Stephen Fears – High Fidelity

 

Dans un quartier pauvre de Chicago, Rob Gordon tient une boutique de disques fréquentée par des amateurs de vinyles rares des 60’s & 70’s. L’essentiel de son existence tourne autour de la musique pop dans laquelle il puise l’énergie nécessaire à la gestion d’un quotidien pour le moins erratique. Interprété par John Cusack, Rob est plutôt du genre ado attardé, perturbé et instable. Il a abandonné ses études et gère tant bien que mal son antre fréquentée par des collectionneurs compulsifs en quête de galettes ésotériques. Pour l’aider, Dick et Barry (Jack Black), deux vendeurs quelque peu débiles mais incollables en musique. Vient le temps de la rupture. Laura (Iben Hjejle) annonce à Rob qu’elle le quitte. Abasourdi et désormais seul, il décide de retrouver ses ex – dont une certaine Charlie jouée par Catherine Zeta-Jones – pour comprendre les raisons de ces échecs amoureux à répétition. S’en suit une comédie (romantique?) tonique, sympathique et sans prétention sur les aléas des peines de cœur. Stephen Frears, comme comme à son habitude, peint des marginaux avec cruauté et affection. Ils sont drôles, inquiétants, survoltés, angoissés, hors normes et leurs tribulations sont accompagnées d’une bande son jouissive (Dylan, Stevie Wonder, Velvet Underground, Love, 13th Elevator, Stereolab, Kinks, Elvis Costello, etc. Tiré du roman de Nick Hornby et sorti en 2000, High Fidelity n’a que la prétention de faire passer un bon moment, il y parvient et c’est déjà pas si mal. À ranger pas trop loin de Good Morning England, The Commitments et The Blues Brothers.

Patrick BETAILLE, juin 2021

David Willardson – American Graffiti

 

[Extrait]: Après avoir fréquenté l’Art Center College of Design de Pasadena en Californie, cet américain débute en réalisant quantité d’illustrations à l’aérographe pour le magazine The Los Angeles Times. Grâce à une notoriété grandissante, David Willardson est amené à accompagner de nombreuses campagnes publicitaires en mettant en scène les pin-up rétros qu’il affectionne particulièrement. C’est ainsi qu’en 1973, il livre l’affiche du film réalisé par George Lucas: American Graffiti. Il commence également à travailler pour Disney en concevant un nouveau look pour les personnages présents sur de nombreuses affiches de films (sa collaboration avec la firme cinématographique s’étendra sur un bonne vingtaine d’années). Véritable maître de l’aérographe primé à maintes reprises, Willardson a joué un rôle déterminant dans l’essor de la culture pop. À ce titre il travaille occasionnellement sur des couvertures de Rolling Stone Magazine, des illustrations pour la promotion des guitares Fender et sur de nombreuses pochettes d’albums. Au crédit du graphiste l’on trouve des albums des Carpenters, Ike & Tina Turner, Beach Boys, Count Daisy, Fats Domino, Little Richard, Mötley Crüe, Pacific Gas & Electric, The Meters et d’autres. Parmi ces cover art, certains sont particulièrement représentatifs du style et des talents de l’artiste. C’est le cas ici avec le There Must be More to Love than This de Jerry Lee lewis en 1970, ′Ot N Sweaty, le live de cactus en 72 et Rainbow, le premier album post Deep Purple de Ritchie Blackmore en 1975.

Patrick BETAILLE, juin 2021


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Nick Tosches – Hellfire

 

Le premier ouvrage de Nick Tosches( 1949-2019) est une biographie de Jerry Lee Lewis publiée en 1982. Dès sa parution, Hellfire  assure à l’écrivain une place au premier rang des écrivains majeurs de la scène musicale. ″ Je veux que les choses soient bien claires. Hellfire de Nick Tosches est le plus beau livre jamais écrit sur un interprète de rock’n’roll – il est sans égal. Mais il est loin de n’être que cela. Tôt ou tard, Hellfire sera reconnu comme un classique américain ″. C’est par ces mots que s’ouvre la préface de Greil Marcus, éminent critique rock et spécialiste de la pop culture américaine.

Nick Tosches remonte aux sources infernales du succès : les disques Sun, la famille pentecôtiste de Jerry, sa quête effrénée d’une musique explosive et retrace ensuite la chute de celui qui était sur le point de ravir sa couronne à Elvis the Pelvis: Le Killer. Les détails sont légion, le récit nerveux, concis et passionnant. Le style narratif percutant et travaillé, l’écriture absolument maitrisée. de quoi offrir à ce bouquin la richesse et la puissance  nécessaire à la compréhension d’une descente aux enfers de la gloire. Pas une seule seconde d’ennui à la lecture des quelques 200 pages de Hellfire et comme le dit si bien l’ami Vince grâce à qui j’ai découvert ce brûlot: ″ La tarte dans la gueule est immédiate, solide et implacable, personne n’y résiste, c’est efficace et rodé comme du papier à musique…″ (Lire la chronique sur Veetess!). À lire, Hellfire est à Jerry Lee ce que le concert Live at the Star Club de Lewis est à écouter: le témoignage rock & roll le plus pur, le plus dur jamais offert; un putain de bâton de dynamite. Attention, mèche courte!

Patrick BETAILLE, juin 2021

Vinyls à la Tonne – Robert Lacire

© Photo: AFP

 

Je parle en poids car c’est plus facile dit Robert Lacire, 78 ans, lui qui a accumulé tout au long de sa vie le nombre faramineux de 21 tonnes de vinyles. Rien de comparable avec les 6 000 000 d’exemplaires de Zero Freitas mais quand même! Près de 130 000 galettes ont leur place dans chaque recoin de son domicile rennais et dans plusieurs garages. Aujourd’hui, il souhaiterait que sa collection fasse partie d’un conservatoire ou d’un musée du disque. Malgré de nombreux courriers adressés à des institutions locales, et même en son temps à Jacques Chirac, la démarche de ce passionné n’a pour l’instant pas abouti. Tout le monde trouve le projet très bien mais personne ne bouge. Je vieillis, ça va partir chez Emmaüs plutôt que de rester dans la mémoire dans une région, regrette-t-il et on le comprend! Source et intégralité de l’article: La Dépêche.


L’éloquence et le Désaveu du Cover Art en Livre: In Vinyle Veritas!


Patrick BETAILLE, juin 2021

Le Lundi c’est permis – Secrets Desseins

© Photo Kieran Doherty / Reuters

[Jean-François Jonvelle – Photographe]: L’érotisme tient dans ce sein qu’on ne saurait voir – Eroticism lies in that breast that cannot be seen


Patrick BETAILLE, juin 2021

Odeith – Street Illusion

© Sergio Odeith

 

Né à Damaia près de Carcavelos au Portugal, Sergio Odeith a commencé à flirter avec le graffiti dans les années 80. Ayant pris conscience des limites imposées par les représentations graphiques sur plans plats et très intéressé par les ombres et les perspectives, il se lance rapidement dans la 3D dans un style qu’il qualifie de ″Sombrio 3D″. Très rapidement son talent dépasse les frontières de son pays natal et en 2005 il touche cette fois à l’art anamorphique, technique consistant à utiliser des éléments existants pour y appliquer des illusions d’optique. En 2019 il réalise une œuvre saisissante en peignant sur un bloc de béton d’une friche industrielle un vieux bus abandonné et en piteuse condition. Le rendu est parfait, grâce notamment au sens du détail qui s’étend jusqu’aux ombres portées sur le mur mitoyen. En juillet 2020 Odeith révèle au public une autre fresque à connotation apocalyptique d’un réalisme incroyable. Il s’agit d’une locomotive dans un état de décrépitude avancée à l’avant de laquelle un tag annonce la couleur: COVID=EnD! Galerie Odeith.

Patrick BETAILLE, JUIN 2021

Saxon – Inspirations

Que ce soit par conviction, par manque d’inspiration ou pour des raisons purement mercantiles, en général, les groupes qui se livrent à l’exercice de l’album de reprises prennent un risque. Celui de se voir confrontés à l’exigeante virulence des milieux spécialisés et à la critique ou, au mieux, à l’indifférence de leurs propres fans et de ceux des groupes auxquels ils prétendent rendre hommage. Avec son dernier album, Saxon assume ses influences de la plus belle des manières. Inspirations est un véritable best of de ce qui s’est fait de mieux dans le domaine du classic rock. Jugez plutôt:

Paint It Black (The Rolling Stones). Immigrant Song (Led Zeppelin). Paperback Writer (The Beatles). Evil Woman (Black Sabbath). Stone Free (Jimi Hendrix). Bomber (Motörhead). Speed King (Deep Purple). The Rocker (Thin Lizzy). Hold The Line (Toto). Problem Child (AC/DC). See My Friends (The Kinks).

Le résultat est étonnant! De la puissance mélodique de Paperback Writer à la solidité charpentée de Evil Woman ou de Bomber et au passage en surmultipliée pour Speed King, le groupe exprime sa passion et parvient à apporter sa patte à tous les titres sans pour autant en trahir l’esprit. Biff Byford au chant est tout simplement au sommet de son art quand il s’attaque à The Rocker, Immigrant Song et Problem Child.

Personne n’est dupe, en tant qu’album de reprises, Inspirations est un album dispensable mais il a au moins le mérite de donner une seconde jeunesse à une playlist emblématique tout en offrant une récréation bienvenue et jouissive. Ne boudons pas notre plaisir, surtout par les temps qui courent!

Patrick BETAILLE, juin 2021

METAL HURLANT – Le Retour!

Dès sa création en 1975, le magazine devient un élément incontournable de la Pop Culture. Créé Jean-Pierre Dionnet – son rédacteur en chef de 1975 à 1985 – la formule trimestrielle propose avec succès un mélange de bandes dessinées sur fond de Science Fiction et un rédactionnel dans lequel la musique occupe une place de choix. Éditée par les Humanoïdes Associées, la revue cesse de paraître en 1987 après 133 numéros, pour revenir de 2002 à 2004 au format bimestriel. En mai 2006, un ultime numéro de cent pages est publié, annonçant la fin de Métal hurlant. En mai 2020, Vincent Bernière annonce le retour de Metal hurlant. La sortie de la nouvelle formule est prévue en octobre 2021 sous la forme mook: 288 pages couleur à mi-chemin entre livre et magazine. 50 auteurs, une trentaine d’histoires à feuilleter, de quoi relancer la machine et ravir les fans avec de nouveaux sujets. À n’en pas douter, la pandémie et ses conséquence seront à la Une. Le Futur, c’est déjà Demain!

Patrick BETAILLE, juin 2021

 

Roger Waters Face à un Mur!

On le sait, s’agissant de défendre les valeurs morales (cf sa campagne anti Trump entre autres) Roger Waters n’a pas l’habitude de mâcher ses mots. Mais quand il s’en prend à Mark Zukerberg, là, le co-fondateur de Pink Floyd sort de ses gonds.

J’ai reçu une demande à propos des droits d’utilisation de Another Brick in the Wall, Pt. 2. Mark Zuckerberg m’a proposé une énorme, vraiment énorme somme d’argent pour pouvoir utiliser le titre sur un film de promotion pour Instagram. Ma réponse a été : VA TE FAIRE FOUTRE! PAS QUESTION !″ Et d’ajouter: ″Je révèle ceci car il s’agit d’une démarche sournoise visant à tout contrôler. Ceux qui parmi nous bénéficient d’une notoriété – c’est mon cas quant à la gestion de l’édition de mon œuvre – ne devraient pas jouer ce jeu. JE NE PRENDRAI PAS PART À TES CONNERIES, ZUCKERBERG!″ Il m’a été répondu : ″Nous pensons que le thème central de cette chanson est toujours aussi prévalent et nécessaire aujourd’hui, ce qui montre à quel point votre travail est intemporel″… ″Mais en fait ils veulent utiliser ma chanson pour rendre Facebook et Instagram encore plus puissants qu’ils ne le sont déjà, et ce, afin de continuer d’appliquer la censure. Notamment en interdisant toute diffusion auprès du grand public sur le cas Julian Assange (WikiLeaks NDLR). Vous vous demandez comment ce petit con – qui a débuté en disant: Elle est jolie, donnons-lui un 4 sur 5. Elle est moche, donnons-lui un 1 – a pu acquérir le moindre pouvoir ? Et pourtant il est bien là! L’un des crétins les plus puissants du monde″.

Pour finir, le bassiste enfonce le clou: ″Allez, bande de Trolls, si vous voulez, traitez-moi d’hypocrite parce que j’ai osé poster ceci sur la plateforme merdique de Zuckerberg, Facebook″. Rien à foutre!″

Patrick BETAILLE, juin 2021

Le Lundi c’est permis – Collection

© Photo: Jennifer Stenglein

 


[Jean Brassard]: Pour un mélomane la plus belle pièce de musique est celle qu’il écoute. Pour un collectionneur c’est celle qu’il n’a pas dans sa discothèque For a music lover the most beautiful piece of music is the one he listens to. For a collector it is the one he does not have in his record library.