Kramer Frankenstrat – Adjugée!

© Photo: Ross Halfin

 

Cette guitare Kramer était l’instrument principal utilisé par Eddie Van Halen pendant l’enregistrement de l’album 1984 – le dernier avec David Lee Roth au chant – comprenant notamment les titres Jump, Panama et Hot For Teacher. En 1990, la six cordes a été offerte à un technicien du groupe qui l’a ensuite donnée à son neveu, lequel l’a fourguée dans un magasin d’instruments de musique en Californie. Labellisée CO176, la gratte vient d’être vendue aux enchères chez Sotheby’s. Le défunt guitariste possédait tout un arsenal de ce modèle – dont certains déjà été vendus – mais celui dont il est question a été adjugé 3,9 millions de dollars à un anonyme le 14 avril. Je vous fais grâce des quelques fifrelins après la virgule car tout compte fait, le record de prix atteint par d’emblématiques guitares n’a pas été atteint ou dépassé. Pfff! La Frankenstrat n’arrive qu’en quatrième position.

Le tableau d’honneur revient à Kurt Cobain avec la Martin électro-acoustique du MTV Unplugged vendue 6 millions, suivie de la Fender Mustang de Smells like Teen Spirit partie à seulement 4,5 millions. En troisième position, la fameuse Fender ″ Black Strat ″ de David Gilmour cédée pour la modique somme de 3.975.000$. Quant à la Frankenstrat originale, la toute première, elle est au musée Smithsonian à Washington et elle y restera… Parait-il!

Patrick BETAILLE, avril 2023

Gitanes – Les Volutes du Rock

Live From Paris du groupe Go de Stomu Yamashta, témoigne d’un concert donné au Palais des sports de Paris en juin 1976. Sur l’illustration, une mouche, un paquet de Gitanes et un Corneille froissé de 100 francs. La symbolique a de quoi laisser perplexe. Certes, le billet de banque et le paquet de clopes peuvent évoquer Paris et la France. Mais la mouche? Une façon de faire comprendre aux habitants de l’Hexagone que, aux yeux des obsédés de l’hygiène que sont les japonais, la propreté laisse à désirer ?

Ce n’est pas la première fois que la marque de cibiches produites par la Seita se retrouve à l’honneur sur des pochettes de disques. Déjà en 1975, pour la galette flamenco-rock de Dancing on a Cold Wind de Carmen, couleurs, motif et lettrage sont trop évidents pour n’être qu’une coïncidence ; le design Gitanes est plagié sans filtre. Shades, le sixième album de J.J. Cale paru en 1980, se contente de remplacer le dessin de l’affichiste Max Ponty par la silhouette d’un guitariste hispanique. Dans tous les cas, aucune réclamation de la part de la régie française des tabacs quant à l’utilisation de son visuel, certes bien moins célèbre dans le monde que ceux de Marlboro ou Lucky Strike. Il n’en reste pas moins que, gros fumeur, Gainsbourg apparaissait toujours en public avec son paquet de brunes à la main et que le ″ Thin White Duke ″ de David Bowie fumait également des Gitanes. Tout comme Slash, le guitariste de Guns N’ Roses, qui est allé jusqu’à se faire tatouer la danseuse au tambourin dans le dos. T’as du feu steuplé?


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Eddie Cochran – Summertime Blues

 

[Extrait]: En 1956 et 1957, de Skinny Jim à Mean When I’m Mad en passant par Sittin’ In The Balcony, Edward Raymond Cochran n’obtient que d’obscurs succès, mis à part peut être lorsque, armé de sa guitare Gretsch rouge, il interprète Twenty Flight Rock dans le film The Girl Can’t help It (La Blonde et Moi). Tout change en 1958 avec un titre composé avec Jerry Capehart, auteur-compositeur et ami grâce à qui le chanteur obtient la possibilité d’enregistrer au Gold Star Recording Studios à Hollywood. Écrit en 45 minutes Summertime Blues est publié en single au mois de juin 1958. Plutôt que les joies et l’insouciance de l’été, la chanson évoque le mal être des adolescents face aux contraintes imposées par la société…
Le titre fait mouche auprès de la jeunesse qui se retrouve pleinement dans les paroles. Musicalement tout le classicisme du rock’n’roll accompagne le texte: riff simple et efficace, rythme syncopé, nervosité du chant, claps de mains, tout y est pour bâtir une image à partir de laquelle le mythe du rebelle ne cessera de croitre, atteignant son apothéose en 1960, après le décès d’Eddie Cochran dans un accident de voiture.
Summertime Blues est intronisé au Grammy Hall of Fame en 1999 et sera classé 73ème dans la liste des 500 plus grandes chansons de tous les temps du magazine Rolling Stone…


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Patrick BETAILLE, avril 2023

Pau – Rock This Town: Seizième Édition

 

Cette année, le festival international du film musical qui se tient à Pau devrait rester dans les mémoires. Du 22 avril au 1er mai. Jazz, rock, reggae, classique, punk, metal, hip hop etc,. seront à l’honneur au travers de pas moins de 30 films musicaux, des concerts, des expositions et un salon du disque. Démarrage des hostilités le samedi 22 avril. À 18h00, rencontre-dédicace avec Michka Assayas autour de Very Good Trip, son dernier ouvrage consacré à l’aventure du Rock et écrit avec Maud Berthomier. À 20h, une première cinématographique française avec la projection au cinéma Le Méliès de  Creedence Clearwater RevivalTravelin Band Live at the Royal Albert Hall. De quoi mettre les poils de la guitare à la verticale. Et ce n’est qu’un début. Une toute petite partie de la programmation et des activités culturelles au cœur desquelles même les plus exigeants devraient y trouver leur compte, dans et autour des nouveaux aménagements du complexe culturel de la République à Pau. C’est Elsa Kuhn qui a signé le visuel de cette édition 2023. Les œuvres de l’artiste brodeuse et passionnée par les pochettes de disques feront l’objet d’une exposition permanente durant toute la période. L’occasion de partir à la découverte des cover art emblématiques magnifiquement réinterprétés. Pour tout savoir sur ce festival prometteur: Rock This Town!

Patrick BETAILLE, avril 2023 

 

Billy Joe Royal – Hush

 

[Extrait]: Hush est une chanson écrite par le musicien et compositeur Joe South pour Billy Joe Royal, un chanteur de country de Géorgie qui l’enregistre dans un studio de Nashville en juillet 1967. Le single parait en septembre aux Etats-Unis et n’obtient pas le succès escompté. Par contre, sur le continent européen, c’est carton plein avec à la clef une première place au Top 10 en Belgique. Pas mal pour une pop song qui raconte l’histoire d’un gars qui est prêt à tout laisser en plan dès qu’il croit entendre la fille dont il est raide dingue prononcer son nom…

Dès sa sortie, Hush a fait l’objet de nombreuses reprises. En France Johnny Halliday s’empresse de l’adapter en l’intitulant Mal. Il faudra attendre encore un peu pour que le morceau soit enfin reconnu outre-Atlantique. Alors qu’il séjourne à Hambourg, Ritchie Blackmore entend la version originale et l’idée d’en faire une reprise plus rock fait son chemin. Shades of Deep Purple – le premier album du Mark I de son groupe avec Rod Evans au chant – sort au mois de juillet 1968, accompagné du 45 tours qui enfin se classe au quatrième rang des ventes de singles aux Etats-Unis… En 1988, pour son vingtième anniversaire, le Pourpre Profond remet le couvert avec une version studio chantée cette fois par Ian Gillian sur l’album Nobody’s Perfect. En 1997, c’est une transposition vitaminée du hit par le groupe britannique Kula Shaker qui culmine à la deuxième place des charts au Royaume-Uni…


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Patrick BETAILLE, avril 2023

Koritni – Long Overdue

 

Long Overdue [NDLR: Traduire par Long Retard ou En retard depuis Longtemps], c’est le moins que l’on puisse dire. Depuis Rolling en 2018, les hard rockers australiens brillaient leur silence. Discographiquement parlant du moins, car sur scène Koritni étaient à l’affiche du Hellfest 2019. Depuis, de profonds changements ont eu lieu au sein de la formation (ceci expliquant cela?). Le batteur Chris Brown, le bassiste Matt Hunter, les guitaristes Eddy Santacreu et Luke Cuerden ne sont plus là mais pour l’heure, la formation est toujours dirigée de main de maître par un Lex Koritni au mieux de sa forme au chant, entouré de Tom Frémont – désormais seul guitariste – et de Daniel Fasano aux drums. Fondamentalement, rien ne change au cœur de la lointaine OZ; les couchers de soleil embrasent toujours Ayers Rock et les ingrédients avec lesquels Koritni s’est bâti une réputation méritée sont toujours d’actualité. Rythmiques efficientes, riffs incisifs, solos inspirés, et performances vocales de haute tenue – y compris en mode mid tempo – nous rassurent quant à la qualité de ce sixième album studio. Rien à jeter parmi les 12 titres de Long Overdue mixé par Kevin Shirley (Aerosmith, Led Zeppelin) avec Ryan Smith (AC/DC) en postproduction. Gros son donc. Voilà un opus simple, efficace, sentant la sueur et le Sullivans Cove qui ramone velu. Un bon remède à la morosité ambiante. Amateurs de pop nostalgique passez votre chemin!

 

The Flower Pot Men – Let’s Go to San Francisco

 

[Extrait]: À la fin des années soixante, la Californie devient l’épicentre de la révolution culturelle et musicale. Surfant cette vague, beaucoup d’artistes et de groupes en profitent pour déposer des offrandes dans le temple du Flower Power: San Francisco. Ambiance douce et lumineuse, harmonies vocales aériennes nappées de mellotron, ce  Let’s Go to San Francisco aurait pu être très facilement confondu avec une production des Beach Boys en mode Peace & Love…

Composée et produite par John Carter et Ken Lewis, enregistrée avec des musiciens de session, la chanson occupe les faces A & B du 45 tours qui sort en août 1967 sur le label Deram, filiale de Decca. Carter et Lewis sont anglais; ce qui explique peut-être pourquoi Let’s Go to San Francisco (Parts 1 & 2) – bien qu’à priori très vendeur – fait un flop aux Etats-Unis. Par contre The Flower Pot Men [NDLR: Les Hommes Pot de Fleur, il fallait l’oser celle-ci!] trouvent un excellent terreau sur le vieux continent avec notamment une quatrième place des ventes au Royaume-Uni. La forte demande implique de nombreuses apparitions télévisuelles qui, malheureusement, sont effectuées exclusivement en playback. Comme carter et Lewis refusent de se produire en concert, la maison de disques décide de faire appel à un vrai groupe chargé de prendre la route et d’assurer la promotion sur scène. Durant sa très brève carrière, la formation ad hoc recevra entre autres dans ses rangs de futurs Deep Purple: John Lord aux claviers et Nick Simper à la basse.

Alors que l’été de l’amour touche à sa fin, quatre autres singles voient le jour. Aucun ne parvient à renouer avec la popularité du voyage chez les angelinos… The Flower Pot Men sera dissout en 1970.


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Patrick BETAILLE, mars 2023

Man – Slow Motion

 

[Extrait]: Pour illustrer son neuvième album de 1974, le groupe de rock progressif gallois Man fait appel au dessinateur Rick Griffin. Le graphiste californien choisit de mettre en scène Alfred E. Neuman, le personnage récurent des couvertures du magazine satirique Mad. L’anti-héro de la pop culture américaine y est éclaboussé par un thon qu’il tient à bras-le-corps, sa main gauche semblant faire un accord sur un manche de guitare. Entre MAD et MAN seule une lettre diffère et, quitte à pasticher, le graphiste utilise pour le nom du groupe la même typographie que celle du magazine. Dans son ensemble, la démarche n’est pas du tout du goût des juristes de la maison de disques United Artists et des responsables du journal qui refusent catégoriquement que la parodie de Rick Griffin soit en couverture de l’album Slow Motion. Le cover art est alors retravaillé avec un recentrage sur le thonidé frétillant. De fait, on ne voit plus qu’une partie du visage de la mascotte de Mad qui reste néanmoins facilement reconnaissable à cause de son incisive manquante et de son sourire béat quand il dit avec insouciance et nonchalance: ″ What, me worry? ″ (De quoi, moi inquiet ?).


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Patrick BETAILLE, avril 2023

Zager & Evans – In the Year 2525

 

[Extrait]: Des hymnes hippies comme Let the Sunshine In, aux chansons bubblegum du genre Sugar, Sugar en passant par les grands classiques des Beatles ou d’Elvis, la fin des sixties a connu sont lot de ritournelles marquantes. Marquantes et étranges aussi. C’est le cas de In the Year 2525 qui, pour la première fois, aborde musicalement le thème de la science fiction en évoquant les appréhensions de l’époque mais aussi l’émerveillement inquiet à l’égard de la technologie…

Le single sous-titré Exordium & Terminus évoque élégamment le début et la fin, celle de l’homme une fois que la technologie aura pris le dessus… Succès astronomique pour le duo folk-rock Zager & Evans. Il faut dire que l’époque se prête à merveille aux errances futuristes. Deux longs-métrages de sci-fi paraissent sur les écrans: La Planète des Singes et 2001, L’Odyssée de l’espace. Le 11 juillet, David Bowie raconte l’histoire du Major Tom lors de son Space Odity. Jugé naïvement fantasmagorique et descendu par de nombreux critiques, In the Year 2525 devient pourtant numéro 1 du Billboard Hot 1001 le 12 juillet 1969 et conserve cette place pendant six semaines. La chanson est ainsi en tête des charts anglais et américains lorsque Neil Armstrong pose le pied sur la Lune le 20 juillet. Bien qu’au bas de la liste alphabétique des artistes, Zager & Evans se retrouvent à côtoyer les étoiles avec leur hit écoulé à plus de 10 millions d’exemplaires…


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Patrick BETAILLE, avril 2023

Scorpions – Lovedrive

 

[Extrait]: 1979, année du changement pour Scorpions; le groupe de hard rock allemand quitte sa maison de disques RCA. Il signe chez Harvest pour l’Europe et chez Mecury Records pour les États-Unis. Nouveau line up également. Le guitariste Ulrich Roth, parti l’année précédente, est remplacé par Mathias Jabs. Lovedrive, le sixième album studio, sort cette année là, le 15 janvier. Sur la pochette originale, un couple pour le moins suffisant est assis à l’arrière d’une berline. L’homme, élégant et cravaté, est en costard trois pièces. À ses côtés, une femme dont la robe échancrée dévoile son sein droit relié, de façon incongrue, à la main de l’homme par ce qui ressemble à du chewing-gum. Visiblement, Storm Thorgerson – le patron de l’agence Hignosis – s’est lâché. Il a préféré pour le recto cette image plutôt que celle, bien meilleure, du verso où le même couple, hilare cette fois, tient une photo encadrée du groupe. Suite à controverses aux USA, Lovedrive est censuré et édité avec, en guise de motif, un scorpion mécanique sur fond noir.


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Patrick BETAILLE, février 2023