Kenny Wayne Shepherd – Lay It on Down

Kenny Wayne Shepherd, Lay it down

 

huitième album studio pour ce p’tit gars de la Louisiane qui depuis les années 90 s’est fait une solide réputation sur la scène Blues Rock.  ″Lay It on Down″ vient une fois de plus prouver, si besoin en était, que le genre n’a plus aucun secret pour celui qui dès l’âge de 7 ans a troqué ses Playmobil® contre une 6 cordes. Le Blues reste présent sur ce nouvel opus mais incontestablement le guitariste élargit sa palette en explorant la Soul et la Country. Quand les cuivres claquent, quand la guitare est débranchée ou quand des accents Folk ou Gospel s’invitent à la fête, les riffs et solos restent présents sur les 10 pistes au sein desquelles virtuosité et sensibilité se taillent la part belle. Variété des genres, qualité de production et exécution sans faille font de ces 41 minutes l’un des albums les plus riches  de Kenny Wayne Shepherd. How low can you go!

Patrick BETAILLE, août 2017

Is this the life we really want? – Roger Waters censuré en Italie!

Roger Waters: Is this the life we really want?

[Extrait]: Pour le dernier album de Roger Waters, les concepteurs du packaging ont fait appel au concept dit de ″la rature″. Cette technique consiste à masquer ou rayer les termes d’un texte pour qu’au final seuls certains mots clés soient mis en valeur. Mal leur en a pris. A la parution de l’album, Emilio Isgrò a déposé plainte contre Sony Italia pour plagiat. La plainte de l’artiste, sicilien de son état, reposerait sur une création que lui même à mis en œuvre il y a plusieurs années et à ce titre il exige que la vente de l’album soit interdite en Italie. Les protagonistes n’étant pas parvenus à un accord, les juges du tribunal de Milan viennent de donner raison à Emilio. L’objet déclaré illicite restera sera bien sûr disponible en ligne mais la question posée par Le nouvel opus de l’ancien leader de Pink Floyd prend aujourd’hui un sens tout particulier: ″ Is this the life we really want? ″.

Patrick BETAILLE, juillet 2017


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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MusiCorps – Wounded Warrior Band

MusiCorps Wounded Warrior

L’histoire commence en 2007. Alors qu’il visite un centre médical de l’armée américaine, Arthur Bloom rencontre un soldat victime d’une mine anti personnelle. Ayant perdu une jambe, le combattant était préoccupé de savoir s’il serait un jour en mesure de pouvoir jouer à nouveau de la batterie. Ému, Bloom décide de fonder MusiCorps, un programme de réinsertion destiné aux vétérans qui, blessés en Irak ou en Afghanistan, souhaitent apprendre ou réapprendre à jouer d’ un instrument. MusiCorps a aidé et aide encore de nombreux soldats dans leur rétablissement et leur réinsertion. Qualifiée par le Wall Street Journal de ″Révolutionnaire« , cette belle initiative et son fondateur ont été classés par CNN dans le top 10 des héros de 2014. Grâce à leur courage, leur énergie, et leur talent, les membres de The MusiCorps Wounded Warrior Band ont réalisé avec succès de magnifiques prestations aux côtés d’artistes tels que Aaron Neville, Sheryl Crow ou comme ici avec Roger Waters: Shine on you crazy diamonds!

 

Fender & Gibson – La guitare en mode mineur

Guitares Eric Clapton

La guitare a allumé le feu du Rock dans les années cinquante et s’est rapidement imposée en tant qu’arme absolue de la révolution musicale qui allait bouleverser le paysage sonore des 60’s et des 70’s. Aujourd’hui les chiffres sont sans appel. En 10 ans, le nombre de guitares électriques vendues aux États Unis est passé de 1,5 millions à moins d’un million d’instruments par an. Il n’y a jamais eu autant de fabricants dans l’histoire de la 6 cordes mais paradoxalement la demande est en baisse constante. Les fabricants sont aux abois, les leaders Fender et Gibson croulent sous les dettes et pour tenir le coup PRS est en train de licencier. Au delà des aspects purement financiers liés aux stratégies commerciales des uns et des autres, force est de constater que le phénomène est assujetti à une mutation profonde quant aux  données sociétales et culturelles. A l’évidence c’est tout un pan de la musique américaine qui est en train de s’effondrer. La faute à qui, à cause de quoi? Les virtuoses d’ hier sont morts et les Clapton, Page, Townsend et consorts trop âgés pour inspirer une jeune génération qui consomme ou fait de la musique électronique. ″What we need is guitar heroes dit George Gruhn, vendeur d’instruments, auteur et surtout, expert mondial incontesté de la guitare. Sources et info: Washington Post > The death of the electric guitar.

Patrick BETAILLE, juin 2017

Chris Spedding – Motorbikin’

Source Image: Flickr

 

Ils ont eu beau tout tenter, ils n’ont jamais décroché le pactole dans la grande loterie du Rock. Chris Spedding fait partie de ces fils maudits tout simplement parce qu’ au début de sa carrière il eut la malencontreuse idée de se cantonner au rôle de session man. Son énorme talent a été constamment employé à contresens par des têtes d’affiche aussi variées que Bryan Ferry, les Sparks, John Cale et beaucoup d’autres. Chris Spedding est pourtant un vrai rock’n’roll man qui, victime d’une personnalité pas toujours très claire, n’a compris qu’un peu tard qu’il pouvait exploiter pour son propre compte sa virtuosité et ses compostions intéressantes. La popularité, il la rencontre en 1977 à la sortie de son cinquième album. Eponyme, le disque en question contient le fameux Guitar jamboree au cours duquel Chris imite le jeu d’ Albert King, Chuck Berry, Jimmy  Hendrix, Keith Richard, Eric Clapton, Jimmy, Page etc.

En bonne place également, un single déjà publié en 1975 et qui a pour thème la Moto:  Too fast to live, too young to die. ″ Écoute, c’est pas des blagues, j’ai eu ma nouvelle bécane aujourd’hui, c’est à couper le souffle! Viens je t’emmène où tu veux! Crois moi, à 150 c’est tellement bon de se sentir vivant ″. Ce titre, qui à l’époque est entré au top 20 anglais, c’est Motorbikin’ !

Chuck – Le Nouvel Album de Berry

Le dernier disque sorti du vivant de Chuck Berry date de 1979! A sa sortie, ″ Rock it ″ ne suscite que peu d’intérêt et, dépité, le chanteur guitariste décide alors de laisser tomber les compos pour se consacrer à la scène. Il se remet toutefois à l’écriture dans les années 2000 et enregistre chaque fois que l’envie et l’enchainement des tournées lui en laisse le loisir. La sortie de ″Chuck″, le nouvel opus, était prévue le jour du 90ème anniversaire de l’artiste. La grande faucheuse en a décidé autrement et c’est 3 mois après la mort de ″Crazy Legs″ que l’on peut découvrir ces dix nouveaux titres qui se révèlent être source d’indéniable plaisir. La voix est claire, assurée et énergique et le jeu de guitare, reconnaissable entre tous, toujours aussi incisif et assuré. Les riffs sont immédiatement reconnaissables; ils sont ceux avec lesquels le Maître a défini les règles du Rock’n’Roll dans les années 50 et 60. Malgré un ″Jamaica moon″ aux accents du même tonneau et ″Enchiladas″, une reprise de Tony Joe White, Chuck fait la part belle au Blues et Berry glorifie ce Rock qui résonne encore des échos de ″Roll Over Beethoven″ ou ″Maybellene″. Qui va s’en plaindre? Certainement pas la Lady B. Goode ou les Big Boys!

Patrick BETAILLE, , juin 2017

Hotel California – Les Eagles Attaquent

Joe Walsh & Don Felder, Hotel California
Soure Image: Youtube – Eagles-Live at the Capital Centre (March 1977)

 

″ Welcome to the Hotel California, such a lovely place…″ Bien que les Eagles n’aient jamais entrepris quelque démarche que se soit pour protéger le nom lié à leur tube planétaire, et à l’album du même nom, les voilà qu’ils se réveillent tout chafouins. Au moment du check out, le groupe attaque en justice les propriétaires de l’Hotel California, situé à Todos Santos au Mexique, en les accusant de violer leurs droits d’auteurs. Les Eagles se plaignent que les propriétaires actuels des lieux diffusent des titres du groupe pour faire croire aux clients que l’endroit a un rapport avec la chanson et vendent des goodies sur lesquels figurent la mention ″Legendary Hotel California″. Ils réclament donc une injonction pour empêcher l’Hotel California d’utiliser le nom ou d’en tirer profit. Le titre quant à lui a, de toute évidence, été inspiré par ″ We used to know ″ de Jethro Tull que Don Henley, en tant que fan inconditionnel, suivait de près à l’époque. Restent 6 minutes et 30 secondes de l’une des plus grandes chansons de tous les temps et plus de 2 minutes au cours desquelles Joe Walsh et Don Felder offrent une prestation à mettre au Panthéon des solos de guitare.

Patrick BETAILLE, juin 2017

 

Seratones – Get gone!

Seratones, premier Cd: Get GoneBeaucoup s’y sont essayé, peu y sont parvenu. Mais les Detroit Cobras ou les Bell Rays font partie de ces groupes qui ont réussi a mettre en œuvre un subtil mélange de Garage Rock, de Soul et de Rhythm & Blues. The Seratones eux, semblent passer à la vitesse supérieure avec un répertoire qui tape sévère tout en respectant de la plus belle manière l’essence même des genres précités. Sur ce premier album, Get Gone, ces débutants de la première heure jouent avec la maitrise et l’assurance de vieux briscards qui ont parfaitement intégré les codes musicaux qu’ils affectionnent. A.J Haynes, guitariste et chanteuse, s’exprime avec l’émotion d’une diva de la Soul et l’énergie d’une Rock’nRoll queen. Connor Davis, le guitariste, a fait sienne la technique du riff de rock basique et ravageur  aux teintes bluesy. Quant à la section rythmique, la basse d’ Adam Davis et le batteur Jesse Gabriel sont à l’unisson pour insuffler à l’ensemble un swing musclé terriblement subtil et efficace. Enregistré live en studio l’ensemble baigne dans une ambiance de club du samedi soir qui fait la part belle à la fusion de Rock et de Soul. Grâce à une production de qualité rien n’est sacrifié quant aux détails de la musique et au talent des exécutants. Les 11 titres de Get Gone, sont incontestablement une bien belle surprise, qui plus est prometteuse. Très prometteuse. La preuve: Sun!

Patrick BETAILLE, juin 2017

Lee Brilleaux – Rock’n’Roll Gentleman

Lee Brilleaux Rock'n'roll GentlemanLee Brilleaux: Rock’ n’ Roll Gentleman. His musical journey with Dr. FEELGOOD 1974-1994. Tout est dans le titre! Ce bookset couvre 20 années de prescriptions émises par Lee Brilleaux, mort prématurément en 1994. Il comprend donc les premiers enregistrements de l’ époque Wilko Johnson, la production du line up Gypie Mayo et bien sûr toute la période 80-90 qui vit passer Gordon Russel (guitare),  Kevin Morris (Batterie), Phil Mitchell (Basse) et le talentueux Steve Walwyn (Guitare). Une anthologie de 93 titres sur 4 Cd, incluant deux inédits: Let’s Have A Party″ issu des sessions de Private Practice et ″Poison Yvy″ exhumé des séances de Primo en 91. L’ensemble est livré avec un livret de 48 pages qui intègre des photos et des notes Zoe Howe, auteure de la biographie qui porte le même nom que ce magnifique coffret. ″Lee Brilleaux: Rock’ n’ Roll Gentleman″ sort le 7 Juillet mais les fans de Dr Feelgood peuvent déjà prendre rendez vous pour une pré-consultation ici.

Patrick BETAILLE, mai 2017

 

Scorpions – Love at First Sting

censure Scorpions Love at first sting

[Extrait]: Love at First Sting est le neuvième album des teutoniques Scorpions. Sorti en 1984 il se vend à plus six millions d’exemplaires devenant ainsi le plus grand succès commercial de la bande à Klaus Meine. Grâce notamment l’incontournable ballade ″Still Loving You″ (qui n’est pas pour rien dans la croissance du taux de natalité dans certaines contrées)  la notoriété du groupe explose littéralement sur la scène mondiale. Élaborée par l’agence de design Kochlowski sur la base d’un cliché de Helmut Newton, la pochette originale représente un couple enlacé. Elle, légèrement dévêtue, sexy en diable, s’abandonne dans les bras d’un bad boy bon chic bon genre qui est entrain de lui tatouer un scorpion sur la cuisse. A l’époque, et afin de palier à d’éventuels problèmes connus par le passé, la maison de disques prend la précaution de présenter le cover art aux revendeurs avant de publier le disque. Aucun retour négatif n’étant recensé, Love at First Sting est édité en l’état. Malheureusement, après la sortie de l’album Wal-Mart se plaint, qualifiant la jaquette de tendancieuse, subversive et machiste. Rien que çà! Pour le coup Polygram se voit obligé de proposer une version alternative qui consiste ni plus ni moins à utiliser la photo du groupe, la même que celle déjà présente au dos de la version première de l’album.


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Patrick BETAILLE, mai 2017