The Box Tops – The Letter

 

[Extrait]: Quand ce groupe originaire de Memphis entre en studio il n’a pas encore de nom. C’est le producteur Dan Penn qui propose à la formation de s’appeler The Box Tops (NDLR: dessus de la boite) et qui lui fait écouter une composition de Wayne Thomson intitulée The Letter. Adoptée à l’unanimité la chanson est aussitôt enregistrée et devient le premier titre du groupe, porté par le chant d’Alex Chilton, un étudiant alors âgé de 16 ans qui chante d’une voix rauque et déchirée, comme Wilson Picket. Deux mois après sa sortie en août 1967, le single s’installe à la première place des charts américains. Ce succès immédiat se répercute partout dans le monde et rapporte aux Box Tops un disque d’or.

La chanson parle d’un gars qui reçoit une lettre de son ex-copine qui lui écrit qu’elle souhaite qu’il revienne… Un classique est né, présent dans tous les juke box en tant que parfaite synthèse entre l’urgence du rythm’ n’ blues et l’immédiateté de la pop. Un must qui connaitra de nouvelles heures de gloire une fois repris en 1970 par Joe Cocker et Peter Tosh….


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Patrick BETAILLE, janvier 2023

The Turtles – Happy Together

 

En 1963, deux adolescents de Westchester, Howard Kaylan et Mark Volman, forment un groupe de surf music baptisé The Crossfires. Ils parviennent à se faire un nom sur la scène étudiante de la région et signent chez White Whale Records, qui, pour chasser sur les terres de The Birds, leur fait changer de nom au profit de The Turtles. Leur premier single, une reprise de It Ain’t Me, Babe de Bob Dylan, obtient un succès foudroyant en se classant 8e au Billboard. Après plusieurs changements de personnel, les Tortues rencontrent leur plus gros succès en 1967 avec le single Happy Together, qui contre toute attente, détrône le Penny Lane des Beatles.

À l’origine, Gary Bonner et Alan Gordon, respectivement batteur et bassiste d’une formation de Boston (The Magicians), avaient proposé sans succès leur composition à plusieurs autres groupes. Tout change quand la démo atterrit chez White Whale Records. Gary Klein, le patron comprend immédiatement que la chanson sera parfaite pour la nouvelle image qu’il souhaite promouvoir pour The Turtles, et, grâce à son enthousiasme il réussit à convaincre le groupe de rentrer en studio. Malgré les apparences, Happy Together (NDLR – Heureux Ensemble) ne raconte pas l’histoire d’un couple d’amoureux. Dixit ses auteurs il s’agit en fait d’amour non partagé…

Le single sort en février 67 et se retrouve propulsé à la première place du Bilboard Hot 100 américain. Les ventes dépassent toutes les attentes les plus folles rêvées par la maison de disques qui presse le groupe pour qu’il grave d’autres pépites du même tonneau. Seulement voilà, les Turtles préfèrent rentrer dans leur carapace plutôt que de se soumettre aux exigences commerciales de leur label… 


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Patrick BETAILLE, janvier 2023

Herman’s Hermits – No Milk Today

 

[Extrait]: Avant de s’imposer en tant que membre fondateur de Ten CC, Graham Gouldman a joué sans grand succès avec quelques groupes de la région de Manchester. Chanteur, musicien et parolier anglais, il est également l’auteur de For Your Love (le morceau qui permit aux Yardbirds d’atteindre les sommets des hit-parades) de Bus Stop pour les Hollies ainsi que de plusieurs titres pour Herman’s Hermits, dont l’imparable No Milk Today dont les paroles, inspirées par son père, évoquent un amour perdu…

Ce premier single d’Herman’s Hermits est le premier à faire appel à une orchestration ponctuée de tambourins et carillons sur un nappage de cordes et des arrangements crédités au compte du futur zeppelinesque John Paul Jones. La voix de Peter Noone donne le ton adéquat à cette tranche de pop fraîche, candide et mélancolique. Sa petite amie l’a largué, personne ne peut comprendre ce qui lui arrive, mais au fond ce n’est pas si grave. No Milk Today sort en single au Royaume-Uni en septembre 1966, atteignant la 7ème place des charts en novembre et offrant à cette chanson parfaite de Graham Gouldman un beau succès international. 


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Patrick BETAILLE, décembre 2022

Ohio Express – Yummy Yummy Yummy

 

Généralement classée en tant que formation pop américaine, Ohio Express est en fait un groupe sans en être un. Le nom a été choisi par Jerry Kasenetz et Jeffrey Katz, des producteurs associés qui travaillaient en studio pour leur compte. Sous le pseudo de SuperK, ils sont à l’origine de quelques singles et albums enregistrés avec divers musiciens professionnels.

À la fin de l’été 1968, auto-tamponneuses et autres manèges à sensations tournent au rythme des tubes du moment. Parmi ceux là, Yummy Yummy Yummy, c’est le carton du moment pour ce titre paru quelques mois auparavant…

Politiquement et culturellement la période est quelque peu turbulente et la musique engagée domine souvent les ondes. D’un autre côté, une partie de la jeunesse ne s’intéresse pas forcément aux protest songs et recherche une musique sur laquelle ils peuvent danser sans pour autant se perdre dans le décodage de messages intellectuels. Impossible donc d’échapper à ce hit composé et chanté par Joey Levine alors accompagné par les requins du studio SuperK…

Musique entrainante, paroles simplistes – limite lénifiantes – les fans de pop bubblegum  sont ravis et comblés par ce modèle du genre! Sorti en mai 68 sur Buddah Records, le single connaît immédiatement un gros succès et se classe dans le Top 10 de nombreux pays: N°1 au Canada, N°4 aux États-Unis et N°5 au Royaume-Uni…


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Patrick BETAILLE, novembre 2022

Frijid Pink – House of the Rising Sun

 

House of Rising Sun. Immortalisée en 1964 par Eric Burdon et ses Animals, cette réinterprétation d’un air traditionnel de folk-blues américain est devenue un énorme succès international. N°1 au Royaume-Uni, aux Etats-Unis et au Canada, elle a été reprise un nombre impressionnant de fois. La chanson raconte l’histoire d’une vie qui a mal tourné du côté de La Nouvelle-Orléans. Selon les versions et la façon dont les paroles sont perçues, la maison en question est tantôt un lupanar, tantôt une maison de jeux et parfois même une prison…

Detroit 1969. Un groupe local évolue depuis deux ans sur la scène locale qu’il partage avec The Stooges, Amboy Dukes de Ted Nugent et MC5. les Frijid Pink jouissent même là bas d’un joli brin de popularité. Lors d’un concert au mythique Grande Ballroom ils se payent même le luxe d’avoir en première partie des petits nouveaux venus de la Perfide Albion: Led Zeppelin! Cette année là, la formation menée par le guitariste Gary Ray Thompson et le chanteur Tom Beaudry entre en studio pour enregistrer son premier album éponyme. Au moment du bouclage, la production réalise qu’il reste du temps sur le créneau alloué aux musiciens. Quasi improvisée, House of the Rising Sun est alors enregistrée pour combler le manque et choisie pour le single à paraître en décembre. Gros son, ambiance garage, voix puissantes, distorsion, fuzz, wah-wah, le titre fait mouche et est certifié disque d’or en mai 1970 avec plus d’un million d’exemplaires vendus, offrant à Frijid Pink son plus large et unique succès. Quant à l’album, replacé dans le contexte, c’est un petit joyau de hard rock psychédélique qui malheureusement cessera de briller par la suite. Dommage!


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Patrick BETAILLE, novembre 2022

Rare Bird – Sympathy

 

Rare Bird voit le jour en octobre 1969 lorsque l’organiste Graham Field, le claviériste Dave Kaffinetti, le batteur Mark Ashton et le chanteur Steve Gould imaginent un rock progressif à deux claviers et sans guitares. Le premier album éponyme de ce combo britannique sort à la fin de l’année et c’est début 1970 qu’est extrait et publié le single intitulé Sympathy. Une fois n’est pas coutume les paroles sur fond de badinage romantique laissent la place à un texte engagé…

Passablement boudé dans son pays d’origine, le titre fait un carton presque partout ailleurs… C’est l’époque des boums, des premiers vrais flirts, des premières galoches avec la langue et des mains aventureuses… Même si 2’45 c’est un peu court pour pécho, ce slow chaud-patate c’est le carton assuré et il trône systématiquement en haut de la pile des immanquables à poser sur le chargeur du crin-crin…


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Patrick BETAILLE, novembre 2022

The Easybeats – Friday on my Mind

 

Deux anglais, deux hollandais et un écossais, tous musiciens, se retrouvent à Sidney au milieu des années 60 et forment The Easybeats. Inventif, talentueux et imprégné de rythm and blues, le groupe surfe sur la vague Mod et jouit rapidement sur sa terre d’accueil d’une solide réputation qui, en 1966, lui ouvre la voie d’une distribution discographique internationale. C’est avec leur deuxième single, Friday on my Mind, que les australiens d’adoption vont connaître la gloire, ou presque. Enregistrée à Londres avec le producteur Shel Talmy – alors connu pour avoir bossé avec les Who et les Kinks – la chanson est véritable hymne à la fin de semaine, thème cher à la jeunesse de l’époque qui aspire plus à prendre du bon temps qu’à travailler…

Musique et paroles sont de Harry Vanda (lead guitariste) et George Young (guitariste rythmique), duo* grâce auquel le titre qui parait le 17 novembre 1966 connaît un succès mondial fulgurant qui restera N°1 en Australie pendant 8 semaines. Malheureusement, les Easybeats n’ont pas été en mesure de capitaliser ce succès. Drogues et conflits internes auront raison des musiciens. Malgré une proposition de contrat de la part de Brian Epstein (rien que ça!), le groupe décide d’arrêter et de retourner au pays. Là bas, après une dernière tournée, Harry Vanda et George Young deviennent producteurs à plein temps…

*Après la dissolution des Easybeats en 1969, Vanda & Young composeront quelques hits tels que My old Man’s a Groovy old Man pour The Valentines, un groupe de pop bubble-gum ayant pour chanteur un certain… Bon Scott. Engagés par Albert Productions en tant que dénicheurs de talents, George et Harry vont commencer à se pencher sur le cas d’une petite formation locale qu’ils trouvent prometteuse et à laquelle ils vont apporter soutien et expérience. Produisant leurs cinq premiers albums, le duo contribuera indéniablement à lancer ce groupe au sein duquel officient Angus et Malcolm, les frères cadets de… George Young. AC/DC partait à la conquête du monde. Mais ça c’est une autre histoire.


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Patrick BETAILLE, novembre 2022

Wallace Collection – Daydream

 

Il est de ces formations que l’on ne connaît que grâce à un tube. C’est le cas de ce groupe de pop rock belge dont certains membres – Raymond Vincent et Jacques Namotte – sont issus de l’Orchestre National de Belgique. One-hit wonder par excellence, Daydream a été élaboré autour de thèmes classiques composés par Tchaïkovski, notamment celui du Lac des Cygnes. Installé à Londres, le groupe tire son nom du ″Wallace Collection″, un musée situé près des studios Abbey Road dans lesquels est enregistré un premier LP: Laughing Cavalier. En dernière position sur l’album, Daydream parait en tant que single promotionnel en 1969. La chanson bucolique à souhait évoque le souvenir d’une relation amoureuse passée…

La mélancolie du texte est accentuée par une ligne de basse obsédante et des ″ La la la ″ répétés ad libitum durant les deux dernières minutes du morceau qui en fait quatre [NDLR – on pourrait en rire si musicalement ce n’était pas aussi bien foutu!]. N°1 en Belgique, le titre est devenu un énorme hit dans 21 autres pays et, fort de sa soudaine notoriété, le groupe effectue des tournées en Europe, aux Etats-Unis, au Mexique et en Amérique du Sud. Les singles suivants (Love et Serenade), connaitront un certain engouement, sans pour autant atteindre le niveau de celui de Daydream, repris en français par Claude François. 


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Patrick BETAILLE, novembre 2022

 

ACDC – Highway to Hell

Je roule sur l’autoroute vers l’enfer. Pas de signaux STOP, pas de limitation de vitesse. Rien pour me ralentir. J’y vais. C’est l’heure de la fête, mes amis seront là aussi. Hé satan?! Je paye mes dettes en jouant dans un groupe de rock. Maman?! Regarde moi! Je suis en route pour la terre promise″.

L’on prétend souvent que ce texte évoque le ressenti d’Angus à l’égard des tournées de AC/DC: ″C’est un enfer quand des heures durant t’es enfermé dans un car où règnent les odeurs de sueur et de chaussettes sales″. En 2009 Brian Johnson prétendait dans la presse que le texte avait été écrit dans le bus, celui avec lequel il fallait une éternité pour se rendre de Melbourne ou de Sydney à Perth. ″Quand vous roulez très longtemps et que le soleil couchant ressemble à une boule de feu, Il n’y a rien d’autre à faire que se palucher ou jouer aux cartes. C’est au cours de l’un de ces périples que Bon a pondu les paroles″. L’idée est là, certes, et ça se tient. Mais que nenni! La véritable origine de l’histoire de cet autoroute vers l’Enfer je vais vous la conter céans. Je la tiens d’un mien ami qui – quand il parvenait à rester à jeun plus de 24 heures et entre deux missions d’intérim en tant que chien policier – exerçait les professions enviées d’inséminateur de kangourous et d’organisateur de courses de koalas. C’est ainsi qu’au fin fond de la ″ Down Under Land ″ il eut l’occasion de rencontrer feu Ronald Belford Scott – chanteur de son état – qui lui dévoila la vérité. De source sûre donc, il s’agit en réalité d’une voie nationale australienne, la Canning Highway, celle qui relie la banlieue de Perth et le port de Fremantle. À mi-chemin, un hôtel et son pub – The Raffles – réputé à l’époque pour son ambiance rock aussi chaude que les nanas du coin. Un endroit que fréquentait assidument Bon Scott. Il logeait pas loin et s’y rendait régulièrement en pèlerinage pour se taper bon nombre de… tartines de houblon et rasades de jus de malt avec ses potes. Si vous voulez du sang, en voilà! À l’approche du lieu, au sommet d’une côte et avant un plongeon dans une descente abrupte, une intersection au niveau de laquelle, alcool et vitesse aidant, beaucoup de fêtards ont été envoyé ad patres. De triste réputation, la route fut donc surnommée la Highway to Hell.  

Paroles simplistes, chant en mode chat écorché, guitares assassines, rythmique métronomique et chœurs à l’unisson sur le refrain. La recette est imparable. Avec If You Want Blood (You Got it) en face B, le single est publié le 27 juillet 1979 en Australie, en même temps que l’album du même nom qui sortira le 3 août dans le reste du monde sur le label Atlantic, avec à la clef des ventes à hauteur de 7 millions d’exemplaires. En janvier 1980, un concert de la tournée Highway to Hell a lieu à Southampton en Angleterre. Ce sera la dernière apparition sur scène de Bon Scott qui mourra le 19 février.


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Patrick BETAILLE, octobre 2022

Les Irresistibles – My Year is a Day

 

1966. Ce n’est pas un américain qui débarque à Paris, mais quatre. Quatre garçons de 16 ans : les jumeaux Jim et Steve McMains, Tom Arena et Andy Cornélius. Ils sont arrivés avec leurs parents expatriés et fréquentent l’ ASP, l’American School of Paris. Déjà branchés musique, il commencent à se produire en animant des soirées au sein de leur communauté et, grâce à leurs interprétations proprettes de chansons du moment, finissent par se faire remarquer par CBS.  Sous le nom de Les Irresistibles, un premier single sort en mars 1968. Pour la musique, le label a fait appel à un certain William Sheller, alors jeune compositeur débutant de 21 ans qui, pour la circonstance, utilise une partition écrite à l’origine pour Dalida et qui ne sortira qu’au mois de juin sous le titre de Dans la Ville Endormie pour réapparaitre en 2021 dans la bande son du James Bond No Time to Die (Mourir peut Attendre). Juste avant les grèves du mois de mai 68, My Year Is a Day devient un tube en France, grâce notamment à une campagne promotionnelle rondement menée. Sur la pochette du disque, les quatre minets portent des fringues de couturier à la mode et courent devant la toute nouvelle Triumph que l’on retrouve en trois exemplaires dans le scopitone tourné sur le circuit automobile de Montlhéry…

Énorme succès en Europe. Le single se vend à 2 millions d’exemplaires dans le monde. Malgré d’autres tentatives comme Why Try to Hide paru à l’été 1969, le groupe ne connaîtra jamais un engouement équivalent. Les Irrésistibles repartent aux Etats-Unis puis se séparent en 1971 après avoir enregistré Christmas Bells Will Ring, la version anglo-saxonne de Petit Papa Noël, tout compte fait pas si irrésistible que ça.


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Patrick BETAILLE, octobre 2022