George Thorogood – Party of One

Party of One, George Thorogood

 

S’il est une musique que s’écoute avec les pieds c’est bien celle de ce bon George. Guitariste efficace par excellence, Thorogood a passé toute sa carrière à promouvoir sa propre vision d’un rockin’ blues en faisant rugir sa Gibson ES-125 sur toute les scènes du monde.  Avec sa voix puissante et authentique il a porté des standards  tels que Move It Over d’ Hank Williams, Who Do You Love de Bo Diddley et s’est également assuré l’adhésion du public biker avec des compos comme Back to the bone″. 40 ans après la sortie de son premier album, le ricain ancien joueur de baseball effectue un 360 avec une approche purement acoustique de ses racines musicales, celles des champs de coton du Mississippi et du Chicago Blues.  Pour Party of one, son 14ème album studio, George Thorogood met au chômage son groupe The Destoyers et assure à lui seul, au dobro à la guitare et à l’harmonica, un bel hommage aux grands du genre que sont Willie Dixon, Elmore James et Robert Johnson. Moins attendues mais tout aussi efficaces des covers des Rolling Stones (No expectations) et de Bob Dylan (Down by the highway). Dans ce retour aux sources, une version acoustique de l’un des traditionnels temps forts on stage avec un titre déjà popularisé depuis fort longtemps par le grand John Lee Hooker: One Bourbon, One Scotch, One Beer. Cheers!

Procol Harum – Novum

Procol Harum new Cd NovumCinquante ans après ″Whiter Shade of Pale″ Procol Harum revient avec aux manettes Gary Brooker en tant que seul membre restant de la formation d’origine. Novum ne prétend à rien, il ne crâne pas et pourtant il arrive à tout. Premier album studio depuis 14 ans, il est le fruit du travail d’un homme qui, bien qu’entouré de solides musiciens, reste entièrement détaché du spectaculaire et ne souhaite qu’une chose: exercer son art en paix. Ce qui est proposé ici reste la version la plus Rock de la formation anglaise qui, en 1971, avait accueilli en son sein Robin Trower  sur ″Broken Barricades″. Pour s’en convaincre il suffit de s’attarder sur ″Business Man″, ″Can’t say that″ ou encore ″Image of the Beast″. Les instants classiques sont toujours présents notamment avec une brève référence au Canon de Pachelbel sur un ″Sunday Morning″ puissamment lyrique. Et bien sûr les parties piano et la voix sépulcrale de Brooker sont là pour nous replonger avec délice dans les ambiances de Home ou de Grand Hotel des années 70. Les 11 titres du nouvel opus ont peu de rapport avec le Rock et ses couleurs criardes mais qui s’en soucie devant tant de beauté subtile? Novum affiche la classe et la sophistication musicale qui font que Procol Harum restera à jamais éblouissant.

Patrick BETAILLE, août 2017

Kenny Wayne Shepherd – Lay It on Down

Kenny Wayne Shepherd, Lay it down

 

huitième album studio pour ce p’tit gars de la Louisiane qui depuis les années 90 s’est fait une solide réputation sur la scène Blues Rock.  ″Lay It on Down″ vient une fois de plus prouver, si besoin en était, que le genre n’a plus aucun secret pour celui qui dès l’âge de 7 ans a troqué ses Playmobil® contre une 6 cordes. Le Blues reste présent sur ce nouvel opus mais incontestablement le guitariste élargit sa palette en explorant la Soul et la Country. Quand les cuivres claquent, quand la guitare est débranchée ou quand des accents Folk ou Gospel s’invitent à la fête, les riffs et solos restent présents sur les 10 pistes au sein desquelles virtuosité et sensibilité se taillent la part belle. Variété des genres, qualité de production et exécution sans faille font de ces 41 minutes l’un des albums les plus riches  de Kenny Wayne Shepherd. How low can you go!

Patrick BETAILLE, août 2017

Chuck – Le Nouvel Album de Berry

Le dernier disque sorti du vivant de Chuck Berry date de 1979! A sa sortie, ″ Rock it ″ ne suscite que peu d’intérêt et, dépité, le chanteur guitariste décide alors de laisser tomber les compos pour se consacrer à la scène. Il se remet toutefois à l’écriture dans les années 2000 et enregistre chaque fois que l’envie et l’enchainement des tournées lui en laisse le loisir. La sortie de ″Chuck″, le nouvel opus, était prévue le jour du 90ème anniversaire de l’artiste. La grande faucheuse en a décidé autrement et c’est 3 mois après la mort de ″Crazy Legs″ que l’on peut découvrir ces dix nouveaux titres qui se révèlent être source d’indéniable plaisir. La voix est claire, assurée et énergique et le jeu de guitare, reconnaissable entre tous, toujours aussi incisif et assuré. Les riffs sont immédiatement reconnaissables; ils sont ceux avec lesquels le Maître a défini les règles du Rock’n’Roll dans les années 50 et 60. Malgré un ″Jamaica moon″ aux accents du même tonneau et ″Enchiladas″, une reprise de Tony Joe White, Chuck fait la part belle au Blues et Berry glorifie ce Rock qui résonne encore des échos de ″Roll Over Beethoven″ ou ″Maybellene″. Qui va s’en plaindre? Certainement pas la Lady B. Goode ou les Big Boys!

Patrick BETAILLE, , juin 2017

Seratones – Get gone!

Seratones, premier Cd: Get GoneBeaucoup s’y sont essayé, peu y sont parvenu. Mais les Detroit Cobras ou les Bell Rays font partie de ces groupes qui ont réussi a mettre en œuvre un subtil mélange de Garage Rock, de Soul et de Rhythm & Blues. The Seratones eux, semblent passer à la vitesse supérieure avec un répertoire qui tape sévère tout en respectant de la plus belle manière l’essence même des genres précités. Sur ce premier album, Get Gone, ces débutants de la première heure jouent avec la maitrise et l’assurance de vieux briscards qui ont parfaitement intégré les codes musicaux qu’ils affectionnent. A.J Haynes, guitariste et chanteuse, s’exprime avec l’émotion d’une diva de la Soul et l’énergie d’une Rock’nRoll queen. Connor Davis, le guitariste, a fait sienne la technique du riff de rock basique et ravageur  aux teintes bluesy. Quant à la section rythmique, la basse d’ Adam Davis et le batteur Jesse Gabriel sont à l’unisson pour insuffler à l’ensemble un swing musclé terriblement subtil et efficace. Enregistré live en studio l’ensemble baigne dans une ambiance de club du samedi soir qui fait la part belle à la fusion de Rock et de Soul. Grâce à une production de qualité rien n’est sacrifié quant aux détails de la musique et au talent des exécutants. Les 11 titres de Get Gone, sont incontestablement une bien belle surprise, qui plus est prometteuse. Très prometteuse. La preuve: Sun!

Patrick BETAILLE, juin 2017

Lee Brilleaux – Rock’n’Roll Gentleman

Lee Brilleaux Rock'n'roll GentlemanLee Brilleaux: Rock’ n’ Roll Gentleman. His musical journey with Dr. FEELGOOD 1974-1994. Tout est dans le titre! Ce bookset couvre 20 années de prescriptions émises par Lee Brilleaux, mort prématurément en 1994. Il comprend donc les premiers enregistrements de l’ époque Wilko Johnson, la production du line up Gypie Mayo et bien sûr toute la période 80-90 qui vit passer Gordon Russel (guitare),  Kevin Morris (Batterie), Phil Mitchell (Basse) et le talentueux Steve Walwyn (Guitare). Une anthologie de 93 titres sur 4 Cd, incluant deux inédits: Let’s Have A Party″ issu des sessions de Private Practice et ″Poison Yvy″ exhumé des séances de Primo en 91. L’ensemble est livré avec un livret de 48 pages qui intègre des photos et des notes Zoe Howe, auteure de la biographie qui porte le même nom que ce magnifique coffret. ″Lee Brilleaux: Rock’ n’ Roll Gentleman″ sort le 7 Juillet mais les fans de Dr Feelgood peuvent déjà prendre rendez vous pour une pré-consultation ici.

Patrick BETAILLE, mai 2017

 

St Paul & the Broken Bones – Sea of Noise

The Broken Bones Sea Of Noise

 

Quand j’ai entendu ce groupe sans voir leurs bobines je me suis dit, Wow, voilà de la soul comme je l’aime. Ce black chante magnifiquement. Paf, mauvaise pioche! C’est une bande de faces de craie qui nous gratifie de cette Soul digne des meilleures. Saint Sam Cooke, Otis Redding et consorts se sont assurément penchés sur le berceau de Paul Janemay qui fait montre d’une puissance vocale étonnante, généreuse mais toujours maitrisée et portée par une formation de six musiciens prêts à péter la baraque. Apparemment les Stones eux mêmes ne s’y sont pas trompés puisque nos loustics ont eu le plaisir de faire plusieurs premières parties pour la mythique formation″. Bon que dire de plus? Ben rien, Ed Fairlane a tout dit, ces propos lui appartiennent et je m’y rallie!  Reste qu’il ne faut pas hésiter à jeter une oreille sur la production de St Paul & the Broken Bones. Sea of Noise et Half the City, leurs premiers albums, sont des nourritures de l’âme hautement bienfaitrices et recommandables. Démonstration >Sugar Dye!

Iggy Pop – Asshole Blues!

 

Le label indépendant Jacuzzi Boys’ Mag Mag réhabilite le Flexi Disc! A une époque, ce type de support était avant tout un moyen promotionnel bon marché, fréquemment inclus en supplément avec certains magazines.  ″Les flexis vont être un moyen pour les artistes de faire ce qu’ils veulent. Ils peuvent laisser libre cours à leurs désirs les plus expérimentaux ou au contraire rester sur leurs gardes. Il n’y a aucune règle. On essaye juste de faire en sorte que les gens s’intéressent à ce qui nous parle″ (JBMM).  Pour le premier volume de la série le label a sollicité Iggy Pop qui, séduit par l’idée et très inspiré par la situation mondiale actuelle, en profite pour s’adresser aux ″connards″ qui lui pourrissent la vie. Muni de sa seule guitare acoustique, l’Iguane effectue un retour aux source, bouscule les codes, et pose la question: ″Asshole, when are you gonna die?″ (Quand est ce que tu crèves pauv’ con?). C’est roots, c’est jubilatoire et c’est le Asshole Blues!

Patrick BETAILLE, avril 2017

 

 

Boogie Beasts – Come and Get Me

Boogie Beasts: Come and Get MeBoogie Beasts, formé par Jan Jaspers et Mathias Dalle (guitare et chant) nous prouve qu’il n’est pas obligatoire d’ être né au fin fond d’un désert poussiéreux ou sur les bords du Mississippi pour exprimer un amour démesuré pour le Blues du Delta version rock à l’américaine. Avec ″Come and Get Me″, le quatuor Belge accouche d’un album homogène, conséquent et bourré d’énergie. Les rythmes sont hypnotiques, guitares et harmonica se provoquent pour mieux se rejoindre et les voix s’entremêlent pour alimenter de pesantes mélopées que ne renieraient pas R.L. Burnside ou John Spencer. Entre Boogie Rock et Punk Blues, ce premier essai est un aveu à peine déguisé d’ enthousiasme novateur de la part de musiciens qui ouvrent les portes du temps du temps avec une honnêteté absolue. A écouter absolument! Dig

Patrick BETAILLE, avril 2017

Laura Cox Band – Hard Blues Shot

Premier Cd Laura Cox Band

Depuis ses débuts sur Youtube en 2008, Laura Cox s’est peu à peu imposée comme l’une des valeurs sûre de la guitareconjuguée au féminin. Après s’être distinguée sur le Net avec des covers de Pat Benatar, Led Zeppelin, ACDC ou ZZ Top, la jeune parisienne décide de fonder son propre groupe avec lequel elle sillonne les routes de l’hexagone. Ainsi, depuis 2013 Laura Cox Band fréquente les festivals (Rock en Seine) arpente les scènes de l’hexagone (Trust), à la grande satisfaction d’un public avide de bons gros riffs et de musique énergiquement simple. Étape logique et indispensable, vient le temps de l’album. ″Hard Blues Shot″ vient de sortir et autant l’avouer tout de suite, ce premier essai semble prometteur. 10 compositions majoritairement teintées de heavy rock qui, même si elles ne réinventent pas le genre, s’avèrent très efficaces. Le mérite de cet album c’est avant tout d’être totalement à contre courant de la scène musicale française, surtout quand il explore le genre country (″Barefoot in the countryside″) ou folk (″13″). Actuellement en tournée le groupe se produira notamment le 8 Juillet au Motors’n’ Blues de Dax (40). Qu’on se le dise,  et en attendant: Hard Blues Shot!

Patrick BETAILLE, mars 2017