Le lundi c’est permis – Douche

Douche extérieure

 

Une douche, notamment à l’extérieur lors d’une ondée printanière, est source de bienfaits sur le corps. L’eau froide stimule le système immunitaire, détend les muscles et provoque une sensation de bien-être immédiat. Elle raffermit aussi la peau, améliore la circulation sanguine et décongestionne les organes internes. C’est prouvé! Mais surtout, surtout, elle offre, certes avec un peu de chance, le plaisir incomparable de pouvoir se rincer l’œil!

Patrick BETAILLE, novembre 2018

Billie Holiday – Strange Fruit

Strange Fruit
© Photo: Lawrence H. Beitler

 

Accusés d’avoir volé et assassiné un ouvrier blanc et violé sa petite amie, Thomas Shipp et d’Abram Smith sont arrêtés et mis en prison à Marion dans l’Indiana. Le 7 août 1930, un groupe de personnes, femmes et enfants compris, pénètre par effraction dans la prison, sort les deux hommes et les roue sauvagement de coups avant de les pendre à un arbre en présence de policiers ayant participé au lynchage. Sur les lieux Lawrence H. Beitler, un photographe local, immortalise le drame. Ces deux corps inertes et sanguinolents, ces gens affreux, leurs sourires ignobles et leurs yeux gonflés par la haine témoignent de la violence et de l’horreur de l’événement. Pendant les dix jours qui suivent Beitler imprime et distribue des milliers d’exemplaires de son cliché mais malgré l’intervention de la représentation locale de la NAACP (une association nationale pour la défense des gens de couleur) et du procureur général de l’État, personne ne fut poursuivi par la justice pour les meurtres de Shipp et Smith. Extrêmement choqué par la photo, Abel Meeropol, un enseignant juif d’origine russe vivant dans le Bronx, écrit alors le poème Strange Fruit qu’il publie sous le pseudonyme de Lewis Allan. Ce réquisitoire poignant contre le lynchage, est repris en 1939 par la chanteuse afro-américaine Billie Holiday. ″Les arbres du Sud portent des fruits étranges qui les tachent de sang des feuilles à la racine. Des corps noirs qui se balancent sous le vent du Sud, les yeux exorbités, la bouche tordue et soudain, l’odeur de chair brûlée…Strange Fruit!

Patrick BETAILLE, novembre 2018

Black Friday – Dispendieuse Bacchanale!

Black Friday 23 novembre

 

Le Black Friday n’est plus un jour comme les autres! Ce putain de vendredi noir commence désormais le lundi précédent. Les marketeurs survitaminés appliquent la même stratégie que celle qui consiste à nous fourguer Nowel en septembre. Presse, publipostage, radio, télévision, mailing, publiciels… Les sollicitations envahissent le paysage et gavent le quidam jusqu’à la nausée en lui faisant miroiter la bonne affaire qui le fera consommer plus et plus vite. À l’heure où se pose la question de la surconsommation, du partage des ressources, de l’épuisement de la planète et de la protection de l’environnement, il serait peut être temps de se limiter. Plutôt que de se jeter sur l’inutile à prix faussement cassé ou le superflu chèrement bradé, acheter de l’indispensable équitable ou du nécessaire durable et, dans la mesure du possible, le faire chez les petits producteurs/distributeurs locaux!

 

Robert Johnson & Tom Wilson – King of the Delta Blues Singers

 

[Extrait]: Mort dans des circonstances non élucidées, Robert Johnson a rejoint le Club 27 en 1938. La musique jouée par ce natif du Mississippi est bien loin des standards habituels. C’est un Blues sans fioritures aucune, juste quelques notes de guitare acoustique qui accompagnent une mélopée à la fois aiguë et éraillée. Surprenant à la première écoute, le style de l’interprète plonge l’auditeur dans l’ univers d’un Blues des origines qui clame les peines, les joies et les espoirs des esclaves noirs n’ayant pour horizon que les champs de coton du Delta. Pendant sa courte carrière Robert Johnson n’enregistre que 29 titres dont plusieurs furent repris plus tard et aujourd’hui encore par de nombreux interprètes. Parmi les plus célèbres, Cream, Led Zeppelin, The Blues Brothers, Eric Clapton, The Rolling Stones, etc… Keith Richards raconte d’ailleurs qu’en 1962, lorsqu’il entend pour la première fois un disque de Robert Johnson chez Brian Jones, il lui demande: ″ Qui est-ce? ″ Jones répond que c’est Robert Johnson, un obscur chanteur/guitariste de blues. Keith insiste : ″ Ok! mais qui est cet autre type qui joue de la guitare avec lui ? ″ Jones lui explique qu’il n’y a pas de second guitariste et que Johnson joue seul. Et Keith de s’exclamer: ″ Wow! Ce type doit avoir deux cerveaux ! ″ Le travail du bluesman ayant été gravé à l’époque en 78 tours, il va sans dire que sa discographie se limite à des compilations techniquement remises au goût du jour et régulièrement rééditées. La totalité des témoignages musicaux récupérés depuis son décès sont disponibles sur double CD et coffret parus en 1990 et 1996: Robert Johnson – The Complete Recordings. Avant cela Columbia publie deux albums contenant 16 titres chacun: King of the Delta Blues Singers en 1961 et King of the Delta Blues Singers, Vol. IIen 1970. Cette dernière édition est tout à fait remarquable notamment par son covert art expressif. Figure au bas de l’image la mention: Robert Johnson first records in a makeshift studio in a San Antonio hotel room – November, 1936 (Premiers enregistrements de Robert Johnson en studio improvisé dans une chambre d’hotel à San Antonio en novembre 1936. NDLR). Le trait, les couleurs, le décor et les personnages traduisent à merveille l’ambiance des conditions spartiates des séances et la solitude de l’artiste qui joue face au mur. En un seul tableau l’auteur de cette oeuvre arrive à exprimer toute la profondeur et la désespérance de la Musique du Diable. Sur les annotations, ce travail exceptionnel est attribué à Tom Wilson. Malgré des recherches assidues, il semble impossible d’en savoir plus sur cet artiste et le seul moyen d’apprécier la splendeur de cette oeuvre dans son intégralité reste la juxtaposition du recto avec l’autre partie du dessin figurant à l’intérieur de la pochette. Dont acte!

Patrick BETAILLE, novembre 2018


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


 

Musique de merde – Attention danger!

Shit Music

Attention! La musique de merde multiplie les risques de lésions diverses par deux! Ecouter Vianney, Christine and the Queens, Jain ou Fréro Delavega engendre des acouphènes sévères. Se laisser aller à fredonner Bo le Lavabo, La Danse des Canards ou Le Petit Bonhomme en Mousse nuit gravement à l’entendement. Battre la mesure sur du David Guetta ou du Bob Sinclar génère des arythmies cardiaques. L’addiction à The Voice est source de troubles profonds du sommeil. Baver devant les NRJ Music Awards ou le Concours Eurovision de la chanson est révélateur de dégénérescence mentale. Kiffer Booba et Kaaris rend irrémédiablement con, c’est prouvé. Il faut le savoir: le degré d’atteinte par l’un ou l’autre de ces symptômes peut être étalonné grâce au Mètre Gims. En cas d’atteinte sévère, même le grand sorcier Gaëtan Epouloum-Kouloumba N’gué ne pourra rien pour vous. Prudence donc, la vie est trop courte pour accepter d’écouter de la musique de merde. Allez, salut bande d’enkultés, et sutout, Rock’n’roll Bordel!

Patrick BETAILLE, novembre 2018

Le lundi c’est permis – Einstein et l’Infini

L'infini selon Einstein
© Photo: Mary Evans – SIPA

 


[Albert Einstein]: ″Deux choses sont infinies: l’Univers et la bêtise humaine. Mais, en ce qui concerne l’Univers, je n’en ai pas encore acquis la certitude absolue ″.


 

Jimmy Page – Fender Telecaster: Dragon

Jimmy Page DragonCaster
Capture Écran Youtube

 

Généralement quand on pense au guitariste de Led Zeppelin la première image qui vient à l’esprit c’est Gibson. Effectivement, à quelques exceptions près, Jimmy Page a très souvent joué sur Les Paul et aussi sur la fameuse Gibson EDS-1275, celle de Stairway to Heaven. Ceci admis, c’est oublier un peu vite qu’au tout début du dirigeable le guitariste utilisait une Fender Telecaster de 1959 offerte par Jeff Beck en remerciement d’une intronisation au sein des Yardbirds. En 1967, inspiré par une idée de Syd Barret, le body de la guitare est doté de 8 petits miroirs ronds afin de pouvoir générer sur scène des effets de lumières. Un peu plus tard, les miroirs seront enlevés et la peinture d’origine poncée. Passionné de créatures de légende Jimmy réalise lui même le motif représentant un dragon. Par la même occasion le pickguard noir est remplacé par un modèle transparent sous lequel est glissé un film réfléchissant. A l’occasion du cinquantenaire de la fondation Led Zeppelin, Fender et Jimmy Page sont en partenariat pour rééditer début 2019 et en 50 exemplaires ces deux versions de la Telecaster sur laquelle Jimmy Page a enregistré la majorité des titres du premier album paru en 1969 et que l’on voit lors des concerts du groupe en 1968: Dazed and confused!

 
 
 
 

Dante Orpilla – She only loves you when she’s drunk!

© Dante Orpila

 

 

Ses amis l’appelaient ″ Youngluck ″ (chanceux). Fils de père philippin et de mère métisse, Orpilla a grandi dans les mauvais quartiers d’Oakland. A l’âge de 17 ans, lors d’une fusillade il est blessé à la nuque et à 21 ans il prend une balle dans le bras au cours d’une bagarre. En 2006, sa petite amie rompt et disparaît avec son fils de 3 ans, Orion. Déprimé, ″Lucky″ sombre dans la paranoïa et la drogue.Plus tard, se fait piéger et arrêter en possession de 110.000 dollars destinés à l’achat de 7 Kg de cocaïne. Incarcéré dans un pénitencier fédéral, il purge une peine de trois ans assortie d’une détention à domicile sous contrôle judiciaire. De tout temps Dante été doué pour le dessin mais c’est lors de son séjour en prison qu’ il développe son art, un peu par hasardUn jour en effet, il renverse du café sur une feuille de papier et réalise que la teinte brunâtre donne naissance à des taches qu’il trouve éloquentes. Sa boisson du matin se transforme bientôt en aquarelles. De fil en aiguille, d’échanges de courriers en publications de blog, il acquiert une notoriété et son statut d’artiste reconnu se confirme. Aujourd’hui l’artiste, toujours en liberté conditionnelle, gère son Project Stane pour venir en aide aux enfants en difficulté et persiste dans l’expression de son talent. Comme en témoigne cette peinture intitulée ″She only loves you when she’s drunk″Dante Orpilla  produit des œuvres à l’image de son parcours: sombres, tourmentées, d’une fulgurance et d’une expressivité étonnantes. A voir sur OneUglyBastard

Patrick BETAILLE, novembre 2018

Le lundi c’est permis – Et Dieu dans Tout Ça?

Mircea Pavel porte plainte contre Dieu

 

En 2007, un Roumain porte plainte contre le ″ nommé Dieu, domicilié aux cieux et représenté en Roumanie par l’Eglise orthodoxe ″, l’accusant ″ d’escroquerie, d’abus de confiance, de corruption et de trafic d’influence « . Il reproche notamment à Dieu de ne pas avoir pris en compte ses prières.
Lors de mon baptême, j’ai conclu un contrat avec l’accusé visant à me délivrer du mal. Or, jusqu’ici, ce dernier n’a pas honoré ce contrat, bien qu’il ait reçu de ma part différents biens et nombreuses prières ″, écrit le plaignant.
Le quotidien Evenimentul Zilei a rapporté le 11 juillet 2007 que le parquet de Timisoara a débouté le plaignant, estimant que ″ Dieu n’est pas un sujet de droit et n’a pas d’adresse ″. Mircea Pavel, 40 ans au moment des faits, purge actuellement une peine de 20 ans de prison pour meurtre. Ite missa est!

Jean Eric Perrin – Sexe, Drogues et Rock’n’Roll!

© Photo: Philippe Mogane – Shakin’ Street. Album Cover Art

Dans le milieu du cinéma et de la musique des années 70 Fabienne Shine est de toutes les fêtes. Elle donne beaucoup de sa personne, s’amuse avec Aznavour, Dali ou Klaus Kinski. C’est une bombe à qui personne, homme ou femme, ne résiste et l’univers du rock est son domaine de prédilection. Elle court le monde avec de glorieux amants chez les Stones, Led Zep, le Floyd ou la bande à Bertignac. Elle croise aussi la route de Bob Marley, Johnny Thunders et Ike Turner. Pour coller d’encore plus près à la Rock attitude, celle qui ferait passer Pamela Des Barres ou Bebe Buell pour des grenouilles de bénitier, fonde Shakin’ Street en 1976 et chantera Solid as a Rock. C’est en résumé l’hallucinante saga d’une muse électrique racontée par Jean-Eric Perrin: Sexe, drogues et Rock’n’Roll!

Patrick BETAILLE, octobre 2018