Montage d’après une photo du berlinois Malte Pietschmann
La langue française n’est pas neutre, on le sait. Elle est aussi sexiste, et même parfois vulgairement machiste. Il est bon de le rappeler.
Un COURTISAN, c’est un proche du roi – Une COURTISANNE, c’est une PUTE. Un PÉRIPATÉTICIEN, c’est un disciple d’ ARISTOTE – Une PÉRIPATÉTICIENNE, c’est une PUTE. Un GARS, c’est un jeune garçon – Une GARCE, c’est une PUTE. Un Homme FACILE est agréable à vivre – Une Femme FACILE, c’est une PUTE. Un PROFESSIONNEL fait bien son travail – Une PROFESSIONNELLE, c’est une PUTE. Un COUREUR, c’est un sportif – Une COUREUSE, c’est une PUTE. Un Homme sans MORALITÉ, c’est un corrompu – Une femme sans MORALITÉ, c’est une PUTE. Un ENTRAÎNEUR coache des sportifs – Une ENTRAÎNEUSE, c’est une PUTE. Un Homme à Femmes, c’est un SÉDUCTEUR. Une femme qui attire les Hommes c’est une PUTE – Un homme PUBLIC, c’est un homme CONNU. Une femme PUBLIQUE, c’est une PUTE. Un SALAUD, c’est un sale type – Une SALOPE c’est une PUTE. Enfin, pour insulter une Femme on la traite de PUTE, un homme de Fils de PUTE (en béarnais: Hilh de pute!). Cherchez l’erreur! Pourtant, comme le disait l’ossalois Jean-Claude COUDOUY: ″… Pute, ça vient du latin: Puto, Putare! Puto, je pense, Putare, penser. Du temps des romains, une putain c’était la fille à qui je pense. Et ce n’est devenu péjoratif que le jour où nous avons été plusieurs à penser à la même…″ Mais là c’est d’humour dont il s’agissait! Hilh de Puta.
Photo de FIFOU: Cover Art de Imany le disque de DINOS paru en 2018.
Bel exemplaire de Photo actuellement disponible en kiosque. ″Dans son dernier numéro le magazine se transforme en DJ et mixe musique et photographie, deux disciplines artistiques qui se connaissent bien pour s’être embrassées depuis longtemps..″.(édito de Francis Dagnan et Agnès Grégroire, extrait). Entre autres, au sommaire de ce numéro 547 du mensuel, Fifou, l’homme aux 1001 covers du rap, un requiem consacré à Gainsbourg, des sujets sur le studio Harcourt, la fondation Swiss Life et le graphiste Ard Delink. On y croise croise bien sûr des artistes (Daho, M, Jean-Michel Jarre, Renaud, etc) et des photographes comme Martin Parr, Masyoshi Sukita, Pierre & Gilles ou encore William Klein. En prime, un focus sur les femmes photographes et le marché de l’art, et surtout, un magnifique hommage au photographe Richard Aujard qui nous a quittés en février 2021. C’est punchy, documenté, riche et donc indispensable pour tisser un lien entre musique et photographie. Un seul regret, rien sur la censure dont cet art de l’instant a parfois été la victime. Pas grave, pour ça il suffit de se rabattre sur In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art.
En décembre 1981 et à la demande de Newsweek, la photographe Lynn Goldsmith immortalisait Prince sur un cliché qui finalement ne sera jamais publié. Trois ans plus tard, c’est Vanity Fair qui achète la licence de l’image et demande à Andy Warhol d’en faire une illustration pour un article consacré au Kid de Minneapolis. Dans un style reconnaissable entre tous, Warhol réalise alors une série de seize portraits colorés en violet et en rouge. Goldsmith n’a pris connaissance de ces détournements qu’en 2016, après que Vanity Fair les ait republiés après la mort de Prince, et ce sans faire mention de quelque crédit que ce soit. La photographe intente alors une action en justice face à la fondation Andy Warhol et perd son procès. ″Chaque œuvre de Prince Series est immédiatement reconnaissable comme un Warhol plutôt que comme une photo de Prince. De la même façon que les célèbres représentations de Marilyn Monroe et Mao sont reconnaissables comme des Warhol et pas comme des photos réalistes de ces personnes″ précisent les juges. Après des années de bataille juridique, Lynn Goldsmith a finalement obtenu gain de cause en appel. Dans un jugement rendu en mars dernier, la cour d’appel newyorkaise affirme que le peintre a effectivement violé le droit d’auteur d’un photographe en utilisant le cliché de prince sans autorisation et sans crédit. Satisfaite du jugement, Lynn Goldsmith a déclaré: ″Je n’en fais pas une question d’argent!Je me suis battue pour protéger non seulement mes propres droits, mais aussi les droits de tous les photographes et artistes visuels de gagner leur vie en octroyant une licence sur l’utilisation de leur travail créatif″. Reste que la Andy Warhol Foundation a déjà annoncé vouloir faire appel. C’est reparti pour un tour!
[Extrait]: Frank Frazetta, était l’un des artistes américains les plus influents de la science-fiction et de l’heroic fantasy. C’est du moins dans cette catégorie que ce peintre a marqué de son empreinte l’univers de la bande dessinée, des couvertures de magazine comme Creepy, des receuils de nouvelles consacrées à Conan le Barbare et du comic strip avec, entre autres, Flash Gordon et Vampirella. Plusieurs groupes de rock et de hard rock ont fait appel à l’artiste newyorkais pour illustrer les pochettes de leurs albums. C’est le cas notamment de Herman’s Hermits, Nazareth, Yngwie Malmsteen et Wolfmother. Mais question artwork, le travail le plus remarquable de Frazetta est celui qu’il a effectué pour un groupe de rock sudiste dont le nom est tiré de celui d’une prostituée qui avait pour habitude de mutiler et décapiter certains de ses clients: Molly Hatchet. Son personnage du Death Dealer à la hache surdimensionnée illustre le premier album éponyme du combo de Jacksonville en 1978 puis celui de Flirtin’ with Disaster l’année suivante. Même ambiance pour Beatin’ the Odds en 1980 mais cette fois le Pourvoyeur de Mort troquera sa hache contre un glaive. C’est sûr, y’a quand même de quoi perdre la tête!
L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
″ Playing a record? I’ll show you something interesting… Compare a point on the label with a point on the record’s outer edge. They both make a complete circle in the same amount of time. Right?
But the point on the record’s edge has to make a bigger circle in the same time. So it goes faster. you See, two points on one disc move at two speeds eventhough they both make the same revolutions per minute!″
D’après la bande dessinée de Bill Watterson: Calvin & Hobbes (Extrait).
Ça sent le roussi pour Pépé le Putois! La Warner vient de tailler un short à la mouffette aux allures de french lover qui poursuit de ses assiduités Pénélope Pussycat. Fortes de ce constat, de nouvelles voix s’élèvent aussi contre la présence du loup de Tex Avery, mâchoire tombante, yeux exorbités et langue pendante à la vue de pin-up affriolantes. Idem pour Speedy Gonzales et les stéréotypes qu’il véhicule sur les mexicains. Vil Coyote, qui ne pense qu’à faire un sort à Bip Bip, est accusé de harcèlement et d’agressivité. Sexisme, culture du viol, incitation à la violence, grossièretés, désormais tous les prétextes sont bons pour revendiquer l’effacement ou l’interdiction des dessins qui ont animé nos enfances sans pour autant faire de nous des obsédés notoires, des serial killers ou des pervers psychopathes. Si pour certains la démarche de la Warner relève d’une banale évolution de la société, pour d’autres, les personnages incriminés sont tout simplement les victimes d’une Cancel Culture (culture de l’effacement) prétendument garante de la Morale et de la préservation des bonnes mœurs. Ben voyons! C’est un peu vite oublier qu’à une époque, la plus grande société de production et de distribution cinématographique au monde n’avait pas hésité à agir de même pour se débarrasser de ce qui collait au cul de l’histoire peu glorieuse du pays de l’Oncle Sam. Déjà dans les années 2000 une intégrale de l’œuvre Tex Avery avait été censurée dans sa réédition en DVD. Deux des 65 dessins animés sont été purement et simplement écartés. Aux oubliettes Uncle Tom’s Cabana dans lequel un noir fait de la résistance et obtient gain de cause face à des promoteurs immobiliers. Oublié Half-Pint Pygmy mettant en scène une tribu d’individus lippus aux tresses dressées. Sept autres dessins animés ont subi des coupes ou des retouches à la palette graphique. Effacées les têtes des personnages qui se retrouvent transformées en blackfaces suite à des explosions; gommée la pancarte ″No Japs″ de The Blitz Wolf dans lequel Tex Avery se moque d’Hitler. Peut on envisager un seul instant que là aussi il soit question de moralité? Certainement pas non! Plutôt un moyen ridicule de tirer un trait sur, entre autres exactions, 250 ans d’esclavage des africains, 1 siècle de ségrégationnisme et de massacres des populations indiennes. Pauvre monde! À quand remonte la dernière rencontre avec un loup érotomane, un Petit Chaperon Rouge version pin-up dévoyée, un putois et un coyote champions de la loose ou un bébé qui flingue son voisin parce qu’il louche sur sa sucette? Tremblez Vil Coyote, Speedy Gonzales, Pépé Le Putois et autres Looney Tunes! Pour notre santé morale et donc pour notre bien, la bien-pensance d’un pays champion du monde de l’ingérence, de l’interventionnisme, du racisme, de la violence, de malversations en tout genre et de la vente d’armes, est en train de mettre à mal la parodie, la dérision, la frénésie et l’humour de la transgression visuelle et narrative. Même en Belgique Annie Cordy se retrouve taxée de racisme à cause de son Cho Ka Ka O! Si, si! D’ici qu’ils coupent le Zizi de Pierre Perret parce qu’en colo il a pissé dans le lavabo, y’a pas loin!
Dans les programmes qu’il diffuse à l’antenne, c’est ainsi qu’il se présente: The Saint! Pourtant, ni de près, ni de loin, l’auteur n’a quelque chose à voir avec un certain Simon Templar et encore moins avec Roger Moore. Neil Saint est un chroniqueur, interviewer, animateur de radio et passionné de musique. Spitting and Screaming, The True Story of British Punk (1971-1979). Tout un programme! Celui du livre dans lequel l’auteur se livre à une enquête approfondie sur la scène Pub Rock et British Punk du Londres des seventies. Des interviews et des témoignages nous (re)plongent au cœur du mouvement d’une jeunesse en révolte qui hurle, crache sa haine du système et donne naissance à un genre musical qui désormais s’exprime dans les pubs et les petits clubs. Au fil des 200 pages on croise The Sex Pistols, The Uk Subs, The Clash, The Stranglers, Dr Feelgood et beaucoup d’autres. Sally Jane Delaney raconte aussi qu’elle a eu l’occasion d’héberger les ricains de Eggs Over Easy et comment elle a assisté à la naissance du Pub Rock. Charlie Harper, membre fondateur de The UK Subs, raconte les tout premiers jours du club The Roxy, alors que d’autres comme Bill Grundy ou Andrew Lauder évoquent l’explosion de la scène punk en 77. Bref! une lecture (en anglais) incontournable pour les amateurs du genre et les nostalgiques de l’époque!
Pour la petite histoire. Au départ, c’est une photo de Patrick Higgins – talentueux photographe et éminent spécialiste de Dr Feelgood – qui devait faire la couv de Spitting and Screaming avec un cliché de Wilko Johnson sur scène à Londres. Compte tenu du fait que, dans cet ouvrage, le cœur du sujet bat principalement pour le punk, New Haven Publishing et l’auteur ont décidé de la remplacer par une photo de Sid Vicious et de reléguer Wilko en quatrième de couv.
Tout le monde connait les histoires qui courent autour de l’auteur de Dust my Broom, Love in Vain ou Sweet Home Chicago, de son soit disant pacte avec le diable en échange de dons musicaux exceptionnels, ou encore de sa mort tragique qui lui ouvrit les portes du Club 27. Tout cela appartient désormais à la légende. Ce dont on avait aucune idée, c’est ce que fut la vie de Robert Johnson. Nous voici comblés avec ce livre qui est le résultat d’une rencontre et d’entretiens retranscris par Preston Lauterbach, éminent journaliste et auteur de nombreux ouvrages consacrés au blues. Madame Annye C. Anderson, la demi-sœur qui partagea la vie de celui qu’elle surnommait Brother Robert, fait des révélations surprenantes et savoureuses sur le bluesman légendaire que les amateurs n’auraient jamais pu espérer découvrir sous ce jour. Ne comptez tout de même pas pouvoir lever le voile sur les circonstances de la mort de ce guitariste hors du commun, Annye était beaucoup trop jeune à l’époque. Il y a dans cet ouvrage beaucoup d’humilité, de tendresse et de très nombreuses anecdotes qui mettent un coup de projecteur sur l’histoire déchirante d’une famille et sur la vie quotidienne des noirs américains dans le Mississipi des années 30. Beaucoup de douleur également, et de rage aussi. « Ma famille a perdu Brother Robert deux fois : quand il a été tué dans le Mississipi, puis quand les rapaces ont colporté tous ces mythes sur lui, ont volé nos photos et nos souvenirs pour se remplir les poches« , fulmine Mme Anderson qui a bataillé en vain pendant des années et qui du haut de ses 94 années nous livre aujourd’hui un témoignage émouvant. Avec Mon Frère Robert Johnson, dans l’intimité de la Légende du Blues, les éditions RivagesRouges nous offre un document exceptionnel pour lequel il ne faut surtout pas hésiter à se délester de la modique somme de 19 euros.
[Sharon Stone]: ″ Je suis très démodée. De temps en temps, je porte des sous-vêtements – I am very old-fashioned. From time to time, I wear underwear ″.