Liz Truss : U-Turn

 

Royaume-Uni. Après 44 jours au pouvoir, Liz Truss démissionne de son poste de Première Ministre. Bon, on va pas en faire toute une salade non plus hein?!

Patrick BETAILLE, octobre 2022

Pennie Smith – Le Clash du 14 Décembre 79

© Photo: Pennie Smith

 

Passionnée par le monde du rock, cette photographe britannique a réalisé de nombreux portraits de légendes et couvert bon nombre de concerts pendant lesquels elle a shooté les musiciens témoins actifs des moments forts de la scène musicale. Son premier cachet significatif elle l’obtient en couvrant une tournée de Led Zeppelin dans les années 1970, époque à partir de laquelle elle commence à travailler pour le New Musical Express. Au cours de sa collaboration avec le magazine, Pennie Smith a l’occasion de photographier beaucoup d’icônes et de légendes du Rock. Pink Fairies, Led Zeppelin, The Rolling Stones, The Who, Iggy Pop, The Jam, Debbie Harrie, et beaucoup d’autres se sont ainsi retrouvés au cœur de sa mémoire argentique. L’un de ses plus célèbres clichés est celui de Paul Simonon fracassant son instrument sur la scène du palladium de New York lors d’une tournée en 1979.

Bien avant cet événement mémorable, certains s’étaient déjà prêtés au jeu du ça casse et ça passe. Jerry Lee Lewis incendiant son piano en première partie de Chuck Berry, Pete Townsend éventrant son ampli à grands coups de manche de guitare ou encore Jimi Hendrix immolant sa Stratocaster sur la scène de Monterey. Mais là!.. Dans quelques millièmes de secondes et en gros plan, la Fender Précision Bass va s’écraser on stage et voler en éclats pour exprimer tout ce qui symbolise l’excitation, la puissance et l’urgence énergique du rock. 

Quand il voit le tirage, Joe Strummer envisage de le garder pour le cover art de l’album en devenir. Pennie, elle, trouve la photo de mauvaise qualité et tente de convaincre le chanteur-guitariste de The Clash de changer d’avis. En vain. Il la veut et il l’aura, soutenu en ce sens par le staff du NME qui trouve que le flou incriminé donne encore plus de force au témoignage visuel. 


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Le lundi c’est permis – Étincelle!

Side Car Noël, GaaaaaZ!

 


[Zazie: Allumer le Feu – Extrait]: ″ Revenir à l’état sauvage, forcer les portes, les barrages. Sortir le loup de sa cage, sentir le vent qui se déchaîne, battre le sang dans nos veines, monter le son des guitares et le bruit des motos qui démarrent ″.


Patrick BETAILLE, octobre 2022

Nick Ut – Kim Phuc

© Photo Nick Ut-AP

 

L’enfer, c’est celui dans lequel se retrouve plongée Kim Phuc Phan Thi un jour de juin 1972.  La petite fille a neuf ans lorsque une bombe au napalm larguée par l’armée sud-vietnamienne tombe sur Trang Bang, son village au sud-ouest de son pays. Touchée par les projections d’essence gélifiée, Kim court en hurlant sur la route avec d’autres enfants suivis par des soldats. Elle a été happée par les flammes. Son dos, sa nuque et ses bras son brûlés et le reste de ses vêtements sont réduits à l’état de cendres qui collent à sa peau. Nick Ut, mandaté par Associated Press, capte l’horreur de cet instant. Juste après avoir pris le cliché devenu tristement célèbre, le jeune photographe décide d’amener la victime à l’hôpital où on lui dit clairement que, dans son état, des soins sont inutiles car elle allait mourir de ses blessures. ″J’ai montré ma carte de presse et j’ai dit que si elle mourait, ma photo serait à la une de tous les journaux et qu’ils auraient des comptes à rendre″ raconte le journaliste.

Cinquante ans plus tard, le cliché ″ Napalm Girl ″ – qui a valu à son auteur le prix Pulitzer – demeure incontestablement l’une des images les plus marquantes de la guerre du Viêt Nam. Quant à Kim, elle vit désormais au Canada. Elle a tout pardonné, s’est réconciliée avec la photo qui très longtemps lui a rappelé sa souffrance et la perte de son enfance. ″ Je ne peux pas changer le passé, mais avec de l’amour je peux changer l’avenir ″ confiait elle dans une interview.

Patrick BETAILLE, octobre 2022

Martin Sharp – Cream

 

Dans les années 60, Martin Sharp (1942 – 2013) devient directeur artistique du magazine satirique australien OZ.  Les représentations psychédéliques de Bob Dylan, Jimi Hendrix, Donovan ou encore lMona Lisa entourées de bananes font de lui un artiste immédiatement reconnaissable. Sharp est alors le maitre incontesté des entrelacs tourmentés, des couleurs criardes et des lettrages surréalistes qui deviendront l’apanage de l’un des plus beaux courants artistiques des sixties. À Londres, il se lie d’amitié avec Eric Clapton avec qui, pendant un temps, il partage le même appartement. Au cours de cette période il offre au guitariste un poème qui aboutira à la chanson Tales of Brave Ulysse figurant en 1967 sur Disraeli Gears de Cream, album pour lequel le groupe bénéficiera du travail du designer quant à la réalisation du cover art. L’année suivante, Martin Sharp sera de nouveau de la partie pour l’illustration – en noir et blanc cette fois – du troisième opus du power trio Eric Clapton/Ginger Baker/Jack Bruce: Wheels of Fire.


D’autres anecdotes sur les pochettes de disques dans le livre: IN VINYLE VERITAS


 

Patrick BETAILLE, septembre 2022

Jan Rose Kasmir – Jeune Fille en Fleur

© Photo Marc Riboud

 

Citoyenne américaine, Jan Rose Kasmir était lycéenne lorsque le 21 octobre 1967, à Washington, elle prit part aux mouvements contre l’engagement des Etats-Unis dans la guerre du Vietnam. Ce jour là, des milliers de pacifistes manifestant leur indignation étaient réunis devant le Pentagone. C’est alors que la jeune fille de 17 ans se détache de la foule et va au devant de la garde nationale. Le photographe français Marc Riboud est sur le lieux, il couvre l’événement pour l’agence Magnum et immortalise la scène avec cette photo de Jan Rose tenant une fleur et faisant face, seule, à une rangée de soldats qui pointent leurs fusils équipés de baïonnettes. L’instinct de Riboud fait mouche. L’image va devenir un parfait symbole du mouvement pacifiste des sixties, et même un véritable cas d’école en tant qu’analyse photographique, tant les oppositions visuelles sont nombreuses : baïonnette phallique contre fleur virginale, multitude contre solitude, fleur contre arme et, par extension, la vie contre la mort.

C’est l’artiste psychédélique Michael Bowen qui fournit ce jour là les fleurs aux manifestants, inventant par la même occasion le Flower Power.

De longues années s’écoulent avant que Jan Rose Kasmir ne prenne connaissance du cliché. C’est son père qui, au beau milieu des années 80, découvre par hasard l’image de sa fille dans un magazine de photo acheté en Écosse. Plus tard, la ″Jeune fille à la fleur″ est devenue kinésithérapeute. Depuis 2001 elle vit avec sa famille au Danemark mais n’a jamais cessé de s’engager contre la guerre. En 2004, elle réapparaissait à Londres lors d’une manifestation contre l’invasion de l’Irak par les américains. ″Je reste une vieille hippie qui se fond dans la masse, comme Superman, dont la cape est cachée dans le placard″ disait-elle alors.

Patrick BETAILLE, septembre 2022

 

Le lundi c’est permis – Toucher

 


″ Come on David! Just relax, try not to get an erection and everything will be fine! –  Ok doc! But my name is Maurice! – I know Maurice, David it’s me! ″


Patrick BETAILLE, septembre 2022

Pierre Coudouy – Photographe au Pays de l’Ours

 

Artiste-Auteur-Photographe depuis 2000, Pierre Coudouy s’est – dans un premier temps et bien avant d’aborder des sujets plus urbains et de s’impliquer dans des activités associatives qui aujourd’hui occupent une bonne partie de son quotidien – spécialisé dans la photographie de reportage qu’il pratique en allant à la rencontre de personnages authentiques qui animent des lieux chargés de traditions, qu’elles soient vinicoles ou pastorales. Authentique, Pierre l’est aussi. Il travaille avec un appareil photo à visée télémétrique, au grand-angle, sans effets spéciaux ni retouches. Son seul accessoire, l’écriture grâce à laquelle il donne avec justesse encore plus de corps à ses errances pyrénéennes, aussi bien dans la vallée ossaloise que du côté des vignobles du Jurançon. À ce titre, voici notre faiseur d’images en mode auteur avec deux beaux témoignages actuellement disponibles aux éditions MonHelios et ailleurs: Berger au pays de l’ours et Vigneron Bio, de la terre au Vin.

Très prochainement, deux événements importants (en accès libre et gratuit) vont mettre à l’honneur le travail de Pierre Coudouy dans le cadre des journées Européennes du patrimoine qui se dérouleront dans l’Espace Lecture et Découverte de la Ciutat dans le quartier du Hédas à Pau:

  • Le 17 septembre à 11h: Une conférence/débats/rencontres avec l’auteur à propos du livre ″Berger au pays de l’Ours » (pastoralisme transhumant au fil des saisons). 
  • Du 17 septembre au 1er octobre: Dans le même contexte, exposition permanente des clichés du photographe palois. Le mardi, jeudi et vendredi de13h à 17h – le mercredi de 12h à 18h  et le samedi de 10h à 13h et de 14h à 18h.

Voici donc une bonne entrée en matière pour marcher sur les pas de ce photographe humaniste en suivant son actualité sur son blog et sur les réseaux sociaux: Ici et . Adishatz!

Patrick BETAILLE, septembre 2022

Elsa Kuhn – In Felt we Trust

Enfant, Elsa Kuhn aimait déjà créer des vêtements pour ses poupées, aidée en cela par sa grand-mère qui lui enseignât les rudiments des techniques liées au travail du tissu. La couture devient pour Elsa une passion qui, après des études à l’Académie Internationale de Coupe de Paris, l’amène à développer sa propre marque de vêtements pour enfants. De fil en aiguille et tout in s’intéressant à la broderie, l’artiste se lance dans la réinterprétation de pochettes de disques qu’elle collectionne avec enthousiasme. ″J’ai toujours été passionnée par la musique et comme pour beaucoup, vient toujours une envie de trouver un moyen de l’exprimer et de la partager. Moi, j’ai décidé de faire appel au tissu, aux fils et aux aiguilles″. Au sein de son projet In Felt we Trust, Elsa exprime son talent exclusivement à la main. J‘ai décidé de broder à la main plutôt que d’utiliser une machine à coudre″ dit-elle. ″C’est un travail long et minutieux mais il offre d’innombrables possibilités″. Le modus opérandi consiste donc dans un premier temps à analyser le concept et la structure des cover art. Vient ensuite le moment de préparer et de découper les éléments de feutrine sur lesquels sont dessinés certains détails, notamment les ombres. La phase finale de la broderie sublime enfin l’ensemble au format 30 x 30 qui peut parfois exiger une vingtaine d’heures de boulot. Le résultat est plutôt bluffant pour des pièces uniques et éventuellement réalisables à la demande. Pour en savoir d’avantage et en voir encore plus:  Elsa Kuhn

Patrick BETAILLE, septembre 2022

Spencer Elden – Nevermind: Fin de la Partie

À la fin du mois d’août 2021, un mois avant le 30e anniversaire de la sortie de l’album, le bébé nageur désormais trentenaire, avait déposé une première plainte en se disant victime d’exploitation commerciale d’images à caractère pédopornographique. Débouté, Spencer Elden a fait appel et le 3 janvier 2022, sous couvert cette fois d’une demande de compensation financière liée à l’exploitation du droit à l’image. Au cours de l’audience, la défense du plaignant – celui qui figure sur le cover art de Nevermind, s’est entendue dire par les avocats des ayants droit de Nirvana: ″... à de nombreuses reprises, Monsieur Elden a refait la photo en échange de rémunérations; il s’est fait tatouer le titre de l’album sur la poitrine et il a dédicacé des copies de l’album pour les vendre sur eBay et a exploité l’image pour entretenir sa célébrité…″. L’argument n’a pas laissé la justice indifférente. Dans un document judiciaire daté du vendredi 2 septembre, le juge de Los Angeles, Fernando Olguin, a rejeté la plainte, officiellement pour des motifs de prescription, et envoyé Spencer faire mumuse dans le pédiluve. Fin de l’histoire? 

Patrick BETAILLE, septembre 2022