The Georgia Thunderbolts – Can we Get a Witness

 

À l’été 2020, les Georgia Thunderbolts avaient marqué les esprits avec un premier EP éponyme tellement réussi qu’il leur avait ouvert de nombreuses portes. Originaire de Rome, au pied des Appalaches en Georgie, le quintet vient de commettre un Long Play qui, tout en intégrant l’intégralité du précédent opus, valide et confirme son positionnement au cœur d’un Southern Rock marqué au fer rouge par l’intemporalité des géants tels que Lynyrd Skynyrd et The Allman Brothers Band. Contrairement à la plupart des formations du genre (Molly Hatchet, Outlaws, etc.) The Georgia Thunderbolts ne joue pas la carte de la guitar army avec trois guitaristes. Pour se distinguer, ils ont fait le choix d’intégrer claviers, piano et même harmonica, tout en adhérant à un revival déjà brillamment soutenu par Blackberry Smoke, Drive by Truckers ou même les métalleux de Black Stone Cherry. Alors bien évidemment Can We Get A Witness est très ancré dans ses racines mais il fait surtout preuve d’une modernité prometteuse sublimée par la voix (qui parfois n’est pas sans rappeler celle de Ronnie Van Zant) remarquable de TJ Lyle dont le registre bluesy – entre soul et heavy rock old-school – fait des merveilles.  Même en mode mid tempo, les treize titres sont rythmiquement très bien soutenus, bourrés de riffs hypnotiques, et flirtent parfois avec un hard rock crasseux. Quant aux guitares de Riley Couzzourt et Logan Tolbert, à condition d’y prêter une oreille attentive, n’ayons pas peur des mots: elles sont exactement ce qu’elles devraient être et font partie de ce qui se fait de mieux dans le genre. Il faut se rendre à l’évidence, Can We Get A Witness est vraiment un bon album et Les Georgia Thunderbolts un excellent groupe de rock, sudiste ou pas. 

 

We Don’t Care – Shitty Song

Comme dirait quelqu’un que je connais bien, voilà un truc qui va vous faire sortir les roubignoles par les oreilles ! Shitty Song est un exented play des palois de We D’ont Care ; WDC pour les intimes dont vous ferez partie sous peu, si ça n’est déjà fait. Cinq titres qui mis bout à bout forment un joli paquet de dynamite mèche courte. À l’origine de ce quatuor, un certain Phil, bassiste de son état, un vétéran de la scène paloise qui à l’époque jouait le rôle de calife à la place du calife au sein du groupe Iznogood. Jérôme, le guitariste soliste, a lui aussi sévi dans plusieurs formations de la région. Chris, le batteur version Animal des Muppets, est lui aussi un local de l’étape qui a fait un passage au sein de Okploïde et question fougue il se pose un peu là . Quant à Mickaël – déniché par Phil sur Leboncoin [Si, si!] – il a quitté sa Normandie pour partager au chant et à la guitare sa passion du rock musclé qu’il compose désormais sous le beth ceu de Pau. Tout ce beau monde a bien évidemment bénéficié d’influences diverses et variées qui vont des Red hot, Deftones et Neurotic Outsider à Nirvana, Korn ou encore Rory Gallagher. Mais c’est unanimement qu’est revendiquée une appétence particulière pour l’album The color in the shape des Foo Fighters et croyez moi, ça se sent ! Le rock a-t-il encore quelque chose à raconter? La réponse est oui et c’est à We Don’t Care qu’incombe la tâche qui consiste à remettre le genre sur orbite avec un lanceur qui incontestablement carbure au Nitroglycériméthanol. Ooh Shiittt! Shitty Song offre son titre à l’album en ouvrant les hostilités. Tu parles d’une ″Chanson Merdique″! Loin s’en faut! Ça déboule à fond les ballons et il en est ainsi tout au long des cinq titres. Rythmique entêtante, riffs ravageurs, solos remarquables, voix puissantes, tout contribue à donner à l’ensemble du corps, de l’unité et une fougue qui ne faillit jamais. Difficile d’étiqueter cette galette aux accents de punk, de grunge, voire de metal, mais une chose est sûre, c’est bien de rock high energy dont il s’agit et c’est putain de bon! L’enregistrement a bénéficié d’un coup de main de Vivien Van Hoegaerden. Impeccablement mixé maison par Mickael himself, Shitty Song a été signé par le label M&O music qui, logiquement, en assure promo, com et distribution. Vivement que les concerts puissent reprendre car pour avoir vu We Don’t Care sur scène à deux reprises, j’ai vraiment hâte de découvrir les versions live de ces cinq brûlots. D’ici là …. Infos, contacts, liens utiles et écoute: On s’en Tape!

 

Patrick BETAILLE, janvier 2022

 

Time Zero – New World

 

Par définition le ″Time Zero″ désigne le point de départ d’un événement. Le nom dira peut-être aussi quelque chose à ceux qui ont connu la belle aventure des concerts du feu Show Case car c’est sous ce nom que s’y est produit ce groupe palois qui existe depuis 2011. Le quatuor nous livre aujourd’hui 10 compositions personnelles musicalement estampillées Time Zero. Au chant et à la guitare, Dominique Berdery, également auteur des lyrics. Yannick Le Garrérès derrière ses fûts soutient la descendance, en l’occurrence ses fils Raphaël et Yann respectivement guitariste et bassiste. Somme toute une histoire de famille garante d’une osmose générationnelle. Nous avons l’habitude de croire que l’histoire est un éternel recommencement, y compris (surtout?) s’agissant de musique. Chaque époque a droit à sa mouvance musicale qui la questionne. Aujourd’hui, ceux qui remettent en question l’ordre établi finissent par s’y perdre. Pas Time Zero! Autant le dire tout de suite! New World, l’album dont il s’agit, est une excellente surprise qui tend à prouver qu’il est encore possible de révéler de nouvelles esthétiques et de prouver que des approches originales restent accessibles. Pendant près de 40 minutes le plaisir de l’écoute navigue entre pop lumineuse, ambiances rock progressif et envolées punchy. Time Zero franchit le cap difficile du premier album avec une facilité ma foi assez déconcertante. Outre un rôle de chanteur parfaitement maîtrisé, Dominique occupe l’espace de la plus belle des manières en distillant çà et là de brefs (trop?) solos au phrasé expressif mais sans pour autant laisser dans l’ombre les autres musiciens. La rythmique joue son rôle avec une efficacité – ni trop, ni trop peu – qui ne nuit jamais à ces moments au cours desquels les guitares virtuoses font preuve de feeling et d’ingéniosité. Enregistré au studio Les Cerisiers à Toulouse, New World bénéficie en outre d’une production aux petits oignons et des arrangements raffinés de Raphaël qui donnent à l’ensemble corps et cohésion. Le son est vraiment remarquable et sert parfaitement un quatuor à la technique aboutie. C’est Romain Barbot, un graphiste de Toulouse, qui, à partir d’une photo du palois Anthony Batista, a élaboré un artwork qui est loin de laisser indifférent. Bref! De quoi justifier, vous l’aurez compris, la qualité en tous points de cet opus – point de départ d’une nouvelle aventure – auquel il faut vraiment prêter une oreille attentive. Pour toutes infos et contact avec Time Zero c’est Ici et . Et pour écouter (Fort!) un extrait de New World: Flowing Down!

 

la Discothèque Idéale 2021

 

Les divas de l’auto-tune vous donnent des envies de suicide? La soupe radiophonique et télévisuelle vous en touche une sans faire bouger l’autre? Le remède existe. Si, si! Le choix, bien qu’assumé, est bien évidemment relatif, partial et subjectif. Il a juste pour ambition d’entretenir l’espoir que le rock n’est pas encore mort et de prouver que, contre vents et marées, de talentueuses volontés mettent beaucoup de conviction et d’énergie pour que leur passion et leur plaisir deviennent nôtres. Bien sûr, le débat reste entier et ouvert mais il doit obéir à une constante et une seule: ″ La musique c’est comme la vie, ça se respire ″ (Francis Zegut). La discothèque idéale est chroniquée ici: Rock’n’Roll Bordel!

Patrick BETAILLE, décembre 2021

Music Rising – La Basse de Macca casse la Baraque!

© Photo: Pete Still – Redferns

Music Rising a vu le jour en 2005 après le passage de l’ouragan Katrina. Fondée par The Edge de U2 et le producteur Bob Ezrin, l’organisation caritative a pour but de promouvoir et soutenir l’éducation musicale et de venir en aide aux musiciens afin qu’ils puissent retrouver leurs moyens de subsistance. Afin de lever des fonds, une vente historique intitulée Guitars Icons a été tout récemment été organisée en Californie. De nombreux instruments de musique ayant appartenu à des légendes étaient mises aux enchères. Des guitares jouées par The Edge, Lou Reed, Lenny Kravitz, Bruce Springsteen, Rush, Slash et Noel Gallagher ont trouvé preneurs et ont permis de récolter plus de 2 millions de dollars. À elle seule, la guitare basse Yamaha BB-1200 utilisée par Paul McCartney sur les tournées de Wings à la fin des annés 70, a été la vente la plus remarquable de la soirée. La 4 cordes a été adjugée à 496 100 $. C’est le prix le plus élevé jamais atteint par une guitare basse, battant ainsi le précédent record de 384 000 $ établi par la basse Fender Mustang 1969 de Bill Wyman l’année dernière. Autre record, celui atteint par La Fender Telecaster Lake Placid Blue d’Eddie Vedder (Pearl Jam) que le musicien avait fracassée lors d’un concert en 2018. Vendue 266 200 $, elle devient la guitare cassée la plus chère jamais vendue aux enchères.

Didier Céré – Rock Rebel

 

Il est là et bien là Didier. Ambiance Milwaukee, il pose devant un bouclar sur un Panhead de 1948. Tout y est! Les tatouages, les bagouzes, le perf [NDLR: manque juste la tanche de jack mais on se doute bien pourquoi!] et la pilosité poivre et sel qui témoigne de 40 années passées sur les routes avec Abilène, Bootleggers et consorts. 40 années à fréquenter de près ou de loin des légendes françaises et internationales dont – excusez du peu – Johnny Hallyday, ZZ Top, Calvin Russell ou Moon Martin. 40 années de passion au service d’un rock high energy. Revoici donc le vieux rocker – c’est ainsi que lui même se présente – pour un deuxième album solo: Rock Rebel. Et quel album! 10 titres au cœur desquels la voix de Didier fait des merveilles pour donner au boogie et au rockabilly qu’il affectionne tant la place qu’ils méritent. Rock Rebel, le titre, ouvre les hostilités et annonce la couleur. À l’instar de six des 10 autres morceaux c’est en français, ça swingue et ça pulse velu. Exception faite de Salut Charly (une belle ballade aux accents country composée en son temps par Michel Mallory pour Jojo Smet) c’est une déferlante qui submerge ce skud de 38 minutes. Parce que là y’a du beau monde. Des connaissances locales affutées parmi lesquelles Michel Lesgourgues au sax, Nico Wayne Toussaint à l’harmonica, Jean-Pierre Medou et Jean-Michel Calleja aux guitares mais aussi Patrick Verbeke himself à la slide. Présents également et entre autres pointures d’outre-Atlantique Buddy Whittington, un ex des Bluesbreakers de John Mayall et Redd Volkaert qui fit partie du backing band de Merle Haggard. Tous deux signent d’ailleurs Lalla’s Boogie, un boogie woogie effréné qui filerait des fourmis dans les guiboles d’un paraplégique. À la basse, Kris Jefferson qui a participé aux enregistrements de plusieurs albums de Popa le Chubby et au piano, Floyd Domino, un temps compagnon de scène d’un certain Willie Nelson. Tout ce beau monde n’est pas là pour assurer le minimum syndical ou enfiler des perles. Ça joue et ça sonne, bien! La production abat l’atout de l’accord parfait et l’on se surprend à plusieurs reprises à tendre une oreille attentive vers ces guitares ciselées et ces cuivres qui claquent comme des élastiques de string. Bref les conditions idéales sont réunies pour un moment des plus agréables, le nôtre. Ce disque est celui de la maturité et il sonne comme un chant du cygne. Mais je vous rassure il n’en est pas un. Quand bien même! Je reste persuadé que Didier Céré n’a pas encore dit son dernier mot et que même en ces temps troublés il est en mesure de pouvoir nous prouver qu’il ne va pas s’endormir sur les lauriers de plusieurs nominations méritées aux Highway Awards et qu’il en a encore sous les semelles de ses tiags; notamment sur scène. Rock Rebel sort très prochainement ce mois-ci. Alors pour toute info et commande: txdidier@wanadoo.fr ou sur la page Facebook: Didier Céré & All Stars. À bon entendeur… Rock’n’Roll bordel!  

Patrick BETAILLE, décembre 2021

Pink Floyd – Battersea Power Station

 

[Extrait]: 1977. La Grande-Bretagne est secouée par l’explosion du punk porté par une jeunesse rebelle et violente, qui, à l’instar d’un certain Johnny Rotten arborant un tee shirt I Hate Pink Floyd, veut mettre à mal l’industrie musicale squattée par les dinosaures du rock du moment. Stones, Who, Dylan et consorts voient leur public s’éloigner peu à peu, attiré par la rébellion de l’underground londonien. C’est dans ce contexte que le 23 janvier parait le dixième album de Pink Floyd: Animals. malgré des tensions naissantes au sein du groupe, les sessions en studio se déroulent sans accroc majeur… À  l’époque, Waters passe régulièrement devant la Battersea Power Station et c’est une vue de cette centrale électrique à charbon plus que vieillissante qui fera l’objet d’un projet pour le moins ambitieux. L’équipe fait appel une société allemande spécialisée dans la fabrique de ballons et à l’artiste australien Jeffrey Shaw pour la construction d’un ballon en forme de cochon de 12 mètres de long destiné à être photographié entre les cheminées de la centrale. Baptisé Algie, le goret gonflé à l’hélium est mis en place le 2 décembre 1976. Onze photographes et huit caméras (dont une embarquée dans un hélicoptère) sont sur place pour immortaliser le moment. Un tireur d’élite chargé de shooter le ballon en cas de problème est également présent. Le mauvais temps retarde l’envol et l’opération est reportée. Le lendemain, le largage a lieu mais malheureusement les amarres cèdent et le tireur d’élite est absent. Algie disparaît donc dans les nuages, monte à 12 000 mètres, survole l’aéroport de Londres-Heathrow et crée la pagaille en entrainant l’annulation de plusieurs vols.  Le ballon achève sa course sur les terres d’un fermier du Kent, pour être ensuite récupéré. Nouvelle tentative fructueuse le troisième jour. Mais c’est finalement l’un des clichés pris lors du repérage des lieux qui est retenu pour la beauté du ciel contrasté ce jour-là. Algie fera simplement l’objet d’un photomontage pour illustrer Animals

La Battersea Power Station a définitivement cessé de produire de l’électricité en 1987… En janvier 2013, c’est finalement un consortium malaisien qui investit sur l’avenir des 16 hectares. Le projet, qui prévoit un hôtel de luxe, des logements, des bureaux, un parc d’attraction et un complexe commercial est revendu en 2018 à deux fonds d’investissements malaisiens pour 1,8 milliard d’euros. Au printemps 2020, la Covid-19 met un coup d’arrêt aux travaux engagés. Le verrat volant lui reprendra du service au cours des tournées de Roger Waters. En 2013 il sera marqué d’une étoile de David pour contester l’occupation par Israël de territoires palestiniens et plus récemment encore il arborera le visage d’un Donald Trump estampillé: porc ignorant, menteur, raciste et sexiste. Pauvre Algie!


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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Patrick BETAILLE, décembre 2021

Cork – Rory Gallagher Music Festival

 

Rory Gallagher (1948-1995) est né à Ballyshannon, Co. Donegal le 2 mars 1948, et sa famille a déménagé à Cork au début des années 50. Il apprend sur sa première guitare à l’âge de 9 ans. Il joue avec son premier groupe (The Impact) alors qu’il n’a que 13 ans, forme Taste en 1965 et se produit en solo à partir de 1970. En 1972 il est élu Musicien de l’Année par le Melody Maker. Tournées incessantes, 30 millions d’albums vendus, Rory décède à Londres le 14 juin 1995 à l’âge de 47 ans des suites d’un cancer du foie.  Il est enterré au cimetière St Oliver à Carrigrohane, dans le comté de Cork.

À Cork même, une place porte déjà le nom du guitariste irlandais et une sculpture en bronze lui rend hommage. L’œuvre de l’artiste locale et amie de Rory – Geraldine Creedon – représente, d’un côté une guitare, de l’autre, les paroles entrelacées de Jinxed (album Jinx sorti en 1982). En octobre, Shane O’Callaghan, conseiller municipal des lieux, a proposé l’idée d’un Rory Gallagher Music Festival annuel. Un peu à l’instar du Rory Gallagher International Tribute Festival de Ballyshannon qui se déroule tous les ans depuis 2002, la manifestation de Cork aura pour thème principal la célébration sous diverses formes de l’énorme contribution de Rory Gallagher à la musique, mais aussi la promotion de nouveaux talents de la scène locale. Le projet a été approuvé à l’unanimité. Dates et modalités restent à définir pour pouvoir envisager un Irish Tour digne de ce nom!

Patrick BETAILLE, décembre 2021

Rainbow & Fin Costello – Long Live Rock’N’Roll

© Fin Costello

 

[Extrait]: Sorti en avril 1978, le troisième album studio de Rainbow sera le dernier avec Ronnie James Dio au chant. En effet, ce dernier quittera peu après le groupe de Ritchie Blackmore pour aller remplacer Ozzy Osbourne au sein de Black Sabbath. Long Live Rock’N’Roll! L’intention est là et clairement exprimée sur l’intérieur de la pochette. Plan large sur un public dont les premiers rangs brandissent une banderole au slogan pour le moins évocateur. Sauf que!.. Et c’est Fin Costello, photographe & designer de son état, qui raconte l’histoire de ce cliché.

J’étais chez Oyster Records à New York, et je travaillais sur le cover art pour la pochette de Long Live Rock’n’roll dont le titre prévu au départ était: Kill The King. À partir de cette idée j’ai donc élaboré un concept autour d’un squelette engoncé dans une armure de roi et gisant dans les hautes herbes, avec la pochette de Rising redessinée sur un bouclier posé à ses côtés. J’ai présenté la maquette à Polydor. J’avais également proposé une photo prise lors d’un concert de Rush afin d’appuyer le slogan publicitaire que nous pourrions exploiter. Après la sortie du disque en question je me suis rendu à une prestation de Rush avec l’intention de savoir ce qu’ils pensaient de mon idée d’avoir utilisé cette prise de vue. La leur en somme. Accueil glacial et fin de non recevoir. Et pour cause! la maison de disques n’avait pas retenu mon projet pour le recto de la pochette. Je le savais, j’en avais été informé. Ce que j’ignorais c’est ce qu’ils avaient fait avec la photo de la manchette intérieure. Le cliché original a été retourné, recadré et retouché. Un roadie du premier plan a été gommé, dans le public, les tee shirts arborant le logo de Rush ont été effacés et, sur la banderole, un message de bienvenue au groupe canadien a été remplacé par le fameux ″ Long Live Rock’n’Roll ″. Mis devant le fait accompli j’étais sur le cul, anéanti par le comportement de Polydor et bien évidemment incapable de faire quoi que ce soit. C’était trop tard! Il m’a fallu des années pour regagner la confiance de Rush.


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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Patrick BETAILLE, décembre 2021

Sonic Youth – Goo and the Moors Murders

Après Evol et Sister, deux albums sortis en 86 et 87 sur SST Records, et Daydream Nation en 88 sur Blast Records, le succès et la popularité de Sonic Youth vont grandissant et ouvrent au groupe les portes du label Geffen qui en 1990 publie Goo.  L’occasion de s’attarder sur la petite histoire la pochette de ce septième album de la formation de rock alternatif. Raymond Pettibon en est l’auteur. Dessiné en noir et blanc, un couple occupe un espace qui s’apparente plus à une illustration de fanzine qu’à autre chose. À la sortie de l’album les spéculations vont bon train. Beaucoup sont persuadés que le cover art met en scène le tandem Thurston Moore/Kim Gordon, respectivement guitariste et bassiste de Sonic Youth, mariés à la ville comme à la scène. En réalité le dessin est tiré d’une photo prise par un paparazzi lors du procès d’un couple de serial killers dont les crimes ont secoué l’Angleterre des années 60. Il s’agit donc de Maureen Hindley et David Smith, tous deux témoins clés dans l’affaire des Moors Murders. Maureen était la sœur de Myra Hindley qui, avec son amant Ian Brady, comparaissaient pour avoir torturé, abusé sexuellement, mutilé et assassiné plusieurs enfants. Les tueurs n’auraient peut-être jamais été arrêtés sans le témoin principal David Smith, le beau-frère de Maureen. Invité pour un apéro chez les Hindley, David arrive alors que ses hôtes venaient de commettre l’un de leurs crimes. Après avoir aidé le couple à nettoyer les lieux et à se débarrasser du cadavre, très choqué et pris de remords, Smith a révélé les faits à la police. Finalement le couple diabolique a été condamné à la prison à perpétuité en 1966. Comme à son habitude, histoire de titiller les imaginations tout en entretenant le mythe des tueurs psychotiques en cavale, Raymond Pettibon s’est fendu d’une annotation à la hauteur des faits:  ″J’ai piqué le petit ami de ma sœur. C’était un véritable tourbillon de chaleur et d’éclairs. Au bout d’une semaine, nous avons zigouillé mes parents et taillé la route ″.


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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Patrick BETAILLE, novembre 2021