Savoy Brown – Witchy Feelin’

Kim Simmonds, Witchy Feelin'Savoy Brown! 52 ans d’existence. Plus de 30 albums et un line up qui, au fil des années, a vu passer une bonne soixantaine de musiciens. Ainsi peut se résumer la carrière de ce combo anglais qui depuis 1965 a fidèlement marqué au sceau du Chicago Blues la scène musicale internationale. Dans ce contexte subsiste néanmoins une constante inaltérable: la présence Kim Simmonds. Fondateur du groupe, multi instrumentiste mais surtout guitariste et chanteur ce gallois a toujours été considéré en tant que l’un des pères fondateurs du British Blues. Il est aujourd’hui accompagné de Garnet Grimm aux drums et de Pat DeSalvo à la basse. C’est donc sous la forme d’un Power Trio que Savoy Brown revient avec ce disque édité par Ruf Records. 11 tires, quasiment une heure de musique qui s’écoute avec les pieds et qui aborde les thèmes et les gimmicks chers au Blues y compris dans sa version Rock. Si le genre est immédiatement reconnaissable (et je dis: tant mieux!), l’album passe haut la main le cap de la redite facile et s’avère au final bien plus qu’ acceptable. Certains titres deviennent même exceptionnels, notamment quand Simmonds oublie son statut de vétéran pour se laisser aller dans l’expression de ce dans quoi il excelle et qui fait que l’on comprend pourquoi Savoy Brown a toujours su résister à l’épreuve du temps. Un bon gros Blues, une rythmique imparable sur un tempo bien lourd et surtout  une wah-wah en surcharge émotionnelle dont les trémolos vous catapultent direct dans l’œil du cyclone: Thunder, Lightning & Rain.

Patrick BEAILLE, octobre 2017

Sarah Brand – I Want to Ride Now!

© Sarah Brand

 

C’est évident! Sarah Brand aime les bagnoles; les Porsches en particulier mais, de manière générale, les racées, celles qui ont de la gueule, du chien et, sous le capot, le mordant qui va avec. Harley, Triumph, Ducati ou Norton font aussi partie des domaines de prédilection de l’artiste. Les bécanes font souvent l’objet de mises en scène dans lesquelles de belles amazones sont à l’honneur. Sans être des Pin Up au sens propre du terme, les filles peintes par Sarah restent résolument campées dans l’élégance d’un charme éloquent. Quel que soit le sujet, la technique du pinceau et le traitement de l’ambiance donnent à l’expression de l’ensemble des œuvres un style urbain des plus attrayants. Et lorsqu’il s’agit de capter l’atmosphère bariolée de New York où les taxis jaunes règnent en maîtres,  les couleurs éclatantes prennent réellement toute leur dimension. Pour en savoir plus, le travail de Sara Brand est visible Ici et Là!

Patrick BETAILLE, octobre 2017

 

Keith Richards – Osteoarthritis Fingers

Keith Richards arthrose des doigts
© Photo: Francisco Carrozzini – Keith’s hands, 2008

 

Physiquement ravagé par des excès divers et variés, le guitariste des Stones n’a même pas eu besoin de passer par la cage maquillage pour tenir le rôle de  Teague Sparrow, le père du Pirate des Caraïbes.  Tellement marqué par les saccages du temps, le créateur de Satisfaction est désormais incapable de prendre un solo. Keith Richards est atteint d’une telle arthrose des doigts qu’il passe la plupart de ses concerts à prendre les vieilles poses de flibustier psychopathe en triturant le moins possible ses guitares. ″ Keef Riff ″ laisse le boulot à Ron Wood, pièce rapportée depuis 1976 et qui ressemble désormais à un pivert empaillé fignolé à la chevrotine. La légende, elle, reste inaltérable et pour l’heure la notoriété de la star la plus élégamment délabrée du rock’n’roll est intacte. Comme par miracle il devient impossible d’oublier que de ces doigts aujourd’hui difformes sont nés un nombre inépuisable de riffs monstres : Jumpin’ Jack Flash, Honky Tonk Women, Gimme Shelter, Bitch ou Brown Sugar.

Patrick BETAILLE, septembre 2017

Janis Joplin – Porsche 356C

Dave Roberts Porsche Janis Joplin
© Peter harholdt

 

1970. Pearl est au sommet de la gloire. Dans ″Mercedes Benz″ elle s’adresse à Dieu et lui demande, entre entres, une bagnole à la hauteur de son succès…. Une Mercedes! Elle clame: ″My friends all drive Porsches, I must make amends…″. Une façon de dire: Porsche c’est d’un commun! Je dois me distinguer des autres. Et pourtant…

En 1968 Janis Joplin achète d’occasion et pour 3500$ une Porsche 356C de 1964. Le blanc nacré d’origine ne lui convenant pas, Janis deamnde à l’un de ses roadies d’effectuer un lifting psychédélique sur le cabriolet. Pour 500$ Dave Roberts commence par appliquer un fond rouge vif sur lequel pendant un mois il réalise une fresque intitulée ″The history of the Universe″. Paysage criard, papillons, drapeau américain, soleil rigolard, méduses, globes oculaires et autres animent ce tableau mobile sur lequel figurent en bonne place la star et ses acolytes du Big Brother & the Holding Compagny. Énorme popularité dans la région de San Francisco pour ce pur symbole de la Pop Culture et du Psychélisme ambiant. Malheureusement la voiture est volée en 1969 par un individu qui, pour des raisons évidentes, n’hésite pas à la peindre en gris. Retrouvée peu de temps après, la décapotable est retapée et la peinture retrouve son éclat. Après la mort de Janis en 1970, le véhicule a été utilisé pendant un temps par son manager Albert Grossman puis restitué en mauvais état aux héritiers pour être à nouveau restauré. En 1994, l’atelier de peinture Denver Theater Center effectue un travail remarquable en recréant la scène à l’identique à partir de photographies. 1995, lors de l’intronisation de Janis Joplin au Rock & Roll Hall of Fame de Cleveland, la Porsche est exposée au public jusqu’en 2015, date à laquelle une vente aux enchères fera le bonheur d’un acquéreur pour la modique somme de 1.8 millions de dollars. Little girl Blue!

Patrick BETAILLE, septembre 2017

George Thorogood – Party of One

Party of One, George Thorogood

 

S’il est une musique que s’écoute avec les pieds c’est bien celle de ce bon George. Guitariste efficace par excellence, Thorogood a passé toute sa carrière à promouvoir sa propre vision d’un rockin’ blues en faisant rugir sa Gibson ES-125 sur toute les scènes du monde.  Avec sa voix puissante et authentique il a porté des standards  tels que Move It Over d’ Hank Williams, Who Do You Love de Bo Diddley et s’est également assuré l’adhésion du public biker avec des compos comme ″Back to the bone″. 40 ans après la sortie de son premier album, le ricain ancien joueur de baseball effectue un 360 avec une approche purement acoustique de ses racines musicales, celles des champs de coton du Mississippi et du Chicago Blues.  Pour ″Party of one″, son 14ème album studio, George Thorogood met au chômage son groupe The Destoyers et assure à lui seul, au dobro à la guitare et à l’harmonica, un bel hommage aux grands du genre que sont Willie Dixon, Elmore James et Robert Johnson. Moins attendues mais tout aussi efficaces des covers des Rolling Stones (No expectations) et de Bob Dylan (Down by the highway). Dans ce retour aux sources, une version acoustique de l’un des traditionnels temps forts on stage avec un titre déjà popularisé depuis fort longtemps par le grand John Lee Hooker: One Bourbon, One Scotch, One Beer. Cheers!

Jethro Tull & Burton Silverman – Aqualung

Burton Silverman Aqualung

[Extrait]: Né à Brooklyn en 1928, Burton Silverman est un peintre reconnu et très apprécié pour ses portraits réalistes ayant pour thème principal la classe ouvrière. Ce que l’on sait peut être moins, c’est que l’artiste américain est à l’origine du cover art de Aqualung, œuvre majeure et incontestée de Jethro Tull. En 1971, le producteur Terry Ellis fait venir Silverman à Londres pour rencontrer le groupe qui est train de finaliser son quatrième album. Le peintre assiste à une séance de répétition dans les studios Island, prend quelques clichés et fait des croquis. De retour chez lui, inspiré par ce qu’il a vu et entendu, il se met au travail et, quelques temps plus tard, livre trois aquarelles à la maison de disques. La première, représentant un vagabond au regard vil, quelque peu menaçant, vêtu de guenilles et emmitouflé dans un grand manteau usé, sera retenue pour le recto de la pochette. Au verso, une représentation, à la fois plus sereine et plus triste, du même personnage assis sur le trottoir en compagnie d’un chien famélique… Quant au gatefold, il représente le groupe qui s’adonne à des excès pour le moins iconoclastes à l’intérieur d’une église. Après la sortie de l’album, la relation se dégrade entre Burton Silverman et Ian Anderson qui déclare ne pas particulièrement apprécier les peintures de l’artiste. Compte tenu de l’énorme succès du disque et donc de l’exploitation médiatique qui en découle, le peintre se plaint de n’être pas suffisamment rémunéré. Malheureusement pour l’artiste, aucun contrat relatif à d’éventuelles royalties générées par l’utilisation des images n’a été établi. Effectivement, à l’époque, Terry Ellis, également cofondateur de Chrysalis Records, lui a versé un montant forfaitaire de 1 500 dollars pour les trois tableaux qui illustrent Aqualung, sans autre formalité qu’une poignée de mains… Après avoir été dérobés dans les bureaux de Chrysalis, les trois tableaux, abandonnés dans un hôtel, refont surface. En 2012, un anonyme prend contact téléphoniquement avec Silverman. Il affirme posséder les toiles et tente d’en négocier la revente. Faute d’accord, la transaction n’aura pas lieu. Depuis personne ne sait ce que sont devenues les œuvres.

Patrick BETAILLE , août 2017

L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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Joel Selvin – Altamont 69

Altamont 69 Rolling Stones & Hells Angels

Le 6 décembre 1969, un grand festival Rock a lieu sur le circuit automobile d’Altamont en Californie. Santana, Jefferson Airplane, Grateful Dead et les Rolling Stones sont à l’affiche. La soirée tourne au cauchemar quand des Hells Angels, bourrés, défoncés et brutaux, agressent plusieurs musiciens et commettent l’irréparable en poignardant à mort un spectateur. Tout ceci est depuis longtemps acté, notamment grâce au film Gimme Shelter. Ce que l’on connait moins par contre c’est l’histoire dans l’Histoire, souvent sordide, celle que nous raconte l’auteur, Joël SELVIN, en apportant un nouvel éclairage sur des faits et des comportements on ne peut plus douteux.  Même si les protagonistes du récit donnent parfois envie de gerber tellement leur soif de pouvoir, leur vanité et leur mépris transpirent de leurs petites personnes, les 300 pages de ce livre riche, bien documenté et sérieux se dévorent d’une traite. Un vrai bonheur pour qui aime le Rock et son histoire, qu’elle soit glorieuse ou décadente.

Patrick BETAILLE, août 2017

Buvez du Vin!

Buvez du vin du Midi

 

C’était le bon temps! Quand Louis Pasteur, convaincu comme personne, disait à qui voulait l’entendre: ″ Le vin est la plus saine et la plus  hygiénique des boissons – Those were the good old days! When Louis Pasteur, more convinced than anyone else, would tell anyone who would listen: “Wine is the healthiest and most hygienic of all beverages. ″ 

Procol Harum – Novum

Procol Harum new Cd NovumCinquante ans après ″Whiter Shade of Pale″ Procol Harum revient avec aux manettes Gary Brooker en tant que seul membre restant de la formation d’origine. Novum ne prétend à rien, il ne crâne pas et pourtant il arrive à tout. Premier album studio depuis 14 ans, il est le fruit du travail d’un homme qui, bien qu’entouré de solides musiciens, reste entièrement détaché du spectaculaire et ne souhaite qu’une chose: exercer son art en paix. Ce qui est proposé ici reste la version la plus Rock de la formation anglaise qui, en 1971, avait accueilli en son sein Robin Trower  sur ″Broken Barricades″. Pour s’en convaincre il suffit de s’attarder sur ″Business Man″, ″Can’t say that″ ou encore ″Image of the Beast″. Les instants classiques sont toujours présents notamment avec une brève référence au Canon de Pachelbel sur un ″Sunday Morning″ puissamment lyrique. Et bien sûr les parties piano et la voix sépulcrale de Brooker sont là pour nous replonger avec délice dans les ambiances de Home ou de Grand Hotel des années 70. Les 11 titres du nouvel opus ont peu de rapport avec le Rock et ses couleurs criardes mais qui s’en soucie devant tant de beauté subtile? Novum affiche la classe et la sophistication musicale qui font que Procol Harum restera à jamais éblouissant.

Patrick BETAILLE, août 2017

Sir Peter Blake – Sgt. Pepper’s

Peter Blake Beatles album cover art

[Extrait]: Publié en Angleterre le 1er juin 1967, considéré comme la plus grande œuvre des Beatles et comme l’un des albums les plus influents de la musique populaire, ″Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band″ est le huitième album des Fab Four. C’est le directeur artistique Robert Fraser qui suggère au groupe de confier la réalisation de la pochette à l’artiste pop-art Peter Blake. Celui ci accepte et conçoit une image représentant les quatre musiciens au milieu d’une assemblée de personnages auxquels ils souhaitent rendre hommage. Edgar Allan Poe, Bob Dylan, Lewis Caroll, Karl Marx, Marlon Brando, Albert Einstein, Oscar Wilde et d’autres se retrouvent ainsi à l’honneur au sein d’un diorama sur fond bleu ciel. Le plus étonnant reste que le concept ne relève pas d’un photomontage ou d’un collage. En effet, les portraits sont des silhouettes en carton ou des statues de cire grandeur nature et tous les accessoires de la scénographie, y compris un palmier artificiel, sont réels. La préparation du décor nécessite deux semaines de travail et la session de photos elle même dure plusieurs heures. Le coût final de l’opération s’élève à 3000 £, soit à l’époque cent fois le coût habituel d’une jaquette.  Le résultat se soldera par l’obtention d’un Grammy Award, contribuera à la légende de l’album et marquera définitivement un tournant dans l’approche graphique des maisons de disques. Quand à Peter Blake, il concevra d’autres pochettes, beaucoup moins célèbres, pour Brian Wilson, Clapton, les who et plus récemment Oasis.

Peter Blake: Who, Clapton, oasis, Wilson


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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 Patrick BETAILLE, août 2017