Blind Faith – Blind Faith

Clapton, Winwood censure Blind Faith

[Extrait]: Fin 1968, Cream et Traffic viennent de se dissoudre. Eric Clapton et Steve Winwood décident de travailler ensemble sur de nouvelles idées musicales. Ils font appel à Ginger Baker, lui aussi en congé de Cream et sont rejoins par Ric Grech qui vient de plaquer Family en pleine tournée. Ce beau monde se réunit chez Clapton dans le Surrey pour établir les bases de ce qui sera l’unique album du groupe Blind Faith. Six titres, 42 minutes de Rock teinté de Blues avec quelques joyaux dont Presence of the Lord et  Can’t find my way home

L’album sort en août 1969 et reçoit un accueil mitigé de la part d’un public probablement déçu par la brièveté de l’œuvre et un Do what you like masturbatoire de 15 minutes qui occupe les 2/3 de la face B. Le disque est de plus attaqué par la censure car la jaquette réalisée par le photographe Bob Seidemann représente une jeune fille pubère, à demi-nue, tenant une maquette d’avion qui à l’époque est perçue en tant que symbole phallique. Anéanti par ces déconvenues, Clapton plonge dans la déprime et la drogue, laissant sans suite une des œuvres majeures de l’histoire du Rock.

Patrick BETAILLE, juin 2015


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La Femme – Le Podium

 

[Extrait]: Le groupe electro-punk La Femme est né en 2010 de la rencontre de deux copains originaires de Biarritz : Marlon Magnée et Sacha Got. Sans manager, ni producteur, la formation gère seule la promotion d’un EP qui paraît en 2011. Intitulé Le Podium, ce premier essai renferme Sur la Planche, le titre un temps captur(é) par Renault pour sa publicité. Le visuel du disque fait appel au célèbre tableau de Gustave Courbet : L’Origine du monde. Comme la toile du maître en son temps, la jaquette suscite de nombreuses réactions et finit par être censurée, notamment outre-Atlantique où le combo s’est bâti une solide réputation sur la scène électropop…

Les jambes écartées et le sexe impudique de l’œuvre se retrouvent cachés par un encart noir sur lequel on peut lire: ″ THIS IS NOT LA FEMME ACTUAL COVER BECAUSE IT GOT CENSURED ″. Le texte en anglais est écrit en blanc et comporte une belle faute lexicale : ″ CENSURED ″ au lieu de ″ CENSORED ″.

Patrick BETAILLE, mai 2015


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Cake – Rock & Roll Lifestyle

 

Rock & Roll Lifestyle (Egalement connu sous le nom de How Do You Afford Your Rock & Roll Lifestyle) est un single qui, en 1993, marque les débuts de l’excellent groupe de Sacramento: Cake. Prosaïquement, la chanson pose de façon sarcastique le thème du mode de vie du fan de Rock qui, sous couvert de protestation, se livre à des abus en tout genre. Alcool et drogues servent de prétexte à un style de vie aux antipodes d’une passion sincère pour la musique. Plus amèrement les paroles évoquent le fait qu’acheter une image et se livrer à des excès ne correspond en rien à une forme de rébellion… Vous prendrez bien un morceau de gâteau?!

″ Ben dis donc! Ta collection de Cd flambant neufs doit douiller un max. Combien t’as payé ta superbe Moto Guzzi? et ton cuir noir? A ce tarif là, c’est toi ou tes parents qui financent? Combien t’as dépensé en alcool, en sorties et en concerts? Parfois même pour des trucs dont t’as même pas entendu parler. Combien pour ce ravissant t-shirt qui prouve que tu y étais? Comment tu fais pour financer ta vie en mode Rock & Roll?

Allez dis moi! Combien pour ce bout de guitare fracassée en fin du concert? Et combien paieras tu pour celle qui sera détruite à la fin d’un autre show? Pour vieillir en cuir, entre frais d’hôpitaux, médicaments et tattoos, ton foie paie cash l’enthousiasme et les excès de ta jeunesse. Tu n’es pas un rebelle. Tu consommes tout ce qui se vend. Ton autodestruction, ta déchéance et tes abus ils s’en tapent. Ils sont ravis de les entretenir. Tu n’arriveras pas à les abattre ″. [Traduction libre Marcel Destroy, extrait]

Patrick BETAILLE, avril 2015

 

Beady Eye – Couvrez ce sein!

Beady Eye, Be, Ulla Randal

″ Couvrez ce sein, que je ne saurais voir. Par de pareils objets les âmes sont blessées, et cela fait venir de coupables pensées (Tartuffe de Molière).

2013, parution de Be, deuxième album de Beady Eye, le groupe de Liam Gallagher. La jaquette du disque affiche une photo représentant Ulla Randal. A l’origine le cliché d’ Harry Peccinotti figure sur le calendrier Pirelli édition 1968. En Angleterre, le téton de la jeune femme se retrouve masqué par un sticker.

Patrick BETAILLE, avril 2015


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Culture – La Musique sur Écoute

Réedition disques, Hadopi, culture et Business

 

Depuis longtemps les Majors ont fermé leurs portes à la spontanéité et à l’imagination. Leur credo est devenu la Création sous contrôle, formatée, prédigérée. Au lieu de parler de Musique ils invoquent le Support. Ils préfèrent penser Produit plutôt que de révéler le Talent. Priorité au profit, pas à l’oreille. Les Directeurs Artistiques sont des comptables, les Artistes des enseignes et le public un consommateur à gruger. La musique n’est plus un vecteur culturel ni le témoignage d’un phénomène social. Elle est devenue une denrée de supermarché, en promotion, indispensable, incontournable et déjà dans les bacs, pas loin des marronniers que sont les compils et autres Best Of . Les Médias sont au garde à vous et l’audimat bande pour la calculette. Devant l’effondrement de l’industrie discographique les décideurs suceurs de sons prennent le risque de changer de stratégie. La belle affaire! Après nous avoir convaincus que le Cd était fantasbuleux ils veulent nous persuader que le Vinyle est fabulistique. Vrai ou faux, peu importe! Le but non avoué consiste entre autres en rééditions de fonds de tiroirs déjà exploités jusqu’à la corde à grands coups de bonus, de remasters, de livrets, et de produits dérivés. C’est bon pour la relance à court terme et le maintien des marges immédiates qui financent la promotion médiatique des stars jetables. Tellement plus facile que d’admettre que le disque est trop cher à la vente… Et les artistes dans tout ça? Les quoi? Ah oui… Le téléchargement étant déjà sous contrôle des Labels, il sera toujours temps de brandir à nouveau le spectre du téléchargement illégal pour expliquer que si les compositeurs et interprètes sont malmenés c’est à cause de ceux qui font un beau doigt d’honneur à la stérilité dispendieuse de Madame Hadopi. Tremblez amoureux de la créativité! Surtout si vous prétendez échapper  à la soupe indigeste qui inonde les ondes, vos jours sont comptés. D’ici là, et tant que c’est encore possible, ne vous privez pas de faire des découvertes, de profiter de témoignages musicaux, de réveiller votre curiosité, d’élargir la palette de vos envies et de partager vos plaisirs. En dernier lieu et à l’occasion il ne faudra surtout pas oublier de remercier l’ Auteur. Le meilleur moyen de le faire réside dans l’achat de son disque et ça c’est… Rock’n’ Roll bordel!

Aphrodite’s Child – 666

Aphrodite's Child 666 the number of the Beast

[Extrait]: En 1971, paraît le troisième et double double album des Aphrodite’s Child.  ″666″ est en fait une relecture de l’Apocalypse selon St Jean dans laquelle Vangelis Papathanassiou exprime sa vision dantesque d’un monde secoué par la guerre, la misère, les révoltes étudiantes et les catastrophes naturelles. Déjà. Sur des textes de Costa Ferris le groupe livre là un disque barré et disparate où se côtoient mysticisme, psychédélisme, rock, musique traditionnelle et même Jazz. Bien que peu présent pour cause de dissensions naissantes au sein du groupe, Demis Roussos chante à merveille… 666 est un disque difficile à comprendre, original, ambitieux, étonnant, inventif et courageux. Trop!..

Non seulement à cause des références au satanisme mais aussi parce qu’il intègre en son sein des épisodes identifiés comme choquants. Tout d’abord la mention ″ This work was recorded under the influence of Sahlep ″, faisant référence à une boisson inoffensive à base de racines et de cannelle, est mal interprétée, à tort. Ensuite les premiers mots de l’album consistent en un slogan révolutionnaire sans ambiguïté: ″ We got the system to fuck the System ″. Enfin et surtout c’est la prestation d’Irène Papas qui vient titiller les consciences bien pensantes. En effet, sur ″ Infinity″, l’actrice simule un orgasme hystérique de cinq minutes en modulant un ″ I am, I was, I am to come I was ″ sur fond de percussions syncopées. Il n’en faut pas plus! L’ enfant d’Aphrodite explose en 1972 laissant à Demis Roussos et Vangelis Papathanassiou l’opportunité d’entamer les carrières solos que l’on sait en abandonnant derrière eux une œuvre qui, aimée ou détestée, reste majeure dans l’histoire du Rock Progressif.

Patrick BETAILLE, mars 2015


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Silky Marie – Affaire de famille

Silky MarieMusicalement parlant, la recette n’a rien de très novateur. Prenez un bonne dose de Heavy Rock, ajoutez y un soupçon de Blues Rock et quelques miettes de ballades mid tempo. Laissez mijoter pendant une dizaine de titres et servez chaud avec un nappage Old School tendance Seventies. L’originalité de cet éponyme et premier album réside plutôt dans le groupe lui même. Silky Marie, c’est l’histoire d’un duo mais c’est aussi une histoire de famille; celle des Tweedy. Tim, le père, chante et s’occupe des parties guitares et de la basse pendant que Damon, le fils, assure la rythmique du haut de ses quatorze printemps prometteurs. Ce qui n’était au départ qu’un passe temps devient un galop d’ essai, au demeurant sympathique, auto-produit et enregistré à Minneapolis.  La suite? peut être la maturité avec un Power Trio puisque Les Tweedy cherchent actuellement un bassiste…

Patrick BETAILLE, février 2015

La Discothèque Idéale 2014

Mark Doyle and the Maniacs A Salute to the 60's Blues Boom   Johnny Winter Step Back   King Pug Grocery

 

Au regard du nombre de nouveautés, l ’année écoulée ne se distingue pas particulièrement dans le domaine du Blues ou du Blues Rock… Vous êtes peut être un peu déçu par ”Rock or Bust”, le dernier ACDC. Vous vous êtes un tantinet ennuyé à l’écoute de ”The Endless River” du Floyd… La production télévisuelle vous en touche une sans faire bouger l’autre… J’ai quelque chose pour vous! Faute de mieux, le cru 2014 (Clic sur les images!) doit pouvoir vous apporter quelques menues satisfactions en terme de musique qui s’écoute avec les oreilles mais aussi avec les pieds. Le choix est bien évidemment partial, partiel, subjectif et assumé. Il a juste pour ambition d’entretenir l’espoir que le Rock n’est pas encore mort et de prouver que, contre vents et marées, de bonnes volontés mettent beaucoup de conviction et d’énergie pour que leur passion et leur plaisir deviennent nôtres. Le débat reste entier et ouvert mais il doit obéir à une constante et une seule: ″ La musique c’est comme la vie, ça se respire ″(Francis Zegut).

 

Brimstone Coven   Bonamassa   Blues Pills

Patrick BETAILLE, janvier 2015

Rock Relics – Les ravages du Temps

Source Images: Izismile.com

 

Drogues, alcool, débauches et excès en tous genres exercent sur les Rock Stars des ravages plus ou moins visibles. D’aucuns dirons que c’est le prix à payer à la dépravation même si les dommages physiquement constatés ne s’appliquent pas de façon égalitaire. Keith Richard a enterré les trois médecins successifs qui lui garantissaient une mort proche, violente et certaine s’il ne mettait pas un terme à sa consommation de dopes. Certains comme les illustres du Cub 27 n’ont même pas eu le loisir de constater de visu leur propre décrépitude car violemment emportés par la démesure de leurs abus. D’autres enfin sont partis sur le tard, victimes des conséquences pathologiques auxquelles ils auraient pu, sous couvert d’abstinence, faire un pied de nez. Au delà de ces disparités réside une constante équitable qui relève des ravages du temps qui passe. La grande faucheuse dispose d’outils redoutables pour avachir les chairs, déplumer les crinières, creuser les traits ou ramollir les postures. Au moment d’interroger le miroir pour savoir si en terme de souillure le superflu prend le pas sur l’essentiel il faut s’attendre à ce que la réponse fasse mal. Très mal. La preuve en images!

Patrick BETAILLE, décembre 2014

Blues Pills – Blues Pills

Cd Blues Pills

On ne va pas s’en plaindre, même de façon relativement confidentielle, le ”Revival” du Rock, semble reconquérir un peu de terrain. En 2011, les américains Zack Anderson et Cory Berry (Ex Radio Moscow) s’ associent avec la chanteuse suédoise Elin Larsson. Le trio enregistre une démo, commence à tourner et établit le contact avec un très jeune et très talentueux guitariste français, Dorian Sorriaux. S’en suit tout récemment un album éponyme qui du contenant au contenu baigne dans une ambiance Seventies, à la croisée d’un vrai Rock et d’un très bon Blues teinté de Soul. Certes, et comme dirai quelqu’un que je connais,  peut être ”pas de quoi défriser Nelson Monfort” mais tout de même! Absolument rien à jeter dans ce premier LP du désormais quatuor. Même en mode mid tempo les titres sont efficaces, gorgés de feeling et de groove. Par les temps qui courent le plaisir d’entendre du gros son, de vraies guitares, une rythmique bien baston et une chanteuse qui a des tripes se fait rare. Blues Pills c’est Big Brother & the holding Cie qui fricote avec The Bell Rays. Ça envoie du bois, ça décrasse les cages à miel et ça sent bon la sueur. Vous attendez quoi pour vous faire prescrire ces pilules?

Patrick BETAILLE, décembre 2014