Anton Corbijn – Miles Davis

Miles Davis, Montreal 1985 © Anton Corbijn

 

Né en 1955 à Strijen en Hollande Anton Corbijn est un photographe et réalisateur. Dans les années 70 il s’installe à Londres et travaille pour le new Musical Express. Ses clichés noir et blanc très contrastés le font connaître et de nombreuses stars passent devant son objectif. Parmi elles, les Stones, U2, Nirvana, The Slits, Nick Cave, Siouxsie Sioux, Arcade Fire, Tom Waits, REM, Metallica, Johnny Rotten, Depeche Mode mais aussi Isaac Hayes, the Bee Gees, David Bowie, Joe Cocker, Johnny Cash, Grace Jones et même Johnny Halliday.

Miles Davis également est devenu le sujet de l’une des photos les plus célèbres prises par Corbijn. À Montréal en 1985, Miles Davis se prêtait au jeu de l’interview face à Richard Cook (NDLR: Journaliste, chroniqueur et spécialiste du jazz). Voici l’histoire racontée par le photographe lui même et traduite par mes soins, rien que pour vous.

[Anton Corbijn] Bien qu’autorisé à assister à l’interview, je n’avais pas le droit d’utiliser mon appareil. Miles n’était pas particulièrement agréable avec Richard ce jour là. Chaque fois qu’il répondait à une question, il ajoutait: ″Comment tu t’appelles déjà?″.  J’ai quand même réussi à obtenir un rendez-vous pour un shooting avec le musicien le lendemain: cinq ou six minutes dans une chambre d’hôtel. Nous nous sommes placés près d’une fenêtre car j’utilise au maximum la lumière disponible. Miles était un bel homme au visage expressif et au regard très intense. À l’époque il était malade et souffrait beaucoup; il suivait un traitement qui affectait énormément ses pupilles. C’est ce qui est frappant sur cette photo. Ses pupilles sont vraiment énormes. Je ne me souviens pas pourquoi Miles a pris cette pose mais c’est celle qu’il souhaitait pour illustrer son album Tutu alors en préparation. Malheureusement, Warner Bros a exigé que la photo du cover art soit réalisée par un photographe reconnu et, évidemment, à l’époque je ne l’étais pas. C’est alors Irving Penn qui a eu le job. J’adore le cliché de Penn, mais vous pouvez facilement deviner d’où vient l’inspiration.

Il y a une histoire qui circule à propos de Miles dînant avec Ronald Reagan à la Maison Blanche. L’épouse du président lui demande: ″Qu’as-tu fait pour être invité ici?″  Et Miles de répondre: ″J’ai changé cinq fois le cours de la musique. Et vous? Qu’avez-vous fait à part baiser avec le président ?″ Je ne sais pas si l’anecdote est vraie mais en tous cas je la trouve savoureuse.

Patrick BETAILLE, janvier 2023

Elsa Kuhn – Dans la Cour du Roi Pourpre

 

J’ai déjà évoqué ici même comment, par le plus grand des hasards, j’ai découvert le travail bluffant d’Elsa Kuhn, une artiste qui  réinterprète en les brodant des pochettes de disques qui dès lors deviennent entre ses doigts des pièces uniques et exceptionnelles. Ici même également – mais bien avant – je m’étais brièvement penché sur la première production discographique absolue et définitive de King Crimson: In The Court of the Crimson King. L’occasion pour moi de mettre en lumière l’auteur d’un cover art irrésistible: Barry Godber. À l’époque, totalement fasciné par le concept, j’avais acheté ce 33 tours sans même avoir la moindre idée quant à son contenu musical.

L’occasion était trop belle. Contact pris avec Elsa, commande passée et livrée en temps voulu. Un petit tour chez Merlin Pinpin pour dégoter le cadre aux bonnes dimensions et acheter un aérosol de peinture gris pâle pour donner un peu plus de peps à l’ensemble désormais en bonne place. Me voilà heureux possesseur de ce que je considère comme une œuvre à part entière, tant par son originalité que par la qualité de son exécution.

Si, comme moi, vous attachez de l’importance à ces artistes qui font ce qu’ils aiment et qui aiment ce qu’ils font, n’hésitez pas. Il y a probablement quelque part chez vous ou en vous un souvenir ou une image qui ne demandent qu’à revivre de la plus belle des manières, pour votre plus grand plaisir. Rendez vous sur In Felt We Trust, le site officiel de l’artiste ou sur sa page Facebook.  

Patrick BETAILLE, janvier 2023

And the Winner Is: Jack Daniel’s Bonded

Lancé au printemps 2022, le Jack Daniel’s Bonded a été élu Meilleur Whisky de l’année 2022 par le guide Whisky Advocate. Avec une note de 97/100 cet alcool premium bénéficie de l’appellation Bottled-in-Bond, indiquant ainsi qu’il provient d’une seule distillerie, a été produit pendant une seule saison de distillation et a été vieilli pendant au moins quatre ans avant d’être embouteillé à 50°. Conçu à partir de la recette du célèbre Jack Daniel’s Old N°7 mais plus intense et boisé, le breuvage composé de 80% de maïs, 12% de malt et 8% de seigle a largement conquis les dégustateurs. La bouteille de 70 Cl est disponible au prix de 43 euros: La Maison du Whisky.

Patrick BETAILLE, janvier 2023

Bonnes Résolutions 2023 – Capitaine Haddock

Archibald Haddock, personnage de Tintin par Hergé

 

 

Resolutions? Me? What are you just implying? That I need to Change? Well, guys, as far as I’m concerned, I’m perfect the way I am! Got it ?!

Patrick BETAILLE, janvier 2023

31 Décembre

 

[Catherine Rambert – Petite philosophie du soir]: ″ En cette dernière journée de l’année, se souvenir qu’il est toujours temps… Temps d’aimer et temps de recevoir. Temps de changer et temps d’accepter. Temps de recommencer et temps de partir. Temps de renaître et temps d’espérer. Temps de promettre et temps d’agir. Temps de vivre tout simplement


 

Le lundi c’est permis – Lost

 


There’s a well known joke about an english tourist in Ireland who asks one of the locals for directions to Dublin. The Irishman replies: ″ Well sir, if I were you, I would not start from here ″.

Une blague bien connue raconte l’histoire d’un touriste anglais en Irlande qui demande à un habitant du coin son chemin pour de rendre à Dublin. L’Irlandais de répondre : ″ Eh bien monsieur, si j’étais vous, ce n’est pas d’ici que je partirai ″.


Patrick BETAILLE, novembre 2022

Doisneau – Le Baiser de l’Hôtel de Ville

© Robert Doisneau

 

En avril 1950, dans le Paris de l’après-guerre, Robert Doisneau est en quête de sujets pour répondre à une commande de la part de Life Magazine. Dans un café, le photographe repère un jeune couple en train de s’embrasser. Il les aborde et leur propose la somme de 500 francs pour rejouer la scène à l’extérieur. Le 12 juin, le cliché mettant en scène Françoise Delbart et Jacques Carteaud – alors tous deux élèves du Cours Simon – figure sur une double page du magazine américain : ″ In paris, young lovers kiss wherever they want to and nobody seems to care ″ (À Paris, les jeunes amoureux s’embrassent où bon leur semble et personne ne semble s’en soucier). Aux côtés de cinq autres photos, celle de l’Hôtel de ville passe alors quasiment inaperçue. Fin de l’histoire?

À partir de 1986, soit 36 ans après sa sortie dans Life magazine, Le Baiser de l’Hôtel de Ville devient la photo iconique du Paris romantique. Déclinée en posters, imprimée à des millions d’exemplaires, elle reste la plus célèbre de Robert Doisneau et figure dans le top 10 des images les plus connues au monde. C’est tout?

En 1992, Denise et Jean-Louis Lavergne, un couple d’imprimeurs, affirment qu’ils sont les protagonistes du Baiser et réclament 500 000 francs au photographe pour atteinte au droit à l’image et à la vie privée. À l’annonce du procès, Françoise Delbart réapparait avec en main le cliché original que Doisneau lui avait offert après la séance photo. En 1993, tout ce beau monde se retrouve devant le tribunal. Les Lavergne ne parviennent pas à démontrer qu’ils étaient les amants de l’Hôtel de ville et sont déboutés. Françoise également. Le tribunal estime que son visage n’est pas formellement identifiable et, à ce titre, considère qu’elle n’est qu’une figurante. Elle réclamait 100 000 francs ainsi qu’un pourcentage sur les bénéfices commerciaux et finalement elle en obtiendra 50 000 après avoir renoncé à ses droits passés et à venir. Jacques Carteaud, lui a toujours refusé d’être associé à une démarche qu’il considère comme ″ une vulgaire histoire de fric ″. Mais encore?

En 2015, lors d’une vente aux enchère, Françoise a obtenu 155 000€ de son exemplaire original du Baiser de l’Hôtel de Ville. Aujourd’hui elle a 92 ans et vit à Evreux. 

Patrick BETAILLE, novembre 2022

Led Zeppelin by Led Zeppelin – Le Livre

 

Un anniversaire, un de plus, celui de Led Zeppelin. L’occasion de voir réapparaitre dans les rayons Led Zeppelin by Led Zeppelin. Publié en version reliée et dans la langue de Shakespeare en octobre 2018, l’ouvrage qui se veut le premier et le seul livre illustré officiel du groupe revient en version française brochée pour célébrer les 50 ans de la création de la formation britannique. Jimmy Page, Robert Plant, John Paul Jones et feu John Bonham ouvrent leurs archives. Ils reviennent sur la genèse des chansons, leur travail en répétition et en studio, les instruments utilisés, les triomphes mais aussi les désastres de cette extraordinaire aventure. Annotations, interviews, commentaires des musiciens, énormément de photos (trop?) – certaines inédites – mais aussi: extraits de carnets, planches contacts, reproductions d’affiches, tickets de concert, pochettes d’albums, etc. Pour l’avoir eu dans les mains, je confirme: c’est du lourd, presque 3 kg! Tout y est, organisé chronologiquement sur 400 pages pour un plongeon au cœur même du mythe Led Zeppelin. Le pavé en question trouvera facilement sa place aux côtés de celui de Barney Hoskins: Gloire et décadence du plus grand groupe du monde (Édition RivagesRouge). Source, infos et détails: Led Zeppelin by Led Zeppelin, Editions : Glénat

Patrick BETAILLE, novembre 2022

Philippe Margotin: AC/DC de 1973 à 2023

 

Si à 50 ans tu n’as pas ton livre sur AC/DC c’est, soit que tu vis dans une grotte, soit que le rock tu t’en tapes comme de ta première tétine, soit enfin que tu connais le sujet sur le bout de tout ce que tu veux. Un putain d’anniversaire pour une putain de formation qui, depuis désormais un demi-siècle, occupe le top du décrassage de cages à miel dans l’histoire du rock. Dernier hommage en date, celui rendu par Philippe Margotin: AC/DC – Le Groupe, les Albums, la Musique. Romancier, chroniqueur, directeur de collections, l’auteur a écrit bon nombre de biographies dont celles de Johnny, Amy Winehouse, U2, Bashung, Radiohead, Polnareff, Police, Who, Rolling Stones et Muse. Il a également commis avec Jean-Michel Guesdon une série d’ouvrages intitulée La Totale (Editions EPA) dans laquelle des œuvres musicales sont décryptées et analysées. Les productions des Beatles, Bob Dylan, Pink Floyd, Led Zeppelin, Jimi Hendrix etc, y sont ainsi passées à la moulinette afin de comprendre comment leurs auteurs ont définitivement marqué l’histoire de la musique.

Ce livre célèbre un demi-siècle de AC/DC. Il revient sur un formidable parcours qui a commencé en 1973 avec les premiers pas dans les clubs de Sydney avec le chanteur Dave Evans, la création du style AC/DC avec Bon Scott au chant, Angus et Malcolm Young aux guitares, Mark Evans puis Cliff Williams à la basse et Phil Rudd à la batterie, enfin, la consécration planétaire avec Brian Johnson et avec Back In Black, l’un des albums les plus vendus de toute l’histoire de l’industrie du disque″ [Source: Éditions Glénat]. Ouais bon, une bio de plus me direz vous. Ce à quoi je réponds to de go et sans sourciller: et pourquoi pas! Peut-être n’avez vous pas dans votre bibliothèque le AC/DC Tours de France 1976-2014 (Ed Point Barre 2014) de Philippe Lageat & Baptiste Brelet, un monument de 712 pages retraçant le parcours du groupe dans l’hexagone. Peut-être êtes vous passé à côté de l’indispensable AC/DC High Voltage Rock n Roll (Ed Chêne 2011) que Phil Sutcliffe a consacré à la bande à Angus. Alors c’est le moment! Vous les avez? Eh bien remettez en une couche avec ce dernier ouvrage! Cela prouvera que vous êtes un inconditionnel et qu’à ce titre, repartir en enfer avec la bande aux frères Young ne vous fait même pas peur. En outre, néanmoins, cependant et de toutes façons, une bio n’est jamais définitive, à fortiori quand les grands énervés du rock tournent encore. Pis, Nowel n’est pas si loin non? Pour en savoir plus: Éditions Glénat.

Patrick BETAILLE, novembre 2022