Sari Schorr – A Force Of Nature

Sari Schorr & The Engine Room

Ancienne choriste Joe Louis Walker et de Poppa Chubby, Sari Schorr décide en 2015 de voler de ses propres ailes en participant au ″ Keeping The Blues Alive festival ″. Mike Vernon est dans la salle. Celui là même qui en son temps a crée le label Blue Horizon et produit Clapton, Mayall, Peter Green et Ten Years After tombe littéralement sous le charme et propose à la new-yorkaise de produire son premier album. D’emblée le ton est donné avec un Ain’t Got No Money porté par la voix puissante et profonde de la diva et les riffs intenses d’ Innes Sibun. Connu pour avoir joué avec Robert Plant et ouvert pour Johnny Winter, Taj Mahal, Walter Trout, ou encore Nine Below Zero, le guitariste amène avec lui le groupe Engine Room qui, avec une efficacité redoutable, offre un régal de complicité et de cohésion tout au long de l’album. A Force of Nature avec un son dense, une rythmique massive et une production brute, tape, à deux exceptions près, dans le registre du Blues Rock couillu et c’est bien entendu la personnalité vocale de Sari Schorr qui par son énergie et son feeling drive l’ensemble des douze titres. Quand la brune enflamme ses cordes vocales elle prend des accents de Tina Turner, de Janis Joplin ou, plus près de nous, de Beth Hart. Pour se convaincre qu’il se passe enfin quelque chose au royaume du Blues il suffit de se laisser porter par la version sombre, moderne et très personnelle d’un chant traditionnel immortalisé en son temps par Leadbelly  puis par Ram Jam dans sa version la plus rock: Black Betty!

Patrick BETAILLE, avril 2018

Little Bob Story – High Times 76-78

Coffret compilation Little Bob Story

Quoiqu’on en pense et quoi qu’on en dise l’histoire du rock’n’roll made in France ne se limite pas à Jojo Smett, Téléphone ou Trust. Non! le rock’n’roll made in France a aussi une légende: Roberto Piazza, alias Little Bob. Le premier groupe de Ti’ Bob’ le havrais, Little Bob Story, a déboulé sur l’hexagone avec son rock high energy dans les années 70. Entre Pub-Rock et punk Rock, le gang s’est peu à peu taillé une solide réputation, y compris en jouant à de multiples reprises en tête d’affiche en Angleterre. Little Bob a toujours bénéficié d’une grande reconnaissance de ses pairs: Clash, Sex Pistols et autres Jam ne manquaient pas de venir les voir se produire sur scène. Même Lemmy y est allé de sa contribution en prêtant sa voix sur l’introduction de Ringolevio: ″Listen up sons of bitches, Little Bob’s gonna tell you a story!″ [Ecoutez enfoirés, Little Bob va vous raconter une histoire!]. Voici donc un  hommage qui tombe à pic avec cette initiative de la part de Veryrcord qui publie High Time 76-88, une compilation double CD & DVD regroupant 19 titres tirés des 7 albums studios, une démo, un inédit, ainsi que 13 titres live enregistrés entre 1979 et 1988. Sur le DVD, l’excellent documentaire ″Rockin’ Class Hero″ dans lequel Eric Burdon (Animals), Glen Matlock (Sex Pistols), Manu Chao, Serge Teyssot-Gay (Noir Désir) viennent témoigner de leur profonde admiration pour Little Bob. Qu’on se le dise!

PB, avril 2018

Screaming Females – All at Once

Punk Rock, Screaming FemalesDéjà 13 ans que ce groupe du New Jersey travaille sans relâche pour porter haut et fort les couleurs d’un Indie Rock aux sonorités riches et bienfaitrices. le Punk Rock spartiate des débuts a peu à peu laissé la place à un genre, certes un peu moins bruyant, mais tout aussi intelligent et singulier. All at once est le septième album studio du power trio. Aux commandes, Marissa Paternoster, un pt’it bout d’femme à la voix puissante et au jeu de guitare aussi riche que précis. La dynamique occupe une place privilégiée au sein des Screaming Females. L’interaction rythmique assurée par Mike Abbate à la basse et Jarrett Dougherty à la batterie, vient poser la trame des 15  titres convaincants et bien produits au sein desquels énergie et efficacité sont de mise. Les ambiances et les riffs entrainent incontestablement l’auditeur dans un univers que ne renieraient pas les fans de Dinausor Jr ou des Breeders; et ça c’est bon pour le moral!

Patrick BETAILLE, mars 2018

Tyler Bryant – Tyler Bryant & The Shakedown

Tyler Bryant & The Shakedown Heavy RockDeux ans après le tonitruant E.P The Wayside, Tyler Bryant nous revient avec cette fois avec un album de 11 titres. 26 ans au compteur et déjà vieux baroudeur de la scène, le guitariste est jeune mais il reste résolument ancré dans le Heavy Blues des 70’s sans prendre beaucoup de risques. Dans une époque gorgée de niaiseries Pop ou d’ Electro abrutissante qui s’en plaindrait? On retrouve avec ce groupe et son leader texan les ingrédients qui garantissent le plaisir de l’écoute. La guitare est efficace, la voix séductrice et la rythmique puissante. Tyler Bryant possède un véritable talent et cet album [même s’il n’invente rien] à au moins le mérite de proposer 11 titres très bien faits, honorablement orchestrés et produits. Le groupe connait son sujet, s’y complait et offre à tout amateur du genre 40 minutes plaisantes entrecoupées d’un Ramblin’ Bones acoustique aux accents Blues traditionnel, d’un Magnetic Field à l’ambiance Folk aérien ou d’un Manipulate Me teinté Pop Rock 80’s. Reste que c’est bien Heartland, le morceau d’ouverture teinté de Fuzz, qui exprime au mieux la ligne directrice Heavy Rock de l’éponyme Tyler Bryant & The Shakedown.

Patrick BETAILLE, février 2018

Beth Hart & Joe Bonamassa – Black Coffee

Beth Hart & Joe Bonamassa nouvel album Black Coffee

Nouveau séjour en studio pour Beth Hart et Joe Bonamassa qui se retrouvent pour écrire le troisième volet d’une collaboration qui a vu le jour en 2011 avec ″D’ont Explain″. En 2013 ″Seesaw″ confirmait le bien fondé d’un partenariat bénéfique au duo qui aujourd’hui nous sert ″Black Coffee″, un album de reprises qui puise dans le répertoire d’une Soul viscérale et intense. On assiste ainsi à la relecture de titres d’Edgar Winter (″Give it everything you got″), Ike & Tina Turner (″Black Coffee″), et Howlin’ Wolf (″Sitting on the top of the World″), pour ne citer que les principaux. Toute la magie réside dans la fusion entre le chant stratosphérique de Beth et le jeu inspiré de Joe, le tout appuyé pour la circonstance par une production colorée et aussi rétro que le cover art de l’album. Les claviers de Reese Wynan emplissent l’espace, Anton Fig assure aux drums, les chœurs puissants ou subtils gèrent l’ambiance ou l’équilibre et il arrive que les cuivres claquent comme des élastiques de string. Les albums solos respectifs de Beth Hart et Joe Bonamassa sont ce qu’ils sont mais quand  ces deux talents décident de ranimer la flamme de la Soul ou du Chicago Blues, on assiste à l’émergence d’une alchimie rare et d’un album puissant, intemporel et imparable. Avec ou sans sucre votre Black Coffee?

Patrick BETAILLE, février 2018

 

 

JD McPherson – Undivided Heart & Soul

J.D McPerson third album

Auteur, compositeur natif de l’Oklahoma, Jonathan Davies McPherson revient avec un troisième album enregistré à Nashville. Undivided Heart & Soul représente à lui seul une invite au voyage au cœur de la Soul, du Rock et de la Country. Il y déjà longtemps que McPherson a digéré de nobles influences en provenance du early Rock’n’Roll ou des balbutiements du British Rock mais là l’évidence est flagrante; le type a aussi bouffé du Punk et autres garagitudes. Les guitares sont devenues plus bruyantes et les sonorités, jadis très vintage, plus troubles. Quant à la voix de Jonathan elle n’a pas son pareil pour coller aux gimmicks les plus barrés ou pour rendre sexy les compositions les plus élémentaires. Au final 11 titres immédiats, insolents et jubilatoires, 39 minutes d’un kaléidoscope musical viscéral qui explore le passé dans un présent qui est en train d’inventer le Rock du futur. Indispensable, pas moins! Mais plutôt que des mots, un extrait: Lucky Penny!

Partick BETAILLE, décembre 2017

La Discothèque Idéale 2017

Un clic sur chaque image donne accès à la chronique de l’album correspondant!

Kim Simmonds, Witchy Feelin'   Boogie Beasts: Come and Get Me   Premier Cd Laura Cox Band

 

Maitre Gims vous donne des envies de suicide? Fréro Delavega vous en touche une sans faire bouger l’autre? Bien que 2017 n’ait pas été très généreuse question musique qui s’écoute avec les oreilles mais aussi avec les pieds, le remède existe! Le choix, bien qu’assumé, est bien évidemment relatif, partial et subjectif. Il a juste pour ambition d’entretenir l’espoir que le Rock n’est pas encore mort et de prouver que, contre vents et marées, de bonnes volontés mettent beaucoup de conviction et d’énergie pour que leur passion et leur plaisir deviennent nôtres. Le débat reste entier et ouvert mais il doit obéir à une constante et une seule: La musique c’est comme la vie, ça se respire (Francis Zegut). Une autre! Une Autre! Une autre!…

 

Seratones, premier Cd: Get Gone   Kenny Wayne Shepherd, Lay it down   Party of One, George Thorogood

Bands for Sergio – Le Rock se mobilise!

Bootleggers Bands for Sergio

Connu sur la place de Pau en tant que tatoueur talentueux, Sergio Cere a parcouru plus d’un demi million de kilomètres au guidon de son Shovel de 1975. Après à un grave accident, la vie de ce biker respectueux et respecté a dramatiquement basculé. Même après la sortie d’un long coma de trois mois, l’état de Sergio reste préoccupant. Son frère Didier, chanteur et guitariste des Bootleggers et d’Abilène (le groupe qui a mauvaise haleine! NDLR), a sollicité ses contacts au sein du milieu musical pour venir en aide à son jeune frère. L’idée consiste en l’élaboration d’un album pour lequel des artistes de talent se sont mobilisés. Parmi ceux là figurent The Dusters, Van Wilks, Jimmy Cornett, Big Joe & The Space Cowboys et bien d’autres qui ont donné le meilleur d’eux mêmes pour produire une musique si chère au cœur de Sergio et de ses amis: une compilation de 20 titres de Country, de Rock, et de Country Rock. Les fonds générés par la vente de cet album disponible très bientôt seront destinés à couvrir les frais générés par de longs mois de réadaptation dans un établissement spécialisé pour grands traumatisés crâniens. Les rockers ont du cœur et plus que jamais il est temps de le prouver en se joignant au clan des quelques 200 souscripteurs qui ont déjà répondu présent en gueulant ″Rock’n’Roll bordel!″. C’est Ici: Bands for Sergio!

Patrick BETAILLE, novembre 2017

David Gilmour – Live at Pompeii

Live at Pompeii 2016

 

7 juillet 2016 après JC! David Gilmour revient au pied du Vésuve, à l’endroit même où en 1971 le Floyd pas encore disloqué s’était mis en scène dans un rockumentaire ayant pour décor un amphithéâtre vide de tout spectateur. Autre temps, autres mœurs. Cette fois-ci le guitariste débarque flanqué d’un nouveau groupe, d’un light show conséquent, devant un public de 26 000 personnes acquis à sa cause et bien sûr avec un répertoire ciblant la promo du dernier album Rattle that Lock. Le show reste néanmoins axé sur les incontournables pour lesquels les fans se sont déplacés et c’est tant mieux car, il faut l’avouer, à deux exceptions près les huit compos récentes infligent au show une légère baisse de rythme. Sur la set list figurent ainsi un Great Gig in the Sky remanié, d’excellentes interprétations de Money et Wish You Were Here, 12 minutes enchantées de Shine on You Crazy Diamond et un magistral One of these days. Les trois derniers morceaux sont tous des classiques du Floyd: Time, Run Like Hell bourré d’effets pyrotechniques et bien sûr le majestueux Comfortably Numb qui vient clôturer le set. Les musiciens (Chuck Levell aux claviers) sont au top, heureux d’être là (ça se voit!) et ils parviennent à faire oublier l’absence des membres fondateurs du groupe originel. Quant à Gilmour, même si parfois la voix a un peu de mal à assurer dans les aigus, son jeu de guitare a rarement été aussi pur et grandiose (le deuxième solo de Comfortably Numb!).  Avec 21 titres et plus de 2h30 de scène, Live at Pompeii est indispensable à tout adepte du genre. D’autant plus indispensable qu’il bénéficie d’une édition Blu Ray boostée par une image et un son exceptionnels. Je me demande quand même comment, en ayant la chance de pouvoir assister à un tel événement, certains puissent apprécier le show en passant le plus clair de leur temps à brandir à bout de bras un putain de smartphone. Baltringues!

 

 

 

Savoy Brown – Witchy Feelin’

Kim Simmonds, Witchy Feelin'Savoy Brown! 52 ans d’existence. Plus de 30 albums et un line up qui, au fil des années, a vu passer une bonne soixantaine de musiciens. Ainsi peut se résumer la carrière de ce combo anglais qui depuis 1965 a fidèlement marqué au sceau du Chicago Blues la scène musicale internationale. Dans ce contexte subsiste néanmoins une constante inaltérable: la présence Kim Simmonds. Fondateur du groupe, multi instrumentiste mais surtout guitariste et chanteur ce gallois a toujours été considéré en tant que l’un des pères fondateurs du British Blues. Il est aujourd’hui accompagné de Garnet Grimm aux drums et de Pat DeSalvo à la basse. C’est donc sous la forme d’un Power Trio que Savoy Brown revient avec ce disque édité par Ruf Records. 11 tires, quasiment une heure de musique qui s’écoute avec les pieds et qui aborde les thèmes et les gimmicks chers au Blues y compris dans sa version Rock. Si le genre est immédiatement reconnaissable (et je dis: tant mieux!), l’album passe haut la main le cap de la redite facile et s’avère au final bien plus qu’ acceptable. Certains titres deviennent même exceptionnels, notamment quand Simmonds oublie son statut de vétéran pour se laisser aller dans l’expression de ce dans quoi il excelle et qui fait que l’on comprend pourquoi Savoy Brown a toujours su résister à l’épreuve du temps. Un bon gros Blues, une rythmique imparable sur un tempo bien lourd et surtout  une wah-wah en surcharge émotionnelle dont les trémolos vous catapultent direct dans l’œil du cyclone: Thunder, Lightning & Rain.

Patrick BEAILLE, octobre 2017