Sting – Russians

 

Russians, la chanson de Sting, est tirée de son premier album solo, The Dream of the Blue Turtles, sorti en 1985. Dans le contexte de la Guerre Froide, l’ex-policeman dénonçait les dangers de la doctrine de la destruction réciproque basée sur la terreur, entre les Etats-Unis et l’URSS, et leurs alliés respectifs, l’OTAN et le Pacte de Varsovie. 

L’hystérie va croissante. Prêt à répondre à toutes les menaces monsieur kroutchev dit : Nous allons tous vous ensevelir. Monsieur Reagan répond : Nous vous protégerons! Foutaises. Il n’y a pas de vainqueur dans une guerre, c’est un mensonge auquel nous ne croyons plus. Le monopole du bon sens n’existe pas, quelle que soit l’idéologie, nous partageons la même biologie.  Mais comment puis-je protéger mon petit garçon contre les jouets mortels d’Oppenheimer ? J’espère que les russes aussi aiment leurs enfants…″ [Traduction libre: Black Bonnie]

l’invasion de l’Ukraine par la Russie, aux menaces de Vladimir Poutine d’utiliser l’arme nucléaire et aux répercutions mondiales engendrées par le conflit, les paroles de  Russians sont plus que jamais d’actualité. En soutien au peuple ukrainien, le 5 mars 2022, le chanteur a publié une vidéo sur Instagram.

 

The Byrds – Ballad of Easy rider

 

En 1969 cette chanson folk rock figure sur la bande originale du film Easy Rider. Elle compare l’envie de vagabondage d’un motard aux méandres d’une rivière qui descend vers la mer. À l’origine, Peter Fonda – scénariste et personnage central du film – souhaite que Bob Dylan écrive et enregistre une chanson sur ce thème. Le Zim refuse, se contentant d’écrire vite fait quelques mots sur une serviette en papier qu’iI remet à Fonda en lui suggérant de confier ça à Roger McGuinn, le leader des Byrds: ″ il saura bien quoi en faire! ″ Dont acte.


La rivière coule. Elle coule vers la mer. Là où va cette rivière, c’est là que je veux être. Rivière, laisse tes eaux m’emporter et emmène moi loin sur cette route, vers une autre ville ″.


Patrick BETAILLE, février 2022

Brad Paisley – Whiskey Lullaby

 

[Brad Paisley – Whiskey Lullaby]/ ″ Elle lui a brisé le cœur en le jetant comme une clope. Toute sa vie il la passée à essayer de l’oublier. Impuissants, nous l’avons regardé boire et se noyer peu à peu dans son chagrin. Jamais il n’est parvenu à se saouler au point de pouvoir l’effacer de sa mémoire. Jusqu’à cette nuit là. Il a posé sa tête contre cette bouteille et pressé sur la détente… Nous l’avons retrouvé le visage enfoui dans l’oreiller avec à ses côtés un mot sur lequel était écrit: Je l’aimerai jusqu’à ma mort. Quand nous l’avons enterré sous le saule, les anges ont entonné une berceuse à la gloire du whisky ″.

Patrick BETAILLE, janvier 2021

One Bourbon, One Scotch, One Beer

 

À l’origine, One Scotch, One Bourbon, One Beer est un blues écrit par Rudy Toombs et enregistré par Amos Milburn en 1953. L’histoire se passe dans un bar à l’heure de la fermeture. Un gus est cloué au comptoir à picoler pour oublier qu’il vient de se faire larguer par sa copine. Il harcèle un barman sur les rotules qui ne rêve que d’une chose: fermer et rentrer chez lui. En 1966, John Lee Hooker reprend la chanson à sa sauce en changeant l’ordre du titre. En 1977, c’est au tour George Thorogood de s’approprier l’ode à la boisson sur son premier album. Sa version s’appuie sur House Rent Boogie, un autre morceau de John Lee Hooker, qui pour l’occasion bénéficie d’un tempo accéléré. Le texte prend une autre tournure et désormais il n’est plus question de noyer un chagrin d’amour. Cette fois c’est de galère financière dont il s’agit. Le gars a perdu son job, il ne peut plus payer son loyer, sa logeuse refuse de lui faire crédit et pour tout arranger son pote refuse de l’héberger. Il revient à son appart, récupère quelques affaires, file à l’anglaise, erre dans les rues, s’arrête dans un bar, enlève sa veste, s’accoude au comptoir et appelle le barman. ″ Ouais?! Qu’est ce que ce sera? Un bourbon, un scotch, une bière! ″.

Patrick BETAILLE, janvier 2021

Le lundi c’est permis – Taureaumachie

© Animal Heroes

 

Depuis le temps que je patiente dans cette chambre noire, j’entends qu’on s’amuse et qu’on chante au bout du couloir. Quelqu’un a touché le verrou et j’ai plongé vers le grand jour. Dans les premiers moments j’ai cru qu’il fallait seulement se défendre mais cette place est sans issue, je commence à comprendre. Ils ont refermé derrière moi, ils ont eu peur que je recule mais je vais bien finir par l’avoir cette danseuse ridicule… Je ne vais pas trembler devant ce pantin… Ils ont frappé fort dans mon cou pour que je m’incline. Ils sortent d’où ces acrobates?.. Sentir le sable sous ma tête c’est fou comme ça peut faire du bien. J’ai prié pour que tout s’arrête, Andalousie je me souviens. Je les entends rire comme je râle, je les vois danser comme je succombe. Je pensais pas qu’on puisse autant s’amuser autour d’une tombe… Est ce que ce monde est sérieux? ″ [Francis Cabrel, La Corrida, extrait]

Patrick BETAILLE, juin 2019

Doors – Whisky Bar

Jim Morrison Whisky Bar

À l’origine Alabama Song est écrite en 1930 par le cinéaste allemand Bertolt Brecht et son compatriote compositeur Kurt Weill pour le spectacle musical Grandeur et décadence de la ville de MahagonnyDans le contexte de l’opéra, le texte exprime la la quête d’un groupe de prostituées qui errent dans le désert à la recherche d’une ville sans prohibition. Ville qu’elles ne trouveront jamais. Cette chanson doit sa grande popularité à la version des Doors qui figure sur leur premier album paru en 1967. Connue également sous le nom de Whisky Bar, les paroles adaptées par Jim Morrison racontent le désespoir d’un homme tourmenté pris dans la spirale infernale des plaisirs faciles liés à l’alcool, la drogue et au sexe. Des thèmes qui ne sont évidemment pas sans rappeler la vie dissolue du Lizard King mort d’une overdose en 1971.

Allez! amène moi vers le bar à whisky le plus proche. Ne me demande pas pourquoi mais fais le car sinon on va en crever… Vas y! Ne me demande pas pourquoi mais trouve moi une fille. Emmène moi [Alabama Song, extrait].

Patrick BETAILLE, novembre 2018

Billy Idol – Kentucky Rebel Yell!

Kentuky Whiskey, Rebel Yell

 

Au cours d’ une soirée, Billy Idol se retrouve avec Mick Jagger, Keith Richards et Ron Wood. Ça picole sévère et les lascars ont jeté leur dévolu sur un Bourbon du Kentucky qui coule à flots, le Rebel Yell.  Billy se dit que le nom du breuvage collerait bien pour une chanson. Reste plus qu’à l’écrire et c’est ce qu’il fait en collaboration avec son guitariste Steve Stevens. Le titre parait en 1983 sur l’album du même nom. Paradoxalement le texte ne fait pas référence à l’alcool: ″ With a rebel yell she cried more, more, more! ″. Pas d’allusion non plus à quelconque cri de ralliement rebelle. En fait, c’est bien de sexe débridé dont il s’agit dans Rebel Yell.

Patrick BETAILLE, octobre 2017

Chris Spedding – Motorbikin’

Source Image: Flickr

 

Ils ont eu beau tout tenter, ils n’ont jamais décroché le pactole dans la grande loterie du Rock. Chris Spedding fait partie de ces fils maudits tout simplement parce qu’ au début de sa carrière il eut la malencontreuse idée de se cantonner au rôle de session man. Son énorme talent a été constamment employé à contresens par des têtes d’affiche aussi variées que Bryan Ferry, les Sparks, John Cale et beaucoup d’autres. Chris Spedding est pourtant un vrai rock’n’roll man qui, victime d’une personnalité pas toujours très claire, n’a compris qu’un peu tard qu’il pouvait exploiter pour son propre compte sa virtuosité et ses compostions intéressantes. La popularité, il la rencontre en 1977 à la sortie de son cinquième album. Eponyme, le disque en question contient le fameux Guitar jamboree au cours duquel Chris imite le jeu d’ Albert King, Chuck Berry, Jimmy  Hendrix, Keith Richard, Eric Clapton, Jimmy, Page etc.

En bonne place également, un single déjà publié en 1975 et qui a pour thème la Moto:  Too fast to live, too young to die. ″ Écoute, c’est pas des blagues, j’ai eu ma nouvelle bécane aujourd’hui, c’est à couper le souffle! Viens je t’emmène où tu veux! Crois moi, à 150 c’est tellement bon de se sentir vivant ″. Ce titre, qui à l’époque est entré au top 20 anglais, c’est Motorbikin’ !

Cruzados – Motorcyle Girl

Cruzados, Motorcycle Girl

Comme pour beaucoup de groupes rock, drogues et alcool ont eu raison des Cruzados. Quatre ans de carrière pour ce combo de Los Angeles qui après de nombreux changements de personnel splite définitivement en 1990, laissant pour témoignage deux albums mineurs, aujourd’hui tombés dans les oubliettes. La séparation laisse sur la touche un certain Tito Larriva qui formera Tito & Tarantula, connu pour son apparition  dans le film culte de 1995 From Dusk Till Dawn, écrit par Quentin Tarantino et réalisé par Robert Rodriguez. Chanteur, guitariste et compositeur, Larriva est notamment l’auteur de  l’un des titres figurant sur le premier album éponyme des Cruzados en 1985: Motorcycle Girl.

″ Motocycle girl, pourquoi ne veux tu pas m’embrasser? Petite fille bourrée du Tennessee, reine du vol à l’arraché aux yeux malicieux. A supposer que tu trouves ce que tu cherches, que vas tu faire? Passer tes journées à te défoncer avec le gus qui t’as mis le grappin dessus? Dommage, toi qui chante si bien. Arrête de me mater comme un péquenot obsédé, je ne suis pas un client! Réveille toi, parle! Motocycle girl, je t’aime et tu ne connais même pas mon nom! ″.

Patrick BETAILLE, mai 2017

The Young Gods – Gasoline man

Cafe Racer riding

On ne peut pas dire que le rock texan fasse partie du fond de commerce de The Young Gods. Loin de là! Pourtant en 1992 le combo Suisse fait une entorse à ses habitudes en lorgnant du côté du marché US. Sky TV, quatrième album des helvètes, fait toujours appel aux expérimentations électro, aux ambiances noisy, aux bidouillages fuzzy mais pas que. Pour la première fois les textes sont en anglais et un titre se détache du lot de par sa conception et son ambiance. Riffs et structure bluesy font appel aux standards du rock américain et ressemblent à s’y méprendre à du bon vieux ZZ Top première époque. Une fois n’est pas coutume, les Jeunes Dieux amenés par Franz Treichler jouent comme un groupe de bar avec une signature sonore qui vibre et ronfle comme un bon gros twin qui déboule sur l’asphalte. Hommage à la route et célébration de la moto, c’est  Gasoline Man  et ça s’écoute Ici!

Je suis le gasoline man. J’avance, et même si je ne sais où je vais, je veux arriver à temps. Je vais rouler encore et encore pour trouver où tu te caches ″.

Patrick BETAILLE, février 2017