauvaise pioche! C’est une bande de faces de craie qui nous gratifie de cette Soul digne des meilleures. Saint Sam Cooke, Otis Redding et consorts se sont assurément penchés sur le berceau de Paul Janemay qui fait montre d’une puissance vocale étonnante, généreuse mais toujours maitrisée et portée par une formation de six musiciens prêts à péter la baraque. Apparemment les Stones eux mêmes ne s’y sont pas trompés puisque nos loustics ont eu le plaisir de faire plusieurs premières parties pour la mythique formation″. Bon que dire de plus? Ben rien, Ed Fairlane a tout dit, ces propos lui appartiennent et je m’y rallie!  Reste qu’il ne faut pas hésiter à jeter une oreille sur la production de St Paul & the Broken Bones. Sea of Noise et Half the City, leurs premiers albums, sont des nourritures de l’âme hautement bienfaitrices et recommandables. Démonstration >Sugar Dye!

Nick de Ville – Albums

Albums, création graphique & musique

Albums, l’anthologie de Nick de Ville n’est pas le seul ouvrage consacré aux jaquettes de 33 tours mais au même titre que ″Vinyles″ de Mike Evans il est, pour peu que l’on s’intéresse à l’art du disque, indispensable. En parcourant les 254 pages de ce pavé on retrouve bien sûr les incontournables Warhol, Hipgnosis, Cal Schenkel ou Roger Dean, mais aussi d’autres noms moins connus généralement mentionnés en tout petit au verso de l’emballage. Des premières pochettes de Jazz aux outrages Punk en passant par l’ Heroïc Fantasy du Hard Rock et le  Psychédélisme criard, tout est illustré, bien sûr, mais aussi expliqué et commenté. Couleurs, collages, photos, lettrages retracent le parcours d’un genre sous influence dont les errances visuelles ont été honteusement mises à mal  par l’arrivée du minimaliste compact disc. Plus d’infos ici > Neosphères!

Patrick BETAILLE, mai 2017

Emerson Lake & Palmer – Brain Salad Surgery

HR Giger: Brain Salad Surgery

(Extrait]: Printemps 1973, Emerson Lake & Palmer sont en tournée européenne. Lors d’un passage en Suisse le promoteur local propose au groupe une visite chez le peintre Hans Rudolf Giger qui vit à Zurich. Tout d’abord surpris par la décoration gothique à outrance des lieux, les musiciens sont subjugués par le travail de l’artiste et décident de faire appel à son talent pour la jaquette du quatrième album alors en préparation: Brain Salad Surgery (qui signifie en slang  » Fellatio « ). A l’origine le portrait de l’épouse de Giger contient en filigrane une représentation phallique qui, pour des raisons évidentes, sera supprimée… La pochette s’ouvre en son milieu comme la porte d’un caisson de cryogénie. L’ambiance froide, métallique et futuriste du visuel est à l’image de l’ensemble de l’œuvre du génial visionnaire qui, quelques années plus tard, conçoit la créature bio-mécanique pour l’Alien de Ridley Scott. Brain Salad Surgery reste probablement le meilleur album du combo et figure à la 56ème place dans le top 100 des plus belles pochettes de disques de Rolling Stone Magazine... H.R. Giger a réalisé d’autres visuels de disques, notamment pour Magma (Attahk en 1978) et Debbie Harry (Koo Koo en 1981), mais aucun d’entre eux ne peut rivaliser avec celui qu’il imagina pour ELP et pour lequel il n’a d’ailleurs jamais été payé.

Patrick BETAILLE, Mai 2017


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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Steppenwolf – La Dickmobile de For Ladies Only

Steve Paige Dickmobile: For ladies only

[Extrait]: Une carrosserie maison en fibre de verre sur un châssis de Hillman Minx de 1954, c’est la saisissante ″ Dickmobile ″. Steve Paige, son créateur, lui donne vie un jour de 1969 en Californie et entreprend de solliciter plusieurs galeries d’art de Los Angeles. Toutes le prennent pour un doux dingue et se refusent à exposer la voiture phallique. Qu’à cela ne tienne! Steve décide de mettre la ″Dickmobile″ en conformité avec la législation et de rouler au volant de son œuvre. Il parcourt plus de 500 miles dans la région et bien sûr ne passe pas inaperçu. La police ne manque pas de le contrôler, notamment suite aux attroupements provoqués par le véhicule en stationnement. De nombreuses séances photos ont lieu à cette époque et l’une d’elles, prise sur le Hollywood Walk of Fame, se retrouve en grand format sur l’intérieur de la jaquette d’un disque de Steppenwolf. Sorti en 1971, For Ladies only est la sixième production studio du groupe. Bien que conceptuel, politique, en faveur des femmes et du Féminisme, l’album est mal perçu et surtout mal compris. John Kay et sa bande s’attirent les foudres des critiques hermétiques à l’humour et obnubilés par l’imagerie turgescente. Ce LP, censuré en Espagne, reste malgré tout musicalement riche et abouti, à l’instar du titre éponyme qui brille par l’élégance du piano de Goldy McJohn: For Ladies Only.

Patrick BETAILLE, avril 2017


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Boogie Beasts – Come and Get Me

Boogie Beasts: Come and Get MeBoogie Beasts, formé par Jan Jaspers et Mathias Dalle (guitare et chant) nous prouve qu’il n’est pas obligatoire d’ être né au fin fond d’un désert poussiéreux ou sur les bords du Mississippi pour exprimer un amour démesuré pour le Blues du Delta version rock à l’américaine. Avec ″Come and Get Me″, le quatuor Belge accouche d’un album homogène, conséquent et bourré d’énergie. Les rythmes sont hypnotiques, guitares et harmonica se provoquent pour mieux se rejoindre et les voix s’entremêlent pour alimenter de pesantes mélopées que ne renieraient pas R.L. Burnside ou John Spencer. Entre Boogie Rock et Punk Blues, ce premier essai est un aveu à peine déguisé d’ enthousiasme novateur de la part de musiciens qui ouvrent les portes du temps du temps avec une honnêteté absolue. A écouter absolument! Dig

Patrick BETAILLE, avril 2017

Laura Cox Band – Hard Blues Shot

Premier Cd Laura Cox Band

Depuis ses débuts sur Youtube en 2008, Laura Cox s’est peu à peu imposée comme l’une des valeurs sûre de la guitareconjuguée au féminin. Après s’être distinguée sur le Net avec des covers de Pat Benatar, Led Zeppelin, ACDC ou ZZ Top, la jeune parisienne décide de fonder son propre groupe avec lequel elle sillonne les routes de l’hexagone. Ainsi, depuis 2013 Laura Cox Band fréquente les festivals (Rock en Seine) arpente les scènes de l’hexagone (Trust), à la grande satisfaction d’un public avide de bons gros riffs et de musique énergiquement simple. Étape logique et indispensable, vient le temps de l’album. ″Hard Blues Shot″ vient de sortir et autant l’avouer tout de suite, ce premier essai semble prometteur. 10 compositions majoritairement teintées de heavy rock qui, même si elles ne réinventent pas le genre, s’avèrent très efficaces. Le mérite de cet album c’est avant tout d’être totalement à contre courant de la scène musicale française, surtout quand il explore le genre country (″Barefoot in the countryside″) ou folk (″13″). Actuellement en tournée le groupe se produira notamment le 8 Juillet au Motors’n’ Blues de Dax (40). Qu’on se le dise,  et en attendant: Hard Blues Shot!

Patrick BETAILLE, mars 2017

The Rolling Stones – Beggars Banquet

Rolling Stones Beggars Banquet censure

[Extrait]: Londres 17 mars 1968. Les Rolling Stones entrent en studio pour enregistrer leur septième album. Si les précédentes tentatives contiennent de nombreuses reprises et pas mal d’ errances psychédéliques,  Beggars Banquet lui, marque un retour aux sources quant à l’inspiration musicale du groupe. Jamais le blues n’a été aussi présent sur cet opus qui reste aussi le dernier à bénéficier de la présence de Brian Jones parti peu de temps après valider son inscription au Club 27… La publication de l’album se voit retardée pour cause de désaccord relatif au packaging. En effet, les Stones entrent en conflit avec leur label Decca à cause de la photo qu’ils ont sélectionnée pour la pochette. Le cliché réalisé à Los Angeles représente des chiottes on ne peut plus crades, aussi crades que les murs du local couverts de graffitis. Malgré le forcing de Jagger & Richard, Decca résiste et finit par imposer sa volonté. La jaquette de Beggars Banquet prendra finalement l’aspect d’un banal carton d’invitation blanc avec la mention ″ R.S.V.P. ″ (″ Réponse S’il Vous Plait ″) en plus du nom du groupe et du titre de l’album… Qu’importe! Avec Let it Bleed, Sticky Fingers et Exile on main St, Beggars Banquet reste à jamais parmi les plus inspirés et les plus aboutis de la discographie des Pierres qui Roulent. Et de toutes façons, lors de la réédition du LP en CD, la photo des cagoinces refera son apparition.

Patrick BETAILLE, mars 2017


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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