Gotlib – Édito: les Malabars

 

Il existe des individus auxquels je souhaite le pire, quand je me trouve en leur présence. Mais attention, sans la moindre haine, c’est pas du tout mon genre. Ces grands mecs, physiquement très attrayants et toujours bronzés. Ils sont beaux, forts, velus, se font toutes les nanas qu’ils veulent*. Ils ont en commun deux particularités : Leurs lunettes de soleil, qu’ils portent relevées sur les cheveux, et leur gourmette d’argent au poignet.
Quand ils rappliquent à la plage, ils ont juste une serviette autour du cou. (Je ne sais pas comment ils se démerdent. Moi, quand je vais à la plage, j’ai besoin d’une remorque pour trimballer tout ce qu’il me faut.) Pour vous, je ne sais pas, mais en ce qui me concerne, je les hais assez cordialement. Ça n’est pas du tout par jalousie. Je ne suis pas comme ça. C’est plutôt que je souhaiterais les voir crever parce que je ne suis pas aussi beaux qu’eux. Et lorsqu’il leur arrive la moindre merde, c’est plus fort que moi je ne puis m’empêcher d’applaudir intérieurement. C’est pas que je leur souhaite du mal car je ne connais pas la méchanceté. C’est plutôt que je biche quand ils sont victimes d’une catastrophe. Mais vraiment sans aucune arrière-pensée hostile de ma part.
Un jour, je roulais sur une corniche en lacets, dangereuse, avec une falaise à pic donnant sur la mer juste à ma droite. D’un seul coup, j’entends derrière moi la musique du Pont de la Rivière Kwaï. Et VROOOM !!.. Un bolide écarlate et scintillant, style Gordini grand sport, me double à 150 en plein virage. J’ai tout de suite reconnu au volant le type à la gourmette et aux lunettes solaires sur les cheveux. Tu vois maman, dis-je à mon épouse (dans l’intimité je donne à ma femme des petits noms gentils) c’est là qu’il faudrait un flic ! Mais ça, ÇA N’ARRIVE JAMAIS ! Or, un kilomètre plus loin, on tombe pile sur la décapotable rouge, arrêtée sur le bas côté. Un motard, manipulant des pièces d’identité était visiblement en train de dresser contravention. ZE miracle! Sans un brin d’animosité, j’ai déclaré que c’était bien fait pour sa gueule. Puis, je fondis en larmes de bonheur. Un peu plus loin, j’arrêtai la voiture à l’abri douillet d’une pinède touffue, attirai ma femme brutalement contre moi et écrasai mes lèvres contre les siennes tout en pétrissant ses seins, cependant qu’elle me griffait le dos en gémissant. Il nous fallait épancher un trop-plein d’extase ″.

*Et en plus je suis sûr qu’ils ont une grosse bite.

 

Le lundi c’est permis – Canicule

© Wikimedia Commons

 

La Canicule! Elle est là, redoutable. Elle fait suer, elle n’épargne personne, tout le monde la subit. Mieux vaut l’admettre, demain sera un autre four. Écouter de la Cold Wave ne sert à rien! Par contre, certains gestes restent essentiels pour pouvoir supporter au mieux l’emballement des températures:


Rester au frais  –  Fermer les volets de sa maison  –  Éviter toute activité physique  –  Boire de l’eau sans attendre d’avoir soif – Et surtout: par tous les moyens, mouiller et rafraichir son corps régulièrement.


Autre alternative. S’installer dans un endroit où pomper l’air en brassant du vent est pratique courante: Un meeting politique!

 

Pedro Almodóvar – Madres Paralelas

 

Tourné en grande partie à Madrid entre février et juin 2021, Madres Paralelas met en scène deux femmes ayant accouché le même jour et dont les vies prennent des trajectoires différentes. ″Avec ce film, je reviens à l’universel féminin, à la maternité, à la famille. Je parle de l’importance des ancêtres et des descendants, de la présence inévitable de la mémoire. Les femmes qui forment une partie de cette histoire sont très différentes. En tant que conteur, ce sont les mères imparfaites qui m’inspirent le plus en ce moment ″ déclarait le réalisateur Pedro Almodovar. Porté par Penélope Cruz et Milena Smit, le film sera présenté le 1er septembre à la Mostra de Venise et devrait arriver en salle en fin d’année ou début 2022. Pas encore sorti donc, mais déjà sujet à polémique. L’affiche du film partagée sur Instagram par Javier Jaén, son concepteur, a été censurée sous prétexte que l’image – représentant une goutte de lait suintant d’un téton en forme d’œil – enfreignait les règles concernant la nudité! À la suite de plaintes sur les réseaux sociaux et d’accusations de censure à l’encontre d’Instagram,  Facebook, a présenté ses excuses à Almodóvar et à Jaén en précisant faire une exception à la règle pour autoriser la nudité dans certaines circonstances, notamment lorsqu’il y a un contexte artistique clair. Instagram a ensuite rétabli les posts sur lesquels figuraient l’affiche à propos de laquelle Jaén a déclaré: ″ C’est probablement la première image que j’ai vue quand je suis né. Instagram me dit que mon travail est dangereux, que c’est de la pornographie. Allez comprendre! Ils disent que leur technologie ne leur permet pas de prendre en compte le contexte. Je m’en fiche, qu’ils en change!

Robert Specker – Sydmar Lodge Care Home

© Robert Speker

 

C’est un fait, depuis longtemps les maisons de retraite britanniques ont acquis une réputation d’endroits particulièrement sinistres et la pandémie n’a pas arrangé les choses. À cause de la Covid-19, comme beaucoup d’autres, le Sydmar Lodge Care Home à Edgware en Angleterre a été fermé aux visiteurs en mars 2020. Alors que les retraités tournaient en rond, isolées par l’impossibilité d’être visitées par leurs proches, le responsable des activités de l’hospice a alors eu l’idée d’impliquer les pensionnaires dans des parodies de pochettes de disques emblématiques. ″Il pourrait s’écouler des mois avant que la situation ne change pour eux″, expliquait Robert Speker, le photographe à l’origine du challenge. ″Par conséquent la nécessité de les garder heureux, divertis et pleins d’esprit n’a jamais été aussi cruciale.″ Parmi les albums empruntés figurent entre autres ceux d’Adele, de Queen, de Michael Jackson, de Springsteen ou des Clash. Les résidents se sont volontiers prêtés au jeu et ont été ravis du résultat. Les clichés des résidents de Sydmar Lodge ont été publiés sur les réseaux sociaux, côte à côte avec les artworks originaux. Grâce au succès rencontré, Robert Specker en a profité pour lancer une campagne de fonds destinée à des causes caritatives liées aux seniors. La musique adoucit les mœurs! Aujourd’hui plus que jamais et pour la preuve par l’image c’est ici: Care Home Album Project.

© Robert Speker

Patrick BETAILLE, août 2021


d’autres anecdotes à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Muddy Waters – Bottleneck

© Photo Bill Steber
 
 

[Muddy waters]: ″ I stone got crazy when I saw somebody run down them strings with a bottleneck. My eyes lit up like a Christmas tree and I said that I had to learn –  Je suis devenu dingue quand j’ai vu quelqu’un faire glisser un bottleneck sur les cordes. Mes yeux se sont illuminés comme un sapin de Noël. Je me suis dit qu’il fallait que j’apprenne ″


 

Komsomol – Le Parti d’en rire?

Komsomol est le nom courant de l’organisation de la jeunesse du Parti communiste de l’Union soviétique, fondée en 1918 et disparue en 1991, après la dislocation de l’URSS. Sa structure était calquée sur celle du Parti dont elle constituait la principale source de recrutement. Parmi les adhérents célèbres à cette Union des jeunesses léninistes communistes, figurait Garry Kasparov, présent au comité central en 1987. Sur le cliché pris lors du premier congrès du Komsomol en octobre 1918, gaieté et joie de vivre illuminent les visages de ces jeunes visiblement très portés sur une déconnade source d’espérance et d’optimisme.

Patrick BETAILLE, juillet 2021

Theresa Needham – The Blues Godmother

 

Née McLaurin dans le Mississippi, Theresa a épousé Robert Needham et a déménagé à Chicago dans les années 40. En décembre 1949, elle a ouvert un club dans le sous-sol d’un immeuble au 4801 South Indiana Avenue, dans le sud de Chicago. Baptisé Theresa’s Lounge (parfois aussi appelé T’s Basement) l’endroit modeste avait pour vocation de proposer des concerts de blues au public, majoritairement noir, du quartier. Le talent des bluesmen et la qualité des jams sessions auxquelles participaient volontiers les musiciens, attiraient de plus en plus de monde. Rapidement, le bouche à oreille permit au Thersa’s Lounge d’acquérir une renommée mondiale. Outre Junior Wells et Buddy Guy qui faisaient pour ainsi dire partie des murs, d’autres pointures n’hésitaient pas à y faire une apparition au cours de leurs tournées. Ce fut le cas par exemple de Muddy Waters, Jimmy Rogers, Otis Spann, Little Walter, Otis Rush, ou encore Howlin’ Wolf. Dans les années 70, Earl Hooker et Junior Wells y ont même enregistré des sessions qui seront publiées dans les années 2000. En 1983, lorsque le propriétaire a refusé de renouveler le bail de Theresa Needham, le club a déménagé puis, a définitivement fermé ses portes trois ans après. La marraine du Chicago Blues est décédée en 1992, à l’âge de 80 ans. Elle a été intronisée à titre posthume au Blues Hall of Fame en 2001. Source et infos (en anglais): Theresa’s Lounge.

Photos: Marc Pokempner. De gauche à droite: Jam entre Sammy Lawhorn et John Primer. Theresa Needham, la taulière en fin de soirée. Junior Wells derrière le bar (il est armé!).

Patrick BETAILLE, juillet 2021

 

Robert Doisneau – École

Photo Robert Doisneau
 

 

When I was 5 years old, my mother always told me that happiness was the key to life. I went to school they asked me what I wanted to be when I grew up. I wrote down « Happy ». They told me I didn’t understand the assignment and I told them they didn’t understand life ″.[John Lennon].

À l’âge de cinq ans ma mère m’a toujours dit que le bonheur était la clé de la vie. À l’école on m’a demandé ce que, plus grand, je voulais être. J’ai écrit: Heureux! Ils m’ont dit que je n’avais pas compris la question. J’ai répondu qu’ils n’avaient rien compris à la vie .

Patrick BETAILLE, juillet 2021

Censure Rock – Back in USSR

 

[Extrait]: Cette liste – qui visait à interdire la diffusion de certains artistes dans les clubs, les discothèques et la radio – a été distribuée aux responsables politique de l’Union Soviétique en janvier 1985, deux mois avant que Mikhaïl Gorbatchev ne soit à la tête du pays. Elle a été établie en 1985 par le Komsomol, l’Union des jeunesses léninistes communistes: ″Liste non-exhaustive des groupes et artistes musicaux étrangers dont les répertoires contiennent des compositions idéologiquement nuisibles″. 38 groupes ou interprètes y sont référencés. En pleine guerre froide et compte tenu du contexte politique et culturel de l’époque, l’on peut à la rigueur faire l’effort d’éventuellement admettre de façon hypothétique la mention d’obscurantisme religieux attribuée à Black Sabbath ou Iron Maiden. De là à croire que Ten CC ou Julio Iglesias (si, si!) sont des suppôts du néofascisme ou que les Village People prônent la violence et Canned Heat l’homosexualité, y’a tout de même un monde! Entre ça et les ricains qui prévenaient des dangers de propos explicites contenus dans des disques totalement instrumentaux (Frank Zappa), je me demande où se situe le pire. En tous cas, les censeurs ne doutent de rien et sont capables de tout, même de nous faire rire. Ou pas! Pour le document original c’est Ici

Patrick BETAILLE, juillet 2021


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Le lundi c’est permis – Stockings

 


[Emilie Autumn – Chanteuse américaine]: ″ Your stockings prove your virtues. Be certain they are clean and free of tears – Vos bas sont le reflets de vos qualités. Assurez vous qu’ils soient bien en place et sans accrocs « .


Patrick BETAILLE, juillet 2021