Vinyls à la Tonne – Robert Lacire

© Photo: AFP

 

Je parle en poids car c’est plus facile dit Robert Lacire, 78 ans, lui qui a accumulé tout au long de sa vie le nombre faramineux de 21 tonnes de vinyles. Rien de comparable avec les 6 000 000 d’exemplaires de Zero Freitas mais quand même! Près de 130 000 galettes ont leur place dans chaque recoin de son domicile rennais et dans plusieurs garages. Aujourd’hui, il souhaiterait que sa collection fasse partie d’un conservatoire ou d’un musée du disque. Malgré de nombreux courriers adressés à des institutions locales, et même en son temps à Jacques Chirac, la démarche de ce passionné n’a pour l’instant pas abouti. Tout le monde trouve le projet très bien mais personne ne bouge. Je vieillis, ça va partir chez Emmaüs plutôt que de rester dans la mémoire dans une région, regrette-t-il et on le comprend! Source et intégralité de l’article: La Dépêche.


L’éloquence et le Désaveu du Cover Art en Livre: In Vinyle Veritas!


Patrick BETAILLE, juin 2021

Saxon – Inspirations

Que ce soit par conviction, par manque d’inspiration ou pour des raisons purement mercantiles, en général, les groupes qui se livrent à l’exercice de l’album de reprises prennent un risque. Celui de se voir confrontés à l’exigeante virulence des milieux spécialisés et à la critique ou, au mieux, à l’indifférence de leurs propres fans et de ceux des groupes auxquels ils prétendent rendre hommage. Avec son dernier album, Saxon assume ses influences de la plus belle des manières. Inspirations est un véritable best of de ce qui s’est fait de mieux dans le domaine du classic rock. Jugez plutôt:

Paint It Black (The Rolling Stones). Immigrant Song (Led Zeppelin). Paperback Writer (The Beatles). Evil Woman (Black Sabbath). Stone Free (Jimi Hendrix). Bomber (Motörhead). Speed King (Deep Purple). The Rocker (Thin Lizzy). Hold The Line (Toto). Problem Child (AC/DC). See My Friends (The Kinks).

Le résultat est étonnant! De la puissance mélodique de Paperback Writer à la solidité charpentée de Evil Woman ou de Bomber et au passage en surmultipliée pour Speed King, le groupe exprime sa passion et parvient à apporter sa patte à tous les titres sans pour autant en trahir l’esprit. Biff Byford au chant est tout simplement au sommet de son art quand il s’attaque à The Rocker, Immigrant Song et Problem Child.

Personne n’est dupe, en tant qu’album de reprises, Inspirations est un album dispensable mais il a au moins le mérite de donner une seconde jeunesse à une playlist emblématique tout en offrant une récréation bienvenue et jouissive. Ne boudons pas notre plaisir, surtout par les temps qui courent!

Patrick BETAILLE, juin 2021

Richard Amsel – Bette Midler

 

[Extrait]: Dans les années 70 et alors qu’il à peine plus de 20 ans, Richard Amsel avait déjà marqué les esprits des amateurs d’art de New York.  Le travail de ce graphiste a également attiré l’attention de Barry Manilow, un jeune auteur-compositeur-interprète qui travaille avec Bette Midler, chanteuse émergente dans les clubs, cabarets et  piano-bars de la Big Apple. Manilow organise une rencontre entre les deux artistes et très rapidement il est décidé qu’Amsel ferait la pochette d’un premier album pour Atlantic Records. The Divine Miss M est publié en novembre 1972. Succès immédiat pour l’album, grâce notamment à son cover art considéré comme l’un des plus beaux de la période. D’autres projets suivent, toujours pour Bette Midler, mais aussi pour Kenny Rodgers et les Who pour qui il conçoit le packaging de Tommy dans sa version symphonique. Très sollicité par le cinéma, l’illustrateur signe les affiches des films parmi les plus marquants des seventies (Chinatown, Le Crime de l’ Orient Express, Nashville, Papillon, etc) et, au cours des années 80, celles de Flash Gordon, Dark Crystal et Les Aventuriers de l’arche Perdue qui deviendra son œuvre la plus célèbre. Avant de mourir du Sida en novembre 1985, Richard Amsel élabore son dernier poster. Celui qui accompagne la sortie, la diffusion et la bande originale de Mad max – Au-delà du dôme du tonnerre, le troisième des films d’action apocalyptique de George Miller. 


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Patrick BETAILLE, mai 2021

Neon Animal – Make no Mistake

 

Effectivement, passer à côté de l’album de Neon Animal serait commettre une erreur. Une grosse erreur. Parmi les groupes qui pourraient prétendre perfuser un peu de sang neuf dans un genre qui souffre d’asthénie depuis pas mal de temps, ce quatuor londonien semble bien décidé à vouloir s’imposer au sein de la mouvance d’un classic rock revival. Neuf titres sans fioritures, accrocheurs, lourds et efficaces à souhait. Neuf titres qui parlent de sexe, de drogue et de rock’n’roll en foutant un bon coup de pied au cul du consensus musical aseptisé du moment. Grosses guitares, lourdes rythmiques, vocalises intenses, Make No Mistake est une véritable ouverture des hostilités sans négociation préalable. Une déclaration de guerre. De celles qu’à une époque les New York Dolls ont perdue, de celles auxquelles Aerosmith a succombé à force de poser, de celles à cause desquelles Guns N’ Roses a perdu son panache, de celles auxquelles Greta Van Fleet ne prendra jamais part et de celles enfin qu’aurait pu gagner Motörhead si Lemmy…. Rock ‘N’ Roll War,  Let’s Make The World Rock, Rock ‘N’ Roll Suicide… Le message est plutôt clair. Neon Animal aime le heavy rock, il le prouvent avec ce deuxième album qui reste une véritable menace! À bon entendeur, rock’n’roll bordel!

 

Lee Brilleaux – Mont de Marsan

© Photo: Patrick BETAILLE – Salle du Petit Bonheur de Mont de Marsan.

le 7 avril 1994 disparaissait Lee Green Collinson – dit Lee Brilleaux – L’emblématique chanteur/harmoniciste et fondateur du meilleur groupe de pub rock de tous les temps: Dr Feelgood. Voilà 27 ans qu’un cancer a eu raison de ton incomparable énergie. Voilà 27 ans que tu me manques. Rest in Peace Lee!

Patrick BETAILLE, avril 2021

Frank Frazetta – Molly Hatchet

 

[Extrait]: Frank Frazetta, était l’un des artistes américains les plus influents de la science-fiction et de l’heroic fantasy. C’est du moins dans cette catégorie que ce peintre a marqué de son empreinte l’univers de la bande dessinée, des couvertures de magazine comme Creepy, des receuils de nouvelles consacrées à Conan le Barbare et du comic strip avec, entre autres, Flash Gordon et Vampirella. Plusieurs groupes de rock et de hard rock ont fait appel à l’artiste newyorkais pour illustrer les pochettes de leurs albums. C’est le cas notamment de Herman’s Hermits, Nazareth, Yngwie Malmsteen et Wolfmother. Mais question artwork, le travail le plus remarquable de Frazetta est celui qu’il a effectué pour un groupe de rock sudiste dont le nom est tiré de celui d’une prostituée qui avait pour habitude de mutiler et décapiter certains de ses clients: Molly Hatchet. Son personnage du Death Dealer à la hache surdimensionnée illustre le premier album éponyme du combo de Jacksonville en 1978 puis celui de Flirtin’ with Disaster l’année suivante. Même ambiance pour Beatin’ the Odds en 1980 mais cette fois le Pourvoyeur de Mort troquera sa hache contre un glaive. C’est sûr, y’a quand même de quoi perdre la tête!


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Patrick BETAILLE, avril 2021

NELL – The Pace of Life

 
Nell est auteure, compositrice, chanteuse et guitariste. je suis même sûr qu’à l’occasion elle ne rechigne pas à recharger la photocopieuse puisqu’elle s’occupe également de tout ce qui est prod, com et promo. En ces temps difficiles on est jamais mieux servi que par soi même! En 2017 paraissait un premier album qui donna lieu à une tournée en compagnie du guitariste Marco Stefanelli. Trois ans à sillonner les routes de France et d’Europe ça rode les cordes de guitares, ça forge le caractère, ça entretient l’expérience mais ça facilite également les remises en question constructives. Pour preuve, en 2020 le duo passe à une formule consolidée avec une section rythmique composée de Nicolas Marsal à la basse et d’ Etienne Lagarde à la batterie. À la base essentiellement folk, Nell donne aujourd’hui à son univers une dimension plus électrique, plus pop et plus rock à la fois,  parfois même avec quelques teintes bluesy. C’est du moins ce qui se dégage de son très prometteur nouvel EP, joliment illustré par l’artiste Kyrieh Alienor. Amateurs de boules à facettes, de starlettes peroxydées et d’auto-tune passez votre chemin. Ici, avec The Pace Of Life, on parle musique, énergie et sensibilité de la part d’une artiste originale et sincère qui fait ce qu’elle aime, qui aime ce qu’elle fait et qui sait faire preuve d’humour et d’autodérision en se mettant en scène dans un clip. Chapeau mademoiselle! Pour en savoir plus: The Pace of Life.
 
Patrick BETAILLE, mars 2021
 
 

Little Bob Blues Bastards – We Need Hope

 

Oh que oui on a besoin d’espoir! Et Little Bob arrive à point pour nous prouver que tout n’est pas perdu. Il avait juré à sa Mimie, sa femme, sa partenaire, son inspiratrice, qu’il continuerait et il a tenu parole. Après 45 ans de carrière, une flopée de disque et des milliers de concerts, Ti’ Bob le havrais revient pour jeter à la face de l’hexagone son amour de la vie et surtout, celui du rock’n’roll. Si lui a pris quelques rides, ce n’est pas le cas de son enthousiasme et encore moins de sa voix toujours intacte. Il chante le blues et le rock comme jamais et nous replonge au cœur de la grande époque; celle au cours de laquelle il partageait sans compter le déballage de tripes avec les Inmates, les Damned, Bijou, Dr Feelgood et j’en passe. À 76 ans Roberto Piazza n’a toujours pas dit son dernier mot. La passion est toujours là et ses Blues Bastards assurent comme si leur existence en dépendait. Ça bastonne, ça pulse, ça décape et, en ces temps de morosité, ça fait un bien énorme. We Need Hope nous sommes servis. Bien servis avec ces treize titres pleins de générosité énergique!

Patrick BETAILLE, mars 2021

Vinyls – Le Rock en 1000 morceaux

 

En ces temps difficiles, voici peut être un moyen de se recentrer sur soi ou de s’occuper en tuant quelques heures: Le Puzzle! Mais pas n’importe lequel. Là il s’agit de casse-tête fragmenté aux formes bizarroïdes ayant pour thème le rock en général et les pochettes de disques en particulier. Parmi les nombreux thèmes vous pourrez choisir les albums les plus célèbres, le Classic Rock, les 60’s, les logos des groupes ou encore des thèmes spécifiques comme celui consacré à Deep Purple. En fonction des thèmes, plusieurs formats sont disponibles : 252 pièces, 500 pièces et 1000 pièces pour les plus motivés. Les éléments sont en carton de qualité supérieure imprimés par sublimation pour des couleurs plus vives. N’étant maqué avec aucun site marchand je vous laisse vous débrouiller pour trouver votre bonheur. Il vous suffit de taper ″Rock Albums Puzzle″ sur votre moteur de recherche préféré et le tour est loué. En gros, comptez en entre 27 et 35 euros, selon l’option choisie. Par contre si l’épopée du vinyle au travers du Cover Art vous interpelle, c’est ici que ça se passe: In Vinyle Veritas, le Livre!

Patrick BETAILLE, mars 2021

Zero Freitas – Musical Emporium

L’obsession de José Roberto ″Zero″ Alves Freitas remonte à la petite enfance. Il a tout juste cinq ans quand son père arrive à la maison avec une chaine hi-fi et quelques vinyles qui vont susciter un vif intérêt chez le bambin qui de plus, en grandissant, va se familiariser avec une collection d’environ 400 disques chez sa mère. À 10 ans il achète son premier disque: Canta para a Juventude du chanteur brésilien Roberto Carlos. La fièvre acheteuse n’allait plus le quitter. Quand il quitte le lycée, Zero possède déjà 3000 albums. Après ses études, il reprend l’entreprise de transport familiale qui exploite des lignes de bus de São Paulo mais sans pour autant abandonner sa quête. À 30 ans le compteur de sa collection affichait 30 000 pièces. Contrairement à d’autres collectionneurs qui se focalisent sur un genre, une époque ou un groupe, Freitas n’a aucune limite; 78, 33, 45 tours, quelque soit le style musical, il collectionne tout. Il passe des annonces, rachète les invendus, les faillites et les saisies de disquaires en liquidation. En 2013, il se porte acquéreur de la collection de Murray Gershenz (2 000 000 galettes), un ancien propriétaire du magasin de disques de Los Angeles et de celle de Paul Mawhinney de Record Rama (3 000 000 de copies), considérée à l’époque comme la plus grande du monde. Aujourd’hui, l’homme d’affaire brésilien a amassé quelques 6 millions d’exemplaires dont 100 000 sont conservés à domicile. Un trésor à la valeur incalculable qui déborde largement du syndrome de la collectionnite aigüe. Même s’il avoue 40 années de thérapie pour comprendre ce qu’il se passe dans sa tête, Zero Freitas reste animé par une noble intention: Préserver et entretenir le support d’une mémoire auditive mise à mal par la dématérialisation. À ce titre, il s’est récemment porté acquéreur d’un hangar de 25 000 mètres carrés destiné à héberger son capital sonore et il a embauché une douzaine de personnes travaillant à temps plein sur le nettoyage, le référencement et le classement des albums dans une banque de données numériques, son Musical Emporium.  

Patrick BETAILLE, mars 2021

L’éloquence et le Désaveu du Cover Art en Livre: In Vinyle Veritas!